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Le processus décisionnel dans la politique étrangère du cameroun: le cas du recours au règlement judiciaire dans le conflit de Bakassi


par Zoulica RANE MKPOUWOUPIEKO
Institut des Relations Internationales du Cameroun/Université de Yaoundé II - Master en Relations Internationales 2011
  

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CONCLUSION DU CHAPITRE PRELIMINAIRE

Le présent cadre théorique postule, dès lors, que le choix porté sur la C.I.J. pour le règlement judiciaire du conflit de Bakassi est fonction des coûts et bénéfices de cette décision (le modèle de l'acteur rationnel) pour le Cameroun, des variables idiosyncratiques, des variables institutionnelles ou gouvernementales (assimilées au modèle bureaucratique), des variables de rôle, des variables systémiques et des variables sociétales.

Ainsi, si les coûts du choix de la C.I.J. augmentaient et que ses bénéfices diminuaient, il était plus probable que le Cameroun écarte cette option. Au contraire, l'augmentation des bénéfices du recours à la C.I.J., et la diminution de ses coûts, maximisaient la probabilité pour les autorités de Yaoundé de recourir à cette voie. S'agissant des variables idiosyncratiques, elles postulent que la décision est fonction du tempérament du Chef de l'Etat ; ce qui signifie que la préférence du dirigeant pour cette option augmentait ses chances d'être choisie et le scénario contraire les diminuait. En ce qui concerne les variables institutionnelles ou gouvernementales, le choix de la C.I.J. dépendait du soutien (à travers leurs expertises et analyses) apporté par les institutions impliquées dans la prise de décision à cette voie ; dans le cas contraire la probabilité de la prise en compte de ce recours diminuait. Pour ce qui est des variables de rôle, le recours à la C.I.J. dépendait du rôle joué par les fonctionnaires représentant les administrations impliquées dans la prise de décision ; si ces derniers jouaient bien leur rôle conformément aux attentes et à leur statut, la probabilité de la prise de cette décision accroissait et dans le cas contraire, elle décroissait. Quant aux variables systémiques, la décision du Cameroun dépendait du soutien des acteurs internationaux ; dans le cas contraire la probabilité de ce choix régressait. Au niveau sociétal, la compatibilité du choix judiciaire avec la culture et l'opinion nationale, ainsi qu'avec les priorités socio-économiques et politiques de la nation, augmentait les chances de ce choix d'être retenue ; la configuration contraire diminuait ces chances.

Le cadre théorique ainsi présenté, il convient maintenant de le rendre opérationnel.

PREMIERE PARTIE :

L'APPLICATION DU MODELE DE L'ACTEUR RATIONNEL A LA PRISE DE DECISION DU CAMEROUN

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Le modèle de l'acteur rationnel, bien qu'ayant été élaboré dans le cadre de l'explication des décisions majeures prises pendant la crise des missiles de Cuba, est une approche assez globale qui ne s'attache pas à un gouvernement particulier. Cela s'explique par le fait qu'il part de postulats généraux, propres à être appliqués à n'importe quel pays sans considération du régime politique, du niveau de développement, ou de tout autre trait caractéristique ; d'où sa valeur scientifique. Ce modèle demeure encore aujourd'hui le plus usité par les analystes lorsqu'ils essayent d'expliquer les évènements dans le domaine des affaires étrangères.

L'approche de l'acteur rationnel, encore appelée approche du choix rationnel, amène l'analyste à considérer le choix porté par le Cameroun sur le règlement judiciaire du conflit de Bakassi, comme une réponse calculée à un problème stratégique. La rationalité renvoyant, selon Graham ALLISON et Philip ZELIKOW, à un choix cohérent, optimisant la valeur dans un cadre spécifique de contraintes116.

Il s'agit ici de montrer comment l'action du Cameroun, c'est-à-dire le recours à la C.I.J., était un choix raisonnable compte tenu de l'objectif poursuivi. Pour y arriver, l'analyste identifie au préalable le problème qui s'est posé au Cameroun ; il délimite ensuite, les objectifs de celui-ci, les options disponibles, les conséquences attribuées à chaque option, et le choix qui optimise l'atteinte des objectifs fixés.

Dès lors, cette partie aura pour objet d'analyser la rationalité de la décision du Cameroun en suivant le type de raisonnement adopté par le modèle rationnel. Pour y arriver, le problème, l'objectif et les alternatives non judiciaires ouvertes au Cameroun seront examinés (Chapitre I). Puis, l'examen des enjeux de l'option judiciaire en termes de risques et d'avantages permettra de montrer comment ce choix précis optimisait le mieux les chances du Cameroun d'atteindre ses objectifs (Chapitre II).

116 Camille KUBINA, « La prise de décision : de l'acteur rationnel à la politique bureaucratique », [En ligne], http://www.thefreelibrary.com/, 22 Juin 2005, Consulté le 15 Juillet 2011.

CHAPITRE I : LES DESSEINS DU CAMEROUN FACE AUX CONVOITISES

NIGERIANES ET LES SOLUTIONS NON JUDICIAIRES ENVISAGEES

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Les conflits sont un phénomène fréquent dans les relations interétatiques. Quelle que soit leur intensité, ils constituent un obstacle aux relations entre Etats ; d'où la question du moyen le mieux adapté pour y mettre un terme. A cet effet, il existe une gamme variée de procédés allant du règlement militaire aux voies de règlement pacifique. Les méthodes de règlement pacifiques sont traditionnellement classées en méthodes diplomatiques et méthodes juridictionnelles117. Face au conflit qui l'a opposé au Nigeria à propos de la péninsule de Bakassi, le Cameroun a traduit son choix pour la paix à travers le droit, par le dépôt le 29 mars 1994, d'une requête introductive d'instance auprès de la C.I.J.

Afin de comprendre les motivations qui l'ont amené à privilégier ce mode de règlement de conflit, il convient d'une part, d'exposer le problème ainsi que l'objectif poursuivi par le Cameroun (Section I) et, d'autre part, d'analyser les conséquences possibles des options non judiciaires soumises aux autorités de Yaoundé (Section II).

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