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De l'avoir pour la valorisation de l'être. essai de compréhension de l'être et l'avoir chez Gabriel Marcel


par Ange TEZANGI AZAKALA
Université Saint-Augustin de Kinshasa - Grade en philosophie 2020
  

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0. INTRODUCTION GENERALE

0.1. PROBLEMATIQUE

Parler de l'être dans sa relation avec l'univers matériel revient en fait à montrer que notre recherche se situe non seulement dans l'anthropologie philosophique, mais aussiet surtout dans la métaphysique. Elle s'intitule : De l'avoir pour la valorisation de l'être. Essai de compréhension de l'« Etre et Avoir » de Gabriel Marcel.

Observant le monde actuel, il en découle qu'il est plongé dans une situation de violence prolongée occasionnant la destruction de vies humaines et le non-respect de la dignité de l'homme dans son intégrité conduisant à la déshumanisation ou à l'animalisation. Les hommes se dressent les uns contre les autres en vue de valoriser la possession tout en détruisant la vie d'autrui. L'avoir est considéré comme le primat devant l'être et pourtant, il devrait être son accompagnateur et pour sa valorisation. L'humanité entière semble être exposée aux inclinations liées à l'être même de l'homme. L'avoir-possession préside de plus en plus les relations interpersonnelles dans la vie actuelle. La coexistence paisible et harmonieuse des êtres devient presqu'un impossible eu égard les catastrophes, les phénomènes et les actions désagréables qui surgissent çà et là. Les plus riches dictent et imposent la raison, le mode et la règle de vie aux pauvres. Autrement dit, le bien ou l'avoir fait de l'homme riche, un être puissant, doué de pouvoir et de force pour dominer les autres et même la nature. Le fait d'avoir beaucoup plus et la mauvaise gestion de l'avoir semblent conduire certains hommes à la perdition et à la déchéance totale. N'est-ce pas cette décadence de l'homme d'aujourd'hui qui pousse G. Marcel à affirmer que le monde est cassé ?

Par ailleurs, si nous sommes bien d'accord avec G. Marcel, on pourrait en déduire avec lui, que l'être a perdu sa considération suite à l'avoir-possession qui entraîne une dévalorisation de celui-ci au profit de l'avoir. Cependant, précisons que l'avoir dont nous avons intérêt d'amorcer l'étude, n'est rien d'autre qu'une multiplicité de biens matériels ou de l'avoir dans sa généralité ainsi que de l'avoir technique en particulier. Ainsi, cet aspect montre que l'être dans le monde n'est rien d'autre qu'une méfiance, qu'une chose chosifiée. Le monde cherche à valoriser les étants plus que l'être, c'est d'ailleurs ce qui pourrait entraîner l'oubli de l'être. A cause de l'avoir et sa mauvaise gérance par l'homme, l'on est capable de sacrifier la vie humaine aujourd'hui et cela sans remords. Or l'avoir est censé exister pour contribuer au bien-être de la personne humaine, son progrès et sa réalisation. On peut tout faire pour conserver l'avoir mais on ne peut rien pour conserver l'être. L'humain est déshabillé pour habiller l'avoir. Autrement dit, l'humain est sacrifié pour valoriser l'avoir au lieu que l'avoir valorise son être. Cela entraîne évidemment la faillite de l'être. Or en réalité, l'« Etre et Avoir sont deux catégories irréductibles. Tout homme éprouve sans doute la tentation de s'identifier à ce qu'il a, mais y céder ce qu'il est, et donc manque de l'accès de la métaphysique. L'avoir n'a de sens que dans l'ordre des corps où celui qui possède est distinct de ce qu'il a. Il engendre trois tendances : tendance à se servir de l'objet, à l'utiliser, à le traiter comme un pur instrument ; tendance à s'y attacher, s'y aborder ; tendance à exclure autrui de la possession en la considérant comme un privilège personnel »1(*). Bon nombre d'attitudes humaines appartiennent à cette catégorie.

Aujourd'hui, cette prédominance de l'avoir sur l'être se perçoit et se manifeste dans notre existence d'abord par la considération absolue que nous accordons à la possession matérielle et ensuite par la manière dont nous traitons et considérons nos semblables vis-à-vis de l'avoir. L'homme n'occupe plus la place de choix dans l'existence, mais c'est plutôt l'avoir-possession qui devient la référence principale. La dignité de l'homme est dès lors sacrifiée dans la société. Du reste, il y a nécessairement une relation entre l'homme et les biens qu'il possède. Car, les propriétés, loin d'être simplement innocentes, se présentent au contraire intimement liées à l'existence individuelle, « Comme s'il y avait entre elles et l'homme qui possède une communication par le dedans »2(*). Cette relation montre aussi bien que l'avoir en soi n'est pas forcément dangereux pour l'être mais qu'il peut aussi et surtout avoir une dimension axiologique pour celui-ci.

Cette situation criante dans laquelle se trouve vautrée l'humanité dans la relation être-avoir ne peut en aucun cas nous laisser indifférent. Cependant, que peut-on faire pour éradiquer ce contraste ? Ne serait-il pas opportun pour nous de savoir quelle est la portée phénoménologique de l'avoir dans sa relation avec l'être ou la valeur qu'a l'avoir sur l'être ? Aussi, que faut-il pour redonner à l'homme sa juste valeur et retrouver sa vraie primauté face à l'avoir ou le matérialisme ambiant dont fait preuve la société moderne ? Quel est l'impact de l'intersubjectivité dans la nature de l'être ? Ce sont là les quelques inquiétudes auxquelles nous tenterons de répondre.

La problématique de l'être dans sa relation avec l'avoir a déjà été sujet de diverses recherches ou investigations scientifiques par des auteurs forts considérables. Cependant, nous nous permettons de soutenir qu'aucune réalité matérielle de quelle envergure qu'elle soit ne peut remplacer l'être humain, elle ne pourra qu'être pour sa valorisation et non pour sa réduction. Et que les rapports dans les relations interpersonnelles ne doivent pas se fonder sur l'avoir qui occasionnerait la réduction des humains à des matériels manipulables ou à des êtres chosifiés. Il faut que le matériel ne dépersonnalise pas l'homme mais qu'il soit à son service et non le contraire pour que soient conservées la valeur et la dignité de l'homme.

* 1 G.MARCEL, Cité par R. VERNEAUX, Histoire de la philosophie contemporaine, Seizième Edition, Paris, Beauchesne, 1960, p. 152.

* 2IDEM, Etre et Avoir, Paris, Aubier-Montaigne, 1968, p. 206.

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