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Le Knowledge Management: fondements et gestion de projet

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par Karim Hamadache
Institut Supérieur de Gestion et de Planification - Master management 2006
  

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II. La démarche KM

1. La phase de préparation

1.1. Alignement du projet sur la stratégie de l'entreprise

Le Balanced Scorecard, qui est l'outil de planification stratégique du Groupe SAIDAL, définit les missions du CRD pour les deux prochaines années notamment :

Accroître la capacité d'innovation du Groupe ;

Accroître la compétitivité du Groupe ;

Développer les compétences dans le domaine de la recherche et développement et l'innovation pharmaceutique3 .

Comme nous l'avons vu au second chapitre, ces trois missions correspondent à trois segments du KM à savoir :

L'innovation : qui exige la combinaison des connaissances actuelles pour en créer de nouvelles ;

L'optimisation des processus : améliorer les performances du processus de

«Conception et de Développement des Médicaments Génériques» sur les critères de coût, qualité, délai ce qui est primordial pour la compétitivité du Groupe ;

Valorisation des compétences : gérer les compétences en fonction des orientations stratégiques du groupe.

La Déclaration de Politique KM doit présenter explicitement ces missions et expliquer dans quelle mesure la démarche est importante pour l'entreprise. Il incombe à la direction générale d'élaborer cette déclaration après concertation avec les principaux responsables voir avec des consultants dans le domaine.

Une vision plus claire de l'organisation à construire à travers cette démarche doit être définie. Cette vision se basera sur les enjeux du KM pour l'entreprise qui sont pour chaque mission :

1. Optimisation des processus :

Eviter de refaire ce qui a déjà été fait ;

Eviter de refaire les erreurs déjà commises ;

Transférer l'expérience acquise d'un projet à un autre et d'une équipe à une autre ;

Améliorer les flux d'informations qui accompagnent les flux de production ;

Faciliter l'accès à la connaissance utile à la fonction ou à la tâche ;

Capitaliser et diffuser les règles et standards métiers.

2. Valorisation des compétences :

Identifier les expertises cruciales dans un domaine ;

Eviter la perte d'un savoir-faire due au départ d'un salarié ;

3 Balanced Scorecard, document interne.

94

Faciliter l'intégration des nouveaux embauchés ;

Monter des équipes projets en identifiant les compétences adéquates ;

Gérer les compétences en fonction des orientations stratégiques de l'entreprise et de leur évolution.

3. Innover :

Organiser une veille technologique collaborative ;

Capitaliser les connaissances dans une base de données unique et facile d'utilisation ;

Accroître les échanges entre les experts dans un même domaine et dans des domaines différents ;

Accroître les échanges avec le monde de la recherche académique.

1.2. Stratégie de codification ou de personnalisation

Nous essayerons d'apporter une contribution au choix de la stratégie KM. Nous aborderons la question selon deux axes :

Peut-on réutiliser une partie du travail réalisé sur un projet dans un autre projet ?

Les chefs de projets utilisent-ils des connaissances tacites ou explicites pour réaliser leur travail et résoudre leurs problèmes ?

1.2.1. Réutilisation du travail d'un projet à un autre

La question 3 du questionnaire donne la distribution des réponses suivante :

Constat d'un travail refait dans un projet alors qu'il a déjà

été fait dans un autre projet

10

5

0

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Souvent

Rarement

Jamais

Total

4

1

9

29% des chefs de projets interrogés ont constaté qu'il y avait Souvent un travail refait sur

un projet alors qu'il a déjà été fait sur un autre projet. Le fait que 64% des chefs de projets interrogés n'aient Jamais constater ce phénomène n'exclu pas forcément son existence.

Pour approfondir l'analyse nous avons interprété les résultats en fonction du nombre d'années d'expérience au CRD et du nombre d'années d'expérience comme chef de projets.

95

Constat d'un travail refait dans un projet alors qu'il a déjà

été fait sur un autre projet en fonction du nombre d'années d'expérince au CRD

100%

50%

0%

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

[0 à 3[ ans

[3 à 5[ ans

[5 à 8] ans

Jamais

2

5

2

Rarement

0

0

1

Souvent

2

0

2

Le fait d'avoir passé plus d'années au CRD, n'explique pas le fait de constater plus

Souvent qu'un travail ait été refait.

Constat d'un travail refait dans un projet alors qu'il a déjà

été fait sur un autre projet en fonction du nombre d'années d'expérince au CRD

100%

50%

0%

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

[0 à 3[ ans

[3 à 5[ ans

[5 à 8] ans

Jamais

2

5

2

Rarement

0

0

1

Souvent

2

0

2

De même, le fait d'avoir été chef de projets depuis plus longtemps n'explique pas le fait

de constater plus Souvent un travail refait. Il semblerait même qu'occuper le poste de chef de projet depuis plus longtemps fasse perdre la faculté de constater ce phénomène, mais les données en notre possession ne permettent pas d'affirmer cette hypothèse.

Nous pensons que le fait de constater qu'un travail soit refait sur un projet alors qu'il a déjà été fait sur un autre dépend plus de critères subjectifs comme la curiosité intellectuelle et

le sens de l'observation.

Dans le cadre de notre travail, le plus important est que la réponse à cette question nous donne une indication sur le fait qu'il existe une partie du travail réalisé sur un projet qui peut-être réutilisée sur un autre projet, ce qui plaide en faveur d'une stratégie de codification.

96

Pour approfondir l'analyse, nous examinons la distribution des réponses à la question 2 :

Consultation des projets antérieurs pour la réutilisation

d'une partie du travail fait dans un nouveau projet

15

10

5

0

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Souvent

Rarement

Jamais

Total

2

2

10

72% des chefs de projets interrogés ne consultent jamais les projets antérieurs pour

réutiliser une partie du travail fait dans un nouveau projet, alors que 14% le font rarement et

14% le font souvent.

En analysant les mêmes résultats par rapport au nombre d'années passées au CRD et au nombre d'années comme chef de projets on obtient la distribution des résultats suivante :

Consultation des projets antérieurs pour la réutilisation

d'une partie du travail fait en fonction du nombre d'années d'expérience au CRD

100%

50%

0%

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

[0 à 3[ ans

[3 à 5[ ans

[5 à 8] ans

Jamais

4

5

1

Rarement

0

0

2

Souvent

0

0

2

Nous remarquons que la réutilisation d'une partie du travail fait sur un projet antérieur

dans un nouveau projet augmente avec le nombre d'années d'expérience au CRD.

97

Consultation des projets antérieurs pour la réutilisation

d'une partie du travail fait en fonction du nombre d'années au poste de chef de projets

100%

50%

0%

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

[0 à 1,5[ ans

[1,5 à 2] ans

[2 à 7] ans

Jamais

4

3

3

Rarement

0

0

2

Souvent

0

1

1

De même, nous remarquons que la réutilisation d'une partie du travail fait sur un projet

antérieur dans un nouveau projet augmente globalement (que ça deviennent systématique, c'est-à-dire Souvent ou moins fréquent, c'est-à-dire Rarement) avec le nombre d'années d'expérience au poste de chef de projets.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Les raisons qui poussent les chefs de projets à ne pas réutiliser une partie du travail fait sur un projet antérieur dans un nouveau projet sont :

Ra isons de la non ré utilisa tion d'une pa rtie du tra va il fa it sur un

proje t da ns un nouve a u proje t

non répons e

autre

on a pas accès aux

docum ents

on a jam ais es s ayé

aucune partie du travail

n'es t réutilis able

0 1 2 3 4 5

Le pourcentage élevé de non répondants (40%) ne permet pas une interprétation viable

des résultats mais il reflète à notre sens le fait que ceux qui ne consultent pas les projets antérieurs ne se sont jamais poser la question de l'intérêt de le faire, ce qui est en concordance avec la réponse «on a jamais essayé» avec 30% d'occurrence.

98

Les éléments issus de l'analyse précédente sont révélateurs d'un grave dysfonctionnement. En effet, le fait que certains chefs de projets seulement réutilisent une partie du travail fait sur des projets antérieurs dans de nouveaux projets peut être interprété comme suite :

Soit que certains chefs de projets font un travail qu'ils pourraient éviter de refaire,

ce qui allonge la durée du projet et augmente son coût ;

Soit que certains chefs de projets réutilisent une partie du travail antérieur qui ne doit pas être réutilisée, ce qui est préjudiciable à la qualité du projet et potentiellement très dangereux.

La réponse à cette question est importante puisqu'elle influe fortement sur le choix de la stratégie KM à adopter.

Recommandations :

La question doit être débattue en réunion en présence de tous les chefs de projets pour voir s'il y a une possibilité de réutiliser une partie du travail fait sur un projet dans un autre ; si oui, laquelle ? dans quelles conditions ? quelles sont les précautions à prendre ? et quels sont les moyens pour faciliter ce travail ?

1.2.2. Catégorie de connaissances utilisée pour le travail et la résolution des problèmes

L'interprétation de la question 6 se fait en comptabilisant l'occurrence d'une réponse à chaque fois qu'elle apparaît dans les trois premières positions :

Les connaissances utilisées dans le travail des chefs de projets

autre

savoir-faire personnel qui n'est sur aucun support

discussions avec les collègues

notes personnelles

les documents issus des projets antérieurs

livres

articles de revues scientifiques

docments techniques de référence

modes opératoires, procédures,,,

0 2 4 6 8 10

La prépondérance des connaissances explicites, codifiées dans différents documents

semble nette. Les connaissances tacites sous forme d'un «savoir faire qui n'est sur aucun support», auquel on peut ajouter les «notes personnelles» qui sont une forme intermédiaire puisque dans la majorité des cas elles ne sont interprétables que par leur auteur, mais aussi

99

une grande part des «discussions avec les collègues» qui sont une forme de socialisation

(transfert de connaissances tacites à tacite), ces catégories de connaissances tacites restent marginales.

Pour approfondir l'analyse, nous examinons la distribution des réponses à la question 9,

là encore, nous comptabilisons l'occurrence d'une réponse à chaque fois qu'elle apparaît dans les trois premières positions :

Les sources des connaissances indisponsables au poste

autre

la formation continue

l'expérience acquise sur le terrain

les collègues

recherche personnelle

Service veille technologique

Service documentation

0 5 10 15

Nous considérons que la «recherche personnelle» se base essentiellement sur les

documents écrits. De même, les services «veille technologique» et «documentation» offrent presque exclusivement des connaissances explicites. Ces trois sources représentent 69% des réponses. L'«expérience acquise sur le terrain» est perçue par son détenteur comme quelque chose qui ne peut pas être explicité, elle recueille 21% des réponses. La «formation continue»

et les «collègues» sont deux sources à la fois de connaissances tacites et explicites.

Un dernier élément de réponse nous est donné par la distribution des réponses à la

question 16 (nous n'avons pris en considération que la réponse prioritaire) :

100

Mode de résolution des problèmes

autre

vous convoquez une

réunion

vous faites appel à un

collègue

vous cherchez par vous-

même

0 2 4 6 8 10 12

Le mode de résolution des problèmes dominant est la recherche personnelle (79%) qui se

base sur la documentation. Les réunions qui sont un moyen de socialisation et d'échange de savoir tacite sont moins utilisées (21%).

Il semble très difficile de trancher sur cette question même si l'analyse du questionnaire, l'observation sur le terrain et les entretiens préliminaires font pencher le choix vers une stratégie de codification.

L'analyse doit encore être approfondit, elle devra déterminer :

Quelles sont les connaissances qui doivent être codifiées sous une forme qui permette leur réutilisation par tous ?

Quelles sont les connaissances tacites utilisées ? peuvent-elles être transcrites ou

se transmettent-elles par socialisation ?

Le but est de déterminer quelle stratégie privilégier. Mais comme le signalait Hansen T M., Nohira N. et Tierney T. il s'agit de faire une stratégie des 20/80. Toute stratégie de codification doit être supportée en partie par une stratégie de personnalisation qui permette de retrouver les auteurs des documents, d'échanger des points de vues avant la rédaction et d'avoir un consensus sur ce qui peut être codifié ou pas.

Ne pas chercher automatiquement à tout codifier ; pour plusieurs raisons :

Souvent, quand on demande à un expert de transcrire son savoir, il énonce des règles qu'il ne suit pas en réalité, ou bien qui soient évidentes et qu'il a appris

en débutant ;

101

La multiplication des échanges de document sans bâtir des liens entre les personnes : les gens balancent alors des documents en fichiers joints pour prouver leur contribution et clamer si problème il y a qu'ils ont envoyé le document preuve à l'appui ;

Certaine connaissances tacites sont banales dans une entreprise et tout le monde les maîtrisent.

Inversement, certaines connaissances bien maîtrisées dans l'entreprise et qui sont à

la base d'une compétence clé, peuvent être formalisées sous différents supports par un groupe d'experts qui a la volonté de le faire.

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"Je voudrais vivre pour étudier, non pas étudier pour vivre"   Francis Bacon