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Usages et publics des discothèques : la spécificité du réseau parisien

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par Alexis Plékan
Université du Havre - DUT Métiers du livre 2004
  

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3. La médiation

Une autre conclusion de l'enquête citée plus haut est que les bibliothèques et discothèques sont perçues en premier lieu comme des points d'approvisionnement et non comme des centres de ressources offrant des services multiples, « les bibliothèques parisiennes sont des lieux d'usage à relation faible ».51(*) Ce constat est à mettre en corrélation avec celui dressé à l'issue de l'enquête de Susanne Peters sur les publics des bibliothèques musicales en 1999 selon lequel « le personnel ne donne qu'une satisfaction très limitée au niveau du conseil direct et n'a qu'un rôle de prescripteur très marginal par rapport aux médias ou aux relations personnelles et professionnelles. »52(*) Ces deux observations renvoient directement à la question du rôle du discothécaire en tant que médiateur de la lecture publique et plus généralement à la problématique du rapport conflictuel entre le qualitatif et le quantitatif tel que soulevé par Cyrille Fiérobe, directeur de la bibliothèque Picpus, lors d'un entretien qu'il m'a accordé le 20 juillet 2004. En effet, selon lui, outre le problème de la formation, l'état de fait que les usagers viennent `faire leurs courses de culture et s'en vont' est symptomatique d'un brouillage dans le rôle de la bibliothèque : est-elle un comptoir de prêt ou autre chose ? Le bibliothécaire est-il un médiateur entre le public et le document ou un simple enregistreur de prêt ? Questions fondamentales d'autant plus sensibles en discothèque où la journée d'un discothécaire s'apparente parfois plus à celle d'un caissier de supermarché. Selon Cyrille Fiérobe, l'utilisation massive de personnel qualifié pour les tâches d'enregistrement des prêts et des retours est une erreur qui nourrit le phénomène de discothèque publique = FNAC gratuite. Il recommande donc une automatisation des procédures de prêts et retours où une machine effectue cette tâche simple mais coûteuse en temps et en personnel ; (de tels équipements existent et sont déjà utilisés en Europe) la seule manière de rendre au discothécaire sa fonction initiale de médiateur et de conseiller et ainsi de changer le rapport du public aux discothèques, enjeu d'autant plus important avec l'arrivée d'un autre point d'approvisionnement gratuit : Internet

4. Les discothèques publiques et la musique sur internet.

Plus qu'un phénomène de mode, le téléchargement licite ou non de musique sur le Web est désormais ancré dans les pratiques des Français. L'accès massif à un Internet haut-débit, la banalisation des graveurs de CD-R et l'explosion des ventes de baladeurs MP3 depuis un an ont consacré ce nouveau mode de consommation de la musique.
Nul doute que les bibliothèques musicales sont déjà en concurrence avec Internet sur leurs missions de diffusion, n'importe quel internaute ayant accès sur la toile à un nombre d'informations supérieur à ce qu'il peut obtenir dans une bibliothèque. On peut dès lors s'interroger sur l'avenir de la bibliothèque musicale face à cette nouvelle façon d'écouter de la musique.

Premièrement, il est clair que les supports traditionnels ne vont pas disparaître du jour au lendemain, l'objet physique présentant des atouts que la musique en ligne n'a pas : pochettes (dont certaines très étudiées sur le plan esthétique), photos, textes etc.

Par ailleurs, l'apparition des formats DVD-Audio et SACD53(*) dont la qualité sonore est bien supérieure au CD classique -et donc largement au dessus du MP3- a suscité chez les mélomanes des exigences en matière de qualité d'écoute. Interrogé au sujet du téléchargement, Frédéric Boudineau déclarait qu'il avait constaté un déclin dans les emprunts des disques de production commerciale très médiatisée, comme les derniers albums d'artistes rap, ou de variété française et internationale ; les usagers préférant les télécharger sur Internet plutôt que d'attendre que le disque soit en rayon pour le graver ensuite. Il constatait en revanche une nette augmentation des prêts dans les genres introuvables sur Internet (musique de traditions nationales, rock indépendant...), car trop spécifiques. C'est là semble-t-il que la discothèque a une carte à jouer, en minimisant son rôle de mise à disposition des dernières productions courante pour développer des fonds plus spécialisés que seuls des professionnels de la documentation musicale peuvent constituer et faire vivre, proposant par là même une alternative à la production commerciale des Majors.

L'autre atout pour le futur des bibliothèques musicales se situe paradoxalement dans leurs collections patrimoniales. Thierry Pons, responsable de la discothèque de Radio France, deuxième plus grande discothèque du monde après New York (plus d'un million de phonogrammes) allait dans ce sens lors de l'entretien qu'il m'a accordé le 10 août dernier, m'expliquant combien une collection hiérarchisée et classée selon les règles définies par les professionnels du domaine, était plus riche que la somme vertigineuse de tous les documents épars et classés sur le même niveau sur Internet. Il insistait notamment sur les richesses des collections de 78 tours, dont une récente convention de pôles associés entre la BNF, la MMP et Radio France allait valoriser et mettre à disposition du public via leur numérisation.

Le futur de la bibliothèque musicale passe donc par la hiérarchisation de l'information musicale, le développement de partenariats pour mettre en valeurs ses fonds patrimoniaux uniques et une redéfinition de ses collections et rôles vis-à-vis des publics. Pour ce faire, la médiation doit être (re)placée au centre du métier de discothécaire dont la formation est bel et bien un enjeu primordial.

CONCLUSION

Nous nous interrogions en amont de cette étude sur la spécificité des usages des discothèques du réseau parisien et sommes arrivé à un certain nombre de conclusions. Nous avons notamment mis en lumière le caractère centralisé de ce réseau et les avancées que cette particularité apportait à la musique en bibliothèque : la réalisation d'une disco- graphie actualisée d'aide à la sélection des phonogrammes, une gestion scientifique de la politique documentaire, un partenariat inédit entre les discothèques etc. Ceci dans le but de répondre aux attentes d'un public dont le profil dépasse les catégories traditionnelles depuis l'explosion de la pratique musicale amateur.

La MMP, en tant qu'établissement pionnier était l'observatoire idéal pour appréhender les discothèques parisiennes et plus généralement la question de la musique en bibliothèque. Notre enquête fait apparaître qu'en dépit des inquiétudes à son sujet, l'établissement remplit toujours son rôle au niveau des usagers même si il est urgent qu'il se redéploie sur un nouvel espace. Autre enjeu pour la MMP et que l'on retrouve à tous les niveaux : le besoin d'une formation spécifique aux discothécaires, condition sine qua non au retour du discothécaire comme médiateur entre le public et les collections, des collections qu'il s'agit de mettre toujours plus en valeur face à la concurrence que représente Internet.

Ce stage a permis, outre l'examen du fonctionnent de cette institution, la réalisation d'un certain nombre d'entretiens avec différents responsables de discothèques de natures diverses. Particulièrement enrichissants sur le plan de ma connaissance des ressources musicales à Paris, ces entrevues m'ont également appris beaucoup du monde professionnel auquel je me destine. Le bilan de ce stage est donc extrêmement positif et me conforte dans la direction que je souhaite faire prendre à mon projet professionnel.

TABLE D'ANNEXES

Ø Page 40 : ANNEXE N° 1 : Photos

Ø Page 44 : ANNEXE N° 2 : Acquisitions MMP

Ø Page 45 : ANNEXE N° 3 : MMP : Fonds et prêts de phonogrammes par genre musical

Ø Page 46 : ANNEXE N° 4 : Répartition par genres musicaux, MMP.

Ø Page 47 : ANNEXE N° 5 : Graphique par secteurs : Acquisitions 2003, CD , section prêt.

Ø Page 48 : ANNEXE N° 6 : Plan de situation géographique des bibliothèques du réseau de la Ville de Paris.

Ø Page 49 : ANNEXE N° 7 : Hergé : Fonds et prêts de phonogrammes par genre musical

Ø Page 50 : ANNEXE N° 8 : Goutte d'Or : Fonds et prêts de phonogrammes par genre musical.

Ø Page 51 : ANNEXE N° 9 : Compte-rendu de la réunion du personnel du 17.07.04

Ø Page 52 : ANNEXE N° 10 : Plaquette de l'association OPERA

Ø Page 53 : ANNEXE N° 11 : Plaquettes des quatre projets de rénovation des Halles

Ø Page 54 : ANNEXE N° 12 : Questionnaire de l'enquête

Ø Page 55 : ANNEXE N° 13 : Résultats de l'enquête

Ø Page 78 : ANNEXE N° 14 : Liste des entretiens réalisés pendant le stage

Ø Page 79 : ANNEXE N° 15 : Attestation de stage

Ø Page 80 : ANNEXE N° 16 : BIBLIOGRAPHIE

ANNEXE N° 1 : PHOTOS

PHOTO 1 : Couloir d'accès à la MMP. A gauche, le Forum des Images

PHOTO 2 : Salle des Archives sonores, postes de consultation

PHOTO 3 : Salle de Documentation

PHOTO 4 : Armoires rotatives des magasins des Archives

PHOTO 6 : Médiathèque de prêt ; vue du Fonds Danse

PHOTO 5 : Médiathèque de prêt ; vue de la mezzanine

PHOTO 7 : Accès aux Archives sonores (au fond à droite, au niveau des armoires vitrées)

PHOTO 8 : Calicot de signalisation de la MMP dans la Place Carrée

ANNEXE N° 2

ANNEXE N° 3

ANNEXE N° 4

ANNEXE N° 5

ANNEXE N° 6

ANNEXE N° 7

ANNEXE N° 8

ANNEXE N° 12

ANNEXE N° 13

* 51 Une familiarité distante : enquête sur le public des bibliothèque municipales parisiennes par Yves Alix et Stéphane Wahnich in Bulletin des Bibliothèques de France, n° 2, 2004.

* 52 Les publics des bibliothèques musicales in Bulletin des Bibliothèques de France, n°2, 2001 par Susanne Peters, Odile Riondet, Antonina Gutta, ...

* 53 Digital Versatile Disc et Super Audio CD, nouveaux formats développés par Sony et Philips en 2000.

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