WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Usages et publics des discothèques : la spécificité du réseau parisien

( Télécharger le fichier original )
par Alexis Plékan
Université du Havre - DUT Métiers du livre 2004
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

2. Et les bibliothèques dans tout ça ?

Il convient tout d'abord de repréciser la place de la musique dans le contexte du réseau de lecture publique : d'une part les collections patrimoniales de musiques anciennes qui proviennent pour la plupart des saisies révolutionnaires dans diverses bibliothèques privées, théâtres et académies royales. Ces collections, conservées dans les grandes bibliothèques municipales intéressent avant tout un public de chercheurs. D'autre part, les discothèques de prêt -sections de bibliothèques publiques- par qui a été véritablement et systématiquement introduit la musique en bibliothèque et qui ont subi les mutations plus grandes ces vingt dernières années. Nous allons voir qu'en ce qui concerne ce dernier point, les choses ne se sont pas faites facilement.

Historiquement, les discothèques publiques se développent à partir de 1960, sous l'impulsion de la Discothèque de France3(*). Malgré les nombreuses réticences chez les professionnels à diversifier les fonctions de la bibliothèque, les bibliothèques municipales de Paris et de province se dotent progressivement de phonogrammes, d'abord des microsillons, puis des cassettes et ensuite des disques compacts. Pourtant, la musique est encore perçue par certains comme un secteur qui n'a pas véritablement sa place dans la bibliothèque, mais qui a cependant le mérite d'attirer le public vers le livre qui reste l'activité essentielle de la bibliothèque. Ce clivage entre bibliothécaires et discothécaires conduit ces derniers à affirmer leur spécificité au sein de la bibliothèque en ne privilégiant qu'un seul support, le disque, au détriment des autres supports musicaux, notamment les imprimés laissés au bon soin des `vrais' bibliothécaires dans les sections adulte. Les efforts vers une intégration des autres supports dans la discothèque sont également entravés par la limitation spatiale des locaux alloués à la section musique. Toutefois, l'engouement du public et ses exigences amènent dans les année 1980, certains établissements -et l'on notera au passage la position avant-gardiste de Paris dans ce domaine- à diversifier leurs collections et à évoluer vers une nouvelle tendance qui privilégie le sujet et non plus le support. Il se créé ainsi des espaces réservés à la musique sous toutes ses formes, qu'ils s'intitulent encore discothèque, ou bien département musique, bibliothèque musicale ou médiathèque musicale. Les observations de Gérard Herzhaft dans son rapport de 1986 témoignent de cette mutation : 

« Dans quelques cas, il y a une véritable `bibliothèque musicale' à la discothèque même, regroupant les livres, les périodiques sur la musique, voire les partitions ou les vidéos musicales. Cela existe dans les cas de certains grands établissements ou dans les bibliothèques à l'avant-garde dans ce domaine. Les responsables de ces bibliothèques avouent être persuadés que cette formule est celle de l'avenir. Ces sections musicales multimédia semblent lorsqu'elle existent, rencontrer un succès considérable. »4(*)

De fait, cette évolution majeure de la politique documentaire, motivée initialement par le succès qu'elle rencontrait auprès d'un public très demandeur de documents musicaux de toute nature devient un rapidement un précepte bibliothéconomique comme l'indique cette citation de Dominique Hausfater dans son mémoire de l'ENSSIB en 1991 :

« Les discothèques municipales étant en général des sections de bibliothèques, il serait souhaitable qu'y soient regroupés tous les documents de l'établissement ayant trait à la musique : livres, périodiques, et si possible vidéos ; nous avons vu en effet que cette solution, si elle choque encore la rigueur bibliothéconomique de nombreux professionnels attachés à la ségrégation des documents par support, correspond à une démarche logique et concrète du public. Le succès général de ces `sections musique' au sein des bibliothèques municipales le prouve. »5(*)

* 3Association culturelle sans but lucratif créée en 1959 ayant pour but d'aider à la création et au fonctionnement du prêt public des disques dans les bibliothèques publiques, les comités d'entreprises, les maisons de la culture et autres associations.

* 4 La place de la musique dans les bibliothèques publiques. Rapport : Mission d'étude confiée par la Direction des Bibliothèques, des Musées et de l'Information Scientifique et Technique et la Direction du livre. Gérard Herzhaft, 1986.

* 5 La médiathèque musicale publique : évolution d'un concept et perspectives d'avenir. Dominique Hausfater. Paris : AIBM, 1991.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy



La Quadrature du Net