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Les enjeux de la coopération sino-africaine

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par Awuve Koffi Afetogbo AZILAN
Ecole Nationale d'Administration du Togo - Diplome de Cycle III de l'ENA, Option Diplomatie 2008
  

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Paragraphe II : Une coopération dopant la croissance de l'économie africaine

La hausse du prix des matières premières consécutive à la forte demande chinoise (A) d'une part, les investissements chinois et la construction des infrastructures d'autre part, ont pour effet de stimuler la croissance africaine (B).

A- Le bénéfice de la hausse du prix des matières premières.

Malgré les multiples conflits qui l'assaillent et qui renforcent les afro- pessimistes dans leur position, l'Afrique a enregistré ces temps-ci, quoique léger, un taux positif de croissance économique. Bien que l'environnement économique mondial ne soit pas particulièrement favorable au continent noir, les prévisions de la Banque Africaine de Développement (BAD) font état d'une croissance de 5,9 % en cette année 2008. Le commerce sino-africain a contribué à cette croissance. Selon He Wenping67(*), «  la Chine a joué un rôle majeur dans les performances économiques de l'Afrique68(*) ». Le commerce sino-africain représente actuellement 20 % de la croissance économique africaine69(*).

Par ailleurs, compte tenu de la forte demande chinoise, on assiste à une hausse du cours des matières premières.

Cette hausse est profitable aux Africains dans la mesure où elle procure des excédents budgétaires susceptibles de financer les dépenses d'investissement. La croissance économique en Afrique du Sud tout comme l'amélioration de la situation financière de l'Algérie et du Nigeria (avec des taux de croissance respectifs 6,8 % et de 10 % en 2003) s'explique, selon les experts, par les échanges commerciaux avec la Chine.

En juillet 2008, le baril de pétrole a atteint la barre de 160 dollars, au grand bonheur des pays producteurs de pétrole. D'autres matières premières ont connu le même sort. Des minerais comme le cuivre et le nickel (indispensables dans l'industrie électronique et électrique) ont connu depuis 2001 une appréciation sensible. En mars 2005, la valeur moyenne de la tonne de nickel à Londres70(*) est de 16.255 euros contre 3.725 en décembre 1998.

Il n'est donc pas exagéré de dire que la hausse des prix des matières premières a donné un coup de pousse à l'économie africaine même si on peut toujours s'interroger sur la façon dont ces ressources sont gérées.

B- Les retombées des investissements chinois et de la politique de construction des infrastructures

Les pays africains ont besoin d'importants moyens financiers pour investir dans leurs programmes de développement et relancer leurs économies sérieusement mises en lambeau par des décennies de programmes d'ajustement structurels imposés par la BM et le FMI. Dans ces conditions, les investissements chinois en Afrique ne peuvent qu'être bien accueillis en ceci d'une part, qu'ils permettent d'insuffler un nouveau dynamisme à l'industrie africaine et d'autre part, qu'ils constituent, sinon une alternative, du moins un complément de l'aide occidentale.

En 2006, l'investissement chinois total en Afrique atteignait 11,7 milliards de dollars. Il comprend le financement de près de 900 projets en Afrique, la formation de 15000 africains, l'offre de bourses d'études, l'envoi en Afrique d'équipes médicales71(*). Au delà de cette aide publique, par l'entremise de certaines des institutions financières, la Chine s'est imposée comme un sérieux prétendant au financement des importants besoins africains72(*). C'est ainsi qu'en 2005, Eximbank a financé pour 15 milliards de dollars des projets en Afrique. D'ici 2015, cette même institution s'est engagée à investir 20 milliards de dollars dans les infrastructures.

Les investissements chinois et les infrastructures réalisées par la Chine en Afrique produisent un effet positif sur les économies nationales dans la mesure où ils permettent d'exploiter des ressources découvertes depuis des décennies mais qui, faute de moyens, ne sont pas mises en valeur. C'est le cas par exemple du gisement de fer de Belinga au Gabon, découvert il y a près de cent ans et dont la Chine vient de financer l'exploitation73(*).

Par ailleurs, la rénovation ou la construction d'infrastructures est fort utile car, comment peut fonctionner une économie sans infrastructures routières et ferroviaires?

En somme, les investissements chinois en Afrique, bien qu'ils ne soient pas trop considérables, jouent un rôle non négligeable.

La coopération sino-africaine a des atouts, des forces qui permettent de rêver d'un « futur lumineux74(*) » pour le continent. Cependant, penser qu'elle ne représente que d'heureuses opportunités pour l'Afrique serait faire preuve d'un angélisme coupable, car cette coopération présente aussi des défauts, des faiblesses.

* 67He Wenping est chercheur et Directeur du Département des Etudes africaines à l'académie chinoise des Sciences Sociales.

* 68 Déclaration faite lors du 18ème forum économique mondial sur l'Afrique tenu en juin 2008 au Cap en Afrique du Sud. (Consulté au Ministère des Affaires Etrangères et de l'Intégration Régionale).

* 69 Chinafrique, vol.2. n°5, mai 2007, p.3.

* 70 François Lafargue, in « La Chine, une puissance africaine », Perspectives chinoises, n°90, juillet-Août 2005, p.2, également disponible sur le site Web du Centre d'Etude Français sur la Chine Contemporaine (CEFC) : www.cefc.com, consulté le 12 octobre 2007.

* 71 Chinafrique, mai 2007, vol. 2. N° 5, p. 3.

* 72En 2007, avec 9 milliards de dollars injectés, la Chine a détrôné la BM comme principale source d'investissement en Afrique. Voir Adama Gaye, in « L'Afrique et l'Europe dans la nouvelle géopolitique mondiale : la nouvelle donne chinoise en Afrique » : www.gabrielperi.fr, consulté le 2 juin 2008.

* 73 Il faut dire que, dans beaucoup de pays où la stabilité n'est pas garantie, la Chine accepte le risque d'y investir, ce que n'osent pas les compagnies occidentales. Elle procède également par le rachat de sociétés en difficulté.

* 74 L'expression est utilisée par le Président Hu Jintao dans un discours qu'il a prononcé lors du 45e anniversaire de la conférence de Bandoeng, à Jakarta en 2005 : Voir : www.afology.com, consulté le 12/09/2007.

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