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Agriculture et croissance économique au Cameroun

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par Hervé BELLA
Institut Sous-régional de Statistique et d'Economie Appliquée (ISSEA) - Ingénieur d'Application de la Statistique 2009
  

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2.1.4 L'accès aux intrants

Dès 1960, le gouvernement camerounais a commencé à procéder à la sensibilisation sur le rôle bénéfique des engrais. À cet effet, fut créé en 1960 le Programme National des Engrais (PNE). Ce programme avait pour objectifs la sensibilisation de la population sur l'usage rationnel des engrais, la mise en évidence de l'efficacité des engrais par des démonstrations pratiques. Le FONADER assurait la fourniture aux agriculteurs des intrants agricoles (engrais, produits phytosanitaires, etc.). Ces intrants étaient tous subventionnés par l'État et distribués aux agriculteurs. Les taux de subvention allaient de 75 % en moyenne pour les engrais à 100 % pour les produits phytosanitaires (VARLET et BERRY, 1997)26(*). Parallèlement à l'action du FONADER, la MIDEVIV approvisionnait les planteurs en semences sélectionnées. Dès 1980, un projet a été exécuté par la MIDEVIV conjointement avec la FAO, il permettait l'accès aux semences sélectionnées à moindres coûts.

2.1.5 La formation et la recherche

La recherche agricole est présente au Cameroun depuis les années 1970. Elle a longtemps été assurée par deux institutions :

· l'Institut de la Recherche Agronomique (IRA)

· l'Institut de la Recherche Zootechnique (IRZ).

L'IRA comprenait quatre Centres de Recherches Agronomiques (CRA), un centre de recherches forestières (CRF) et un centre national des sols (CNS). Quant à l'IRZ, il était structuré autour de 3 centres, 7 stations et 5 antennes. Le choix des différents centres de recherche était fait selon la zone. L'objectif étant d'appliquer les résultats issus de la recherche pour l'amélioration de la production dans la zone agro écologique.

La recherche a bénéficié de dotations budgétaires importantes de la part de l'État avant la survenance de la crise économique en 1987. Si l'importance du financement public à la recherche montrait la volonté des pouvoirs publics de faire émerger l'agriculture camerounaise, il ressort tout de même que l'impact de la recherche n'a pas été significativement positif sur l'amélioration de la productivité agricole. Des explications peuvent être trouvées à divers niveaux. Il existait une inadéquation entre les résultats de la recherche et les besoins des producteurs des exploitations de taille modeste. La concertation ne s'est pas assez faite entre les chercheurs et les agriculteurs. D'un autre côté, l'utilisation des résultats de la recherche nécessitait dans certains cas une formation supplémentaire des paysans afin que l'efficacité en soit garantie. Durant cette période, les plus grands bénéficiaires de la recherche agricole ont été les grandes agro-industries, plus outillées à utiliser les résultats de celle-ci et par ailleurs travaillant souvent en coopération avec des centres de recherche. La recherche agricole a ainsi de façon explicite ou non privilégié les besoins de l'agro-industrie au détriment de ceux des paysans.

Le développement de la mécanisation était assuré par le Centre d'Étude et d'Expérimentation du Machinisme Agricole (CENEEMA). Il assurait Le transfert de technologies. Il était chargé d'expérimenter la mécanisation de l'agriculture camerounaise et de promouvoir l'utilisation des machines.

* 26 Cité par BAMOU E., NJINKEU D., DOUYA E. (2001)

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