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Agriculture et croissance économique au Cameroun


par Hervé BELLA
Institut Sous-régional de Statistique et d'Economie Appliquée (ISSEA) - Ingénieur d'Application de la Statistique 2009
  

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2.2.2 Financement de l'agriculture

Après la crise économique, il eut une restructuration du secteur bancaire qui avait été frappé par la crise. Les conditions d'accès au crédit se durcirent, une très grande partie des producteurs du monde rural fut exclue du crédit bancaire. Le crédit bancaire se fit davantage plus ciblé, orienté vers les grandes agro-industries ainsi que certaines filières d'exportation. Avec le désengagement de l'État, marqué notamment par la liquidation du CAC et la fermeture du FONADER, le secteur bancaire se devait de prendre le relais et d'accentuer davantage son rôle dans le financement de l'activité agricole. Mais le secteur agricole camerounais n'avait pas atteint le niveau de développement requis pour prétendre à des prêts bancaires. Plusieurs raisons peuvent justifier ce constat. D'abord, l'agriculture camerounaise reste encore de type traditionnel, et donc très exposée aux risques relatifs aux conditions naturelles. À ces risques climatiques, il convient d'ajouter les risques classiques liés au prix de vente de la production. En plus de ces risques, la faible ou même l'absence d'intensité technologique allonge considérablement le délai de retour sur investissement pour certaines cultures (exemple du palmier à huile). L'effet conjoint de ces facteurs a pour résultat l'exigence par les banques de garanties insoutenables pour financer l'activité agricole. Le désengagement de l'État a ainsi rendu problématique le crédit à l'activité agricole, moins de 10 % de crédits bancaires sont accordés au secteur agricole pourtant déclaré secteur stratégique par les autorités politiques camerounaises.

L'État s'étant désengagé, le financement de l'agriculture se fait depuis 1990 principalement par les bailleurs de fonds à travers des projets et programmes. L'agence Française de Développement et l'Union Européenne ont été les principaux pourvoyeurs de fonds du Projet Crédit Rural Décentralisé; le Programme National de Vulgarisation et de Recherche Agricole (PNVRA) a comme principal bailleur de fonds La Banque mondiale. L'Agence canadienne pour le Développement International finance des Micro Projets Productifs en Faveur des Femmes. L'État et la Banque Mondiale ont signé en 1991 un accord de prêt de 23 milliards de dollars pour un projet qui comprend cinq composantes dont le « Financement des Micro-réalisations Agricoles et Communautaires » (FIMAC). Le tableau ci-dessous présente la situation des prêts de première génération de ce projet en 2001.

Tableau 4: Situation des prêts du projet FIMAC en 2001

Province

Nombre de groupes financés

Montant des crédits (FCFA)

Montant échu (FCFA)

Montant remboursé (FCFA)

Taux de remboursement (%)

Extrême-Nord

267

114 797 659

108 069 899

75 059 609

65

Nord

382

234 038 332

200 540 925

130 170 398

56

Adamaoua

243

368 191 615

238 427 715

121 353 206

33

Est

253

104 732 980

103 549 114

61 717 153

59

Centre

154

124 141 412

74 925 804

39 524 306

32

Sud

214

90 804 905

82 136 106

44 030 341

48

Littoral

257

148 656 829

144 387 329

87 911 900

59

Sud-Ouest

179

98 595 435

78 911 195

48 757 825

49

Ouest

384

162 098 775

153 771 685

116 222 568

72

Nord-Ouest

570

363 259 290

291 893 820

226 157 655

62

Total

2 903

1 809 317 232

1 476 613 592

950 904 961

53

Source : Cellule FIMAC

L'aide bilatérale et multilatérale constitue également une source de financement pour les programmes et projets dans le secteur agricole. Selon l'OCDE, L'aide bilatérale à l'agriculture du Cameroun se chiffre à 596 953 000 de dollars US en 30 ans. Ce qui représente moins de 10 milliards par an avec un taux de change moyen de 1$ = 500 FCFA. Les trois principaux bailleurs (France, Allemagne, États-Unis) ont fourni 88,88% du montant total. Toujours selon l'OCDE, l'aide multilatérale a représenté 49 % de l'aide totale à l'agriculture au Cameroun entre 1973 et 2004.

Les organismes financiers étatiques ayant été restructurés voire fermés, la micro finance s'est développée au Cameroun. La loi n° 92/006 du 14 août 1992 relative aux coopératives et GIC et le décret n° 98/300/PM de septembre 1998 fixant les modalités d'exercice des activités des coopératives d'épargne et de crédit ont été les déclencheurs de l'activité de micro finance. Depuis 2002, cette activité est coordonnée par la COBAC. Les établissements de micro finance qui interviennent dans le secteur agricole sont généralement regroupés dans des réseaux. On peut citer : CAMCULL, M, CVECA, FOCAOB. Ces établissements signent des conventions avec les ministères pour servir d'interface entre les bailleurs de fond et les producteurs.

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