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Agriculture et croissance économique au Cameroun


par Hervé BELLA
Institut Sous-régional de Statistique et d'Economie Appliquée (ISSEA) - Ingénieur d'Application de la Statistique 2009
  

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2.2.3 La commercialisation des produits agricoles

L'ajustement structurel a ouvert la voie à une série de mesures libérales dans l'économie camerounaise. Les offices de commercialisation ont été restructurés, privatisés voire dissous. L'ONCPB sera liquidé en 1991, l'Office National du Cacao et du Café (ONCC) reprendra certaines de ses missions. Cette période marque aussi le début de l'ère de la libéralisation du commerce, avec son corollaire de suppression des monopoles. Les commerçants privés sont désormais autorisés à prendre activement part à la commercialisation des produits agricoles relevant autrefois de façon exclusive de l'État. Le paysan est libre de vendre à qui il veut sans contrainte à lui fixée. La libéralisation du commerce suppose également l'abolition des prix fixes.

2.2.4 L'accès aux intrants

Avec l'application de la NPA, le rôle de l'État a profondément été modifié dans le secteur agricole. Les mesures de protection et d'encadrement dont bénéficiaient les agriculteurs ont été levées. Il fallait dès lors pour ces agriculteurs exercer leurs activités comme tout entrepreneur privé. Cela suppose donc l'acquisition des intrants aux prix du marché. Dès 1989, la distribution gratuite d'intrants sera suspendue. Cette mesure sera suivie d'un arrêt des subventions aux engrais, pesticides et herbicides. On observe dès lors une privatisation de la distribution des engrais. Une étude de FOLEFACK et GOCKOWSKI (2004)29(*) montre que la fourniture en intrants est assurée à 80 % par des opérateurs privés dont 52 % seulement d'entre eux ont un agrément. Les 20 % résiduels sont assurés par les organisations paysannes. Tout de même, l'État camerounais, conscient de la place qu'occupe le secteur agricole dans l'économie du pays, a toujours pris des mesures spéciales pour ce secteur. C'est ainsi que les engrais et certains matériels d'élevage ont été, pendant plusieurs années, exonérés de la TVA. Cette mesure sera levée par la loi de finances de 2006.

Avec, le recul de l'État du secteur, les institutions internationales ont accru leur rôle dans le secteur agricole et la fourniture des engrais aux agriculteurs. Ces initiatives s'inscrivent dans le cadre de projets financés par ces institutions. Les bénéficiaires sont généralement des organisations paysannes dont l'émergence a été favorisée par le désengagement de l'État.

2.2.5 La formation et la recherche

Le Ministère de la Recherche Scientifique et de l'Innovation (MINRESI) autrefois MINREST, est l'organe étatique chargé de l'application de la politique gouvernementale en matière de recherche scientifique et technique en général et de recherche agricole en particulier. Il assure ainsi la tutelle de tous les centres de recherche agricole exerçant sur le territoire national. Ces centres de recherche font partie du Système National de Recherche Agricole (SNRA) dont l'Institut de Recherche Agricole pour le Développement (IRAD) en constitue le pilier.

L'IRAD a été créé par le décret n° 96/050 du 12 mars 1996 sous les cendres de l'IRA et de l'IRZ dont elle a été une fusion. L'IRAD a la mission de conduire les activités de recherche visant la promotion du développement agricole dans les domaines des productions végétales, animales, halieutiques, forestière et de l'environnement, ainsi que des technologies alimentaires et agro-industrielles. L'IRAD travaille en collaboration avec quelques sociétés de développement dans la recherche d'accompagnement par filière. Il s'agit de la SODECOTON pour la filière coton, la CDC et HEVECAM pour la filière hévéa, etc.

Outre les centres de recherche, certains établissements d'enseignement supérieur assurant la formation des cadres d'agriculture apportent aussi une contribution à la recherche. Il s'agit de la Faculté d'Agronomie et des Sciences Agricoles (FASA) de l'Université de Dschang, de la Faculté des sciences (FS) de l'Université de Yaoundé 1 (UY1), et de l'École nationale supérieure des sciences agro-industrielles (ENSSAI) de l'Université de Ngaoundéré.

Les résultats antérieurs de la recherche ont été très peu exploités, à cause, d'une part de leur inadaptation aux besoins des producteurs agricoles, et d'autre part de l'inorganisation des services de recherche et de vulgarisation30(*). Après la restructuration, il a été mis en place le PNVRA qui a démarré ses activités en 1988 sous l'appellation de PNVA. Il était chargé d'assurer entre autres la valorisation des résultats de la recherche agricole. Son rôle est d'accroître l'impact de la recherche sur le développement agricole.

À côté de l'IRAD, d'autres centres de recherche régionaux et internationaux interviennent de façon directe ou indirecte à la formation et la recherche agricole au Cameroun. On peut citer :

· le CIRAD (Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement)

Il est issu des anciennes institutions françaises de recherche en agronomie tropicale implantées au Cameroun depuis 1942. Outre la recherche, le CIRAD s'occupe également des aspects méthodologiques, de la formation en politique agricole, du renforcement des capacités nationales.

· l'IRD (Institut de Recherche pour le Développement)

· l'ICRAF (International Center for Research in Agroforestry)

· le CIFOR (Center for International Forestry Research)

· l'IITA (International Institut of Tropical Agriculture)

· Centre du riz pour l'Afrique qui travaille en association avec l'IRAD

· le Pôle régional de Recherche Appliquée au développement des Savanes d'Afrique Centrale (PRASAC)

· Le Centre Africain de Recherche sur Bananiers et Plantains (CARBAP)

· Le Conseil Ouest et centre africain pour la Recherche et le développement Agricoles (CORAF)

· Les universités étrangères : elles contribuent à la formation des cadres nationaux en les accueillant pour des thèses et mémoires.

* 29Cité par AWOUMOU (2006), p 23

* 30 FAO (2008), «DIAGNOSTIC DU SYSTÈME NATIONAL DE RECHERCHE ET DE VULGARISATION AGRICOLES DU CAMEROUN et stratégie de renforcement des capacités pour la dissémination des connaissances et des technologies agricoles».

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