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Agriculture et croissance économique au Cameroun


par Hervé BELLA
Institut Sous-régional de Statistique et d'Economie Appliquée (ISSEA) - Ingénieur d'Application de la Statistique 2009
  

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2.3 La politique agricole dans le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté

L'atteinte du point d'achèvement de l'Initiative Pays Pauvre Très Endetté (IPPTE) passait entre autre par la proposition par le gouvernement camerounais, d'une stratégie de réduction de la pauvreté. Ainsi, en avril 2003, le gouvernement camerounais a rédigé le DSRP, dans lequel il définissait un ensemble de programmes devant permettre de réduire la pauvreté à l'horizon 2015. Une place avait été évidemment accordée au secteur agricole. La stratégie du secteur agricole se situait elle-même dans le cadre plus large de la stratégie intégrée du développement rural. Car, comme il est mentionné dans le DSRP, des analyses faites sur le profil de pauvreté au Cameroun montrent que « la pauvreté au Cameroun est un problème rural ».

Concernant le secteur agricole, le gouvernement camerounais avait prévu d'apporter un soutien aux exploitations familiales paysannes concernant leur production. Ce soutien passait par le développement des activités en milieu périurbain, ceci dans le but de permettre l'essor de systèmes de production à rendements élevés où l'espace est occupé de façon optimale et avec une grande productivité. Un approvisionnement des villes en produits locaux devait s'accroître.

Des actions spécifiques avaient été dirigées vers des filières choisies. Il s'agissait des féculents, des céréales, des fruits et légumes, ainsi que des cultures d'exportation. Les actions visaient en général l'accroissement de la production par une amélioration de la productivité au travers de la vulgarisation de semences de qualité et des itinéraires techniques. Pour les cultures vivrières, l'augmentation de la production s'avère être une condition pour réduire les importations alimentaires et assurer la sécurité alimentaire. Les actions visaient également la stabilisation des prix, la promotion des PME/PMI orientées vers l'exportation ou la transformation.

Ces actions spécifiques en direction du secteur agricole s'inscrivaient dans une stratégie plus large orientée vers le développement du milieu rural. La stratégie intégrée de développement rural devait être mise en oeuvre à travers un plan d'action comprenant des programmes regroupés autour de cinq domaines prioritaires :

a. le développement local qui passait entre autres par le renforcement du rôle des communautés. On note la mise sur pied du Programme National de Développement Participatif (PNDP), du Programme d'Appui au Développement Communautaire (PADC) ou encore le projet RUMPI ;

b. le développement des productions dont un accent particulier était porté sur l'appui au développement des exploitations agricoles, au développement des filières porteuses, à l'émergence des organisations professionnelles et interprofessionnelles, au développement de la recherche en vue d'améliorer la productivité ;

c. l'appui institutionnel et la rénovation de l'enseignement technique et de la formation professionnelle ;

d. la gestion durable des ressources naturelles ;

e. les modalités de financement du secteur rural, comportant deux volets : un programme national de micro finance et des modalités de financement à moyen long terme pour les investissements dans les exploitations et entreprises agricoles.

Les stratégies de développement du secteur agricole coupent de façon transversale cette stratégie intégrée du développement rural dont elles constituent un des éléments centraux, l'agriculture restant encore l'activité majeure en milieu rural.

Il est à noter qu'avec la rédaction du DSRP, le rôle joué par les ministres en charge de l'agriculture et du développement rural et celui de l'élevage et des industries animales s'est fortement amoindri dans la définition de la politique agricole. La priorité étant donnée aux équilibres budgétaires, un contrôle de l'activité économique en général est fait par les ministres en charge de l'économie et des finances.

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