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Motivation et réussite des apprentissages scolaires

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par Jean Baptiste NDAGIJIMANA
Université de Bouaké/ENS - Côte d'Ivoire - DEA 2008
  

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CHAPITRE 1 

Problématique de l'étude

Nous abordons la formulation de notre problématique. Celle-ci nous permet d'entrer dans la phase de théorisation de notre étude. La problématique va découler de la motivation de départ qui se situe dans notre expérience pédagogique à l'École Normale Primaire. Cette motivation sera exprimée à travers trois catégories d'intérêts : l'intérêt personnel pour le sujet, la pertinence scientifique du sujet et la pertinence sociale du sujet

1.1. Intérêt personnel pour le sujet

Dans le domaine de l'enseignement - apprentissage, un sujet de recherche n'est jamais choisi au hasard sans être à la recherche d'une solution pour un problème réel dans le domaine de l'apprentissage.

Le choix du sujet de notre travail de recherche a pour but de trouver la réponse à une question qui prend ses racines dans les méthodes et procédés utilisés dans la réalisation des apprentissages scolaires en rapport avec notre expérience pédagogique. Une expérience d'abord en tant qu'enseignant à l'Ecole Normale Primaire1(*). En effet, notre intérêt pour la motivation et la réussite des apprentissages scolaires est né au moment où j'enseignais les élèves orientés2(*) en majorité dans les sections (filières) qu'ils n'avaient pas choisies3(*). Ces élèves n'avaient aucune motivation. Cela entraîne des échecs et manque d'excellence. Dans le cours de psychologie, nous avons eu à parler de la « motivation », ce qui nous a permis d'aider les élèves à retrouver la motivation et le sens de leurs apprentissages. Ainsi, nous avons commencé à nous intéresser de la motivation au cours des apprentissages scolaires.

Nous nous demandions pourquoi la motivation n'est pas souvent prise en compte au cours de l'orientation des élèves et pendant l'acte pédagogique. Autrement dit, la motivation ne contribuerait-il pas à la réussite des apprentissages scolaires ? Pour mieux comprendre, nous voulons approfondir le concept « motivation » d'une manière scientifique et psychopédagogique.

1.2. Pertinence scientifique du sujet

La motivation est un sujet qui préoccupe des psychopédagogues et beaucoup de chercheurs en sciences de l'éducation. La motivation a fait l'objet de nombreux travaux (articles scientifiques, conférences, thèses et mémoires). Tous sont d'accord pour dire qu' « on apprend mieux quand on est motivé. » On ne peut pas espérer la réussite sans motivation des apprenants. Beaucoup de chercheurs en sciences de l'éducation comme en psychologie ainsi que des enseignants s'intéressent à la motivation scolaire tant en langue française qu'en langue anglaise.

La motivation est très importante dans le choix des études. Les motivations varient d'une année d'étude à l'autre. En France, les recherches ont été faites (mars 2007) sur les étudiants en médecine au cours de leurs études à base des textes rédigés chaque année par les candidats sur leurs motivations à faire des études médicales4(*). A partir de cette étude, nous pouvons identifier quelques grands courants de la motivation : l'altruisme et la curiosité scientifique sont les motivations les plus fréquemment avancées pour s'engager dans les études de médecine.

Par l'altruisme, le candidat veut être utile, aider, soigner et guérir. Il s'agit donc d'une vocation, d'un appel intérieur pour la carrière médicale. Avoir des parents dans le domaine de la santé, avoir eu un approche malade ou avoir été soi-même malade, jouent souvent un rôle décisif dans ce besoin.

Quant à la curiosité scientifique, cette deuxième grande motivation, isolée ou accompagnant l'altruisme, il a été constaté que cette motivation vient de la curiosité pour les sciences naturelles, la physiologie, la biologie cellulaire.

Pour les autres motivations qui ont été mises évidence, les raisons sont diverses, on peut citer les exemples suivants: désir d'avoir un métier assurant une sécurité d'emploi et des ressources financières ; l'intérêt pour un métier qui suscite l'estime ou l'admiration ; l'agrément d'un travail qui laisse une liberté d'action ; prouver sa valeur à soi-même et à des proches ou des parents sceptiques sur leurs capacités ; absence d'attrait pour d'autres études.

Au cours de la première année, la réussite au concours d'entrée a été considérée aussi comme motivation essentielle et les motivations initiales passent au second plan. Le constant est qu'après avoir commencé les études, les difficultés qui surgissent peuvent être un obstacle (frein), voir même un blocage qui peut conduire à l'abandon ou un stimulant donnant le sentiment valorisant qu'on est capable de se dépasser.

De la deuxième année à la quatrième année, les motivations sont concrétisées et rationalisées par le contact avec la vie hospitalière et les diverses expériences. En fonction de ce qu'on perçoit possible dans le futur, de l'intérêt ressenti pour les stages, les disciplines, l'enseignement, les motivations incitent à travailler seulement pour des objectifs à court terme, réussir des examens, ou aussi avec une perspective à long terme à laquelle on s'attache fortement (devenir généraliste, pédiatre, urgentiste,...)

Au cours du troisième cycle de médecine, les motivations sont de plus en plus concrètes et mobilisent l'énergie vers ce qu'on tient absolument à maîtriser pour son exercice futur. A partir de cette étude réalisée dans ce genre d'étude professionnelle, il est possible de mener une même étude dans les études de profession d'enseignement ; une raison pour laquelle, nous voulons scientifiquement mener une étude sur la motivation au cours des études de l'Ecole Normale Primaire.

Parmi d'autres études récentes dans les pays francophones, nous pouvons citer aussi CHESNAIS, M..F (1998). Elle insiste sur l'autonomie. Pour elle, motiver un apprenant c'est l'accompagner dans ses apprentissages. Le but principal de l'accompagnement des apprentissages est d'amener l'accompagné à être autonome, c'est-à-dire à agir efficacement seul, ce qui suppose qu'il ait intériorisé les éléments de remédiation mis en lumière avec l'accompagnateur. Dans sa recherche, elle admet que face à une personne non-motivée, on peut se sentir démuni, mais il y a moyen de construire la motivation comme une recherche de sens qui se construit peu à peu.

Dans ce cas, le rôle de l'accompagnateur au niveau de la motivation est d'aider l'accompagné (apprenant) à trouver un sens à l'action demandée. Ensuite, il le guide pour préparer la réalisation de cette action, dans la recherche de l'objectif, de l'analyse des moyens pour y parvenir, dans l'élaboration des priorités et de la progression.

Ce que nous pouvons constater comme limites de ce travail; l'accompagnement est global dans cette recherche, il n'est pas situé essentiellement à l'école. D'après l'auteur, toute personne peut accompagner dans la situation d'apprentissage et toute personne peut être accompagnée par tout individu. En ce sens l'orientation scolaire n'est pas prise en compte dans sa recherche et pourtant, elle joue un grand rôle au niveau de la motivation scolaire ; autrement dit une bonne orientation est une condition sine qua non pour la réussite scolaire.

Quant à DELANNOY, C. (1997), elle prouve que le chemin de motivation est sinueux et mystérieux, mais certains traits qu'en dessinent les contours sont identifiables et les repères permettent de mieux ajuster les remèdes là où il y a carence. Son étude s'est limitée à l'enseignement primaire et au second cycle d'enseignement général et technique. L'enseignement professionnel et la formation par alternance n'ont pas été étudiés, de même que les dispositifs préconisés ne trouveront pas nécessairement un écho auprès des populations déscolarisées ou fortement marginalisées.

Il affirme que si le désir de savoir est étroitement lié au sens (on ne peut pas désirer apprendre que, ce que l'on peut désirer savoir, et qui a sens pour nous), la décision d'apprendre est étroitement liée à la réussite. Enseigner, c'est accompagner efficacement l'enfant dans son désir de donner sens au monde, à sa présence au monde, et dans sa quête de réalisation de soi. 

On voit donc tout l'intérêt scientifique à ce sujet, c'est encore un travail à poursuivre. Rolland Viau dans sa conférence à l'université de Sherbrooke (Québec, Canada) sur « la motivation des élèves en difficulté d'apprentissage : une problématique particulière pour des modes d'intervention adaptés » reconnaît que les enseignants doivent continuer à se préoccuper de la motivation de leurs élèves car ils sont de plus en plus les seuls modèles que les enfants et les adolescents peuvent observer en train d'apprendre et d'aimer l'apprentissage.

L'étude réalisée par Marie-Louise ZIMMERMANN à l'Ecole Jean-Piaget, LDES, Université de Genève sur les difficultés d'apprentissage (1995), fait remarquer que plus de 50% des étudiants, leurs réussites sont liées à la motivation et l'intérêt porté à la matière. Donc les étudiants accordent une plus grande importance à la motivation et au fait d'aime la matière. Dans ce contexte, l'orientation scolaire trouve son importance.

Mais il semble que rien n'ait été écrit en ce qui concerne l'orientation scolaire comme moteur de motivation scolaire et réussite des apprentissages scolaires dans l'enseignement secondaire professionnel. Plus précisément, l'orientation scolaire bien faite et acceptée par l'élève conduit à la motivation et à la réussite des apprentissages. Comment l'apprenant, n'ayant pas participé à son orientation et celui qui a participé réagissent-ils quand ils sont invités à faire un projet personnel d'apprentissage ? Comment sont-ils motivés dans le processus de l'apprentissage ? C'est dans ce sens que la motivation nous intéresse en posant la question de savoir si l'apprentissage motivé et orienté conduit nécessairement à la réussite des apprentissages.

Une telle recherche menée avec exigence et rigueur scientifique peut contribuer à l'avancement des connaissances actuelles sur la motivation d'apprendre. C'est un sujet d'actualité où on se pose des questions sur les méthodes et procédés des enseignants. Devront-ils motiver les apprenants et donner le sens aux apprentissages ? Ou doivent-ils leur apprendre à être motivés ? En d'autres termes, ne doivent-ils pas leur apprendre à concevoir un projet personnel et susciter en eux le désir de savoir et les aider à prendre une décision d'apprendre ?

* 1 Une école d'enseignement secondaire professionnel qui forme les futurs enseignants du primaire

* 2 Après le premier cycle du secondaire (collège)

* 3 Une autre observation est faite aussi au niveau des matières qui ne font pas partie d'examen à la fin d'un cycle d'étude.

* 4 Attentes, projets et motivations des médecins face à leur exercice professionnel, mars 2007

Voir le Site : http://www.web.ordre.medecin.fr/actualite/enqueteb

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