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Problematique de la promiscuite de logement et son impact sur la population du quartier mapendo dans la ville de goma en Republique Democratique du Congo (rdc)

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par Emmanuel Kyamusoke Boaruzima
Université ouverte campus de goma /nord kivu en rdc - licence en santé publique 2009
  

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INTRODUCTION GENERALE.

CONTEXTE ET PROBLEMATIQUE

La santé selon l'OMS est définie comme un état complet du bien être physique, mental et social et non l'absence de la maladie ou de l'infirmité.1(*)

C'est l'idéal pour lequel nous luttons tous depuis des années.

Le problème de la santé peut être influencé par plusieurs facteurs à travers le monde, parmi lesquels nous pouvons citer :

Une mauvaise condition d'hygiène du milieu, de l'environnement et de l'habitat, l'insuffisance alimentaire, la survenue de nouvelles pathologies épidémiques, les catastrophes naturelles, les guerres et les conflits armés sans oublier le facteur du logement qui se traduit par la promiscuité et le surnombre des personnes dans une habitation, soit par des habitations nombreuses sur une étendue d'un quartier réduit. Ce facteur de promiscuité nous parait non négligeable par rapport à la santé de la population, et ce à travers le monde.

En effet la promiscuité de logement est un facteur silencieux favorisant la contamination et la transmission des plusieurs pathologies, de suite des contacts très rapprochés favorisés par la sur occupation d'un logement.2(*)

Notons que l'impact des conditions de logement sur la santé n'est pas une préoccupation récente, déjà au début du XXème siècle à New York, un mouvement s'était formé en vue d'améliorer les conditions de logement qui étaient à l'origine des divers problèmes de la santé.

En 1939, le comité sur le logement et hygiène de l'Association Américaine de la santé publique publiait la deuxième édition d'un document préconisant 30 principes de bases pour un logement sain et convenable, voici quelques unes :

1. le droit au logement est un droit fondamental, vital, et il conditionne l'accès à d'autres droits.

2. l'Etat est responsable de la mise en oeuvre du droit au logement de la population au

plan national

3. Tout être humain a droit à un logement sain et convenable, favorable à la santé

quelque soit sa condition de vie ; physique, mentale, psychologique et sociale.

4. l'Etat doit créer des services chargés de recevoir et orienter les ménages en

difficulté des logements.

5. l'hébergement d'urgence des personnes à la rue est une obligation d'ordre public,

qui incombe à l'autorité en charge du droit au logement.

Aujourd'hui les chercheurs considèrent la qualité du logement comme l'un de condition préalable à la santé3(*)

D'après UN-HABITAT, dans l'ensemble de l'Afrique, plus de 70% de la population urbaine souffre de problème de logement, c'est-à-dire ils se trouvent sans logement convenable.

Le nombre des personnes vivant dans des bidonvilles s'élève actuellement à 1 milliard d'être humain, pourrait s'accroître à cause de l'exode rural favorisé par des multiples conflits armées qui se voient partout à travers le monde. Ces personnes sont pour la plupart mal logées.

Le rapport de l'agence des nations pour la population publie sur l'accroissement de surpopulation dans les quartiers défavorisés à l'intérieur des villes, phénomène de promiscuité de logement qui n'est pas inévitable.

Or on ne peut pas avoir une société harmonieuse, si les gens n'ont pas des logements sûr, déclare ce rapport prévenant l'accroissement de surpopulation dans des villes, entraînant la promiscuité de logement et la création des bidonvilles qui seraient une recette pour d'avantage d'émeutes et des soulèvements sociaux de la population.

Le rapport se concentre sur l'existence en parallèle dans des nombreuses villes du monde, des quartiers riches et bien alimentés en services sanitaires et des bidonvilles privés des services sanitaires de bases.

Ainsi les villes les plus inégalitaires, sont celles d'Afrique du Sud, suivies par celles du Brésil, de la Colombie, d'Argentine, du Chili ; d'Equateur, de Guatemala, du Mexique ; de la Mozambique ; du Kenya, de la Cote d'Ivoire4(*) pour ne citer que ceux là.

En revanche en République Démocratique du Congo (RDC), cette situation de promiscuité de logement demeure préoccupante dans le sens que son risque de dégénérer un problème de santé semble être ignoré par les autorités politico administratives, et par la population elle-même.

Ce phénomène se voit partout dans toutes ses villes en général, mais particulièrement dans la ville de Goma, où la situation s'observe dans certains quartiers, et avec une particularité dans le quartier Mapendo où les familles sont exposées à des problèmes sanitaires de tout genre causés par la promiscuité de logement.

Ainsi un ménage compte en moyenne six personnes ou plus ; soit 42% des ménages dans ce quartier composé de 7 personnes ou plus. Par rapport aux capacités d'habitation dans les  logements, dans l'ensemble du pays les ménages disposent en moyenne de trois pièces à usage d'habitation dans leurs logements.

Le nombre moyen de chambre à coucher est de deux ; mais 41% de ménages n'ont qu'une chambre à coucher. La promiscuité dans le logement est aussi importante en milieu rural qu'en milieu urbain : deux ménages sur cinq habitent dans des logements à une chambre et deux personnes sur cinq dorment à 4 ou plus par chambre à coucher.5(*)

En milieu urbain, la proportion des logements à une chambre s'est accrue entre 1995(36%) et 2001(43%), tandis que celle des logements à 4 chambres ou plus a baissée, passant de 15 à 10% pendant cette même période.

Ce phénomène touche plus de 68% de la population congolaise, soit la majorité de la population dans tout le pays en général et celle de la ville de Goma, dans le quartier Mapendo en particulier. Elle est due à la fois de la pauvreté des individus et de faiblesse institutionnelle du pays en matière de politique de l'urbanisme et habitat

En effet la politique de l'Etat dans le domaine de l'habitat se caractérise par d'énormes carences institutionnelles et réglementaires ; ce qui justifie la fréquence de démorcellement des parcelles et des constructions anarchiques, favorisée par les autorités de l'urbanisme et de l'habitat ainsi que des titres fonciers, qui se mettent à distribuer et à morceler les parcelles sans respecter les normes

D'urbanisation, occasionnant des constructions souvent anarchiques et en matériaux non durable, et dans des zones parfois non loties dépourvue des infrastructures sanitaires de base.

Néanmoins, toute cette situation fait que les habitants de ces quartiers soient victimes des conséquences de promiscuité de plusieurs ordres, notamment :

Sanitaire par manque des installations sanitaires appropriés, de latrines, de sources d'eau potable, de système de drainage des eaux usées ménager, présence et mauvaise gestion de déchets ménagers,manque des poubelles qui font que les déchets sont jetés pèle mêle dans des parcelles et dans tous les sentier du quartier.

En outre, cette population vie dans l'insécurité due au démorcellement de parcelle et la sur occupation de logement, qui les exposent à des vols, des incendies de feux des maisons qui ne cessent pas à se répéter.

Les parents n'ont pas le temps de s'occuper de l'éducation de leurs enfants, au contraire c'est l'éducation diffuse qui prime chez les jeunes de ce quartier, due par manque d'intimité entre les occupants d'un logement car les enfants sont obligés d'assister parfois à des actes intimes de leurs parents, les grande filles et grand garçon passent la nuit ensembles au salon, favorisant ainsi le viol, la prostitution et les actes inhumains.

Par ailleurs, le problème psycho social est aussi remarqué dans cette population par le fait de la présence des symptômes de stress, d'anxiété, d'irritabilité, de dépression et même des conduites d'agressivité comme les violences de tout genre, le vandalisme, l'alcoolisme de la jeunesse, la présence des bruits de toute sorte entraînant la perturbation aigue du sommeil, affectant ainsi l'état général de l'individu.

Face à cette situation que nous venons de décrire, et qui semble être ignoré, nous avons décidé de mener une étude sur la promiscuité de logement et son impact sur la santé de la population du quartier Mapendo, en vue d'attirer l'attention des autorités politico administratives de la place et de sensibiliser la population sur l'amélioration des conditions de logement dans le dit ce quartier.

Dès lors, quelques questions ont attirés notre attention, notamment :

1. les autorités en charge de l'urbanisme et de l'habitat ont-ils des connaissances

suffisantes sur la promiscuité de logement et ses conséquences sur la santé

publique ?

2 Quelles sont les causes qui favorisent la promiscuité de logement dans le dit quartier ?

3. Les habitants de ce quartier ont-ils des connaissances suffisantes sur la

promiscuité de logement et son impact sur la santé 

C'est autour de ces réflexions que se focalise notre recherche et pour lesquelles nous allons émettre quelques hypothèses.

* 1 Dictionnaire de médicine 7e édiction; Paris 2001

* 2 NORMAN KING: condition de logement et santé publique dans les regions metropolitaines

* 3 Emmanuel: Analyse de la situation de l'habitat en Haîti,2000, p. 45

* 4 HUGES: protection de la santé, hygiene et environnement 1999; p. 156

* 5 UNICEF: Rapport sur l'état de l'habitat en RDC, 2006; p. 34

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