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Analyse comparative de la productivité de quelques clones d'eucalyptus en parcelles recherches vs parcelles industrielles

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par Gilles Freddy MIALOUNDAMA BAKOUETILA
Université Marien Ngouabi - Ingénieur Agronome 2008
  

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Introduction

Les plantations forestières tropicales constituent une des principales stratégies pour diminuer la pression exercée sur les forêts tropicales et répondre à la demande en bois (Pandey, 1997). Elles sont aménagées de manière à maximiser le rendement de bois sur le site (Evans, 1996). La productivité des plantations révèle donc une importance pour les sylviculteurs qui recherchent avant tout des variétés performantes capables d'augmenter la valeur des plantations en garantissant l'avenir du développeur qui les a mis en place.

Suite à l'augmentation de la demande en bois et à la régénération lente d'espèces naturelles, l'économie forestière plaide en faveur des plantations à croissance rapide qui sont la réponse à ce problème crucial : continuer à offrir du bois au prix du marché en restant rentable (Martin, 2002).

Largement adopté par les grandes sociétés forestières internationales, le bois d'eucalyptus est devenu « l'or vert » de l'industrie papetière et attire toujours plus d'investisseurs, y compris du secteur financier (Martin, 2002). Plusieurs raisons expliquent cette adoption des eucalyptus par les industriels : l'eucalyptus entre dans toutes les utilisations de la pâte à papier (FAO, 1982), il fournit une pâte à fibres courtes de très bonne qualité pour la fabrication de nombreux papiers d'impression, et son prix de revient est plus bas par rapport aux conifères (Berthet et Alix, 2006). L'eucalyptus s'est même constitué une solide réputation grâce aux possibilités d'amélioration génétique permettant des gains génétiques dans une période courte (Vigneron et Bouvet, 1997), mais aussi à la possibilité de créer des plantations clonales à grande échelle, gérées de façon intensive, permettant de fournir aux industriels des produits homogènes (Martin, 1987).

La fourniture de bois de chauffe, de bois de service et de bois d'industrie a préoccupée depuis longtemps au Congo Brazzaville les responsables de la production forestière (Groulez, 1964). C'est ainsi que dans les années 1950, les premiers travaux d'introduction d'espèces d'Eucalyptus ont consisté à trier les espèces intéressantes et ont permis d'installer 5000 ha de plantations d'eucalyptus de faible productivité 7-10 m3/ha/an (Vigneron et Delwaulle 1990). Suite à l'introduction de différentes espèces d'Eucalyptus, deux hybrides naturels dénommés Eucalyptus PF1 et Eucalyptus 12ABL x Eucalyptus saligna sont apparus au début des années 1963 (Petroff et Tissot, 1983) au sein des plantations. La productivité du meilleur de ces

clones naturels c'est à dire le 1-41 de l'hybride PF1 plafonne à 18 m3/ha/an (Saya et Moussassa, 1997 ; U.R.2P.I, 2006 a).

Devant la difficulté de refaire le croisement ayant donné l'hybride naturel PF1, le programme d'Amélioration génétique s'est lancé vers la création d'hybrides interspécifiques. L'application des techniques de pollinisation contrôlée (Maillard, 1978) a permis de créer une soixantaine d'hybrides artificiels parmi lesquels les hybrides Eucalyptus urophylla x E. grandis et Eucalyptus urophylla x Eucalyptus pellita (U.R.2P.I, 2006 a).

L'existence d'un fort hétérosis, montrée par la supériorité des hybrides naturels sur les espèces parentales pures a permis le choix d'un schéma de sélection variétale ; la sélection récurrente réciproque (Vigneron, 1991). La mise au point des premiers hybrides artificiels d'Eucalyptus urophylla x Eucalyptus grandis sans schéma précis a permis d'atteindre en expérimentation une production de 30 m3/ha/an avec les clones de la série 18-50 à 18-85, puis 40 m3/ha/an avec les clones de la série 18-147 à 18-523 (U.R.2P.I, 2006 a).

Depuis plusieurs années, le développement du marché de la pâte à papier s'est focalisé sur certaines espèces, conduisant les nouvelles compagnies à ne s'intéresser qu'aux espèces porteuses ; cas de l'Eucalyptus grandis x Eucalyptus urophylla au Brésil et de l'Eucalyptus globulus dans la Péninsule Ibérique ; qui ont fortement pénétré le marché européen de la pâte à papier (Cotterill et Brolin, 1997).

Ainsi le choix de EFC (gestionnaire des plantations industrielles d'eucalyptus au Congo) s'est porté sur l'Eucalyptus urophylla x Eucalyptus grandis qui est la formule la plus utilisée dans les plantations clonales en région tropicale. Ce choix a conduit l'U.R.2P.I à proposer à l'industriel une centaine des clones d'Eucalyptus urophylla x Eucalyptus grandis, dont douze ont été « certifiés » sur la base de leur productivité (m3/ha/an) en test et de leur aptitude au bouturage. Actuellement de nouveaux critères, qui compléteront le processus d'identification des clones sont proposés par le programme d'amélioration génétique de l'U.R.2P.I : la productivité (m3/ha/an) en plantation industrielle, les qualités physiques et papetières du bois, l'aptitude à l'enracinement et les empreintes génétiques (U.R.2P.I, 2006 a).

L'évaluation de la productivité en plantation industrielle révèle une importance considérable dans le processus d'identification du matériel végétal (clone), parce que :

> les travaux d'amélioration de la productivité menés par la recherche visent l'augmentation du gain génétique en plantations industrielles ;

~ la productivité en test clonal devrait être supérieure à celle obtenue en plantation industrielle, d'où l'intérêt de vérifier cette hypothèse (Delwaulle, 1985 ; Saya, 2007, Communication personnelle).

De plus, la forte compétition sur le marché international de la pâte et la présence de concurrents obligent la recherche et les gestionnaires de plantations industrielles à s'intéresser à l'augmentation potentielle du gain génétique et donc de la productivité des variétés.

Cette étude a pour objectif principale : la contribution à la mise en oeuvre des outils de certification du matériel végétal créé par l'U.R.2P.I.

Les objectifs spécifiques de l'étude sont :

~évaluer la productivité en plantation industrielle de certains des douze clones « certifiés » d'Eucalyptus urophylla x Eucalyptus grandis, déjà transférés au gestionnaire du massif, afin d'en faire un nouveau critère de sélection variétale ;

~comparer les performances industrielles de ces clones à celles obtenues en test et établir à long terme des corrélations ou des indices qui nous permettraient désormais d'estimer la productivité en plantation à partir des données en parcelles expérimentales.

Le présent mémoire est subdivisé en quatre parties : la première partie intitulée généralités regroupant quelques facteurs de variation de la productivité, la présentation du type de plantation étudiée ainsi que celle du milieu d'étude. La seconde partie est réservée à la présentation du matériel et de la méthodologie d'étude, la troisième présente les résultats obtenus, et la quatrième partie concerne la discussion de ces résultats.

I- Généralités

I-1 Facteurs de variation de la croissance et de la productivité dans les plantations clonales d'Eucalyptus

La productivité d'une espèce est le résultat de l'interaction entre le génotype et l'environnement ; le résultat d'un « dialogue » entre la plante et son milieu (Gallais, 1990). Les sources de variation de la croissance et de la productivité des arbres ou d'un peuplement sont donc les résultats de changements majeurs dans l'environnement mais aussi du clone utilisé.

I-1-1 Interaction génotype - environnement dans l'expression de la productivité

Chaque espèce végétale présente une variabilité des caractères de production entre variétés ou populations, puis une variabilité entre individus à l'intérieur de la variété ou de la population. L'interaction génotype x environnement est la variation entre les génotypes dans leur différence relative de réponse aux différentes conditions environnementales (Gallais, 1990). L'existence de différences dans le comportement des génotypes en fonction des pressions de sélection du milieu a été reconnue depuis longtemps (Hayes et Powers, 1934 cités par Shelbourne, 1972). La présence de fortes interactions génotype x environnement est l'une des causes de la variabilité intraclonale.

D'après Namkoong (1978) cité par Sotelo (2006), l'activité génétique est influencée par la température, le pH et d'autres facteurs biochimiques ou biophysiques; de même des lignées génétiques répondent de manière différente à des variations climatiques, édaphiques ou écologiques. Le comportement physiologique d'un individu (taux de respiration, activité photosynthétique, etc.), va dépendre des paramètres qui lui sont extérieurs, comme la température, l'ensoleillement, l'alimentation hydrique et minérale (Sotelo, 2006).

La productivité d'un clone ou d'une variété varie selon le milieu où il se trouve. Dans les zones plus favorables comme l'Etat d'Esperanto Santo au Brésil, la production moyenne des plantations clonales atteint 40m3/ha/an au même âge (Bouvet et al., 1997) alors que dans les conditions de croissance médiocre (cas du Congo), la productivité n'est que de 20 m3/ha/an à 7 ans. La productivité peut atteindre jusqu'à 60 m3/ha/an à 13 ans sur des sols de forêt

naturelle comme à Madagascar (Bouvet et Andrianirina 1990). Sous les climats à déficit hydrique, la production peut atteindre 5m3/ha/an (Peltier et Eyog, 1988).

Lors des essais de provenances chez Calycophyllum spruceanum, il a souvent été démontré que les différences de croissance entre les environnements de plantation sont plus grandes que les différences entre les provenances (Sotelo et al., 2003; Weber et Sotelo, 2005), autrement dit une influence de l'environnement plus forte que les différences génétiques.

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