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Contrat agricole et ses effets sur la performance de production vivrière dans la commune de Kétou : cas du maà¯s (Zea mays)

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par K. E. Aubin FAFEH
Faculté des Sciences Agronomiques (FSA/UAC) - Diplôme d'Ingénieur Agroéconomiste 2009
  

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Chapitre 7 : Effets du contrat agricole sur la performance de la production du maïs

Les résultats des chapitres précédents nous enseignent que, dans la commune de Kétou, l'agriculture contractuelle est en pleine expansion. Le crédit offert par les commerçants est utilisé en grande partie pour louer de la main d'oeuvre. Autrement dit, le contrat contribue à financer l'agriculture dans le milieu. On peut alors projeter qu'il y a des effets positifs sur la performance de la production agricole. Dans ce chapitre, nous présentons, d'une façon conceptuelle le mécanisme de l'impact du contrat sur la performance de la production vivrière dans la commune de Kétou dans un premier temps, et, dans un second temps, nous proposons une analyse empirique sur les principaux canaux à travers lesquels cet impact se réalise.

7.1. Mécanisme de l'impact du contrat sur la performance de la production vivrière dans la commune de Kétou

Pour mesurer la performance de la production vivrière, on peut exploiter plusieurs indicateurs. Compte tenu des données dont nous disposons, nous avons choisi d'exploiter la productivité moyenne du facteur fixe le plus rare. Dans la commune de Kétou, les facteurs fixes de production les plus importants sont la terre et le travail familial (main d'oeuvre familiale) mais le dernier est le plus rare. On prévoit que la productivité du travail familial sera positivement affectée si le paysan adhère au contrat.

L'amélioration de la productivité du travail familial sera obtenue à travers deux canaux. Premièrement, le contrat peut induire une augmentation de la superficie emblavée en maïs puisqu'il permet d'accroître la disponibilité de la main d'oeuvre. Le contrat peut induire aussi une amélioration des rendements. Les deux effets combinés vont conduire à l'amélioration de la productivité du travail familial. Il convient de mentionner qu'un effet sur le rendement est attendu parce qu'on pourrait assister à une intensification de la main d'oeuvre sur les parcelles cultivées si cet input est rendu disponible à cause du contrat. L'intensification de la main d'oeuvre signifie une amélioration de la qualité de certaines opérations culturales (sarclage, respect des dates de semis, etc.), ce qui peut induire de bons rendements. Des effets additionnels sur les rendements pourraient être projetés si le crédit reçu grâce au contrat est employé pour améliorer les technologies utilisées (emplois des engrais minéraux, des semences améliorées, etc.) ou pour acquérir de la main d'oeuvre pour appliquer les engrais organiques. Mais, ceci n'a pas souvent été observé dans le milieu.

Dans les tableaux 13 et 14, nous avons reporté des résultats permettant d'effectuer une analyse exploratoire du mécanisme décrit ci-dessus. Ces résultats sont toutefois provisoires. Le tableau 13 présente pour les deux catégories de producteurs (producteurs sous contrat et sans contrat), la productivité moyenne du travail familial. Elle est obtenue en divisant la production physique du maïs obtenu par parcelle par le nombre d'actifs du ménage. Dans ce tableau, sont également reportés les rendements du maïs et la superficie consacrée à cette culture par parcelle.

Tableau 13 : Productivité moyenne du travail familial, superficie moyenne emblavée en maïs et rendement moyen du maïs par parcelle

Variables

Producteurs sous contrat (N=34)

Producteurs sans contrat (N=43)

Productivité moyenne du travail familial (kg/actif)

532,65 (353,02)*

442,25 (285,78)

Superficie moyenne emblavée en maïs (ha)

2,29 (1,05)

2,05 (0,98)

Rendement moyen du maïs (kg/ha)

875,44 (149,42)

901,93 (185,5)

* sont reportés dans les parenthèses, les écarts-types

Source : Nos enquêtes, Septembre - Octobre, 2009

Les tests statistiques d'analyse de variance montrent qu'il n'y a pas de différence significative entre les deux groupes (voir annexe 2). Cependant, une analyse grossière du tableau 13 ressort les points suivants. Premièrement, la productivité du travail familial est plus élevée au niveau des producteurs sous contrat. Nous sommes alors tentés de conclure que le contrat a un effet positif sur la productivité du travail familial. Deuxièmement, la superficie emblavée en maïs est plus élevée au niveau des producteurs sous contrat ; dans le même temps, nous constatons que le rendement du maïs est plus faible au niveau de ce groupe de producteurs. Nous sommes alors tentés de conclure que l'effet du contrat sur la productivité du travail familial est surtout induit par l'accroissement de la superficie emblavée en maïs et non pas par l'amélioration des rendements du maïs.

Le tableau 14 présente les quantités de main d'oeuvre extérieure (entraide et main d'oeuvre salariée) employées sur les parcelles de maïs. Les valeurs du tableau 14 ont été obtenues en tenant compte du sexe et de l'âge. En effet, nous avons utilisé les coefficients de conversion suivant :

· 1 femme adulte = 0,75 homme-jour

· 1 enfant = 0,5 homme-jour

Tableau 14 : Quantités de main d'oeuvre employées

Variables

Producteurs sous contrat

Producteurs sans contrat

Quantité totale moyenne de main d'oeuvre entraide (hommes-jours)

30,08 (38,98)*

26,23 (45,33)

Quantité totale moyenne de main d'oeuvre salariée (hommes-jours)

83,39 (51,16)

85,23 (67,24)

Quantité totale moyenne de main d'oeuvre extérieure (hommes-jours)

113,47 (52,88)

111,46 (65,75)

Quantité moyenne de main d'oeuvre extérieure utilisée par hectare (hommes-jours)

52,75 (19,71)

53,07 (17,13)

* sont reportés dans les parenthèses, les écarts-types

Source : Nos enquêtes, Septembre - Octobre, 2009

L'analyse de ce tableau montre que la quantité totale de main d'oeuvre extérieure mobilisée est élevée au niveau des producteurs sous contrat ; ce qui pourrait expliquer l'accroissement de superficie emblavée en maïs observé au niveau de ce groupe de producteurs. En ce qui concerne la quantité moyenne de main d'oeuvre extérieure utilisée par hectare, elle est plus faible au niveau des producteurs sous contrat. On pourrait conclure que ces producteurs ne font pas une intensification de la main d'oeuvre sur les parcelles ; ce qui semble justifier le faible rendement du maïs observé au niveau de ce groupe de producteurs comparativement aux producteurs sans contrat. Il faut cependant noter que les différences entre les deux groupes ne sont pas significatives (voir annexe 2)

En résumé, dans la zone d'étude, on peut effectivement projeter que le contrat a un effet positif sur la productivité du facteur fixe le plus rare (la main d'oeuvre familiale). Cet effet serait induit par l'accroissement de superficie emblavée en maïs. L'accroissement des superficies a été rendu probablement possible grâce à l'accroissement de la main d'oeuvre extérieure mobilisée en utilisant le crédit reçu à travers le contrat. Nous constatons, par ailleurs, que l'impact sur la productivité n'est pas induit par l'amélioration des rendements du maïs.

Pour approfondir l'analyse des effets constatés dans les tableaux 13 et 14, nous proposons une analyse multivariée (analyses de régression) dans les sections suivantes.

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"Il faudrait pour le bonheur des états que les philosophes fussent roi ou que les rois fussent philosophes"   Platon