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L'étude du caractère d'Etat de droit de la RDC: coquille vide ou réalité?

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par Jean Pierre MPUTU
Université de Kinshasa - Licence 2011
  

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§4. La pauvreté de la culture politique et démocratique

La culture politique se définit comme l'ensemble des valeurs et croyances, d'attitudes qui guident et orientent le comportement politique d'une société ou mieux, les « normes » politiques de la société.

La culture politique est l'école du respect de l'autre, de l'acceptation de la différence, de la tolérance et du dialogue, de l'acceptation de l'alternance politique (savoir gagner ou perdre les élections avec élégance). (104(*))

Pour donner naissance à une démocratie, la culture politique doit comporter et responsabiliser le pouvoir de l'Etat pour solutionner les conflits individuels ou collectifs, former des associations et des groupes d'intérêts autonomes au sein de l'Etat, l'acceptation de la tolérance d'opinions, le respect des droits individuels, l'obligation pour chaque citoyen de participer à la bonne gestion de la chose publique, son acceptation de pratiquer la politique, l'obligation pour chaque citoyen de voter ou élire et le droit d'être voté ou élu.

Cependant l'impréparation politique qui a conduit à l'inculture politique est à la base de l'échec actuel du processus de démocratisation du pays. (105(*))

La démocratie a essentiellement pour base la discussion, la palabre et le débat. Il s'agit d'apprendre à convaincre et non à vaincre, de gouverner par le dialogue, le débat, la discussion, la tolérance, la transparence, le compromis, le consensus, le consentement ; or depuis 1885 jusqu'aux années 1990, l'Afrique noire n'a été gouverné que par des régimes autoritaires qui n'ont pas favorisé chez l'élite une culture politique démocratique. Pire que cela, la classe politique a, dans sa majorité, refusé l'alternance. (106(*))

La scène politique n'est pas un lieu de déchirement, de querelles fratricides ou de suspicion de chapelle nourrie de litanies interminables des accusations réciproques et futiles. La scène politique est un lieu où les haches de guerre politique visant des personnes et non leurs politiques ou leurs idées sont déniées. C'est un lieu où sont oubliés tous les vilains sentiments de rancune, de haine, d'égoïsme, de tribalisme, pour impérativement faire éclore et cultiver la liberté dans le respect des personnes et des biens, la paix sociale, la tolérance, la convivialité, le travail bienfait pour le développement du pays et l'esprit de la solidarité communautaire africaine pour réaliser le « bien commun ». (107(*))

La démocratie comme idéal, éthique et pratique politique et le pouvoir politique en soi, comme « apostolat » et éthique au service du bien commun sont une constance dynamique de l'action politique. La politique, en termes de pouvoirs politiques (organisation efficace de la société), est un « apostolat », c'est une « profession de foi ». Dans ce sens que : « s'engager en toute intégrité à réaliser le bien commun, à s'occuper des autres, en élevant le niveau de vie de la population par le développement politique et économique relève sincèrement d'une véritable profession de foi car un tel engagement exige des qualités intellectuelles, un savoir faire et un savoir moral, mais aussi un profond dévouement à servir les multitudes.

L'élite dirigeante qui n'a pas de telles qualités, un tel objectif, gouverne pour son propre intérêt et non pour celui de toute la population. Ceci est une évidence eu égard au virus dictatorial et à l'égoïsme viscéral qui gangrènent l'élite politique congolaise. C'est un vrai « apostolat » : rendre service aux autres à travers la collectivité nationale ou locale, réaliser l'intérêt général, avec l'amour d'un travail bien fait, procurer à chaque habitant du pays concerné le minimum vital, ceci est une véritable profession de foi qui exige volonté et éthique politiques. Ainsi, on ne s'improvise pas politicien parce qu'on sait parler et captiver l'attention des gens. (108(*))

A ce propos NGOMA BINDA distingue 3 visées politiques contradictoires : le politicien fonctionnaire, politicien machiavélique et politicien éthique. Le politicien fonctionnaire est la personne nommée ou élue mais qui arrive au pouvoir sans conviction ni vision concrète pour la société. Son seul intérêt est celui d'entrer en politique, et d'y figurer simplement parce qu'il faut y être. Parfaitement passif, il se contente de toucher ses honoraires, et d'accomplir des tâches routinières au fil des jours comme un simple fonctionnaire. Il ne propose rien, et surtout il s'interdit de s'opposer à toute suggestion ou option, même erronée. Il est une carpe muette. Il ne voit en politique aucune finalité autre qu'une occasion d'enrichissement, d'accomplissement ponctuel d'une fonction de prestige et d'honneurs.

Le deuxième type de regard, qui est largement celui des acteurs politiques de Etats africains modernes, considère le pouvoir comme une propriété privée, personnelle et exclusive de son détenteur, il est centralisé et exercé de manière cynique, autoritaire et arbitraire, selon les humeurs, émotions et préoccupations tout à fait personnelles.

Le troisième regard est éthique. C'est celui des personnes qui considèrent le pouvoir comme une propriété collective et un outil transitoire entre leurs mains dans le but d'aider la communauté à mieux réaliser ses aspirations de vie harmonieuse, prospère et heureuse. Le politicien véritable se forge une vision communautaire de la réalité : il fait du bien commun c'est-à-dire l'exigence de mettre en avant plan l'intérêt de la nation entière, le motif unique de son action dans la politique. (109(*))

A cet effet, la lutte politique au Congo se résume de nos jours par : comment faire pour accéder aux ressources du trésor public. Il y a peu la politique relevait en RDC du domaine des initiés mais qu'est ce qui justifie à ce jour l'afflux massif et l'attirance de tout un chacun vers la politique ? Il fait l'ombre d'aucun doute que le congolais a compris que faire de la politique c'est gagner aussi rapidement que prévu l'argent, bref s'enrichir.

Ainsi, certains auteurs et acteurs politiques parvinrent à soutenir que l'origine de la crise congolaise est à rechercher dans l'inculture politique, consécutive à un vide traditionnel en cette matière. Cette thèse côtoie une autre, celle de l'immaturité des individus. En effet, l'immaturité des individus suggère des solutions de survie individualiste sans souci de l'intérêt général. Celle-ci justifierait l'incapacité des acteurs politiques congolais à se transcender dans leur quête en vue de l'instauration d'une véritable culture démocratique dans le pays. (110(*))

L'élucidation des sujets traités dans ce travail concourt à l'émergence d'une nouvelle culture politique au Congo en particulier, et en Afrique en général en attirant l'attention des congolais sur la gravité de la situation et lancer en même temps un défi à la jeunesse montante, pour qu'elle se débarrasse des tares de la colonisation et se départisse de l'inculture politique des générations antérieures en vue de transformer les richesses potentielles dont regorge le pays en réel bonheur.

* (104) KIMPIANGA MAHANIAH, op.cit, p 70

* (105) F.TALA-NGAI, RDC  de l'an2001 : déclin ou déclic ?, éditions analyses sociales, Kinshasa, 2001, p6

* (106) Jacob SOUGA NIEMBA, op.cit, p 70

* (107) Jacob SOUGA NIEMBA, op.cit, p 246

* (108) Idem, pp 250-251

* (109)P.NGOMA BINDA, La participation politique : éthique civique et politique pour une culture de paix, de démocratie et de bonne gouvernance, deuxième édition, revue et argumentée, institut de formation et d'études politique, Kinshasa, 2005, pp 318-319

* (110) F.TALA-NGAI, op.cit, p 11

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"Il faut répondre au mal par la rectitude, au bien par le bien."   Confucius