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Le digital est-il devenu le nouveau support de communication des marques de luxe?

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par Ilaria Badjir
Haute école Louvain en Hainaut - Bachelier en communication 2012
  

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I.B : Le digital vient en réponse à la perte de puissance de la presse écrite ?

JB.F : Oui c'est évident, il y aura toujours de beaux magazines « glossy » avec de belles pages de publicité. Mais c'est du papier, un média polluant, Internet ne l'est pas ! Les jeunes ne lisent plus de la même manière, ils veulent savoir des milliers de choses plutôt qu'apprendre une chose bien précise. Moi, maintenant, je vais sur Lesoir.be chercher mon info et à terme ça ne me dérangerait pas de payer un abonnement pour avoir mon journal sur mon pc plutôt que d'aller le chercher tous les matins en librairie...C'est l'évolution des comportements.

Je trouve qu'il y a une mauvaise distribution de ce que devrait être la communication, car en Belgique, on ne veut pas changer les habitudes, la communication change, mais on reste à travailler de la même manière... Alors qu'Internet pousse au changement. Autant la Belgique était précurseur pour le taux de pénétration d'Internet dans les foyers au début des années 2000, autant aujourd'hui, on est vraiment à la bourre dans tout ce qui est exploitation de l'outil propre. On l'utilise encore trop peu alors que ce média est à la portée de tout le monde.

Les marques de luxe doivent de plus en plus tenir un discours de proximité, inviter les gens à l'expérience, aujourd'hui ce n'est pas encore très important, mais ça le sera demain quand tout le monde sera présent sur le web et à ce moment-là, ça sera au plus sympa !

Jonathan Wieme

Responsable marketing et communication de la marque de maroquinerie de luxe Niyona.128

Ilaria Badjir : Comment construit-on l'identité d'une nouvelle marque de maroquinerie, belge de surcroit ?

Jonathan Wieme : Nina Bodenhorst (qui s'occupe de la création des pièces) a décidé de lancer sa propre marque après avoir travaillé chez Delvaux et Nathan Baume. On a vraiment dû définir ce qui allait nous différencier des autres marques. On a voulu faire du « made in Belgium » même si on savait que les coûts de production sont plus élevés. Se positionner avec un beau produit artisanal avec un atelier de maroquinerie et de belles techniques... On a joué sur les points faibles des autres pour mettre en avant notre savoir-faire. Je trouve dommage qu'aujourd'hui, il ne reste plus beaucoup d'ateliers en Belgique, oil les gens peuvent venir voir comment se passe la création, sentir les matières...On cherche vraiment à éduquer les gens à notre travail et savoir-faire.

I.B : Félicitations pour votre prix au « International Design Awards in Los Angeles » ; cela ajoute un atout dans votre communication ?

J.W : Merci ! La beauté du produit est bien mise en valeur. Tout le monde sait faire des belles choses, mais au final, dans les magasins, on retrouve souvent les mêmes modèles de sac... On voulait avoir une autre identité visuelle que ce qui existait déjà. Voilà pourquoi on travaille avec du matelassé et des modèles de cuir vintage. On ajoute des touches différentes pour que le produit puisse s'affirmer esthétiquement. Comme nous sommes encore une marque naissante, on à la chance d'être plus flexibles par rapport aux grandes maisons. Pas de palette de couleurs imposées par exemple, réaliser un sac en cuir lisse ou grainé ne nous demande pas plus d'effort et c'est ça qui est notre avantage...

Le sur-mesure pour les clients est très important, c'est la touche finale.

128 http://www.niyona.be/

I .B : Pour votre visibilité dans la presse en tant que jeune créateur, quelle est votre stratégie ?

J.W : La marque est récente, elle est née en 2010. Il a bien fallu nous faire connaitre.

On travaille avec une agence de presse : Sophie Carré. Nous l'avons choisie, car elle croit en nous et partage les mêmes valeurs, que nous voulons refléter à travers notre marque.

Les parutions dans la presse apportent une visibilité et une crédibilité. Les gens peuvent constater que nous sommes présents dans les plus beaux magazines belges et cela nous aide pour aller démarcher dans les boutiques... Le bouche à oreille se fait et c'est plus facile de se faire une place dans le milieu. Les press day sont aussi importants pour faire parler de nous.

I.B : La marque Niyona est présente sur Facebook , Twitter , Instagram , Pinterest...Quel est le but de cette stratégie ?

J.W : C'est simple, nous n'avons pas encore énormément de budgets... Si ça ne tenait qu'a moi, je voudrais faire beaucoup plus d'événements off line. Mais le digital est là, gratuit et à disposition de tout le monde. Je travaille à la base pour une agence de publicité, d'où mes connaissances dans le secteur. Autant les utiliser à bon escient. Facebook est un bon outil, facile d'accès pour connaitre son audience : qui aime la marque, qui s'y intéresse... C'est un noyau dur, notre page récolte plus de mille fans en un an seulement. Pour une jeune marque, c'est vraiment pas mal ! Après, il faut rester vigilant et ne pas partir dans trop de directions différentes, rester complémentaire dans son discours sur les différents réseaux. Instragram, on l'utilise pour le côté visuel, montrer la création et l'inspiration dans les ateliers, être proche des consommateurs... C'est l'effet « Behind the scene » dont les gens raffolent.

Le twitter est là pour partager des news plus générales par forcement liées à la marque, mais des choses que l'on apprécie dans le milieu de la mode, du design, stylisme...On ne peut pas partager ça sur notre page Facebook, car elle existe pour montrer notre travail.

Le site web est la carte d'identité digitale de la marque : quelqu'un qui pense à Niyona pour trouver les informations de base va aller sur le site web.

C'est toute la volonté d'être complémentaire sur les réseaux sociaux, maintenant cela demande une bonne gestion, le contenu est le plus important, sans contenu de qualité, tout ça n'a aucun intérêt !

I.B : Désormais, on ne peut plus passer à côté du digital lorsque l'on communique pour une marque ?

J.W : Le but premier de communiquer pour une marque de luxe sur internet, c'est de faire vendre son produit. On va chercher le consommateur sur le web, on ne va pas l'amener en magasin, mais sur l'E-shop pour qu'il puisse directement faire ses achats. C'est là que les réseaux sociaux sont magnifiques, car ils permettent de trouver les bonnes personnes et on peut décider oil les amener.

Il y a tous les âges sur internet, il suffit d'aller sur la bonne plateforme. On a constaté que la moyenne d'âge des personnes qui nous suivent sur Facebook a entre vingt-cinq et trente-cinq ans alors que dans la réalité, nos clients sont un peu plus âgés. Il faut rester vigilant à ça, car notre produit a tout de même un coût, le pouvoir d'achat. Je reçois souvent des mails de jeunes personnes m'expliquant qu'elles adorent nos produits, mais qu'elles n'ont pas encore les moyens de se payer un sac Niyona... Ce n'est pas grave, car les jeunes d'aujourd'hui seront les clients de demain...Les marques de luxe vendent du rêve, il ne faut pas perdre ça de vue...

Avant tout lancement d'une marque, il y a une étude de marché qui se fait, on avait constaté que la présence digitale pour les marques de luxe belge est quasiment nulle. Même Delvaux n'a pas une aussi belle page Facebook que nous. Delvaux n'a pas encore établi sa stratégie digitale, enfin je suis sûr que cela se prépare pour bientôt et quand ça tombera, ça risque de faire mal pour les jeunes créateurs comme nous !

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