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Enseignant. E. S. et animateur. E. S face à  la socialisation genrée des jeunes

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par Noémie Lequet
Université Bordeaux 2 Segalen - Master sociologie : ingénierie et intervention sociales 2012
  

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CONCLUSION

Avec cette étude, il s'agissait de répondre à la problématique suivante : Dans quelle mesure une sensibilisation des professionnel.le.s de l'école et des lieux de loisirs aux thématiques du genre peut-elle éviter la reproduction du sexisme et de l'homophobie ?

Il a été préalablement établit que la notion de genre a d'abord été utilisée pour différencier les caractéristiques construites socialement du sexe, variable anatomique (sexe social) puis pour désigner l'essentialisation et la hiérarchisation construite des sexes. Cette notion permet donc d'éclairer et d'analyser un rapport social, celui qui existe entre les hommes et les femmes. L'apprentissage de cette différentiation par les individu.e.s se fait au travers de la socialisation de genre, processus d'intériorisation d'une police et d'une performance de genre, se préparant dès avant la naissance, se réalisant pleinement pendant l'enfance au sein de la famille, et se consolidant à l'adolescence à l'école, dans les lieux de loisirs, et au contact des pairs. En ce sens, les comportement et représentations sexistes et homophobes des adolescents au sein de ces institutions sont les conséquences de la reproduction des schémas hétérosexistes à travers la socialisation de genre.

Il a ensuite été montré que l'organisation des structures de loisirs étudiées était genrée. En effet, on remarque qu'au niveau de la maison de quartier du Jardin Public, les activités sont réparties sur deux lieux qui sont finalement polarisés en fonction du genre. De la même manière, à la Bastide, les deux centres sociaux accueillent chacun respectivement un public largement masculin ou un public largement féminin, notamment du fait que les équipes d'animation sont elles-mêmes non mixtes et polarisées en fonction du genre selon les centres. Cette « séparation » - involontaire - entre garçons et filles crée ce que l'on peut appeler des maisons-des-hommes et des maisons-des-femmes, lieux privilégiés d'apprentissage des codes de genre. De plus, ce qu'il se passe à l'intérieur des activités ou des cours de collège peut renforcer cet apprentissage (séparation en cours d'EPS, stéréotypes de genre dans les lectures de référence...). Finalement, l'organisation des structures d'accueil, des enseignements et des activités participe à la socialisation genrée.

Les représentations de genre des professionnel.le.s de l'école et des loisirs ont ensuite été interrogées. Ainsi, malgré le fait qu'ils.elles prônent généralement une égalité en droit et

de traitement entre les garçons et les filles, ils.elles restent largement ancré.e.s dans le schéma hétérosexiste, probablement du fait qu'ils.elles soient très peu sensibilisé.e.s à ces thématiques. En effet, ils.elles considèrent majoritairement que les garçons et les filles, mais aussi les hommes et les femmes, sont différents dans leurs comportements et dans leurs modes de pensée. Même si quelqu'un.e.s considèrent que ces différences sont acquises, ils.elles assument généralement que cet apprentissage se fait dans la famille, et donc que l'école ou les lieux de loisirs n'ont pas leur place dans cette construction. La faible sensibilisation à cette thématique et les représentations que peuvent avoir les profesionnel.le.s encouragent donc la reproduction de la socialisation genrée. Ces institutions seraient finalement sexistes par abstention.

Il apparait donc important de pouvoir former les professionnel.le.s sur les thèmes du genre, de la mixité, et de leur gestion dans le but de pouvoir lutter contre le sexisme et l'homophobie, conséquences directes de la socialisation différenciée de genre, et de la reproduction du schéma hétérosexiste qui l'accompagne, et ce quel que soit le territoire concerné.

Dans ce sens, une poursuite de la recherche dans le but de comprendre les enjeux liés à chaque situation (territoires, nature de la structure, garçons et filles, poste et rôle du professionnel.le...) est envisageable et souhaitable.

On peut également espérer que cette politique de formation des professionnel.le.s de l'école et des lieux de loisirs des jeunes s'inscrive dans une volonté plus large d'intégrer un questionnement sur le genre à l'ensemble des politiques publiques et au fonctionnement de chaque institution.

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"Là où il n'y a pas d'espoir, nous devons l'inventer"   Albert Camus