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L'amélioration génétique du cacaoyer. Des ressources génétiques forestières aux variétés cultivées

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par Philippe LACHENAUD
Université Montpellier II - Habilitation à  diriger des recherches 2010
  

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IV Synthèse des résultats scientifiques

L'amélioration génétique du cacaoyer. Des ressources génétiques forestières aux variétés cultivées.

Introduction

Le cacaoyer (Theobroma cacao, Linné 1753) est un arbre de la famille des Malvacées, originaire des forêts pluviales néotropicales, depuis le sud du Mexique (où il ne pourrait être que féral) jusqu'au nord de la Bolivie. Deux sous-espèces géographiques sont reconnues, T. cacao subsp. cacao et T. cacao subsp. sphaerocarpum (Chevalier) Cuatrecasas 1964, qui correspondent aux deux principaux groupes cultivés, appelés Criollo et Forastero (le troisième, Trinitario, est un hybride entre les deux autres). La connaissance de la structuration génétique de l'espèce a été affinée depuis (Lanaud et al., 1999 ; Motamayor et al., 2002, 2008) : l'existence des deux sous-espèces est maintenant contestée, au profit de celle de plusieurs groupes morpho-géographiques. L'un de ces groupes est constitué par les cacaoyers spontanés de Guyane française.

Le cacaoyer, qui peut atteindre à l'état sauvage un développement important (25 m de hauteur et 20 m de diamètre de frondaison), est une plante cauliflore : les inflorescences, et donc les fruits, sont localisés sur le tronc et les branches. Sur le tronc et les branches principales, les zones d'apparition des inflorescences évoluent en massifs appelés "coussinets floraux", qui produisent des fleurs pendant toute la vie de l'arbre. L'inflorescence est une cyme bipare à courtes ramifications (1 mm environ). La fleur, petite, est régulière, complète et pentamère. Le fruit, la "cabosse", est exploité pour ses graines. Une cabosse normale contient de 30 à 60 graines entourées d'un abondant mucilage sucré qui, fermentées et séchées (appelées alors «fèves»), constituent le cacao marchand, matière première du chocolat. Le cacaoyer, domestiqué en Amérique centrale par les Mayas et révélé aux Européens en 1502, fut ensuite répandu par ces derniers dans les zones favorables de tous les continents.

J'ai commencé à travailler en amélioration du cacaoyer en 1977, à l'IFCC (Institut Français du Café et du Cacao), comme VSNA1, en Côte d'Ivoire. J'ai été embauché ensuite comme ingénieur-chercheur en 1981. Depuis cette époque, mes travaux sur le cacaoyer ont concerné deux aspects principaux :

- L'amélioration génétique et la sélection des variétés en Côte d'Ivoire ; - Les ressources génétiques sauvages de Guyane.

En parallèle, et fréquemment en liaison avec ces deux domaines principaux, j'ai également travaillé en :

- Phytotechnie (problématiques du greffage, de la densité, des concurrences) ;

- Physiologie de la production et élaboration du rendement (cf ma thèse : Lachenaud,

1991);

- Télédétection des cacaoyères.

Dans cette synthèse, seuls seront abordés les deux premiers points.

1 Volontaire du Service National Actif

J'ai effectué trois séjours de longue durée en RCI : de novembre 1977 à avril 1979, de mars 1981 à juin 1988 et de septembre 1997 à juillet 2002, soit environ 13 ans et demi en tout. J'ai pu m'impliquer dans les domaines suivants :

4-1-1 Les variétés hybrides des générations 1975 et 1979.

Après une première phase de sélection massale dans le matériel végétal utilisé localement (Forastero « Amelonado ouest-Africain »), l'amélioration du cacaoyer en Côte d'Ivoire s'est orientée vers la création d'hybrides de clones. Ainsi, depuis la fin des années 50, des Forasteros Haut-Amazoniens (d'abord de niveau G2, puis ensuite G0 et G1, y compris des haploïdes doublés ; Lanaud et al., 1988) ont été croisés avec des Forasteros BasAmazoniens Amelonados «locaux» ou des Trinitarios. Des centaines d'hybrides ont ainsi été créés et comparés dans des essais en paires simples («single pairs»). Les meilleurs croisements ont été distribués aux planteurs à partir de 1974 (une douzaine de familles). Initialement, les critères de sélection étaient avant tout la productivité et la taille des fèves, et secondairement, les résistances aux divers aléas, dont la pourriture brune (causée par Phytophthora palmivora) et les punaises mirides. Les descendances hybrides vulgarisées, avec des rendements pouvant atteindre ou dépasser 2500 kg/ha de cacao marchand en station de recherche (Besse, 1977), ont nettement surclassé le vieux matériel Amelonado pour ce critère, mais également pour la vigueur juvénile (facilitant l'implantation) et la tolérance aux mirides, fléau de la cacaoculture ivoirienne. Utilisés tels que distribués (une douzaine seulement de familles F1) ou plus souvent sous forme de descendances produites chez les planteurs lors de croisements naturels entre individus de diverses F1, les hybrides (au sens large) ont été globalement très appréciés, et dans certaines régions, les Amelonados sont en voie de disparition.

En règle générale, pour la productivité, les hybrides à mâle Amelonado se sont montrés supérieurs à ceux comportant un mâle Trinitario. Toutefois, le minimum commercial de 1 g de moyenne pour le poids moyen des fèves a parfois imposé de garder des géniteurs Trinitarios (à grosses fèves). En plus d'une taille de fève plus grande, les hybrides vulgarisés présentent certains avantages technologiques par rapport à l'Amelonado, par exemple un taux de matière grasse plus élevé (Besse, 1977). Toutefois, la base génétique de ce matériel alors utilisé par les planteurs était véritablement étroite.

Lors de mon premier séjour, j'ai pu participer à la plantation des champs semenciers de la Satmaci (Société de développement), représentant environ 150 Ha, en trois sites. Il s'agissait des formules hybrides de la première génération (Besse, 1977). J'ai été impliqué dans toutes les opérations (multiplication des clones parents par bouturage, gestion des parcs-à-bois, préparation des parcelles, plantation, suivi). Ces champs semenciers ont permis à la Côte d'Ivoire de devenir le premier producteur mondial.

A partir de 1979, de nouvelles combinaisons hybrides ont été créés par Mossu (Paulin et al., 1993) et testées dans un réseau multilocal d'essais. Ces hybrides étaient nettement plus variés que les premiers.

Etant revenu en RCI, sur la station de Divo, en mars 1981, j'ai pu suivre, pratiquement depuis les premières observations (vigueur juvénile), l'essai A19/1 (un des cinq du réseau initial, planté en juin 1979 à Divo) et planter un autre essai (A18/1), en mai 1981, soit 95 descendances en tout, en « randomisation totale », avec des effectifs familiaux respectivement de 20 et 40. Après plus de 10 ans de suivi, les résultats du réseau d'essais

ont été co-publiés en 1993 (Paulin et al., 1993). En 1988, après une analyse de l'ensemble des essais de sélection cacaoyère plantés à Divo, dont les protocoles étaient souvent trop différents, avec des témoins parfois absents, j'ai pu planter un essai synthétique, D15/2, regroupant les meilleures combinaisons hybrides repérées sur la station. Les résultats de l'essai D15/2 furent co-publiés en 1999 (Clément et al., 1999) : ils représentent la première sortie variétale en Côte d'Ivoire depuis la génération d'hybrides de 1975. Il s'agit de 7 familles proposées en mélange, présentant une meilleure résistance à la pourriture brune que les hybrides précédents, pour un gain de productivité de 18 % par rapport à la moyenne des témoins de la génération précédente. Les clones femelles impliqués sont : PA 150, P7, NA 32, T79/501, T60/887, T85/799 et UPA 409, tous Forasteros hauts-Amazoniens, et les mâles IFC 2, IFC 5 (Amelonados (( locaux ») et POR (Trinitario du Vénézuela)

Entre 1981 et 1988, j'ai pu également travailler sur la méthodologie des essais de sélection en (( randomisation totale » (Lachenaud, 1984 ; Lotodé et Lachenaud, 1988 ; Lachenaud et Sounigo, 1991), faire diverses introductions de matériel végétal à partir des stations de quarantaine (et en particulier du matériel végétal originaire de Guyane, via Montpellier) et planter, en 1987 à Divo, avant que les résultats définitifs du réseau d'essais 1979 ne soient connus, quatre champs semenciers (un par famille hybride) qui sont encore utilisés actuellement. En poste en Guyane, j'ai pu étudier dans un essai comparatif d'hybrides planté en 1984 (en (( randomisation » totale), le comportement des hybrides ivoiriens de la génération précédente (Besse, 1977), et en publier les résultats (Lachenaud et al., 1994). J'ai donc pu acquérir une très bonne connaissance des hybrides vulgarisés en Côte d'Ivoire.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.



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