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L'amélioration génétique du cacaoyer. Des ressources génétiques forestières aux variétés cultivées

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par Philippe LACHENAUD
Université Montpellier II - Habilitation à  diriger des recherches 2010
  

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4-1-2 Le programme de sélection récurrente réciproque (SRR)

Depuis 1990, le programme d'amélioration génétique du cacaoyer en Côte d'Ivoire s'est orienté vers la création de variétés certes toujours productives (le niveau atteint dès 1975 est considéré comme acceptable, et on vient de voir que la sortie variétale de 1999 présentait déjà un progrès de 18 %), mais présentant une meilleure adaptation au milieu, particulièrement quant à la tolérance aux pourritures (surtout celles causées par P. palmivora) et aux insectes (Paulin et Eskes, 1995 ; Sounigo et al., 1999). Il était donc nécessaire de prendre en compte de nouveaux critères de sélection, d'élargir la base génétique du matériel distribué et d'adopter des méthodes d'amélioration plus efficaces. Un schéma de sélection, basé sur l'amélioration récurrente de populations complémentaires à bases génétiques élargies, a donc été envisagé (Clément et al., 1994). Il devait assurer, sur plusieurs (( cycles », un cumul de gènes favorables (dont ceux de résistances), tout en maintenant une variabilité génétique importante. Bien que la sortie variétale (descendances ou clones) soit possible à tout moment du programme, y compris donc pendant les deux premiers cycles de brassage intra-populations, elle n'est envisagée à dessein que lors des croisements entre populations améliorées à l'issue des deux premiers cycles. Etant donné l'expérience acquise avec les premiers hybrides, le choix de deux populations de base complémentaires s'est donc porté sur les Forasteros Haut-Amazoniens (HA) d'une part et les Forasteros Bas-Amazoniens et Trinitarios d'autre part (BA+T). La seconde population est donc une population composite, à créer lors du premier cycle de brassage (Fig. 1).

Le choix des clones constitutifs du premier cycle a reposé sur leurs valeurs propres ou en croisement (connues localement ou par la littérature), l'information disponible à l'époque sur la structuration génétique de l'espèce (Lanaud, 1987) et leurs origines géographiques.

Les parcelles ont été plantées en 1991-1992, à Divo, et suivies jusqu'en 1998-99.

J'ai été affecté de nouveau en RCI en septembre 1997, pour prendre la responsabilité du programme de SRR, c'est-à-dire, en pratique, clôturer les essais du premier cycle, analyser les résultats, les publier et mettre en place le second cycle. Ces activités s'inscrivaient dans le cadre d'un projet CFC /ICCO/IPGRI intitulé (( Cocoa Germplasm utilization and conservation: a global approach ».

La sélection des géniteurs du second cycle de brassage est du type «individu-famille». Les meilleures familles sont identifiées sur la base de leurs performances en test, mais aussi sur l'AGC des parents. Les critères de sélection retenus pour la sélection des familles ont été les suivants :

- la mortalité ;

- la productivité (Lachenaud, 1984, 1991);

- le rapport Production-vigueur (« Cropping, ou Yield, Efficiency »), c'est-à-dire le rapport de la production cumulée à la section en cm2 à 50 cm du sol à la clôture de l'essai (Lotodé et Lachenaud, 1988);

- le pourcentage de cabosses pourries ;

- le poids moyen d'une cabosse saine, surtout utile dans la population (BA+T), car bien corrélé avec le poids moyen d'une fève ;

- le classement des géniteurs pour leur réaction à P. palmivora, évaluée par le «testfeuille» (Tahi et al., 2000).

Les résultats du premier cycle (cf Tableaux 1 et 2) et la sélection des géniteurs du second ont été publiés (Lachenaud, in Eskes, 1999 ; Lachenaud et al., 2001). En 2000 et 2001, j'ai pu planter 5 parcelles (4 à Divo, une à Abengourou, soit 4,7 Ha en tout) liées au deuxième cycle du programme de SRR, comprenant environ 190 croisements, plus les témoins.

Le chercheur ivoirien actuellement en charge du programme (M. Tahi) est venu à Montpellier en avril-mai 2008 pour analyser les données disponibles issues de ces parcelles : les premiers résultats sont très encourageants (Tab. 3). Cependant, seuls pour l'instant les résultats concernant l'évolution de la diversité entre les deux premiers cycle sont en cours de publication (Pokou et al., 2008). Les autres résultats devraient être publiés vers 2011-12.

Egalement, à l'issue du premier cycle, 7 familles ont pu être sélectionnées pour essais de confirmation en sortie variétale. Elles présentent un progrès considérable par rapport aux précédents hybrides (y compris en matière de productivité) et ont été incluses (pour 6 d'entre elles), en 2001, dans un essai planté à Abengourou (Tab. 4).

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