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Mobilités résidentielles et habitat spontané à  Niamey

( Télécharger le fichier original )
par Bachirou Ayouba Tinni
Université Abdou Moumouni de Niamey Niger - Maitrise  2011
  

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4.4. L'émergence d'une catégorie résidentielle spécifique

Il s'agit pour nous de faire ressortir dans cette partie des éléments d'appréciation

permettant de conclure sur l'émergence d'une catégorie résidentielle spécifique au sein de notre population cible. Pour y parvenir, nous avons choisi deux <<portes d'entrée>> à savoir le type d'habitat des citadins et les raisons du déménagement. Au cours de l'analyse, nous allons mettre donc l'accent sur le type d'habitat de ces citadins tout au

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long de leurs parcours résidentiels, mettre ces types d'habitat en relation avec les raisons du déménagement de ces différents logements.

4.4.1. Un habitat majoritairement précaire

Encadré 4: exemple de catégorie résidentielle spécifique à travers la trajectoire résidentielle de monsieur A dans la ville de Niamey.

Monsieur A est né en 1966 à Marafa koira (Ouallam). Après 14 ans passé au village où il était cultivateur ; il prend le chemin de l'exode en 1980 et vient à Niamey. Il s'installa alors chez des parents au quartier Poudrière dans une case. Il trouva un travail d'employé de maison qu'il exerça jusqu' au début de l'installation de la saison hivernale où il rentra au village. Après les travaux champêtres, il revenait à Niamey au quartier Poudrière toujours dans les cases. Après 4 ans d'aller-retour entre son village et Niamey pendant lesquels il passa la saison sèche de chaque année en ville (toujours au quartier Poudrière chez les mêmes parents) et l'hivernage au village. Il se fixa définitivement à Niamey la 4ème année après avoir décroché un travail de gardien au quartier Poudrière. Il quitta alors ses parents du quartier et construit sa propre case dans le même quartier. Il passa 4 ans dans ce logement exerçant le même travail avant de quitter pour Talladjé où il construit sa case. Là aussi, il passa 4 ans avant d'être victime de déguerpissement. Il construisit alors sa case au quartier Aéroport où il vient d'être recruté comme gardien sur un chantier. Il passa 2 ans dans ce quartier avant de quitter à la fin du chantier. Il quitta alors pour le quartier Saga o? il venait de décrocher un travail de gardien. Là aussi, il se fixa dans une case et passa 3 ans avant de quitter le quartier pour Talladjé. Car il venait d'accéder à un travail de gardien mieux rémunéré que le précédent. Il se fixa de nouveau à Talladjé, construisit sa case dans le même quartier. A la date de notre passage il était dans ses 8 années dans le même logement.

QUARTIER TYPE D'HABITAT STATUT D'OCCUAPATION

Poudrière

Case

Hébergé

Poudrière

Case

Loger gratuitement

Talladjé

Case

Squatter

Squatter

Talladjé

Case

Saga

Case

Squatter

Aéroport

Case

Squatter

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Figure 13. Exemple de catégorie résidentielle spécifique à travers le type d'habitat.

Ce tableau 3 est un résumé des différents types d'habitat des personnes interrogées tout au long des 4 étapes de leurs parcours résidentiels. Ainsi, à travers ce tableau on peut avoir une idée sur les types d'habitat dans lesquels le citadin a logé. Cette démarche permet de conclure ou non sur l'existence d'une catégorie résidentielle spécifique.

Type d'habitat

1 ère étape

2ème étape

3ème étape

4ème étape

Case

63%

61%

57%

46%

Dur

13%

10%

9%

8%

Hangar

3%

1%

2%

1%

Banco

21%

14%

13%

10%

Total

100%

88%

81%

65%

Tableau 3: Type d'habitat aux différentes étapes du parcours résidentiel (notre enquête)

Ainsi, à la lecture de ce tableau, il ressort qu'à la première étape du parcours l'habitat dominant est constitué de cases (63%). Cela montre que ces citadins dès leur arrivée en ville sont des populations démunies aux conditions économiques très précaires. De ce fait, ils se contentent des cases qui correspondent mieux à leur situation économique. Aussi, faut il souligner que certains citadins se sont vus imposé les cases car à leur arrivée en ville, ils ont trouvé des parents ou des connaissances du village ; en un mot leur potentiels tuteurs vivre dans ce type d'habitat.

Néanmoins, on constate au cours de cette étape du parcours que (21%) des enquêtés vivaient dans des logements en banco. Cela s'explique d'une part par le poids de ce type d'habitat dans le parc immobilier de Niamey à l'époque et par les conditions économiques relativement précaires d'autre part.

Ce tableau révèle que plus de la moitié des personnes interrogées vivaient dans des
cases. Il montre par ailleurs, une baisse sensible de la proportion des citadins vivant
dans les bancos (14%) au profit de ceux vivant dans les cases. Cela s'explique par une

détérioration des conditions de vie mais aussi la dynamique urbaine qui se traduit par des constructions en dur, ce qui contraint les citadins qui ne peuvent pas louer des logements en dur à se retrouver dans les cases.

La troisième étape du parcours révèle la persistance de l'hégémonie de l'habitat en case. Elle concerne (28%) des personnes interrogées. Cette fréquence traduit tout simplement l'existence d'une catégorie de citadins ayant des difficultés pour accéder à un logement décent en milieu urbain. Ils se retrouvent alors dans les cases qui correspondent à leurs situations financières. C' est pourquoi on constate une large prédominance des cases aux différentes étapes du parcours résidentiel. Ainsi, on peut conclure à l'émergence d'une catégorie résidentielle spécifique vivant dans les cases. Comme l'attestent les propos de ce vieux<< mon fils, depuis que je suis à Niamey tous les logements que j'ai habités sont des cases>>.

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