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Etude et perspectives de l'approche participative des projets communautaires réalisés par le Fonds Social dans la Province du Sud-Kivu en RDC de 2004-2009


par Manassé LWIMO MANASSE MUKENGE
Institut supérieur de développement rural de Bukavu RDC - Licence en développement rural 2011
  

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Année académique 2010-2011

ETUDE ET PERSPECTIVES DE L'APPROCHE PARTICIPATIVE DES PROJETS COMMUNAUTAIRES REALISES PAR LE FONDS SOCIAL AU SUD KIVU DE 2004-2009

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE

INSTITUTS SUPERIEURS TECHNIQUES

INSITITUT SUPERIEUR DE DEVELOPPEMENT RURAL

BP 2849 BUKAVU

Par LWIMO MANASSE MUKENGE

Mémoire présenté et défendu pour l'obtention de diplôme de licencié en développement rural.

Département : PLANIFICATION

REGIONALE.

Niveau de technicité : A0.

Directeur : Prof. Augustin MUTABAZI

Docteur en économie

Co-directeur : CT Jean de Dieu WASSO

MILENGE

- Licencié en développement rural

- DESS en droit de l'homme et

résolution pacifique des conflits

0. INTRODUCTION GENERALE

0.1. PROBLEMATIQUE

Le monde connaît, depuis des siècles, les investissements internationaux et le commerce entre nations, mais l'aide délibérée aux pays à faible revenu par les nations industrialisées est quelque chose de relativement nouveau. Cette pratique s'est répandue depuis la seconde guerre mondiale et ce sont les accords de Brettons Wood en 1944 qui, en donnant naissance à la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et au Fonds monétaire international (FMI) ont marqué le point de départ d'un véritable système d'aide internationale

« La première activité de la BIRD, ou Banque mondiale, a été d'aider à se relever de leurs ruines les pays ravagés par la guerre. De plus, l'organisation des nations unies et ses institutions spécialisées furent créées en 1945. Ce furent les premiers exemples concrets d'un effort d'aide internationale faisant appel à des institutions multilatérales. »1(*)

A la fin des années 1940, les Etats-Unis mirent sur pied le plan Marshall qui avait pour but d'aider, dans le cadre d'un accord bilatéral, les pays d'Europe de l'ouest à se relever de leurs ruines. A cette époque, ils aidèrent également la Grèce et la Turquie dans leur lutte contre le communisme et la révolution.

« En 1947, un coordinateur de l'aide à la Grèce et à la Turquie fut désigné par le département d'Etat des Etats-Unis et le congrès, dans le cadre de la doctrine Truman, vota le Foreign Assistance Act qui créait une Economic Cooperation Administration (Administration de la coopération Economique) et accordait un crédit des milliards de dollars pour la reconstruction de l'Europe de l'ouest. Le plan Marshall était né et avec lui le programme américain d'aide aux nations étrangères. »2(*)

La première intervention de la Banque mondiale, en passant par IDA, remonte dans les années 1961, là où elle a pu accorder ses premiers crédits à des pays Africains en se relayant à l'idée de Robert THEOBALD qui croit que « la stabilité et l'existence des pays peu développés nécessitent un développement rapide qui ne se produira que si les nations industrialisées viennent en aide à ces pays. »3(*)

Actuellement une tendance se généralise établissant la distinction entre ce qu'on appelle d'une part « pays du centre, pays du nord, pays développés » et « pays de la périphérie, pays du sud, pays sous développés » d'autre part. Cette distinction tient compte de plusieurs facteurs notamment le niveau de vie des populations le revenu national/habitant, produit national brut, le niveau d'instruction, l'industrialisation, etc.

Bref, le niveau de développement atteint par un pays.4(*)

L'un des problèmes les plus complexes auxquels est aujourd'hui confronté le tiers monde est celui du développement. Depuis près de trente ans, les études sur ce concept connaissent une extension considérable. Malgré cette extension, le concept demeure toujours flou, vague et imprécis. Les organisations internationales en débattent quotidiennement sans en donner une définition et un sens acceptés et acceptables pour tous. Pour Robert HEILBRONER, « le développement n'est pas un phénomène essentiellement économique mais politique et social. »5(*)

Cela étant, pour l'Afrique, l'euphorie du développement qui a suivi la décolonisation et après plus de trois décennies d'autonomie politique s'est vite estompée. « Aujourd'hui, le constat général, clair et presque amer, est celui de l'échec. La désillusion des modèles proposés à l'aube de l'indépendance pour sortir le continent noir de son état de sous-développement étend cet échec à tout le système international de l'aide publique au développement et des échanges Nord-sud. Cet échec a pour nom endettement, inégalité des termes de l'échange, crise économique et sociale, instabilité politique, famine, etc. que l'Afrique subit actuellement comme martyr. Pouvait-on faire autrement ?le peut-on encore ? Cette question d'actualité peut surtout s'appliquer à Afrique rurale qui est toujours à la recherche d'une voie pour un développement durable. »6(*)

Dans l'idée de la Banque mondiale de donner des prêts aux nations membres en vue d'améliorer les conditions de vie de leurs populations comme je l'ai décrit ci haut en évoquant le cas après la deuxième guerre mondiale en Europe et l'idée est d'abord l'allégement de la dette extérieure avant tout comme le milite Borro, Sachs, Dalaï-lama et le pape en se surnommant « les militants du jubile 2000».7(*)

Pour savoir si l'allégement des dettes est suivi de leur diminution et si les actifs sont liquidés, penchons-nous sur les quarante et un pays que la Banque mondiale et le FMI classent parmi les pays pauvres très endettés (PPTE) et qui sont :Angola, Benin, Bolivie, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, République Centrafrique, Tchad, Congo, RDC, Côte d'ivoire, Guinée équatoriale, Ethiopie, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Guyana, Honduras, Kenya, Laos, Liberia, Madagascar, Malawi, Mali, Mauritanie, Mozambique, Myanmar, Nicaragua, Niger, Rwanda, São tome et Principe, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Tanzanie, Togo, Ouganda ; Vietnam, Yémen et la Zambie.

La République Démocratique du Congo a hérité de l'endettement excessif qui est devenu un problème chronique simplement parce qu'il serait de reflet de « gouvernements fondamentalement irresponsables » comme l'affirme LORD P.T. en disant que « les financements à des conditions préférentielles distribués à mauvais escient contribue à gonfler l'endettement, ce qui sert ensuite d'argument pour emprunter davantage »8(*)

Cependant le pays se jette dans une phase de reconstruction globale, c'est-à-dire institutionnelle, économique et sociale. Pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement, le gouvernement en place a pu mettre en place avec les institutions de Brettons Wood un vaste plan pour relever le gros défis qui est du social des paisibles citoyens, ce plan enfantera les institutions comme : le BCECO, FSRDC, PRCG,....

Parmi les institutions oeuvrant sous l'appui financier de la Banque mondiale, notre attention est orienté plus vers le Fonds social de la république qui est opérationnelle dans la province du sud Kivu depuis 2004 militant pour l'amélioration des conditions de vies de vulnérables en construisant et/ou réhabilitant les infrastructures de base et en promouvant les jeunes talents du secondaire en leur octroyant une bourse d'excellence.

Mais la pierre d'achoppement est de mesurer le niveau d'appréciation des communautés de base des projets réalisés dans leur milieu. Comme nous le savons, la participation communautaire est très indispensable dans tout travail d'urgence ou de développement et aussi elle constitue une bonne pratique de nombreuses années par contre faire la participation semblerait rester une optique pour parler d'un développement durable ou un développement au ras de sol; si les membres de la communauté peuvent être sollicités pour « participer » en contribuant, par la main d'oeuvre ou des ressources diverses , généralement, elles n'ont aucune influence sur les décisions relatives au projet lui-même ou encore si les membres de la communauté peuvent avoir eu l'occasion d'identifier leurs besoins et de contribuer avec leurs idées à la planification du projet, mais lors de sa mise en oeuvre, ils ne sont pas écoutés comme Mahatma Gandhi le disait «Ce que vous faites pour moi sans moi, vous faites contre moi »9(*).

Il ne suffit pas de construire un barrage, un centre de santé, une école sans toute fois songe à mettre en place une structure locale pour l'entretien en vue d'assurer la continuité du projet ou après projet, c'est mettre en place une infrastructure qui a été trop souvent confondue avec du développement. La face du pays change pour un peu de temps, mais ses travaux ne sont précédés et suivis d'une animation et d'une formation destinée à permettre aux intéressés d'en assurer la continuité, le but ne sera pas atteint. Ce pourquoi Jean Gray enrichit l'idée en ce terme : « Et l'on voit de coûteux canaux d'irrigation s'ensabler faute d'entretien, des pépinières étouffées sous de mauvaises herbes, des dispositifs antiérosifs s'effriter faute de soins, parce qu'on n'en a pas expliqué l'utilité, des écoles dessertes parce qu'on a cru qu'en résolvant le problème technique on résoudrait du même coup le problème humain. On a cherché à assujettir l'homme à la technique et non la technique à l'homme... »10(*)

De notre part, nous allons focaliser plus notre étude sur l'impact direct de ces financements sur les communautés bénéficiaires du fait que parmi les objectifs du plan à moyen terme adopté par la conférence générale de l'UNESCO, figure la promotion du développement intégré. Il s'agit ; plus exactement, de promouvoir l'élaboration d'une interpellation globale et multidisciplinaire du développement, tenant compte des interactions entre les différents facteurs qui y contribuent en sont affectés en retour, étant entendu que le développement se révèle comme un processus organique au sein du quel les facteurs et les composantes d'ordre économique, scientifique et technologique, social et culturel s'interpénètrent. Cette interrelation s'analyse non pas au travers des situations statistiques ou de phénomènes isolés et sectoriels mais au niveau des points focaux de changement économique et social dans le tissu du champ national et des tensions entre les différents secteurs de l'économie.

De tout ce qui précède, quelques questions méritent d'être posées ou soulevées :

§ les communautés bénéficiaires de base du sud Kivu sont-elles impliquées pour rendre viable le projet réalisé dans leur milieu?

§ les projets réalisés rencontrent-ils les attentes de communautés de base du Sud Kivu pour veiller à leur durabilité?

* 1 BAKER, J.C., la société financière internationale, Editions Tendances actuelles, Paris, 1970, p15

* 2 Idem, p15

* 3 THEOBALD R., Riches et pauvres, New York, The new American library of world literature, 1960, p12

* 4 SAMIR AMIN, Introduction à l'accumulation à l'échelle mondiale, éditions Dunod, Paris 1967

* 5 HEILBRONER, R., le grand essor, Editions PUF, Paris 1968, p8-13

* 6 HUNGUE, Paul., « le développement rural toujours en question » in Développement et coopération, N°1/1991, Bonn, p4

* 7 EASTERLY, William, Les pauvres sont-ils condamnés à le rester ? Editions Nouveaux horizons, Paris, 2006, p160

* 8 EASTERLY, William, Op. Cit. p155

* 9 Mahatma GANDHI, cité par Georges DEFOUR, orientation de base d'un accompagnement à l'autopromotion des groupes d'adultes, éditions Bandari, Bukavu, 2000, p1

* 10 GRAY, Jean., le développement au ras du sol : chez les paysans du tiers monde, Editions Entente, Paris 1978, p16

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