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Performance bancaire en période de crise

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par Abdelkader Derbali
Université de Sousse Tunisie - Mastère en finance et banque 2010
  

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Introduction 

En raison de la récente crise financière (2007-2009) et tant que, les banques étant l'un de ses principaux acteurs, de nombreux pays ont commencé à chercher des modèles de gestion bancaire plus prudent et transparent. Leurs objectifs s'est fixé afin de surmonter les failles critiques des systèmes bancaires classiques actuels (Badreldin (2009)).

Dans le développement rapide des marchés financiers, les banques sont face à une concurrence intense. La gestion des performances classiques semble être insuffisante sur la façon de mesurer et d'évaluer la performance complète pour répondre aux besoins bancaires de développement stratégique (Zhang et Li (2009)).

Les déterminants de la rentabilité des banques sont généralement constitués par des facteurs internes et externes. Les facteurs internes se concentrent sur les fonctionnalités spécifiques à une banque telles que la taille, le capital, l'efficacité et le risque de crédit (Akhavein et al (1997) et Demirguc-Kunt et Maksimovic (1998)).

Les facteurs externes sont constitués par des variables macro-économiques et les caractéristiques de l'industrie telles que le taux d'intérêt le niveau de développement économique et la capitalisation boursière (Demirguc-Kunt et Huizinga (2001), Bikker et Hu (2002), Havrylchyk et al. (2006)).

Ainsi, les Changements dans les conditions économiques et leurs résultats peuvent influencer les systèmes de mesure et d'évaluation de la performance bancaire (Gimzauskiene et Valanciene (2009)).

La question qui se pose à cet égard est comme suit : quelles sont les différentes études d'évaluation et de mesure de la performance bancaire ?

Tout au long de ce chapitre nous allons essayer dans une première section de présenter la nature particulière des institutions bancaires tout en mettant l'accent sur les spécificités des activités bancaires et les différents risques bancaires. Ensuite, nous allons étudier le concept de performance bancaire par l'identification de sa définition, ses types et ses dimensions. Dans la deuxième section on va présenter les différentes études d'évaluation et de mesure de la performance bancaire dans la littérature.

Section 1. La recherche de la performance d'une banque

Dans cette section, nous allons étudier la nature particulière des banques par la présentation des spécificités de leurs activités, l'importance de l'institution bancaire dans l'économie, l'étude de la rentabilité bancaire et l'énumération des différents types de risques bancaires. Ainsi, nous allons analyser la notion de performance tout en présentant ses définitions, ses types et ses dimensions.

1.1.  La nature particulière des institutions bancaires

1.1.1. Les spécificités des activités bancaires

La banque peut être considérée comme étant le secteur économique qui regroupe les activités de conception, de production et de commercialisation des services offerts par elle-même. En effet, elle exerce un ensemble d'opérations qui sont considérées comme des services offerts à des personnes physiques et morales. Ses opérations sont :

v L'octroi de crédit sous toutes formes.

v La réception des dépôts du public qu'elle qu'en soient la durée et la forme.

v L'exercice à titre d'intermédiaire des opérations de bource et de change.

v Mise à la disposition de la clientèle et la gestion des moyens de paiement.

La banque peut aussi effectuer des opérations liées à son activité telle que le conseil et l'assistance en matière de gestion financière et d'une manière générale tous les services destinés à faciliter la création, le développement et la restructuration des entreprises.

De façon plus générale et simplifiée, on peut classer les banques en deux familles telles que la banque commerciale et la banque d'investissement.

Tableau n°17. Les métiers des banques

La banque commerciale

La banque d'investissement

v Banque des particuliers

- Collecte

- Crédits

- Services

v Banques des PME et professionnels

- Financement

- Moyens de paiement et trésorerie

- Services spécialisés

v Produits d'assurances

- Vie

- Prévoyance

- Dommages

v Financements spécialisés

- Crédit-bail

- Location opérationnelle

v Banques d'affaires

- Interventions en fonds propres :

· Prises de participations

· Capital-investissement

- Ingénierie financière :

· Conseil en fusions et acquisitions

· Financements structurés

· Montages d'émissions de titres

v Banques financières

- Gestion mobilière :

· Gestion privée

· Gestion collective

· Gestion de l'épargne salariale

· Gestion institutionnelle

- Intervention sur le marché :

· Intermédiation boursière

· Commercial sur marché et dérivés

Source : Pinson. K. (1999).

Cependant, les banques participent activement à la vie économique du pays, et des erreurs dans leur gestion qui peuvent avoir des conséquences économiques et monétaires graves et indésirables. Par la suite, il vient l'importance des préoccupations en matière de sécurité et de solidité des institutions bancaires.

1.1.2. L'importance des banques dans l'économie

Depuis le 18ème siècle, Melon83(*) et Cantillon84(*) ont pris en compte des avantages qui tire une société des institutions bancaires. Lewis (1992) assimile que la banque est un producteur de service85(*). Il s'agit, soit des services d'information, soit des services de liquidité.

En premier lieu, la production des services d'information génère des couts de diverses natures. Il s'agit des couts de recherche86(*), des couts d'évaluation des projets pour s'assurer des capacités futures de remboursement de l'emprunteur87(*), des couts de suivi et de contrôle88(*) pour éviter aux banques de subir les effets d'aléa moral liés aux comportements de certains investisseurs.

En deuxième lieu, la banque est un producteur des liquidités, « Liquidity insurers »89(*), elle transforme des dépôts reçus des agents à excédent des ressources en crédits auprès des investisseurs qui en manifestant les besoins. Cette fonction ne peut connaitre de succès que s'il y a adéquation entre les termes de dépôts et ceux des crédits.

Cycliquement, les banques s'interrogent sur leur avenir et leur stratégie en fonction des turbulences de l'environnement et les fluctuations de leurs résultats. Mais, lorsqu'on parle des stratégies de la banque c'est pour évoquer des opérations sur les marchés financiers, des fusions-acquisitions, pour penser à des changements techniques et des nouveaux produits et pour atteindre une meilleure performance par l'intermédiation d'une transformation progressive90(*) de leurs activités, de leurs produits et de leurs métiers. A ce point, se pose la question de la recherche de la performance d'une banque.

1.1.3. L'étude de la rentabilité d'une banque 

Le secteur financier est considéré comme essentiel pour assurer une économie saine et vigoureuse répondant aux besoins et aspirations des principaux acteurs économiques. Il remplit un grand nombre de fonctions importantes dans l'économie.

Ainsi, la rentabilité d'une banque représente son aptitude à dégager de son exploitation des gains suffisants après déduction des couts nécessaires à cette exploitation dont le but est de poursuivre durablement son activité.

L'étude de la rentabilité revêt également une double dimension :

v Une dimension historique : Il s'agit à cet égard d'analyser les résultats de l'exercice ou des exercices écoulés pour dégager les facteurs principaux à l'origine des bénéfices ou des pertes.

v Une dimension prévisionnelle : Il s'agit d'établir sur la base d'un ensemble des hypothèses, le montant du gain ou de la perte que la banque devrait réaliser au cours de la période à venir.

Cette étude prospective repose nécessairement sur un ensemble d'hypothèses relatives aux volumes traités mais aussi aux prix. Ces hypothèses sont bien définies à partir du positionnement concurrentiel de l'établissement et de la stratégie qui est mise en oeuvre : elles intègrent également des données macro-économiques (niveau du taux d'intérêt ou du taux de change).

La littérature économique regroupe les déterminants de la rentabilité bancaire en facteurs externes et facteurs internes à la banque. L'estimation de la plupart des facteurs internes indiqués par la littérature se fait à partir de données difficilement généralisables. En effet, on peut trouver des données pour une zone donnée qui ne sont pas comparables de façon internationale (Haslam (1968)). D'autres variables dont les données sont disponibles et suggérées par la littérature sont les ratios de capital et de liquidité, les prêts / Dépôts, les pertes sur emprunts d'exploitation et certains frais généraux (Short (1979)). Ce sont en général des facteurs liés à la gestion. Des études plus récentes de Halkos et al. (2004), Hauner (2005), Fries et Taci (2005), Hahn (2005), Drake et al. (2006), Havrylchyk (2006), Bos et Kool (2006), Pasiouras (2008), ont considéré le cas d'autres variables internes aux banques et spécifiques au marché, pouvant expliquer les différences de performance entre les banques, à coté des variables environnementales.

Quant aux facteurs externes, ils ne sont pas sous le contrôle direct de la gestion mais sous celui d'autres institutions. La littérature suggère plusieurs facteurs susceptibles d'influencer la rentabilité des banques. Les principaux restent les facteurs de régulation (Jordan (1972)), les risques bancaires (Edwards et Heggestad (1973)), la taille de la banque et les économies d'échelle (Benston et al. (1982), Short (1979)), la concurrence (Tschoegl (1982)), la concentration (Schuster(1984), Bourke (1989)), la part de marché (Short (1979)), les taux d'intérêt comme indicateur de faiblesse de capital (Short (1979)), la participation de l'Etat (Short (1979)), L'inflation et la demande de monnaie (Bourke (1989)). De plus, Miller et Noulas (1996), Dietsch et Lozano-Vivas (2000), Grigorian et Manole (2002) et Christopoulos et al. (2002), Ho et Tripe (2002), Williams (2003), Pasiouras et Kosmidou (2007), Kosmidou et al. (2007), Athanasoglou et al. (2007), Pasiouras et al. (2007), Kosmidou et Zopounidis (2008), Albertazzi et Gambacorta (2008), Sufian (2008), ayant tenté d'étudier les effets des variables environnementales sur la performance bancaire.

1.1.4. Les risques bancaires

A. Le risque de crédit 

Il s'agit d'un risque inhérent à l'activité d'intermédiation traditionnelle et qui correspond à la défaillance de la contrepartie sur laquelle est détenue une créance. La banque subit alors une perte en capital supérieur au gain qu'elle aurait pu espérer sur cette même contrepartie non défaillante.

Chaque banque présente un profil de risque différent qui dépend de ses activités et de la nature des engagements, par exemple, une banque à l'activité internationale et une banque à activité domestique ne présentent pas le même profil de risque. Ce profil dépend également de la nature des engagements :

v Selon le type de crédit accordé, la mobilisation de créances est moins risquée que les crédits de trésorerie.

v Selon la durée des crédits accordés, ceux à court terme étant considérés comme moins risqué que les ceux à moyen et long terme.

v Selon les garanties dont sont assortis les crédits.

B. Le risque de taux d'intérêt 

Le risque de taux d'intérêt désigne le risque de dégradation du résultat de la banque à cause des évolutions défavorables du taux d'intérêt. De plus, les activités de financement, de prêt et de placement de la banque donnent lieu à un risque de taux d'intérêt. Pour ces activités, l'impact des Variations des taux d'intérêt se reflète dans le revenu d'intérêts net.

C. Le risque de liquidité 

Ce risque est défini comme étant le risque d'absence des actifs liquides pour faire face à des besoins inattendus tels que les avoirs des déposants. C'est le risque de tomber dans une situation d'illiquidité extrême.

D. Le risque de change

Le risque de change de la Banque découle des activités de négociation, des activités de change et des investissements dans les filiales étrangères. Dans ses activités de négociation, la banque achète et vend des devises sur les marchés au comptant, les marchés à terme et les marchés des options, autant pour les besoins de ses clients que pour son propre compte.

E. Le risque lié aux marchés des actions 

La banque négocie des actions pour ses clients et pour son propre compte. Le risque lié aux actions découle des changements dans la valeur d'un placement dans un titre donné ou des fluctuations globales du marché boursier, dans le cas d'opération sur les indices boursiers.

F. Le risque lié aux produits dérivés

Les produits dérivés constituent un important outil de gestion du risque, tant pour la Banque que pour ses clients. La Banque utilise des produits dérivés pour gérer le risque de marché lié à ses activités de financement et de placement. Pour gérer le risque de taux d'intérêt dans ses activités de prêt à taux fixe, la Banque fait appel à des swaps de taux d'intérêt, à des contrats à terme normalisés, à des contrats de garantie de taux d'intérêt et à des options. Elle a recours aux swaps, aux contrats et aux options pour gérer le risque de change.

G. Le risque systémique

Le risque systémique est défini comme étant la probabilité d'occurrence d'un dysfonctionnement paralysant l'ensemble du système financier dans une vaste zone ou dans le monde entier, par le biais des engagements croisés, première étape avant des faillites en chaîne. Ainsi, cela conduirait à un effondrement du système financier mondial. Il s'oppose au risque non-systémique, qui décrit les risques apparaissant lorsque l'économie mondiale doit faire face à un événement extérieur majeur (tel qu'une guerre). Cependant, l'existence de plusieurs définitions à la notion du risque systémique, qui sont utilisées dans les travaux théoriques et empiriques des économistes, conduit à proposer une distinction entre :

v Le risque systémique au sens étroit : correspond à la probabilité d'un choc ou d'un dysfonctionnement d'une institution financière, qui en résulte l'annonce de sa faillite suite à une chute des cours sur un marché financier, qui sont à l'origine d'un phénomène de contagion avec des effets négatifs sur une ou plusieurs autres institutions financières ou marchés.

v Le risque systémique au sens large : correspond à la probabilité d'un choc macro-économique qui a un effet sur l'ensemble de l'économie et ayant des effets sur un nombre important d'institutions financières et de marchés.

1.2. La notion de performance : définitions et types 

Depuis le début de la révolution industrielle, les entreprises sont des machines à faire de l'argent. Mougin (2003)91(*) a déclaré un jour: « Faire fortune, ce n'est pas compliqué il suffit d'acheter bon marché et de vendre cher ».

De plus, l'activité de l'entreprise est guidée par un souci d'efficacité et aussi par un souci d'économiser les ressources disponibles. Cette efficacité n'est obtenue qu'avec l'utilisation des méthodes adéquates au sein de l'organisation qui permettent de favoriser une efficience remarquable de l'activité de l'entreprise.

En effet, on a le souci d'avoir le bon résultat avec une économie de moyens et d'énergies. Ainsi, il apparu la notion de la performance qui a remplacé une autre notion la dite productivité (efficacité). La performance est à l'origine de l'apparition de division scientifique du travail à l'époque de Taylor. Elle nous apparait comme une notion plus complète que l'efficacité, car elle signifie aussi un dépassement et un exploit. De plus, elle englobe parfois l'efficacité et souvent l'efficience.

Cependant, les chercheurs, les responsables des entreprises et les consultants ont toujours un objectif primordial ; c'est comment rendre l'entreprise performante avec l'apparition des évènements imprévus de l'environnement interne et externe de celle-ci.

1.2.1. Définitions 

Comme souvent, il est intéressant de connaitre c'est quoi la performance ; car ce terme représente un indicateur sur la situation de l'entreprise. En matière de gestion « la performance est la réalisation des objectifs organisationnels »92(*).

Cette définition met en évidence trois caractéristiques fondamentales de la performance :

v Elle se traduit par une réalisation (ou un résultat).

v Elle s'apprécie par une comparaison.

v La comparaison traduit le succès de l'action.

Khemakhem (1976) a considèré la performance comme étant un accomplissement d'un travail, d'un acte, d'une oeuvre ou d'un exploit et la manière avec laquelle un organisme atteint les objectifs qui lui étaient désignés. Sa manière d'analyse se base sur deux critères :

v L'efficacité qui défini dans quelle mesure l'objectif est atteint, quelques soient les moyens mis en oeuvre.

v La productivité qui compare les résultats obtenus aux moyens engagés.

Bouquin (1986) a souligné qu'il y a trois dimensions habituellement prises en compte pour définir la performance : économie, efficience et efficacité. En effet, l'efficience se mesure par le rapport entre les ressources mises en oeuvre par les acteurs et les résultats obtenus. Ainsi, l'efficacité se mesure par l'écart les objectifs affichés et les résultats obtenus93(*).

Machesnay (1991)94(*) a défini la notion de performance comme étant « le degré de réalisation du but recherché et préfixé par une entreprise ». En fait, l'analyse des buts fait apparaitre trois mesures de la performance à savoir :

v L'efficience : est le résultat obtenu par rapport aux moyens mis en oeuvre.

v L'efficacité : désigne le résultat obtenu par rapport au niveau du but recherché.

v L'effectivité : désigne le niveau de satisfaction obtenu par rapport au résultat obtenu.

Chandler (1992)95(*) a défini la performance comme étant « une association entre l'efficacité fonctionnelle et l'efficacité stratégique ». Concernant la performance fonctionnelle, elle consiste à améliorer les produits, les services, le processus de production et de commercialisation et la gestion des ressources humaines. Tant que, la performance stratégique consiste à devancer les concurrents en se positionnant sur un marché en croissance.

Brabet (1993) a avancé « qu'avec la métaphore de l'entreprise, organisme vivant, la performance a été neutralisée ».

Au-delà, et selon Lorino (1998) « ...est performance dans l'entreprise tout ce qui, et seulement ce qui, contribue à atteindre les objectifs stratégiques ... » et « ...est donc performance dans l'entreprise tout ce qui et seulement ce qui, contribue à améliorer le couple valeur/cout ».

Doriath et Gonjet (2002) ont ajouté que la performance est relative, multiple et subjective.

Ainsi, on trouve une correspondance entre la définition de la performance et les dimensions utilisées pour sa mesure, ce qui a été retracé par Morin et al (199496(*))

Tableau n°18. Les conceptions de la performance et les dimensions de mesure

Définition de la

Performance

Cadre théorique sous-jacent

Dimensions à mesurer

Degré d'atteinte d'objectifs

v Rationnel économique

v Relations humaines

v Economiques et financières

v Humaines

Capacité d'acquisition de ressources

v Systémique

v Contingence

v Adaptation à l'environnement

v Efficience

v Complémentarité des sous-systèmes

Satisfaction de groupes variés

v Politique

v Autant de dimensions que d'acteurs concernés

Source : Morin. E. M. (1996).

D'après ce tableau, il parait à priori souhaitable de se rattacher à une définition particulière de la performance pour ensuite choisir sa mesure. Cependant, certaines définitions suggèrent des solutions de mesure plus ou moins praticables.

Toute fois, le problème de définition de la performance est résolu il vient de mieux comprendre la notion de la recherche de la performance qui est un comportement naturel et logique.

Ainsi, l'intérêt d'une entreprise, d'une banque ou d'une association est de travailler mieux et de produire plus de richesses dans des conditions pour la planète et pour le futur. Donc, la recherche de la performance c'est produire plus de résultats avec moins de ressources.

1.2.2. Types de performance

La performance de l'organisation est appréciée différemment selon les acteurs ; clients, salariés, actionnaires, managers et prêteurs de fonds puisqu'ils ont des objectifs à réaliser différents (acteurs de performance internes et externes). On distingue ainsi :

v La performance externe qui s'adresse de façon générale aux acteurs en relation contractuelle avec l'organisation. Elle est trouvée principalement vers les actionnaires et les organisations financières. Elle porte sur le résultat présent ou futur et nécessite de produire et de communiquer les informations financières. En plus que ça, elle génère l'analyse financière des grands équilibres et donne lieu à début entre les différentes parties prenantes.

v La performance interne concerne essentiellement les acteurs de l'organisation. Elle est tournée vers les managers et porte sur le processus de construction du résultat à partir des ressources de l'organisation. Ainsi, elle nécessite de fournir les informations nécessaires à la prise de décision et aboutie à la définition des variables d'action.

Au sein de l'institution bancaire, Venkatroman et Romanujan (1986) ont distingué trois conceptions concernant le concept de la performance : la performance financière, la performance opérationnelle et la performance organisationnelle.

Aussi, Lallé (1992) a ajouté d'autres types de performances telles que la performance économique, technique, managériale, commerciale et sociale.

A. La performance économique

Généralement, la performance économique désigne celle engendrée en réduisant ses couts par la maximisation du chiffre d'affaire, du profit, de la rentabilité des investisseurs et de son produit net. Ce type de performance est mesuré selon deux composantes97(*) :

v Une composante à court terme évaluée à partir d'indicateurs de résultats immédiats choisis spécifiquement pour rendre compte de l'activité de l'entreprise.

v Une composante à moyen et à long terme correspondant à des objectifs de création de potentiel relatif à des actions auront des effets positifs dans l'avenir : formation du personnel, insertion des nouvelles techniques ou innovation-produit.

B. La performance sociale 

Au niveau des organisations, la performance sociale est souvent définie comme le rapport entre un effort social et l'attitude des salariés. Cependant, ce type de performance est difficile à mesurer quantitativement.

Selon Bayed (1992), la performance sociale est définie comme le niveau de satisfaction atteint par l'individu participant à la vie de l'organisation. En effet, la performance sociale est la réduction des dysfonctionnements qui affectent les conditions de vie au travail prises au sens large. Le niveau de performance sociale a été apprécié en fonction de l'évaluation des salaires. La performance sociale dépend des conditions de vie au travail des salariés et des actions mises en oeuvre par l'entreprise pour les transformer.

En fait, la performance sociale est obtenue en réduisant les dysfonctionnements qui peuvent affecter six domaines d'activités : les conditions de travail, l'organisation du travail, le système de communication-coordination-concertation qui caractérise le système formel et informel d'information, la gestion du temps qui analyse la charge du travail, la formation en adéquation avec les besoins de l'entreprise et les souhaits des personnels et la mise en oeuvre stratégique.

Notons que les principaux indicateurs de la performance sociale sont présentés principalement dans deux critères à savoir ; le climat social et la satisfaction du personnel.

Dans ce cadre, il y a des critères qu'on peut les utiliser afin d'évaluer la performance sociale :

v La nature des relations sociales et la qualité des prises de décisions collectives.

v Le niveau de satisfaction des salariés mesurés par les sondages et les enquêtes d'opinion.

v Le degré d'importance des conflits et des crises sociales : grèves, absentéisme, accidents de travail, etc.

C. La performance financière 

La performance financière désigne la capacité de l'entreprise à maitriser ses modes de fonctionnement ; c'est-à-dire la manière avec laquelle l'entreprise transforme les intrants en extrants de la façon la plus optimale possible. Ainsi, ce type de performance se présente comme étant la manière avec laquelle l'entreprise formule une stratégie, la communique et à fixer des objectifs tout en respectant tous les moyens humains, matériels et financiers disponibles.

Généralement, les outils traditionnels de mesure de performance sont la comptabilité analytique, le contrôle budgétaire, le contrôle de gestion, etc. D'ailleurs, ces outils sont insuffisants98(*), ils appariaient des autres outils financiers qui sont adoptés aux changements de l'environnement.

En fait, la performance financière est mesurée par plusieurs ratios :

v Le ratio de rentabilité des capitaux propres (ROE) : Ce ratio rapporte des indicateurs de résultats à des indicateurs relatifs au montant des ressources mises en oeuvre.

ROE (Return On Equity) = Résultat de l'exercice / Capitaux propres

v Le ratio Q de Tobin : Ce ratio mesure l'ensemble des rentes anticipées sur un horizon infini. Ce ratio se fait en rapportant la somme des valeurs des titres détenus par les investisseurs financiers au montant des capitaux qu'ils ont investis99(*). Ainsi, la valeur des capitaux investis est mesurée par les couts de remplacement des actifs financiers.

Q de Tobin = Valeur de marché (capitaux propres + Dettes financières) / Couts de remplacement des actifs

v Le ratio de Marris : Ce ratio repose sur la même logique que le ratio Q de Tobin mais ne retient en compte que les capitaux directement investis par les actionnaires. Il se calcule par le rapport entre la capitalisation boursière et la valeur comptable des capitaux propres.

Ratio de Marris = Capitalisation boursière / Valeur comptable des capitaux propres

Les déterminants de la performance financière doivent être adoptés au secteur d'activité, à l'environnement concurrentiel et à la stratégie de l'unité concernée (l'entreprise ou plus précisément la banque). En fait, les indicateurs de la performance financière sont :

v L'accroissement du chiffre d'affaire.

v La déduction des couts et l'amélioration de la productivité.

v La meilleure utilisation de l'actif.

v La réduction du risque.

D. La performance technique 

Dans la littérature moderne, la performance technique désigne la manière avec laquelle l'entreprise utilise efficacement les ressources disponibles, le degré d'innovation dans le système de gestion, le processus de production et enfin les produits et services produits par elle même. Ainsi, la performance technique a mis en évidence deux facteurs : le facteur humain et le facteur technique. De ce fait, l'entreprise est demandée à maximiser la profitabilité, la croissance des ventes, l'augmentation des gains de productivité en produisant plus et à faible cout, ainsi qu'avec l'utilisation du même taux de travail et de capital.

Selon Rambhujan (1994), avec des moyens techniques utilisés et pour des raisons stratégiques, l'entreprise doit être compétitive et en même temps rentable.

En effet, ce type de performance est mesuré selon plusieurs critères :

v Veille technologique et bilans périodiques des innovations introduites dans les stages d'information et de formation sur les innovations et dans les projets.

v Ajustements périodiques de l'organisation et des procédures en fonction du développement de l'entreprise et de ses projets.

E. La performance managériale 

Selon Frioui (2001), la performance managériale peut être définie à travers la capacité du manager à répartir son temps et à coordonner les trois principaux éléments à savoir l'esprit de conception, l'habilité d'exécution et la conciliation et la gestion des contradictions.

De plus, ce type de performance est défini comme étant la capacité du manager et de l'équipe dirigeante à atteindre les objectifs fixés. L'évaluation de la performance managériale exige la présence de cinq critères100(*) tels que :

v La direction des subordonnés : développement, aide, autorité, etc.

v L'entrepreneurship : efficience, efficacité, pro activité, etc.

v Le leadership : logique de raisonnement, confiance en soi, communication, etc.

v La gestion des ressources humaines : gestion des processus et des groupes.

v Des autres compétences : Contrôle de soi, objectivité relative, énergie et capacité d'adaptation.

F. La performance organisationnelle 

Kalika (1988) a défini la performance organisationnelle comme étant « les mesures portant directement sur la structure organisationnelle et non pas sur ses conséquences éventuelles de nature sociale ou économique101(*) ». Dans ce cadre, cet auteur a expliqué l'efficacité organisationnelle en utilisant quatre facteurs :

v Le respect de la structure formelle. 

v Les relations entre les services.

v La qualité de la circulation de l'information.

v La flexibilité de la structure.

G. La performance stratégique 

Dans la structure organisationnelle moderne, la performance stratégique constitue un objectif primordial. Pour ce faire, l'entreprise doit fixer des objectifs stratégiques appropriés à savoir l'amélioration de la qualité des produits, l'adoption d'un marketing original ou l'adoption d'une technologie de fabrication plus performante. Par ailleurs, le souci majeur d'une organisation est de communiquer ses objectifs stratégiques au personnel et d'assurer leur transformation en objectifs opérationnels afin d'atteindre la performance stratégique. Tant que, ce type de performance est considéré comme équivalent à celle à long terme, elle est associée à :

v La capacité à remettre en cause les avantages stratégiques acquis.

v La définition d'un système de volontés visant le long terme.

v La capacité de l'entreprise à développer un avantage compétitif durable.

v La capacité de l'entreprise à trouver des sources de valeur créatrices de marge.

v L'excellence à tous les niveaux de l'entreprise.

H. La performance commerciale

La performance commerciale peut être considérée comme étant la capacité d'une entreprise à satisfaire les besoins de sa clientèle en offrant des produits et services conforme aux attentes des consommateurs. Dans ce cadre, l'objectif de l'entreprise est la satisfaction des besoins de sa clientèle afin de prendre en compte les stratégies des concurrents et en assurant la conservation et le développement d'une meilleure part de marché. Pour mesurer ce type de performance on doit faire recours à plusieurs indicateurs tels que :

v La part de marché.

v La fidélisation de la clientèle.

v La satisfaction des clients.

v La rentabilité par client, par produit, per marché, etc.

1.3. Les dimensions de la performance 

Plus généralement, on trouve une correspondance entre la définition de la performance et les dimensions utilisées pour sa mesure ce qui est retracé par Morin et al 1994. Ses auteurs ont affirmé que la mesure de la performance nécessite en grande partie la particularité102(*) de la définition de celle-ci.

Dess et Robinson (1986) ont étudié la convergence entre évaluations subjectives de la performance et données objectives de la performance. Ses auteurs ont développé l'idée pour laquelle l'évaluation de la performance soit directe et ceci en faisant des interviews avec les dirigeants et les cadres d'une entreprise pour y permettent une véritable évaluation de la performance de celle-ci. De plus, on remarque l'existence de plusieurs auteurs qui ont donné de multiples dimensions à la performance.

Tableau n°18. Les différentes dimensions de la performance dans les différentes études 103(*)

Etudes

Dimensions

J.P.Campbell (1977)

v Rationnelle

v Humaine

W.R.Scott (1977)

v Rationnelle

v Humaine

v Systémique

K.S.Cameron (1978)

v Rationnelle

v Humaine

v Systémique

v De processus interne

R.E.Quinn et J.Rohrbaugh (1983)

v Rationnelle

v Humaine

v Systémique

v De processus interne

H.Bouquin (1986)

v Objective de processus

R.S.Kaplan et D.P.Norton (1992,1998)

v Financière

v D'apprentissage et d'innovation

v De clients

v De gestion interne

E.M.Morin, A.Savoie et G.Beaudin (1994)

v Economique

v Systémique

v Politique

v Sociale

C.H.D'Arcimales (1995)

v Economique

v Sociale

D.Bessire (1998)

v Objective

Source : Kébé. P. I. (2006).

Campbell (1977) considère que la mesure de la performance se passe à travers la fixation de critères qui sont quantitatifs et/ou qualitatifs. En fait, il a proposé une liste qui comporte trente critères de la performance tels que ; efficacité, efficience, profit, productivité, croissance, turn over, aptitudes rationnelles du management, etc.

Ainsi, les critères cités par Campbell sont très hétérogènes. Par ailleurs, il y a un groupe de critères se réfèrent aux facteurs sociaux et humains (57%), un deuxième groupe de critères est lié à des aspects financiers et économiques (30%) et le troisième groupe de critères est lié à la stratégie, à la productivité et à l'environnement.

Scott (1977) a effectué une synthèse de l'étude élaborée par Campbell. Selon lui, la performance a trois dimensions ; la première concernant le modèle rationnel où l'efficacité économique est le nerf du système. La deuxième concernant le modèle naturel dans laquelle on s'intéresse à la cohésion et au moral des acteurs. La troisième est systémique qui concerne la flexibilité et la réactivité.

Cameron (1978) a ajouté aux dimensions citées de la performance par Scott (1977) une quatrième relative au processus interne. Pour cet auteur, une organisation efficace et performante est celle qui ne présente pas de caractéristiques majeures d'inefficacité. Mais, en 1986, il a noté qu'il n'y a pas d'une conceptualisation claire et précise de l'organisation performante.

Quin et Ruhrbaugh (1983) ont se référé aux critères de Campbell pour qu'ensuite identifier quatre dimensions de la performance. Ils ont effectué la synthèse la plus complète de l'idée développée par Campbell.

Pour Bouquin (1986), la mesure de la performance est entendue comme « une évaluation ex-post des résultats obtenus ».

Kaplan et Norton (1992,1998) ont proposé que « pour compléter la mesure de la performance du système de production, il faut la mise en place des indicateurs physiques ». En effet, la performance est multi-acteurs, multicritères et multi-étapes. Donc, la performance est globale.

Morin et al (1994), ont proposé quatre dimensions pour la performance. La première c'set l'efficience et l'efficacité économique. La deuxième c'est la dimension systémique qui vient de la favorisation de la pérennité de l'entreprise. La troisième est celle de la légitimité de l'organisation auprès de l'environnement extérieur. Enfin, la valeur des ressources humaines qui implique une dimension sociale.

* 83 _ Melon.J.F. (1734), « Essai politique sur le commerce », L'économiste, PP 48.

* 84 _ Cantillon.R. (1730), « Essai sur la nature du commerce en général », INED, Paris 1952.

* 85 _ Mervyn. K. L. (1992), « Modern Banking and Practice », Revue Economique N°2.

* 86 _ Chan (1983) a développé un modèle sur les couts de recherche d'information dans l'industrie bancaire.

* 87 _ confère Bernanke (1985), Chant (1992) pour des analyses plus détaillées sur les couts de vérification et d'évaluation des projets.

* 88 _ Diamond (1984), Ramakrishman et Thakar (1984) analysent l'importance des couts de suivi dans l'activité d'intermédiation financière.

* 89 _ Ndeffo. L. N. Ningaye. P. (2007), « Réformes Financières et rentabilité du système bancaire des Etats de la CEMAC », African Economic Conférence.

* 90 _ Lallé. P. (1992), « Pour une nouvelle performance de l'agence bancaire », Editions Comptables Malesherbes, P 9.

* 91 _ Mougin. Y. (2003), « Processus : les outils d'optimisation de la performance », Editions D'Organisations, P 9-10.

* 92 _ Bourguigon. A. (1995), « Peut-on définir la performance ? », Revue Française De Comptabilité, N°269.

* 93 _ Dhiaf. M. M. (2007), « Proposition d'un modèle de mesure de l'impact du Total Quality Management sur la performance globale : Cas des entreprises Tunisiennes de Textile-Habillement », thèse de doctorat, ENSAM.

* 94 _ Machesnay. (1991), « Economies d'entreprises », Eyrolles, PP 38.

* 95 _ Chandler. A. D. (1992), « Organisation et performance des entreprises », Tome 1, Editions de l'organisation, PP 21.

* 96 _ Morin. E. M. (1996), « Les indicateurs de performances », Ordre des Comptables Généraux Licenciés du Québec, Guérin.

* 97 _ Lallé. B. (1992), « Pour une nouvelle performance de l'agence bancaire », Editions Comptables Malesherbes PP 16.

* 98 _ Mavellec (1994), «la mesure de performance traditionnelle ne s'est pas adaptée aux changements de l'environnement ».

* 99 _ Chung. K. H. Pruit. S. W. (1994), « A simple approximation of Tobin's Q », Financial Management, Volume 23, N°3, PP 71-74.

* 100 _ Boyatisiz cité dans Payette. A. (1998), « Efficacité des gestionnaires et des organisations », Edition de l'organisation.

* 101 _ Kalika. M. (1988), « Structures d'entreprises, Réalités, Déterminants et performances », Editions Economica, Paris, PP 340.

* 102 _ Gauzente. C. (2000), « Mesurer la performance des entreprises en l'absence d'indicateurs objectifs : quelle validité ? Analyse de la pertinence de certains indicateurs », Finance Contrôle Stratégie, Volume 3, N° 2, P 145-165.

* 103 _ Kébé. P. I. (2006), « La performance des projets de R&D, une affaire de point de vue ? », Graduate School of management.

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