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Contribution à  l'étude sociologique de la pratique démocratique dans le contexte malgache

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par Alain Ranindrianoro
Université d'Antananarivo - Maitrise sociologie 2012
  

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FACULTE DE DROIT, D'ECONOMIE,

DE GESTION ET DE SOCIOLOGIE

UNIVERSITE D'ANTANANARIVO

DEPARTEMENT DE SOCIOLOGIE

MEMOIRE DE MAITRISE

CONTRIBUTION A L'ETUDE SOCIOLOGIQUE DE LA
PRATIQUE DEMOCRATIQUE DANS LE CONTEXTE
MALGACHE
Cas du IIe arrondissement de la commune urbaine
d'Antananarivo

Présenté par : Alain Ranindrianoro

Membres du jury :

Président : ETIENNE Raherimalala Stefano, maître de conférences Juge : RANAIVOARISON Guillaume, maître de conférences Directeur du mémoire : André Rasolo, maître de conférences

CONTRIBUTION A L'ETUDE SOCIOLOGIQUE DE LA
PRATIQUE DEMOCRATIQUE DANS LE CONTEXTE
MALGACHE

REMERCIEMENTS

Un travail de recherche nécessite un investissement important de la part du chercheur mais également de son entourage académique, social et institutionnel.

A ce titre, je remercie en premier lieu mon encadreur, M. André Rasolo, pour son conseil et son soutien.

Ensuite, je remercie tous ceux qui ont accepté avec enthousiasme de répondre à mes questions et de me donner accès à une documentation à laquelle je n'aurais pas pu accéder sans leur aide.

Je remercie mes amis qui ont directement ou indirectement participé à ce présent travail par leur présence et leur disponibilité.

Enfin, merci à ma mère qui m'a supporté pendant ces quatre années d'études.

SOMMAIRE

INTRODUCTION GENERALE

PREMIERE PARTIE : CADRAGE THEORIQUE : LA DEMOCRATIE EN DEBATS CHAPITRE I : AUTOUR DE LA DEMOCRATIE

CHAPITRE II : THEORIES ET CONCEPTS

DEUXIEME PARTIE : RESULTATS ET ANALYSES

CHAPITRE III : LES MODALITES DE DEMOCRATISATION A MADAGASCAR CHAPITRE IV : REFLEXIONS SUR LES PRATIQUES DEMOCRATIQUES CHAPITRE V : LA PERCEPTION CITOYENNE

PARTIE III : ELARGISSEMENT DE L'HORIZON DE REFLEXION

CHAPITRE VI : ELARGISSEMENT DE LA REFLEXION

CHAPITRE VII : APPROCHE PERSPECTIVE

CONCLUSION GENERALE

ELEMENTS BIBLIOGRAPHIQUES

TABLE DES MATIERES

LISTE DES TABLEAUX

LISTE DES GRAPHIQUES

LISTE DES ABREVIATIONS

ANNEXES

RESUME

INTRODUCTION GENERALE

La démocratie est aujourd'hui au centre de la question liée à l'exercice du pouvoir étatique. Non seulement elle a donné matière à d'innombrables écrits mais elle est aussi au centre des discussions des hommes et des citoyens. C'est d'ailleurs un signe du climat politique de notre temps. Elle renferme plusieurs significations en rapport avec le contexte dans lequel elle s'insère. Mais ce qui est plus visible, c'est qu'elle désigne une certaine caractéristique d'un régime et l'exercice du pouvoir politique.

Actuellement, nous vivons dans une démocratie dans sa forme libérale. La démocratie libérale a pris naissance dans la rivalité entre deux idéologiques dominantes du XXe siècle : le socialisme et le capitalisme. Après le démantèlement de la force vitale du régime fasciste en Europe, l'affrontement entre les deux blocs, capitaliste et communiste, au cours de la Guerre Froide s'est soldé par la victoire du monde capitaliste. Le triomphe est cristallisé par l'éclatement du régime communiste et la chute du mur de Berlin.

On associe d'ordinaire la victoire du monde capitaliste au succès de l'économie de marché et la valorisation de la culture occidentale. A ce sujet, Godelier affirme que « l'humanité venait d'entrer dans la phase définitive de l'expansion mondiale de l'économie de marchande capitaliste et de l'implantation généralisée de la démocratie libérale au service exclusif bien entendu des droits de l'homme, valeurs qui avaient pris la place dévolue aux siècles précédents au christianisme, la seule vraie religion »1.

La démocratie devient une valeur partagée véhiculée par la mondialisation. Elle se traduit par une nouvelle configuration de l'espace étatique et l'espace de citoyenneté. Au niveau de l'Etat, le concept de bonne gouvernance, l'Etat de droit et la participation citoyenne envahissent le champ politique. Quant à la citoyenneté, elle s'opère par l'élargissement des droits. Progressivement, les catégories sociales dorénavant privées de droit sont actuellement bénéficiaires de ces droits.

Conçue comme rapport politique, la démocratie fait l'objet de consensus et sa promotion figure dans l'agenda des organismes internationaux. Elle désigne un état ultime visé des programmes internationaux comme condition de leurs aides. Elle est un instrument des conditions de l'aide des bailleurs de fonds.

1 Godelier (M), Au fondement des sociétés humaines. Ce que nous apprend l'anthropologie, coll. Bibliothèque idées, Albin Michel, 2007.

En ce qui concerne Madagascar, il convient de noter que le pays n'échappe pas à ces transformations sociopolitiques du XXe siècle. Cette modernité politique qui coïncide avec la mondialisation contemporaine et la globalisation économique a marqué un passage du régime socialiste au régime libéral. Cette transformation politique est avant tout l'oeuvre d'un mouvement populaire exprimant la soif de liberté et d'ouverture politique qui a eu lieu sur la mythique place du 13 mai.

Les reformes structurelles engendrées par ce mouvement ont changé la pratique de gouvernance et le mode d'intégration de l'individu dans le domaine politique en donnant à chaque citoyen la possibilité de participer à la décision concernant la vie collective. Cette forme de participation se reflète par l'instauration des institutions qui vont jouer le rôle intermédiaire entre les citoyens et l'Etat. La pratique démocratique en privilégiant l'acte de participation a été considérée comme le moyen pour atteindre le développement dans le pays.

Dans le cadre de la dynamique de pauvreté et de l'exercice du pouvoir, la pratique démocratique comme terrain d'un culte de la participation a encore été soulevée surtout dans une période où Madagascar se trouve en difficulté.

Choix thématique

Choisir la pratique démocratique comme sujet de réflexion dans le contexte malgache est d'actualité dans la mesure où la participation est actuellement liée aux enjeux de la démocratie. Le besoin d'implication de la population s'est accru en réponse à la défaillance du système représentatif dans le processus de démocratisation et même du développement en général. L'intérêt croissant à l'implication de la population a engendré des discussions au cours des ateliers et conférences-débats lorsqu'il s'agit de question de développement ou de réussite d'un projet quelconque. Dans le domaine des sciences sociales, la sociologie a démontré que l'intégration de l'individu est indispensable lorsqu'il s'agit de réussir une stratégie de développement ou de politique quelconque.

De surcroît, il convient de souligner que le choix thématique s'insère dans le cadre de notre cursus universitaire. En effet, il est institué au sein du département de la sociologie des laboratoires de réflexion pour lesquels les étudiants doivent en opter un. En ce qui nous concerne, nous avons choisi le laboratoire qui s'intitule dynamique sociale et politique. Dans ce cadre, la réflexion a été orientée par l'influence de ce parcours universitaire. Ainsi le sujet sera-t-il traité sous l'angle de la sociologie politique, c'est-à-dire la pratique démocratique comme un lieu de pratique politique, ensuite, les instruments qui fondent la participation citoyenne et les degrés d'implication des citoyens dans la prise de décision.

Problématique de recherche

En ce qui concerne la problématique de recherche, la formulation s'inspire de l'observation suivante. La démocratie est supposée être un pouvoir émanant du peuple, c'està-dire que la véritable décision politique appartient à l'ensemble de la population par l'intermédiaire du mécanisme de représentation à travers les élections ou par le biais de l'existence des organisations servant de contrepoids au pouvoir. Une question se pose alors : « Dans quelles conditions les éléments destinés à faire fonctionner une démocratie sont-ils présents et peuvent-ils le faire en considérant le cas malgache ?

Hypothèses de recherche

En ce qui concerne les hypothèses, nous attacherons à vérifier les affirmations suivantes. En premier lieu, la pratique démocratique qui met au premier plan la participation ne donne pas aux citoyens le moyen d'être l'acteur du processus de décision politique. Elle est une revendication pour les exclus du pouvoir engendrant ainsi une crise de représentation. En deuxième lieu, le problème qui handicape la pratique démocratique résulte de la faible intégration de l'individu dans le processus de participation décisionnel. Ceci est doublé de la crise de légitimité car les citoyens sont naturellement conscients de la patrimonialisation du pouvoir par les dirigeants.

Les objectifs de recherche

Au seuil de cette étude, deux objectifs façonnent notre recherche. Au titre de l'objectif global, nous voulons contribuer à la réflexion sur la pratique démocratique axée sur l'étude de la pratique politique et de l'implication des acteurs concernés dans le processus.

Comme objectif spécifique, il s'agit d'évaluer le fonctionnement des différents acteurs dans l'exercice de la démocratie. C'est aussi étudier les modes d'implication des citoyens en vue de la pratique démocratique.

Les techniques de recherche

En ce qui concerne les techniques mobilisées dans le présent travail, nous avons eu recours à la démarche privilégiant à la fois l'approche qualitative et quantitative pour le recueil des données.

La technique documentaire

Dans la perspective du présent travail, l'observation documentaire a été mobilisée après l'observation directe. Ainsi des thèses, des articles et des ouvrages en lien avec notre sujet de réflexion ont été consultés. Des centres de documentation ont été visités pour pouvoir consolider la recherche en l'espèce. Citons, entre autres, l'IRD, le CERS du département de sociologie, la bibliothèque municipale sise à Analakely, le centre de documentation de

l'Académie Malagasy à Tsimbazaza. L'Internet nous a été également une importante source de documentation. Des sites qui publient des articles, des revues et des forums de discussions ont été visités.

Observation directe

Cette première phase de l'enquête correspond à notre propre intuition du phénomène auquel nous sommes intéressés. Cette technique nous a permis d'organiser de façon progressive des hypothèses et une première délimitation provisoire du champ de recherche. Cette première démarche est suivie d'une préenquête qui consiste à élaborer l'ébauche des questionnaires à utiliser. Les idées préconçues ont été abandonnées à partir de là. Par la suite, les hypothèses ont été réactualisées si la rédaction des questionnaires définitifs a pu être effective.

Les techniques vivantes

En ce qui concerne les techniques vivantes utilisées, nous savons eu recours d'abord à l'échantillonnage, ensuite aux entretiens libres et enfin à l'utilisation des questionnaires. Procédure d'échantiionnage

Comme il est pratique dans une recherche sociologique de procéder à un échantillonnage, nous avons eu recours à la combinaison de deux méthodes dans la détermination de l'échantillon à savoir la méthode au choix hasard et la méthode par quotas.

Dans la caractérisation de la procédure d'échantillonnage, nous avons segmenté les interviewés en deux catégories. La première catégorie de population concerne les populations ordinaires que nous avons sélectionnées en fonction des variables (âge, sexe, niveau d'étude, catégorie socioprofessionnelle). Cette première catégorie est composée de 65 individus.

La deuxième catégorie est constituée d'acteurs politiques, de membres de la société civile, d'enseignants à l'université et de journalistes. Cette catégorisation a été utilisée dans le but de rechercher des informations particulières que nous voulons entrevoir ou vérifier. Au total, cette deuxième catégorie regroupe 15 individus.

Somme toute, 80 individus constituent la cible de l'enquête. Le tableau suivant résume notre groupe d'échantillonnage.

Tableau n° 01 : groupe d'échantiionnage selon l'âge et le genre.

Groupe d'âge

Age

Masculin

Féminin

Total

[25 ; 30[

12

9

21

[30 ; 35[

5

4

9

[35 ; 40[

5

5

10

[40 ; 45[

6

1

7

[45 ; 50[

4

5

9

[50 ; 55[

3

1

4

[55 ; + [

4

1

5

Total

39

26

65

Source : enquête personnelle 2011.

Tableau n° 02 : groupe d'échantiionnage selon le genre et niveau d'étude

Niveau d'étude

Genre

Primaire

Secondaire

Lycée(ne)

Supérieur(e)

Masculin

2

4

10

23

Féminin

0

6

6

14

Total

2

10

16

37

Source : enquête personnelle 2011

Remarque : les deux tableaux ne tiennent pas compte du nombre d'individus ayant fait l'objet d'entretien individuel durant le travail de terrain.

Entretien libre

En ce qui concerne les techniques vivantes, nous avons d'abord recouru à l'entretien libre. Cette technique a permis d'obtenir des informations riches en signification. La technique d'entretien libre est surtout utilisée au cours de la discussion avec les politiciens, les enseignants à l'université et les membres de la société civile. Les thèmes abordés sont les obstacles à la mise en place de la démocratie dans le pays, le multipartisme, les actions de la

société civile en période de difficulté, l'élection, la problématique de l'Etat à Madagascar, la place du pays dans le contexte de la mondialisation.

Cette technique a permis à l'enquêté de répondre librement à chaque thème abordé à sa manière. Toutefois, nous tenons à souligner qu'il est difficile de traiter les réponses des enquêtés dont une partie peut bien avoir échappé à notre attention. Le volume d'informations obtenues pose un problème de classification dans le traitement des données.

Questionnaire

La technique dite questionnaire a été utilisée dans le cadre de la quantification des données. Nous avons eu recours à la technique de questionnaire de type fermé, à choix multiple et une échelle de valeur. Elle nous permet de connaître la fréquence des réponses données par les enquêtés, les dépendances des réponses en rapport avec le contexte social dans lequel l'individu s'insère. Cette technique a facilité notre tâche concernant le dépouillement des données. Il convient quand même de signaler que la technique présente des risques. Il y a des réponses qui ont débordé le cadre de réflexion prévu.

Les méthodes d'approche

Toute recherche en sciences sociales nécessite une démarche analytique appropriée faisant appel à de différentes approches de l'analyse sociologique. Dans ce cadre, nous exposerons une brève présentation des approches qui seront mobilisées dans le présent travail.

- l'analyse fonctionnelle

Régulièrement utilisé en sciences sociales, le fonctionnalisme repose sur le postulat sur la recherche d'une fonction sociale. Le représentant typique de l'analyse fonctionnelle est sans doute l'anthropologue Bronislaw Malinowski. Selon lui, chaque élément constitutif de la réalité sociale, qu'il soit symbolique, culturel et institutionnel, existe parce qu'il répond à un besoin. Il repose sur le postulat que chaque élément de la réalité culturelle joue une fonction indispensable de la totalité organique. Par ailleurs, le mot fonction peut être une analyse d'indépendance entre deux variables. En d'autres termes, au sens mathématique du terme l'analyse fonctionnelle permet de connaître la relation de corrélation entre deux variables.

A l'opposé de Malinowski, Merton a introduit une nouvelle théorie fonctionnelle qu'on appelle le relativisme fonctionnel. Le relativisme fonctionnel s'émerge comme étant une opposition au fonctionnalisme absolu de Malinowski. En effet, Merton démontre qu'il est abusif de considérer que chaque élément culturel correspond à un besoin et qu'il joue des fonctions, car vouloir chercher des explications de la nécessité à chaque élément culturel est

aberrant2. Il convient de souligner que Merton a introduit une autre notion pour assouplir le fonctionnalisme : celle de dysfonction. Alors que « les fonctions sont, parmi les conséquences observées, celles qui contribuent à l'adaptation ou à l'ajustement d'un système donné », les dysfonctions sont « celles qui gênent l'adaptation ou l'ajustement du système »3.

Aborder la théorie fonctionnelle nous paraît importante car elle permet de voir les rôles de chaque institution ou la structure d'une société démocratique pour le bon fonctionnement de la société. Par ailleurs, le dysfonctionnement nous permet de savoir l'obstacle à l'exercice de la démocratie dans la société malgache.

- l'évolutionnisme

Fondé sur la croyance du XVIIe et XVIIIe siècle dans l'unité psychique du genre humain, l'évolutionnisme repose sur les valeurs matérialistes et la croyance à la raison humaine comme le seul maître de son destin. Avec l'évolutionnisme, la société se déplace sur une ligne évolutive linéaire qui constitue les stades de progrès. Chez Comte, cette ligne énumère successivement le stade théologique, métaphysique et positif. Chez Durkheim, l'évolution s'explique par le passage de la société de droit restitutif à la société au caractère de droit répressif. La société n'est plus un présent de Dieu mais un monde à construire dans lequel les hommes sont égaux en droit avec pour chacun le droit à la parole et à la liberté d'expression. Existe désormais l'idée que le bonheur est à construire sur terre et que la souffrance de la vie n'est pas nécessairement voulue par Dieu. L'humain se croit capable de gérer la société par la dimension rationnelle par l'intermédiaire de la science et par la dimension raisonnable exprimée à travers la démocratie. Ainsi avec le principe de la rationalité moderne, tout ce qui relève du traditionalisme est à soumettre dans la rubrique d'obstacle au développement, irrationnel. Dans la lecture malgache, cette pensée évolutionniste a été imposée par la colonisation. Au moment de l'indépendance, elle est véhiculée par toutes les théories du développement reposant sur l'hypothèse selon laquelle les sociétés industrielles sont considérées comme le miroir de l'étape ultime du développement à rattraper. Pour arriver à ce développement, les pays développés ont amorcé des reformes économiques souvent accompagnées des reformes politiques.

- Le matérialisme historique

Le matérialisme historique repose sur la matrice suivante : une société est divisée à trois
niveaux. Le monde des idées ou la superstructure idéologique composée par la façon de
penser, croyance et religion, la vision du monde. Le monde des institutions juridiques

2 G. Rocher, L'organisation sociale, tome II éd. HMH 1968.

3 Ibid. p. 172.

politiques à savoir l'Etat, le gouvernement, l'école, le droit et la justice. Et enfin le monde économique, c'est-à-dire les objets et instruments de production, les rapports de production, les forces productives4. Ces trois niveaux constituent la formation sociale d'une société donnée. L'importance du matérialisme pour nous c'est leur relation. Il existe une relation dialectique entre ces trois niveaux. Ils doivent être en harmonie. En transposant ce schéma marxiste, nous essayons d'expliquer la société malgache à partir de cette matrice marxiste. Cependant, le matérialisme nous sert simplement de voir la réalité à partir d'un regard objectif mais non comme Marx une qui a une réflexion engagée.

Limite de la recherche

Quelques problèmes ont été rencontrés tout au long de la recherche. Parmi lesquels, citons d'abord la disponibilité et le temps surtout pour les politiciens. Ils ont de la peine à s'accorder un temps libre pour discuter avec nous, ce qui a causé des dépenses supplémentaires investies dans les appels téléphoniques afin de fixer un rendez-vous. S'y ajoutent les frais de déplacement. Ensuite, la difficulté réside dans la réticence des enquêtés surtout lorsqu'il s'agit d'un sujet politique. Les enquêtés ont toujours demandé à être rassurés avant de répondre à la question. Enfin, les politiciens éprouvent de la difficulté à répondre à certaines questions durant les entretiens individuels.

Plan de recherche

Au terme de cette partie introductive, il convient de signaler que le mémoire suit le plan suivant. Dans la première partie du devoir, nous attacherons notre étude à l'exposé de différentes théories qui seront mobilisées dans le cadre du présent mémoire. La deuxième partie sera consacrée à la présentation de notre travail de terrain et ainsi que les différentes analyses y afférentes. L'étude se terminera par des pistes de réflexion en rapport avec le travail de terrain effectué.

4 Brechon (P), Les grands courants de la sociologie, éd. PUG. 2000.

PREMIERE PARTIE : CADRAGE THEORIQUE
LA DEMOCRATIE EN DEBATS

Nous estimons que tout chercheur en sciences sociales doit avoir un soubassement théorique qui constitue le fil conducteur de sa recherche. À ce titre, nous empruntons les idées d'Henri Mendras suivantes pour montrer la nécessité d'un cadre théorique dans une recherche. « En effet, il n'y pas d'observation de la réalité sans un minimum de théorie au départ. On ne regarde pas ce qui se passe dans la société sans avoir quelques idées préconçues que ce soient des idées ou des hypothèses de bon sens, ou que ce soient des hypothèses issues d'autres recherche sociologique »5.

Cependant, le sociologue qui regarde les faits ne vit pas en dehors d'une culture. Il est parfois influencé par la représentation de son appartenance sociale. C'est cette représentation sociale qui va fournir une erreur à l'analyse du chercheur. Ainsi, pour écarter tout préjugé, le sociologue doit s'écarter de son objet d'étude s'il veut que son travail soit objectif. Durkheim a insisté que le sociologue doit agir à la manière des physiciens lorsqu'il regarde un fait. Selon le langage célèbre de Durkheim, il y a lieu de traiter les faits comme des choses. Cette première partie détaillera alors les différentes approches mettant en exergue l'étude de la pratique démocratique.

5 Mendras (H.), Eléments de sociologie, Armand Colin, Paris, 1978-2001

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