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Contribution à  l'étude sociologique de la pratique démocratique dans le contexte malgache

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par Alain Ranindrianoro
Université d'Antananarivo - Maitrise sociologie 2012
  

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V. 1.2. Rapport du citoyen à la presse

Parmi les libertés démocratiques que les malgaches cherchent à conquérir, la liberté de presse parait être le plus important. Le foisonnement de la presse de ces dernières années illustre qu'une grande amélioration est opérable dans ce domaine par le développement de presse qui se montre plus critique à l'égard du pouvoir en place. Cette situation se manifeste également par le développement des émissions télévisées, des émissions radiophoniques, les chroniques politiques. La vulgarisation de la nouvelle technologie de l'information et de la communication permet aux citoyens de rentrer en contact direct à ces différentes émissions, pour lancer des critiques, des propositions, de plaider concernant la vie politique nationale. Le développement de la presse est un milieu ouvert à l'espace public lui permettant de s'exprimer librement, de procurer des informations.

Pour savoir le rapport du citoyen à la presse nous avons demandé aux citoyens s'ils sont bien informés concernant la vie politique malgache, de ce qu'ils pensent sur l'évolution de la presse d'aujourd'hui.

Le résultat de terrain a permis de savoir que l'accès à l'information par un individu passe en premier par la presse quotidienne qui représente 33,8 % de l'individu interrogé. Ensuite, par la presse télévisée qui obtient 24,6 % et enfin la presse radiophonique avec 18,5 %. Les 23,1 % n'ont pas donné de réponses.

Graphique n°04 : les sources de l'information de l'individu.

Source : Enquête personnelle 2011.

L'accès à l'information ne se limite pas à l'achat d'un journal, il se traduit aussi par le suivi d'un débat politique télévisé. D'après nos observations, 55,4 % des personnes interrogées suivent les débats politiques télévisés. 26,2 % déclarent qu'ils ne suivent pas les débats politiques télévisés. 4,6 % ne suivent que rarement faute de temps et de l'occupation quotidienne. Aux yeux des citoyens suivre un débat politique télévisé est un moyen qui permet de connaître l'actualité nationale, une scène où l'individu exprime librement. 58 % ont insisté sur ce point. Certains disent qu'un débat politique est le signe de la liberté d'expression et se définit comme un critère de l'existence de la démocratie dans le pays, 23 % se rangent sur ce point. Pour les autres c'est une revendication latente (un besoin de changement) parce que la liberté d'expression n'est pas vraiment établie dans le pays, 8 % des individus enquêtés signalent ce point. Pour le reste, le développement des émissions politiques présente des effets pervers car il dérive à guerre des ondes, un conflit politique. Les analyses des journalistes sont souvent d'orientation partisane.

Il convient de remarquer aussi que dans notre cas, ce sont les hommes qui sont les plus actifs et attentifs à suivre un débat politique. Il atteint une proportion de 44,6 % et les femmes ne sont que 10,2 %. Le tableau suivant résume le rapport entre genre et suivi d'un débat politique.

Tableau n°09 : Rapport genre et suivi d'un débat politique

Genre

Suivi d'un débat politique

Masculin

Féminin

Pas du tout

4,6 % (3)

21,5 % (14)

Rarement

3,1 % (2)

1,5 % (1)

Quelque fois

7,7 % (5)

6,2 % (4)

Souvent

44,6 % (29)

10,2 % (7)

Source : Enquête personnelle 2011.

Si les émissions politiques commencent à gagner de terrain, il convient de préciser que la liberté d'expression est loin de suffire aux yeux de la population. Nous observons que 55 % des individus enquêtés disent que la liberté d'expression est encore insuffisante. 18 % jugent que la liberté d'expression est satisfaisante. Les autres sont indifférentes.

Graphique n°05 : Jugement sur la liberté d'expression.

Source : Enquête personnelle 2011.

A partir de ces appréciations quantitatives nous pouvons en tirer que ce sont les hommes de sexe masculin et les individus qui ont un niveau d'étude supérieur manifestent des intérêts à l'égard de la vie politique. Les femmes s'auto excluent de la vie politique. Cependant nous tenons à souligner que ce comportement de la femme en rapport avec la vie politique s'explique par son statut social, de son rôle et de sa valeur, dans la société malgache. Ce qui revient à dire que les femmes ne sont pas intégrées dans la vie démocratique.

La graphique 04 dégage que 55 % des sujets enquêtés jugent la liberté d'expression
insuffisante. 18 % seulement trouvent satisfaisante. 26% sont incapables de juger concernant
la liberté d'expression. Dans la pensée des sujets enquêtés, l'existence des débats médiatiques

signe la liberté d'expression, force est de souligner que l'insuffisance de cet espace d'expression s'explique par l'inexistence de lieu dans lequel les citoyens ordinaires peuvent avoir leur mot à dire. L'entrée à ces chaînes médiatiques présente des coûts élevés malgré le développement de la discussion téléphonique. Les citoyens gardent encore le sentiment selon lequel lorsqu'on parle dans le pays, on est poursuivi. Ils sont convaincus que, exprimer, ou critiquer ne servira à rien car les dirigeants ne vont pas en tenir compte.

V.1.3. Le problème de la presse

Si les citoyens perçoivent que la liberté d'expression reste insuffisante, nous tenons à remarquer que la presse qui en principe devrait l'institution d'expression est aussi en difficulté. La place de la presse comme quatrième pouvoir est loin d'être acquis. Pour expliquer cette situation il suffit de voir l'acte d'intimidation attribué aux journalistes par l'envoi des lettres de mise en demeure, la censure. Sur ce sujet, l'exemple de la crise politique de 2009 montre que nous ne sommes pas encore à la hauteur de la liberté d'expression. Dans cette période de transition l'histoire est entrain de se répéter ou l'on assiste à des censures des émissions de la radio pour cause de trouble à l'ordre public.

Le manque de professionnalisme des médias leurs empêchent de fonctionner correctement, une forte politisation de la presse qui se traduit par des commentaires partisans. Les hommes politiques créent leur propre chaîne de télévision, de station radio ou journal pour véhiculer leurs idées politiques.

La chaîne nationale est désertée de pluralisme de débat public et démocratique, elle devient la propriété du chef de l'Etat, son moyen de propagande politique d'autant plus que seule la chaîne nationale est autorisée à diffuser des informations sur l'ensemble du territoire. Les journaux qui paraissent à Antananarivo ne sont disponibles en province que le lendemain. Chaque homme qui arrive au pouvoir instrumentalise le media national pour consolider son emprise et pour immerger une grande population dans l'ignorance de ce qui se passe dans la vie de la cité.

La différence de traitement entre les candidats dans l'accès à la chaîne nationale pendant la campagne électorale est toujours un sujet d'actualité. La discussion sur le code de communication qui devrait réglementer la profession des medias reste encore dans l'impasse37.

En réalité, les journalistes font figure d'éléments influents de la société civile. Gramsci met
l'accent sur cet aspect à travers son analyse des intellectuels organiques qui est

37 La dernière loi sur la communication est édictée par la loi n° 90-031 du 21 décembre 1990 portant sur la communication.

complémentaire de l'étude d'Althusser sur le bloc historique. D'après ces deux points de vue, les journalistes, les médias et la presse appartiennent à ces deux catégories. Ils font partie intégrante de la société civile. Ils sont investis de la fonction de susciter des débats sociaux à travers leur pouvoir de dénonciation et les critiques qu'ils formulent. Mais, à Madagascar, peu de journalistes savent jouer leur vrai rôle. Ils ignorent même leur véritable statut parfois.

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