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Pauvreté des ménages et accès aux soins de santé en RDC. Une approche par l'analyse factorielle des correspondances

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par Junior Kana Kiwe
Université de Kinshasa RDC - Master en économie des ressources humaines 2011
  

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2.1.3. Théories de la croissance endogène

La santé fut longtemps ignorée dans les grands concepts et les modèles de la macro-économie et de la croissance. L'économiste ne se préoccupait guère de cette dimension, la considérant généralement comme l'une des affectations possibles des fruits de la croissance, voir plus souvent comme une contrainte budgétaire pouvant peser sur le processus d'accumulation des richesses.

L'émergence des nouvelles théories au milieu des années 1980, à la suite des premiers travaux de ROMER P. (1983), a permis de nuancer, voire de contester progressivement cette approche. Le développement des théories de la croissance endogène est en effet à l'origine de la prise en compte de la santé, aussi bien en tant qu'investissement, qu'en tant que consommation, dans la croissance économique.

Selon ce courant de pensé, la croissance est influencée par le comportement des agents économiques, et à ce titre l'évolution de l'économie a par essence un caractère endogène. D'une part, l'une de ces principales sources, le progrès

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technique, est désormais perçu comme un facteur déterminé par les actions des agents économiques en connaissance de cause, alors qu'il était jusqu'alors considéré comme exogène, c'est-à-dire engendre en dehors du processus de croissance et intervenant sur celui-ci indépendamment des actions des agents. D'autres part, d'autres interventions sont désormais reconnues comme influençant directement et significativement la croissance économique : les dépenses publiques, la recherche et développement et l'investissement en capital humain.

Or, ces approches révèlent que compatibles avec une analyse liant croissance et santé. en effet, c'est surtout le secteur de la santé, avec celui de l'éducation, qui intégré les principaux facteurs explicatifs de la croissance endogène, que sont la recherche, le capital humain et les dépenses publiques. Toutefois, selon les auteurs, ces dernières sont parfois considérées comme une source de croissance, parfois comme une application des théories de la croissance endogène. Nous nous plaçons ici dans le premier cas. Dès lors, on pourrait penser que la santé est un fort générateur de la croissance endogène. Ce constat pourrait constituer une aux divergences des taux de croissance entre les pays à long terme, constat qui est à l'origine des nouvelles théories de la croissance.

2.1.3.1. Dépenses publiques et santé

Certains modèles de croissance endogène reposent sur l'idée que l'investissement (y compris en capital humain) a des effets externes positifs sur les possibilités de production, ce que les firmes ne prennent pas en considération. Il appartient donc aux instances décisionnaires de l'Etat de prendre des mesures requises pour permettre une meilleures affectation inter temporelle des ressources, en fait pour favoriser la réalisation d'un montant d'investissement plus élevé, en particulier dans les domaines publics tels que l'éducation e la santé.

Les théories de la croissance endogène mettent donc en avant le rôle positif des dépenses publiques ayant un effet d'entraînement sur la croissance. Or, il suffit de rappeler l'importance du secteur de la santé dans ces dépenses pour en

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déduire un lien évident entre la santé et la croissance. En effet, au-delà de l'aspect productif direct de ces dépenses de santé (infrastructures, matériels, etc.), ce sont surtout les retours sur investissements à moyen et à long terme qui justifient cette hypothèse.

Cependant, ceci ne nous permet pas d'avancer l'hypothèse qu'en définitive la non maîtrise des dépenses de santé pourrait donc avoir un rôle positif sur la croissance, ainsi que sur la santé. En effet, partant du cadre économique des pays européens à savoir des systèmes de santé reposant sur le financement public ou parapublic, nous démontrons que la progression incontrôlée des dépenses de santé par rapport à la richesse nationale est non seulement néfaste pour l'économie mais en plus ce phénomène pourrait être nuisible à la santé des populations.

Toute hausse de dépenses de santé plus rapide que la croissance économique entraîne, ceteris paribus, dans un système tel que celui des pays européens, une augmentation des prélèvements obligatoires. De fait, ceci conduit inéluctablement à un ralentissement du rythme de croissance. Voici donc le premier effet néfaste sur la richesse nationale. Ensuite, les travaux sur l'influence de la médecine sur l'état de santé des populations, proposés par McKeown (1976) le premier puis repris par différents auteurs, dont le haut Comité de la santé publique, établissent très clairement que sur longue période, en moyenne, la médecine ne jouait qu'un rôle limité sur l'état de santé global des populations, de l'ordre de 10 à 20%. Et qu'en définitive, les 80 ou 90% restants étaient constitués des variables dites environnementales ou socio-économiques. Bien évidemment, ces conclusions sont à nuancer selon les périodes étudiées (rôle de la vaccination, des antibiotiques, de l'imagerie médicale, etc.), mais dans l'ensemble le rôle de la médecine reste limité dans nos pays comme nous pouvons le constater au cours de deux dernières décennies.

Dès lors, laisser croître les dépenses de santé publiques à un rythme supérieur à celui de la richesse nationale entraîne une détérioration de l'économie (par rapport à une trajectoire optimale) qui se répercute sur les variables socio-économique

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(revenu, chômage, conditions de vie) et in fin joue un rôle négatif sur l'état de santé global des populations. Les gains d'état de santé réalisés grâce aux dépenses supplémentaires, à supposer qu'il existe ce qui n'est pas toujours démontré, ne suffiraient donc pas à compenser l'effet négatif de la détérioration de l'économie sur la santé.

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