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La mesure du risque de crédit à  la Banque Togolaise de Développement: approche par le stress- testing

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par Abdel Razak BOUKARI
Université de Lomé Togo - Diplôme d'études supérieures bancaires et financières 2011
  

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CONCLUSION :

Dans ce mémoire, nous avons évalué le niveau des pertes potentielles maximales sur le portefeuille de crédit de la BTD, si le scénario de crise qu'elle a connu au début des années 90 se reproduisait aujourd'hui. Il s'agissait aussi de voir si elle disposait suffisamment de fonds propres pour absorber ces pertes éventuelles. Cette étude a été faite à partir d'un modèle basé sur la formule de VASICEK et présenté par John HULL.

Pour ce faire, nous avons choisit l'un des quatre (4) types de chocs sur le risque de crédit qu'on retrouve dans les programmes de Stress-Testing : le choc sur les plus gros engagements.

Cette étude s'inscrit dans l'objectif de mettre en place un outil moderne d'évaluation du risque de crédit et prenant en compte les évènements extrêmes pour la BTD. Elle se veut aussi une prémisse dans la perspective de migration irréversible du dispositif prudentiel actuel de l'UEMOA vers Bâle II. En effet, l'approche IRB avancée de Bâle II permettrait aux banques de l'UEMOA, et en l'occurrence la BTD d'évaluer ses risques à partir de modèles internes.

Comme la plupart des modèles de mesure du risque de crédit, l'évaluation des pertes potentielles maximales a nécessité le calibrage des variables de la formule de VASICEK sur le portefeuille de la BTD.

En effet, la première phase a consisté à noter le portefeuille et à ranger les crédits par classes de risques. Cela nous a permis de déterminer les probabilités de défaut associées à chaque classe de risque et de calculer la corrélation de défauts entre les contreparties. En appliquant donc le modèle, nous avons constaté que les pertes potentielles maximales obtenues sur les 50 plus gros engagements de la BTD peuvent être couvertes par ses fonds propres. Cela est dû à l'importante surface financière dont elle dispose. L'étude a donc conclu que la BTD peut résister sans difficulté à un choc comparable à celui du début des années 90, en ce qui concerne ses plus gros engagements.

Cette méthode de simulation de crise dispose, certes, de divers avantages qui font d'elle le complément naturel du concept de la VaR. Mais, elle souffre d'un certain nombre de faiblesses.

En effet, l'utilité de la simulation de crise dépend en fait des compétences et de l'intuition des gestionnaires du risque. Car la méthode de Stress Testing souffre d'un manque de rigueur scientifique pour le calcul de la VaR en ce sens que la construction des scénarios s'opère de façon totalement subjective, en plus les événements extrêmes contre lesquels l'institution financière cherche à se prémunir peuvent très difficilement être anticipés. Lorsque l'institution financière dispose d'un portefeuille large et complexe, le Stress-Testing peut éprouver quelques difficultés à gérer une masse importante de possibilités et un grand nombre de corrélations.

JORION (2001) met aussi un bémol en disant que la VaR devrait être interprétée comme une première approximation du risque. Et, le fait qu'elle soit générée statistiquement ne devrait pas cacher son caractère stochastique (estimation). Aussi, il n'y a pas d'assurance de la pertinence de l'historique choisi, particulièrement important puisqu'aucune autre modélisation ne s'y ajoute.

Par ailleurs, l'honnêteté intellectuelle nous amène à souligner aussi les critiques sur la formule d'ALTMAN qui nous a permis de classer les risques. Cette formule ne permet de prévoir les faillites qu'à l'échéance d'un an. C'est donc une fonction moyennement performante. On peut utiliser d'autres formules de classement de risque comme la fonction de la Banque de France (1995).

On pourrait alors améliorer le modèle en le transformant en un modèle à plusieurs facteurs. C'est-à-dire, en allant plus loin et en intégrant une relation économétrique entre certains indicateurs macroéconomiques et le taux de perte potentielle maximale. Et quelque soit le modèle, il subsistera toujours une faiblesse inhérente aux outils de mesure du risque : le risque de modèle.

Toutefois, l'application de la méthode VaR au risque de crédit contribue aujourd'hui à l'émergence d'une gestion active du portefeuille.

La gestion des risques intégrant les évènements extrêmes se développe aujourd'hui très rapidement dans l'univers bancaire. Elle couvre toutes les techniques et les outils pour mesurer et contrôler les risques de crédit. Parmi les trois types de risques mis en exergue par Bâle II, il est sans doute celui qui est appelée à évoluer le plus.

De multiples facteurs concourent à cette évolution. Les mesures du risque de crédit sur des portefeuilles de prêts ont considérablement progressé, notamment avec la méthode de la VaR (Value at Risk), transposée de l'univers des marchés à celui du portefeuille bancaire. Un marché organisé des prêts s'est créé et élargi outre-Atlantique, une évolution qui va toucher tôt ou tard l'Afrique. Bien sûr, l'organisation de la fonction de gestionnaire de risque va aussi changer. Car ces nouveaux moyens d'action offrent une flexibilité nouvelle dans la gestion du portefeuille de prêts.

Ces possibilités nouvelles se traduisent par l'émergence d'une nouvelle gestion du portefeuille de prêts. Les fonctions commerciales et de gestion du risque de crédit tendent alors à se séparer.

Ces innovations peuvent avoir une portée considérable. Les banques ont toujours considéré qu'elles devaient porter le risque jusqu'à sa maturité. Elles subissent le poids du portefeuille existant, et les engagements nouveaux pèsent sur ces banques pour toute leur durée de vie. Aujourd'hui, ce raisonnement devrait s'infléchir. Si les crédits peuvent être vendus ou leurs risques couverts, les limites sur un client deviennent moins astreignantes. Les risques ainsi éliminés permettent de mettre en place des lignes nouvelles, tout en respectant les enveloppes existantes. Les fonds propres sur des risques cessibles deviennent inférieurs à ceux requis pour des risques longs non négociables. Les portefeuilles deviennent plus fluides, facilitant les réorientations commerciales.

Steven THIEKE, Président du comité de gestion des risques de JP Morgan, renchérit en disant : il y aura un moment où la VaR ne sera plus seulement une méthodologie de mesure du risque, mais aussi une stratégie de gestion.

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Amine TARAZI, « Risque bancaire, déréglementation financière et réglementation prudentielle », Publication de la faculté de droit et des sciences économiques de l'Université de Limoges, 1996

Christian GOURIEROUX et André TIOMO, « Risque de crédit : une approche avancée », Economica, Paris, 2007

Jeanne-Françoise de POLIGNAC, « La notation financière, l'approche du risque de crédit », Revue Banque, Paris, 2002

John HULL, « Options, futures et autres actifs dérivés », Pearson Education (6ème édition), Paris, 2007

Oldrich VASICEK,«Probability of loss on loan portfolio», KMV Corporation, 1987

Phillipe JORION, «Value-At-Risk : the new benchmark for managing financial risk », McGraw Hill (2ème edition), New York, 2001

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