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Mourir au Burundi: gestion de la mort et pratiques d'enterrement (de la période pré- coloniale à  nos jours )

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par Emmanuel NIBIZI
Université du Burundi - Licence en histoire 2005
  

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I.5.4.4. Le rôle particulier du lait dans la pratique de deuil

Généralement, on distingue deux sortes de lait. Le lait « de pioche » qui n'es rien d'autre que de la bière épaisse de sorgho (impeke), et le lait de vache. Les deux sortes de boisson peuvent être utilisées trois façons indifférentes pour cette cérémonie: traire pour les orphelins, dégustation du »lait » et laver le pot ou calebasse.

D'abord, l'action de traire la vache est faite comme d'habitude. Quand il n'y a pas de vache à traire, on « trait » la cruche. On se sert de la même corde qu'on l'attache au goulot de la cruche de bière et avec le gros orteil on tient le bout pendant de la corde. Pour « traire » la cruche on la penche un peu et on verse la bière dans une calebasse. Cette bière s'appelle donc le « lait de la houe ». A d'autres endroits, on attache la houe elle-même.

Après cette pratique, il y a ensuite la dégustation du lait: tout le monde n'a pas le droit d'en boire. Seuls les proches (basigwa), c'est - à - dire les enfants du défunt, les femmes de ses enfants, les filles et leurs maris, puis par privilège, l'un ou l'autre familier désigné par le défunt de son vivant. Dans l'une ou l'autre contrée du Burundi, on permettait parfois à quelques amis notables du défunt de boire également le lait à cette occasion. On déguste le lait - bière assis par terre, le dos tourné vers la porte de la case, l'entrée du kraal étant en face, les jambes allongées devant soi. Le tout évoque une disponibilité pour le voyage vers la prospérité. C'est une seule personne qui trait. Elle remplit toujours la même calebasse et la passe à chacun des ayant droit. Chacun reçoit à son tour le récipient et le vide en ne laissant rien au suivant. L'ordre suivi est le suivant: boivent d'abord les fils, puis la mère, les brus, ensuite les filles et leurs maris et enfin les familiers.

Laver le pot ou calebasse (kwongerezwa) vient en troisième position. La même personne qui a servi le lait aux autres, et qui est toujours le représentant du père défunt, lave le pot à lait, ou la calebasse et aussi la cruche et les pis de vache. Ce « lait » étant sacré et doté d'énormes pouvoirs, la première eau des purifications sera bue; la deuxième est jetée à un endroit secret. Le pot lui-même sera sacré et seuls les usagers lors de la cérémonie décrite pourront l'employer ou le faire disparaître. En

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effet, il y a des conséquences coutumières liées à la dégustation de ce lait. La communion au lait, par erreur ou par astuce, d'un non ayant-droit, engendre ipso facto une parenté dans la mort, causant une égalité de droits et de devoirs, une vraie fraternité avec les membres de la famille du défunt, ainsi que les poursuites possibles de son « muzimu »(esprit mâne).82 C'est pour cette raison que le familier qui, par autorisation de son maître encore en vie, a pu boire le lait avec les autres, devient fils au même titre que les fils de sang. Il change alors de clan. 83 Après cet acte de laver le pot, il vient un conseil de famille dont le but est de gérer la situation d'après la mort.

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