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Mourir au Burundi: gestion de la mort et pratiques d'enterrement (de la période pré- coloniale à  nos jours )

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par Emmanuel NIBIZI
Université du Burundi - Licence en histoire 2005
  

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II. 3. 2. Les cimetières paroissiaux

Avec la colonisation, les missionnaires venus au Burundi dans le cadre de l'évangélisation ont bouleversé les pratiques ancestrales trouvées sur place, sans oublier celles liées à l'inhumation. Ils créent des cimetières tout autour des postes de mission et des succursales avec la complicité de l'autorité coloniale. Cela est à l'origine d'un déplacement des sites funéraires passant de l'enclos ou des alentours vers des

99. Enquête, Ntahondi, Rutana, juillet 2005

100. A.Vereycken, l'Administrateur de territoire Bururi, Lettre n°840 / Cont. en réponse à la lettre n°1445 /Just. du 17.4.1954.

101. P..Ariès, L'homme devant la mort, Ed. du Seuil, Paris, 1985, p.485

102. P. Ariès, op.cit., p.493

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cimetières communaux. L'ancienne pratique a toutefois résisté farouchement, comme le constate en 1954, l'Administrateur du territoire de Bubanza, J. FREZIN :

« En ce qui concerne les païens, les indigènes continuent à enterrer leurs morts dans leurs ingo... ».103

L'implication du clergé dans la résolution de ce problème semble effective comme l'illustre la lettre de l'Administrateur de Territoire de Ngozi au Résident de l'Urundi, en date du 20 avril 1954:

"... la question soulevée par son Excellence Monseigneur Martin devient d'actualité en ce qui concerne les Missions de KATARA et de BUSIGA. J'ai déjà recherché la possibilité de disposer d'un terrain libre dans le voisinage de ces deux missions mais l'occupation très dense ne permet pas de trouver une solution sauf par des expropriations." 104

C'est le début de l'enterrement en dehors des propriétés familiales. Notons que les cimetières paroissiaux ont l'avantage d'être entretenus contrairement aux cimetières communaux généralement, laissés pour compte. Ce sont des "villes" entières chez les habitants de l'autre monde! En s'y promenant, on a l'impression que ceux qui sont morts gardent leur statut d'hommes puissants. C'est à cause de cette importance à laquelle on leur attache, que des richesses entières sont consacrées dans l'aménagement des espaces d'inhumation. Mais le constat général reste que les cimetières au Burundi n'ont jamais été l'objet d'attention des pouvoirs publics en dehors de la zone urbaine.

103. J. Frezin, Lettre au Résident de l'Urundi n°636/Just., du 28 avril 1954.

104. Lettre de l'Administrateur de Territoire de Ngozi au Résident de l'Urundi, du 20/4/1954, Archives nationales, Ngozi B1/1950-1953, liasse1

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Photo n°1: cimetière paroissial (cathédrale de Bujumbura)

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