WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

L'école et la violence. Analyse sémio- pragmatique de l'ONG IDI (Initiatives pour le Développement Intégral )en RDC

( Télécharger le fichier original )
par jean- Claude MUHINDO MATABARO
Université catholique du Congo -  2012
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

Conclusion générale

La présente étude que nous concluons a eu comme intitulé : «  L'Ecole et la violence. Analyse sémiopragmatique des dispositifs socio-éducatifs de l'ONG IDI ». La problématique soulevée par cette étude a démontré combien les ONG congolaises à l'instar d'IDI, en partenariat avec les écoles se battent pour éradiquer un mal sociétal : les violences scolaires.

En effet, notre recherche était mobilisée autour de cette question principale : dans quelle mesure ces dispositifs socio-éducatifs innovants peuvent-ils conduire à un enrichissement de l'offre de l'éducation pour les problèmes sociaux en général et en matière de violences scolaires en particulier ?

Depuis déjà une décennie, les violences ont élu domicile dans la société congolaise. Les violences faites aux femmes et filles, on en parle trop, à tord ou à raison. Curieusement, ce phénomène s'est étendu non seulement pour les femmes et filles, mais, même pour les paisibles et simples citoyens. Il ne se passe pas un jour sans que les médias ne montrent et ne fustigent les actes de vandalisme commis soit par les hommes en armes, les hommes mal intentionnés et ces jeunes délinquants appelés «  kuluna », « schege », etc..

Le gouvernement congolais a tenté de condamner et de punir tous les acteurs de ces actes ignobles, mais le phénomène s'est incrusté dans les mentalités collectives si bien que les mesures se sont révélées très impuissantes. Les ONG tant internationales que nationales appuyant l'Etat congolais ont voulu briser le secret d'alcôve, elles se sont, quant à elles, impliquées pour apporter une solution à ce phénomène. Pour les unes comme pour les autres, éradiquer ce fléau exige au préalable des actions judiciaires et pénales pouvant aller jusqu'à l'emprisonnement, condamnation, etc. Pour d'autres ONG encore, déraciner les violences, exige de faire l'étude et l'analyse de ces violences, d'identifier leurs causes, leurs moyens et leurs acteurs.

C'est dans cette perspective que l'ONG IDI, appuyée par ses partenaires, s'engage dans le secteur éducatif. Pour cette ONG, il faut visiter les écoles, sensibiliser les enseignants et les élèves afin de les inviter à changer de comportements, car, disent-ils, « éduquer le secteur éducatif c'est éduquer toute la nation ».

Pour arriver aux résultats escomptés, IDI a recouru d'une part à l'usage et à la vulgarisation des dispositifs socio-éducatifs, et d'autre part aux sessions de formation, au recyclage, au renforcement de capacités, aux forums, etc. afin d'envisager tous les mécanismes possibles parce aux « grands problèmes, de grands remèdes ». Pour IDI, concevoir des outils médiatiques qui parlent au coeur des enseignants et des apprenants c'est sera une grande révolution. Adapter ces dispositifs aux réalités du milieu c'est une façon de rencontrer les protagonistes dans leurs mentalités et leur parler dans leurs vocables de tous les jours. C'est aussi de les inviter à changer de comportements et ainsi adopter un nouveau style de vie.

Le projet de l'ONG IDI est très ambitieux : l'instauration de la discipline positive dans les écoles congolaises. Pour IDI, il faut procéder par l'approche de « Ecole sans violence à travers la discipline positive »263(*) . La méthode traditionnelle de l'enseignement étant dévolue, il est temps de recourir au nouveau système d'apprentissage basé sur la reconnaissance de droit de l'enfant. L'intégration de la discipline positive dans les pratiques de l'enseignement ne sera point seulement l'apanage des enseignants ou directeurs des écoles mais aussi des apprenants. Les enseignants ne doivent plus jamais utiliser la chicotte dans leurs pratiques, les apprenants également doivent contrôler leurs mauvaises pratiques. Si les uns et les autres remplissent leurs rôles convenablement, c'est tout l'environnement scolaire qui sera sécurisé.

En partenariat avec C-Change et USAID, IDI a lancé dans les écoles de la Province de Lubumbashi spécialement dans les villes de Likasi, kasumbalesa et Lubumbashi le projet de lutte contre les violences. Notre ambition n'a pas été d'analyser le fonctionnement de ces écoles mais de comprendre et d'analyser ces outils médiatiques qu'ils avaient mis sur le marché.

Notre démarche étant descriptive et interprétative, nous avons tour à tour revisité ces dispositifs socio-éducatifs. Nous le savons déjà, ils sont issus de l'énonciation discursive et historique. « Leur découverte requiert un travail de repérage à la fois descriptif et interprétatif compte tenu de la manière langagière utilisée ». 264(*) Il a été question d'identifier les sujets communiquants, de cerner ce qu'ils disent, de déterminer la manière dont ils disent les choses et d'établir l'identité de ceux à qui ils s'adressent. Et, ce, afin de définir les stratégies discursives ou énonciatives mises en oeuvre ainsi que les significations qu'elles véhiculent à travers les discours et récits de ces dispositifs.

Pour répondre à notre souci, deux approches ont été visitées : l'approche sémio-pragmatique et l'approche énonciative. Elles sont comme deux mamelles nourricières qui doivent cohabiter pour bien analyser les trois dispositifs d'IDI sous examen, il s'agit de « Dix mesures à observer par l'enseignant  » ; des modules 5&6 sur les violences et discipline positive et de règlement d'une classe sans violence.

A titre d'hypothèse, nous avons démontré que les dispositifs d'IDI sont susceptibles de lutter contre les violences scolaires. Avons-nous dit, répétons-le encore, la façon dont ces outils sont aménagés permettent justement d'arrêter cette hémorragie qu'est la violence scolaire. La bande dessinée par exemple en scénario répond aux critères narratifs de tout récit.

Pour expliquer cette hypothèse, nous avons construit un cadre théorique de référence autour de la communication socio-éducative. Cette notion nous a permis de comprendre que la communication socio-éducative constitue une forme d'accompagnement à la vie sociale, et elle comprend des actions beaucoup moins systématiques portant sur des sujets moins scolaires comme la discipline positive, le droit de l'enfant, indispensables du reste à la vie sociale, autrement dit à l'intégration harmonieuse des enseignants et des élèves.

Grossomodo, le travail s'est étendu sur trois chapitres. Le premier chapitre a consisté d'une part en la définition des concepts de base comme les organisations non gouvernementales, les violences scolaires, les médias et dispositifs socio-éducatifs, discipline positive et d'autre part en la construction du cadre théorique ainsi que des approches de référence. Au deuxième chapitre, nous avons relevé de manière succincte mais globale la spécificité, les modes de communication d'IDI et montrer se stratégies de lutte contre les violences scolaires. Enfin au troisième chapitre, nous avons décrit, analysé et interprété les dispositifs socio-éducatifs conçus par C-Change et USAID et piloté par IDI.

Il ressort donc de ce qui précède que les dispositifs socio-éducatifs introduits dans le secteur éducatif par les organisations de la société civile à l'instar de l'ONG IDI sont susceptibles de combattre les maux sociaux telle que la violence scolaire et ainsi instaurer un nouveau comportement chez les apprenants comme chez les enseignants.

Or, en analysant ces dispositifs, nous avons remarqué qu'ils répondent aux critères de toute communication socio-éducative, c'est-à-dire permettre d'accompagner les apprenants et les enseignants à la vie sociale et les aider à sécuriser l'environnement scolaire. Ce qui confirme donc l'hypothèse que nous avons soutenu plus haut.

Il n'est point un détail que d'encourager les organisations non gouvernementales (ONG) qui ont pris le taureau par les cornes. IDI a compris le bien fondé de la formation intégrale de tout homme et de tout l'homme. Pour IDI, lutter contre les violences basées sur le genre c'est avoir à coeur une nouvelle vision sur le développement de l'homme. Combattre le mal qui freine le développement c'est sauver l'homme. D'où, il faut commencer par assainir les établissements scolaires. L'école reste ce lieu de socialisation, cette anti chambre où les connaissances se donnent. C'est donc à l'école qu'il faut se mobiliser pour former l'homme de demain.

Nous exhortons l'ONG IDI d'évoluer toujours sur cette lancée tout en exploitant encore davantage ces outils socio-éducatifs, qui sont susceptibles pour parler au coeur de l'homme contemporain.

Ce travail certes étant une oeuvre humaine, n'est donc pas dépourvu d'imperfections. Ainsi, nous sollicitons l'indulgence et la compréhension du lecteur pour toutes les fautes et les insuffisances remarquées par-ci par-là. Nous espérons que nos études ultérieures pourront relever ce manquement. Dans l'avenir, nous pousserons plus loin pour analyser ces dispositifs que ces nouveaux acteurs éducatifs mettent à la disposition des élèves et des enseignants.

* 263 C-CHANGE, CODHOD, Evaluation sommative du projet de lutte contre les violences liées au Genre en milieux scolaires au Katanga. Rapport final, p.31.

* 264 G. TSHILOMBO, op.cit., p. 4.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Des chercheurs qui cherchent on en trouve, des chercheurs qui trouvent, on en cherche !"   Charles de Gaulle