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Le développement de l'industrie musicale en Grande-Bretagne de l'entre-deux-guerres aux années Beatles : une trajectoire d'innovation globale?

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par Matthieu MARCHAND
Université Michel de Montaigne - Bordeaux III - Master Histoire 2012
  

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C/ Le phénomène des radios pirates

Néanmoins, ce considérable succès n'est qu'un aspect de la popularité grandissante de la musique populaire qui frappe à une époque où la BBC était la seule radio autorisée. Ses trois stations ne permettaient pas à l'évidence de répondre avec pragmatisme au nouvel engouement des jeunes. Dès lors, l'espace vacant fut rapidement occupé par les radios pirates de 1964 à 1967. Radio Caroline, créée par Ronan O'Rihally, puis Radio London, conçu par Don Pierson, ou encore Radio 390 émettent dès 1964 au large des côtes anglaises sur ondes moyennes. Le phénomène s'étend à partir de 1965 avec d'autres radios comme Radio Sutch, Radio Scotland ou Radio Essex, cette dernière disposant d'un émetteur suffisamment puissant pour la rendre audible dans toute l'Angleterre ce qui va prendre le surnom de BBMS (Britain Best Music Station). On a attribué jusqu'à vingt millions d'auditeurs par jour aux radios pirates, mais le simple fait d'émettre représentait déjà un défi lancé à l'autorité de l'État et à

278 http://fr.wikipedia.org/wiki/UK_Singles_Chart

279 Thid., p. 121.

sa capacité à contrôler les ondes280. Même si des stations comme Radio Caroline ont fait beaucoup pour l'industrie discographique britannique, O'Rihally inaugurant par exemple une nouvelle forme de marketing (toute firme discographique pouvait acheter un certain nombre de diffusions suivant un tarif fixé par la direction281), l'État finit malgré tout par réagir et le 14 août 1967 à minuit, la loi Marine, & c. Broadcasting Act entrait en vigueur. Elle stipulait qu'il était interdit d'émettre offshore, depuis la mer et ses gréements, et de fournir à ces bateaux une quelconque marchandise. Six semaines plus tard est lancée par la BBC Radio 1, dirigée par Robin Scott, la station de radio publique et nationale consacrée à la musique populaire, en réponse aux radios pirates.

II/ Le disque et ses chiffres de vente : une innovation rentabilisée et standardisée

L'excellente conjoncture économique permettant de faire du disque un objet courant de consommation, l'industrie musicale s'est rapidement chargée de trouver ses propres vedettes les plus propices à enclencher l'adhésion des auditeurs, comme nous l'avons vu à l'instant. L'ère du microsillon est aussi l'ère des stars, ne l'oublions pas, et les deux phénomènes sont intimement liés. En effet, si au cours des Trente Glorieuses, les plus grandes vedettes du disque deviennent des stars, elles le doivent à la mise ne place par les grandes compagnies de stratégies commerciales fondées sur la synergie entre les différents médias, et notamment par l'intermédiaire de la radio comme nous venons de l'expliquer à l'instant. L'essor des médias et de la reproduction sonore ont donc permis aux interprètes de s'imposer dans l'arène publique comme des protagonistes essentiels.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.



BOSKELYWOOD from Ona Luambo on Vimeo.