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Analyse des facteurs explicatives du chômage au Burkina Faso.

( Télécharger le fichier original )
par Patrice SOULAMA
OUAGA2 - DEA PTCI 2017
  

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II) SELON LE MILIEU DE RESIDENCE

Selon l'INSD le chômage au Burkina Faso touche généralement le milieu urbain que le milieu rural ceci se confirme par le tableau suivant :

Tableau 1 : Evolution du taux de chômage selon le milieu de résidence en%

 

1994

1998

2003

2005

2007

2010

2014

Total

Urbain

15,6

15 ,3

13,8

10,4

8,6

9,2

7,1

11,42

Rural

0,8

0,5

0,8

0,8

2,2

0,2

6,4

1,67

Ensemble

2,6

2,5

2,8

2,7

3,3

2,2

6,6

3,24

Sources : INSD, Enquêtes prioritaires 1994 et 1998, Enquête burkinabé sur les conditions de vie des ménages 2003 et enquêtes annuelles sur les conditions de vie des ménages (EA-QUIBB) 2005 et 2007

Le tableau montre qu'en moyenne, en milieu urbain le taux chômage vaut six (6) fois celui du milieu rural. Ce qui montre que le chômage est essentiellement un phénomène urbain puisqu'en campagne c'est l'agriculture qui y est développé. Ce qui peut se confirmer par le graphique suivant :

Graphique 4 : Evolution du taux de chômage selon le milieu de résidence

SOURCE : Construit par l'auteur à partir des données de l'INSD, Enquêtes prioritaires 1994 et 1998, Enquête burkinabé sur les conditions de vie des ménages 2003 et enquêtes annuelles sur les conditions de vie des ménages (EA-QUIBB) 2005 et 2007.

Le graphique ci-dessus montre l'évolution du taux de chômage selon le milieu de résidence. On constate que de façongénérale de 1994 à 2014 le taux de chômage baisse au cours du temps en milieu urbain (la courbe de tendance est décroissante au cour du temps) ; cela s'explique par l'efficacité des politiques de lutte contre le chômage ou à la hausse du taux d'absorption des chômeurs durant la période. Mais toutefois on constate une légère baisse en 2007 et une hausse entre 2007 et 2010, cela peut s'expliquer par les crises telles que la crise de 2008, la vie chère en 2010-2011. En milieu rural c'est le contraire qu'on observe de 1994 à 2014 le taux de chômage augmente au cours de la période (courbe de tendance croissante au cours du temps) on constate également une forte baisse en 2010 ; cela ne peut être due à l'instabilité de la pluviométrie.

Mais de façon globale on constate qu'au cours de la période 1994 à 2014, le taux de chômage en milieu urbain est supérieur à celui du milieu rural.

2.2 Evolution du taux de chômage selon les régions en 2010

Dans la région du Centre qui est essentiellement urbaine (Ouagadougou), on enregistre le taux de chômage le plus élevé (7,7%). Ce chômage est aussi accentué dans la région des Hauts Bassins (3,3%). En revanche, c'est dans les régions du Centre Nord, et de la boucle du Mouhoun qu'on enregistre le taux de chômage est la plus faible (0,1%) au centre Nord et (0,2%) dans la boucle du Mouhoun. Le tableau ci-dessous confirme ces résultats

Tableau 2 : Evolution du taux de chômage selon les régions en 2010

Regions

Mouhoun

Cascades

Centre

Centre Est

Centre Nord

Centre Ouest

Centre Sud

Est

Haut-Bassin

Nord

Plateau Central

Sahel

Sud Ouest

Ensemble

2010

0,2

0,9

7,7

0,6

0,1

0,4

0,3

1,8

3,3

0,4

0,3

0,3

0,5

1,8

Souce :INSD, annuaire statistique 2010

Graphique 5  : Taux de chômage selon les régions en 2010

SOURCE : Construit par l'auteur à partir des données de l'INSD, annuaire statistique 2010

Le graphique ci-dessus confirme bien les données du tableau, le chômage touche plus la région du centre et des hauts bassins.

Ø Un taux de chômage qui croît avec le niveau d'éducation et selon le sexe

Le taux de chômage est très accentué chez les actifs ayant le niveau d'éducation élevé et surtout le sexe féminin. Au supérieur on enregistre (27,6%) pour les hommes contre (28%) pour les femmes. Par contre il est relativement très faible chez les actifs sans aucun niveau d'éducation (1,5%) pour les hommes et (3,7%) pour les femmes et enfin au primaire on a (5,1%) pour les hommes contre 14,4% pour les femmes.

Conclusion partielle

Le taux de chômage croît avec le niveau d'éducation et touche les femmes plus que les hommes. Il en est probablement ainsi parce que les moins instruits sont occupés par des activités que ne veulent faire les plus instruits. Pour ce qui concerne les femmes, elles sont plus occupées par les travaux ménagers ce qui fait que le chômage y est plus élevé. En général, le type d'emploi recherché par tout actif est fonction de sa formation et de son niveau d'éducation. La hausse du taux de chômage avec le niveau d'éducation pose un problème d'adéquation du système éducatif au Burkina Faso avec les emplois décents.

Tableau 3 : taux de chômage selon le niveau d'instruction et le sexe

Niveau d' instruction

Hommes

Femmes

Ensemble

aucun niveau

1,5

3,7

2,6

Préscolaire

2,5

16,7

19,2

Primaire

5,1

14,4

9,75

Secondaire 1er cycle

11,4

27,5

19,45

secondaire 2nd cycle général

17,9

35,5

26,7

secondaire 2nd cycle Tech prof

23,5

15

19,25

Supérieur

27,6

28

27,8

ensemble

89,5/12,27

140,8/ 20,11

 

SOURCE : INSD, Enquêtes prioritaires 1994 et 1998, Enquête burkinabé sur les conditions de vie des ménages 2003 et enquêtes annuelles sur les conditions de vie des ménages (EA-QUIBB) 2005 et 2007.

Graphique 6: Taux de chômage selon le niveau d'instruction et selon le sexe

SOURCE : Construit par l'auteur à partir des données de l'INSD, Enquêtes prioritaires 1994 et 1998, Enquête burkinabé sur les conditions de vie des ménages 2003 et enquêtes annuelles sur les conditions de vie des ménages (EA-QUIBB) 2005 et 2007 

Le graphique ci-dessus montre une tendance croissante du taux de chômage selon le niveau d'instruction .On observe le taux le plus faible aux individus n'ayant aucun niveau .cela s'explique par le fait que ces derniers peuvent s'insérer facilement dans le secteur informel(en ville) et sont généralement des cultivateurs(en campagne). Par contre, le chômage est plus développé au supérieur et au secondaire 2nd cycle général .cela est due au fait que la formation générale n'est pas adaptée au marché de l'emploi alors un problème d'insertion sur le marché de l'emploi s'expose. Quant au secondaire 2nd cycle technique professionnel, le chômage y est plus bas que le secondaire 2nd cycle général dans la mesure où la formation est un peu adaptée au marché de l'emploi.

Le chômage est aussi influencé par l'âge ce qui se confirme par les statistiques suivantes :

Tableau 4 : Evolution du taux de chômage selon la tranche d'âges

Tranche d'âges

Hommes

Femmes

Ensemble

15-29

6

10

8,2

30-49

1,9

4,8

3,5

50--64

2,4

2

2,2

Source : INSD, annuaire statistique 2013

Graphique 7 : Evolution du taux de chômage selon le tranche d'âge

SOURCE : Construit par l'auteur à partir des données de l'INSD, annuaire statistique 2013

Selon le graphique ci-dessusle chômage touche essentiellement la jeunesse. Un taux de chômage de 8,2% est observé chez les actifs de 15-29 ans alors qu'il n'est que de 3,5% chez les 30-49 ans et 2,2% chez les 50-64 ans. Pour les jeunes des tranches d'âge 15-29 ans et 30-49 ans, les femmes sont les touché par le chômage. Pour les actifs de moins de 30 ans, le taux de chômage est de 10% chez les femmes contre 6% chez les hommes. On a également 4,8% comme taux de chômage de femmes contre 1,9% comme taux de chômage des hommes dans la tranche d'âge 30-49 ans. Cependant, pour les plus de 50 ans, le taux de chômage des hommes dépasse celui des femmes : respectivement 2,4% et 2%. Le chômage des femmes au plan national est alors très préoccupant et donne lieu à des questionnements quant à l'égalité des chances entre genre, surtout en milieu urbain.

2.6 Autres personnes touchées par le chômage

Le taux de chômage est plus élevé chez les célibataires (6,6%), chez ceux vivant en union libre (4,2%) et chez les divorcés/séparés (2,7 %), chez les mariés monogames et les mariés polygames sont respectivement de 1% et 0,8% chez les veufs/veuves (OUEDRAOGO ,2014)

2.7Les Politiques entreprises par l'Etat Burkina Faso

Pour faire face aux défis de l'emploi décent et de la réduction de la pauvreté, le Burkina Faso a entrepris depuis près d'une décennie, le renforcement de son cadre institutionnel et politique de promotion de l'emploi ainsi que la mise en place de projets et programmes spécifiques de développement des compétences et de promotion de l'emploi en faveur des jeunes.

Sur le plan institutionnel, la création d'un Ministère en charge de l'Emploi et de la Jeunesse a été l'élément déclencheur du processus de mise en place d'un dispositif en vue de canaliser et de coordonner l'action gouvernementale au profit de l'emploi des jeunes.

Sur les plans politique et réglementaire, des mesures ont été adoptées par le gouvernement en vue de favoriser l'emploi des jeunes. Parmi ces mesures on peut noter l'adoption d'une Politique Nationale de l'Emploi (PNE), l'adoption d'une Politique Nationale d'Enseignement et de Formation Techniques et Professionnels (PN/EFTP), l'adoption d'une Politique Nationale de Jeunesse (PNJ), l'institution d'un corps de volontaires nationaux et la mise en place d'un Conseil National de l'Emploi et de la Formation Professionnelle (CNEFP).

Outre le renforcement et l'amélioration du cadre institutionnel et politique pour le traitement des questions de formation et d'emploi, le gouvernement n'a cessé de développer des actions en faveur de la promotion de l'emploi. Ces actions s'inscrivent dans une dynamique de promotion de l'auto-emploi à travers le renforcement de l'appui à la création de Micros et Petites Entreprises (MPE) qui se matérialisent par l'accompagnement technique et financier des jeunes promoteurs pour le montage et la mise en oeuvre de leur projet d'auto-emploi. A ce titre, il a été mis en place un dispositif de financement qui est composé essentiellement : d'un Fonds d'Appui au Secteur Informel (FASI) ; d'un Fonds d'Appui à la Promotion de l'Emploi (FAPE) ; d'un Fonds d'Appui aux Initiatives des Jeunes (FAIJ). Ce dispositif de financement concourt fortement à la création et à la consolidation d'emplois en faveur des jeunes de par leur accessibilité et leurs modalités de remboursement des prêts octroyés qui tiennent compte des réalités socio-économiques des jeunes.

Dans le but d'améliorer l'employabilité des jeunes, plusieurs actions spécifiques tant conjoncturelles que structurelles a été mise en place prenant en compte la nécessité de développement de compétences adaptées aux besoins du marché de l'emploi. C'est dans cette dynamique qu'il a été mis en place un Programme de Renforcement de la Formation Professionnelle (PRFP) et un Programme d'Appui à la mise en oeuvre de la Politique Sectorielle de l'EFTP (PAPS/EFTP).

Pour impulser fortement la dynamique de promotion de l'emploi, le gouvernement a mis en place en 2012, un Programme spécial de création d'emplois en faveur des jeunes et des femmes (PSCE/JF) d'un coût annuel de plus de 11 milliards de FCFA entièrement financé par le budget national et dont l'objectif principal est de contribuer à réduire le chômage et le sous-emploi des jeunes et des femmes. Ce vaste programme traduit la volonté des autorités politiques à réduire le chômage et le sous-emploi des groupes vulnérables à travers une approche holistique prenant en compte toutes les catégories sociales de jeunes et de femmes.

Pour renforcer la dynamique de création d'emplois, le gouvernement a procédé à la mise en oeuvre en 2014, d'un nouveau projet visant la promotion de l'emploi des jeunes et des femmes et le développement de leurs compétences (PEJDC). Aussi, prenant en compte, la nécessité d'une adéquation entre la formation et les besoins de l'économie, une stratégie de généralisation de la formation professionnelle sera mise en oeuvre avec une forte implication des collectivités territoriales qui, dans le cadre de la décentralisation, assurent entre autres, « la prise en charge, avec l'appui de l'Etat, de la promotion de l'emploi, de la formation professionnelle et de l'alphabétisation ».Trois politiques sectorielles sous- tendent cette triptyque Jeunesse Formation professionnelle-Emploi. Il s'agit des Politiques nationales de jeunesse (PNJ), d'enseignement et de formation techniques et professionnels (PN/EFTP) et d'emploi (PNE), toutes adoptées en 2008. Ces trois politiques sectorielles ont été conçues et adoptées dans un contexte de mise en oeuvre du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP), qui était le cadre référentiel de développement du Burkina Faso. En 2012, un programme spécial de création d'emploi en faveur des jeunes et des femmes(PSCE/JF) fut créé. En 2010, le Gouvernement burkinabè a adopté la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) pour la période 2011-2015. Ce dernier se veut être un instrument d'orientation stratégique axé sur les résultats, dont l'opérationnalisation des axes est du ressort des politiques sectorielles. L'actuel gouvernement a pris des engagements forts pour résoudre ce phénomène à travers le recrutement des 4200 enseignants dont 3519 pourvu et l'élaboration du PNDS pour la période 2016- 2020.

Tableau 5 : La dynamique de l'offre du travail

Année

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

2012

Offre de travail

277692

286763

296132

305810

315805

326129

336792

336076

358730

SOURCE INSD IAP 2012

Graphique 8 :la dynamique de l'offre du travail

Construit par l'auteur à partir des données de l'INSD IAP 2012

Le graphique montre une tendance croissante de l'offre de travail au cour du temps sur la période 2004 -2012.

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"Enrichissons-nous de nos différences mutuelles "   Paul Valery