WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

La gestion de la migration de transit en Mauritanie : défi et perspective.

( Télécharger le fichier original )
par Mohamed Mohamed DJIGO
Université de Nouakchott - Master 1 Droit 2010
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

B- L'étendue du phénomène

Les motivations des migrants sont certes multiples et variées, mais il apparaît toutefois que les causes de ces mouvements migratoires sont essentiellement économiques : les populations se déplacent pour chercher une activité économique rémunératrice, notamment l'emploi salarié, le commerce ou le travail de la terre, en vue d'améliorer leurs conditions d'existence.

Jusqu'à un passé récent, les Africains ont essentiellement migré à l'intérieur de leur continent. Selon une étude réalisée par le BIT sur les conditions de vie et de travail des femmes et hommes migrants d'Afrique de l'Ouest en Mauritanie en avril 2009, les chiffres publiés dans l'Atlas des Migrants font état de 17 millions de migrants internes et, en Afrique de l'Ouest, 7,5 millions de personnes vivraient dans un pays différent de celui où elles sont nées. Parmi elles, un nombre croissant de femmes.

La Conférence internationale sur l'égalité hommes-femmes, les migrations et le développement tenue à Manille les 25 et 26 septembre 2008 a mis en exergue le fait que les femmes représentent actuellement presque la moitié de la population migrante mondiale. La majorité d'entre elles s'expatrient pour travailler, étudier ou pour profiter des opportunités offertes par la migration. Mais beaucoup d'entre elles sont victimes de traite, d'abus divers, de violences et d'exploitations. Subissant régression professionnelle et déqualification, elles se retrouvent cantonnées dans une gamme d'emplois très restreints : travail manuel dans l'agriculture, prestations de soins, emplois domestiques ou restauration, hôtellerie ou spectacle.

La carte qui suit illustre les flux migratoires internationaux, les axes migratoires et les villes de départ vers les Canaries.

Le rapport de l'enquête sur la main d'oeuvre étrangère (l'EMOE) 2007/2008 a fait ressortir l'intensification des flux d'entrée en Mauritanie au cours des années 2006 et 2007. (Voir le graphique suivant qui tracent les flux annuels d'entrée des étrangers).

A- Proximité géographique avec l'Europe

Sources : Rapport de l'EMOE 2007/2008, pages 17

La migration de transit est un phénomène transnational. La Mauritanie du fait de sa position géographique attire de plus en plus de migrants.

Paragraphe 2 : Facteurs attractifs pour les migrants de transit

La République Islamique de Mauritanie est un pays saharo-sahélien d'Afrique de l'Ouest de 1.030.000 km2 doté d'une façade atlantique de 700 km. Peuplé de «3,5 millions d'habitants (projection sur la base du recensement de 2006/2007), le pays a pour principales ressources le poisson, le fer et, depuis peu, le pétrole et le gaz.

La Mauritanie est à cause de sa position stratégique entre le Maghreb et l'Afrique subsaharienne, un pays de plus en plus emprunté par les migrants comme raccourci pour atteindre l'Europe.

Ce choix est justifié par sa proximité avec l'Europe (A) et par l'existence d'opportunités d'emploi (B).

La Mauritanie jadis pratiquement ignorée par les migrants qui préféraient d'autres itinéraires de transit tels que ceux du Sahara central, est devenue aujourd'hui de plus en plus prisée pour les migrations transsahariennes vers l'Europe

C'est ainsi que dans le rapport 2008-2009 sur les Migrations méditerranéennes paru en octobre 2009, M. Sidna Ndah Mohamed-Saleh et M. Ali Ben Saâd expliquent que la ville de Nouadhibou fonctionnait plutôt comme un goulot d'étranglement laissant passer parcimonieusement des flux ténus qui s'embarquaient clandestinement par petits groupes dans les bateaux de pêche. Et si, en fin 2005, la Mauritanie et particulièrement Nouadhibou se retrouvent propulsées comme plateforme de transit vers l'Europe, ce n'est pas seulement le durcissement de la répression des flux migratoires subsahariens au Maroc et leur rabattement vers le Sud qui l'expliquent. C'est plutôt l'aboutissement d'un long processus de désenclavement avec l'achèvement de la route transsaharienne atlantique (Tanger- Dakar en passant par Nouadhibou, Nouakchott et Rosso) commencée en 2002 pour sa portion mauritanienne et celui auparavant de la «route de l'espoir» reliant le Mali à Nouakchott. C'est ce qui explique cette intégration progressive de la Mauritanie dans le dispositif migratoire. Le redéploiement vers et par la Mauritanie avait commencé depuis au moins deux ans. Avant même qu'il n'y ait cette «redescente» des flux migratoires depuis le nord du Maroc vers le sud, la Mauritanie, et de fait le Sahara occidental, étaient devenus une des principales voies d'accès vers le nord du Maroc alors que ce dernier continuait à être le lieu privilégié des tentatives de passage vers l'Europe et ses enclaves sud. Aussi, le passage de Nouadhibou au rôle de plateforme de connexion avec l'Europe, était déjà inscrit dans les transformations de l'espace mauritanien, en dehors des conjonctures qui l'ont révélé tel le durcissement de la politique de répression marocaine et le glissement du cordon sanitaire européen de plus en plus au sud. Il procédait d'un mouvement plus global de «retour» du Sahara et de son «irruption» dans le système relationnel international, au travers de son développement, avec comme conséquence principale le développement de la circulation et la jonction (re)nouée entre sa rive sahélienne et sa rive maghrébine. Ce processus est intervenu plus tardivement en Mauritanie en raison de la faiblesse de ses ressources, d'une politique socio-économique moins volontariste et des tensions liées à la guerre du Sahara occidental. La baisse des tensions dans la région en même temps que les bouleversements connus à ses limites septentrionales par une région (Sahara occidental) où le Maroc voulait ancrer spatialement ses revendications territoriales, impulseront ce processus dans l'axe saharien atlantique et y développeront la circulation. La Mauritanie (re)devenait donc un espace de transit vers la Méditerranée.1

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Un démenti, si pauvre qu'il soit, rassure les sots et déroute les incrédules"   Talleyrand