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Le développement local participatif dans le contexte de la décentralisation en Côte d'Ivoire: le cas du chef-lieu de la région du Nàézi (Dimbokro).

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par BAH ISAAC KOUAKOU
UNIVERSITE FELIX HOUPHOUET BOIGNY DE COCODY - DOCTORAT UNIQUE 2014
  

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I.3.2-Référence théorique

Cette section se réfère aux différentes théories dans lesquelles s'inscrit cette étude. Il s'agit de la théorie du changement social, la théorie de la décentralisation et la théorie du développement local participatif.

I.3.2.1-Théorie du changement social

Le changement social est une transformation durable, plus ou moins rapide, d'une partie ou de l'ensemble d'un système social au niveau de son fonctionnement (mode d'organisation), de sa structure (stratification, rapports sociaux) ou de ses modèles culturels (comportements, normes, systèmes de valeurs). Ainsi les penseurs du XIXème siècle et du début du XXème siècle, historiens et précurseurs de la sociologie cherchent les lois de l'histoire et les facteurs déterminants de la triple influence hégélienne (étape de l'histoire), de la théorie darwinienne (sélection des innovations performances) et de l'impact de la révolution française (changement conflictuel).

Emile DURKHEIM présente dans De la division du travail social (1893) une vision holiste du développement, aux accents évolutionnistes.

En effet, selon l'auteur, la division du travail social est « un résultat de la lutte pour la survie, mais elle en est un dénouement adouci. Grâce à la division du travail, les rivaux ne sont pas obligés de s'éliminer mutuellement, mais peuvent coexister les uns à côté des autres ».

Ainsi, DURKHEIM considère que la division du travail provient essentiellement de l'accroissement de la population et de la "densité sociale". Il y aurait un seuil critique au-delà duquel les humains choisissent de coopérer, de commercer entre eux, plutôt que de se combattre.

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Les communautés traditionnelles laissent place à la société moderne.

Dans ce contexte, le système social de production sociale oeuvre sans cesse à trouver une place aux nouveaux arrivants qui sont intégrés dans un tissu productif de plus en plus complexe.

La division du travail serait la réponse de la société à l'accroissement du volume et de la densité sociale qui implique une « intensité plus grande de la lutte ».

L'explication de DURKHEIM recouvre deux aspects étroitement liés entre eux, à savoir le passage d'une société traditionnelle à une société moderne à travers le dépassement de l'équilibre population-subsistance.

La contribution de Max WEBER à la compréhension du développement s'inscrit dans ses analyses du processus de rationalisation.

WEBER démontre dans l'éthique protestante et l'esprit du capitalisme (1905) que les actions guidées par une rationalité en finalité prennent une importance croissante au fil de l'évolution sociale. Si la religion est au centre du processus décrit par WEBER, c'est aussi et surtout, pour l'auteur, un moyen explicatif en terme épistémologique.

Autrement dit, ce ne sont pas les valeurs protestantes, telles que l'ascétisme (recherche d'une libération de l'esprit par la mortification des sens), qui expliquent l'avènement du capitalisme ; il y a simplement une proximité entre ces valeurs religieuses et celles propres au capitalisme.

Ce qu'explique WEBER, c'est qu'à une certaine forme d'ordre social correspondent certaines valeurs, une certaine culture qui, en conférant un sens aux actions humaines, les oriente.

Pour résumer, l'évolution de l'ordre social (le développement) est accompagnée par une transformation des manières de faire, de sentir, d'agir, de penser des membres de la société.

À l'inverse, l'absence d'évolution des valeurs peut bloquer le processus de développement, ou du moins le compromettre.

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Karl MARX offre une interprétation du développement comme étant indissociable d'un système de rapports sociaux qu'il résume avec le terme "capitalisme".

Ce système se traduit notamment par la dépossession des instruments de production par une partie de la population qui se constitue alors en prolétariat par la classe des capitalistes. MARX considère que la position des capitalistes comme propriétaires des moyens de production se traduit par leur domination de l'espace social. Le capitaliste exploite le prolétaire et s'accapare les profits issus de cette exploitation. Le rapport social marxien est donc fondamentalement inégal. Ce qu'explique MARX, c'est que le développement capitaliste est motivé par la recherche de profits qui sont eux-mêmes indissociables de la domination du prolétariat.

Le développement capitaliste serait déséquilibré du fait de la répartition sociale de la propriété.

Toutefois, dans l'optique marxienne, ce processus inégalitaire, producteur d'inégalités, est un passage obligé vers la libération de l'homme.

Le capitalisme est voué à disparaître, emporté par la révolution prolétaire ; il contient en lui-même les germes de sa propre destruction, de son dépassement par une forme sociale supérieure (socialisme, communisme).

En effet, toutes les approches sociologiques jusqu'aujourd'hui maintiennent l'idée de succession de type de sociétés dans l'histoire humaine : du simple au complexe, du pré-moderne au moderne et au post-moderne, du pré-industriel au post-industriel.

L'approche évolutionniste se présente comme une explication historique du développement socio-économique.

ROSTOW, dans son approche, s'oppose à l'explication marxiste.

Il part du fait que les sociétés humaines passent nécessairement par différentes phases successives et inévitables allant des formes les plus archaïques et des plus élémentaires aux formes les plus évoluées ou

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complexes. Pour lui, en effet, toutes les sociétés passent par un processus unique et uniforme de développement. Elles partiraient ainsi de la sauvagerie à la barbarie et de la barbarie à la civilisation.

Mais, la théorie évolutionniste telle que proposée par ROSTOW nie toute histoire pour les pays sous-développés car on ne peut pas situer une société dans une étape d'évolution précise.

Les sociétés se transforment en fonction des emprunts et des innovations.

Une innovation peut changer le cours d'évolution d'une société, ce qui peut occasionner une remise en cause et sauter certaines étapes d'évolution proposée par ROSTOW.

On pourrait dès lors affirmer que la théorie évolutionniste telle que proposée par ROSTOW ne permet pas d'expliquer le changement.

D'autres chercheurs mettent dans la théorie du changement social le structuro-fonctionnalisme de Talcott PARSONS. Ils pensent que les changements dûs à l'innovation pourraient trouver une explication plus pertinente avec le structuro-fonctionnalisme. Talcott PARSONS définit l'action humaine au regard de ses fonctions dans la société. Les actions et les adaptations sociales s'inscrivent dans une conception systémique, visant l'équilibre.

Or, l'introduction d'une innovation entraine toujours des bouleversements dans la société receveuse. Même si cette innovation est simplement technique, elle agit sur l'ordre social de la société emprunteuse.

C'est pour cela qu'en sociologie, l'innovation est étudiée comme facteur favorable ou défavorable.

Le structuro-fonctionnalisme de PARSONS ne s'inscrit pas dans une logique de conflit. Or, le changement est source de conflit entre deux ou plusieurs cultures.

Les conflits permettent le changement, c'est-à-dire la transformation de toute société. Les conflits sont à l'origine de toute évolution.

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Par conséquent le structuro-fonctionnalisme ne diffère pas en tant que tel du fonctionnalisme car même s'il permet de maintenir un certain équilibre social, il ne permet pas d'expliquer comment les choses changent.

C'est pour cela que Guy ROCHER parle de changement d'équilibre en ce qui concerne PARSONS, car ce genre de changement n'affecte pas nécessairement la structure de l'organisation sociale.

Pour Guy ROCHER, tout d'abord, le « changement social est nécessairement un phénomène collectif, c'est-à-dire qu'il doit impliquer une collectivité ou un secteur appréciable d'une collectivité ; il doit affecter les conditions ou les modes de vie (...). En second lieu, un changement social doit être un changement de structure, c'est-à-dire qu'on doit pouvoir observer une modification de l'organisation sociale dans sa totalité ou dans certaines de ses composantes »41 .

Autrement dit, le changement est une transformation de toute une collectivité d'individus aux niveaux politique, culturel, économique ou agricole.

Partant de ces faits, l'introduction d'une innovation dans une société donnée entraîne nécessairement un changement de la société.

Cela apporte des changements dans les manières de d'agir, de penser des membres de la société. Or, la société se compose d'un ensemble de personnes en interactions.

Une des innovations apportées par les autorités ivoiriennes pour le développement des localités est la décentralisation.

Ainsi, sommes-nous amené de parler de la théorie de la décentralisation.

41Guy ROCHER (1968), Introduction à la sociologie générale: le changement social, Montréal, Editions HMH, page 20-21

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.



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