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Analyse perspective de la mise en place de la titrisation des créances et prêts bancaires en république démocratique du Congo.

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par Laurent Luaba
Université Pédagogique Nationale - Licence 2015
  

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5. Le système financier congolais est longtemps privé d'un potentiel intérieur de ressourcement.

Il n'existe au Congo ni une classe sociale particulière, ni un secteur d'activités qui remplisse le rôle d'accumuler le capital à l'intérieur du pays.

L'économie du pays est verrouillée sur une classe d'investisseurs étrangers qui exportent la quasi-totalité des revenus gagnés (et souvent exportent bien au-delà, grâce à la fraude, à l'évasion fiscale et à plusieurs formes de trafics illicites des matières précieuses).

En particulier, les diverses catégories socio-professionnelles relevant de la classe moyenne a fini par être mises hors-circuit. La classe moyenne d'affaires est, à ce jour, très largement remplacée par des classes moyennes étrangères dans la quasi-totalité des secteurs d'activité : petite et moyenne industrie, négoce, exploitation forestière, carrières, import-export, hôtellerie, grande restauration,  ingénierie et conseils, télécommunications, finances, jeux d'argent, divers services, appels d'offres publics de l'État congolais, etc. Tous les revenus d'entreprise que cette classe nationale pouvait gagner, épargner et réinvestir sur place au Congo, filent à l'étranger, à la différence de ce qui s'observe ailleurs dans le monde.

Il en va de même de l'expertise nationale congolaise, au sein de la classe moyenne nationale. Pharmaciens, médecins, chirurgiens, agronomes, architectes, ingénieurs, dentistes, kinésithérapeutes, mécaniciens, avocats, économistes, financiers, mécaniciens et garagistes, ... subissent de plein fouet la concurrence de l'expertise étrangère. Le marché de travail  où s'observe cette concurrence, est vaste. Il va des projets et programmes qu'élaborent et exécutent dans le pays les organisations internationales, à ceux que financent des organismes de coopération bilatérale, en passant par ceux que réalisent les organisations non-gouvernementales. Curieusement, même les appels d'offres et les marchés publics de l'État congolais ne font pas exception.

La préférence nationale n'étant garantie dans aucun domaine de la vie économique du pays, le Congo est, sans surprise, exportateur net de richesses. À preuve, le taux d'épargne net est négatif à l'échelle de tout le pays, pour peu que son calcul intègre les dommages causés à l'environnement, ainsi que la fraction non couverte du coût de reproduction de l'expertise et du travail nationaux. Ce coût est, en effet, loin d'être totalement couvert par le niveau de rémunération des nationaux ; qu'il s'agisse des congolais qui gagnent aux appels d'offre publics (leurs droits sont rarement payés en totalité par l'État congolais !), qu'il s'agisse des experts congolais, ou qu'il s'agisse des milliers de travailleurs et fonctionnaires congolais.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.