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Analyse perspective de la mise en place de la titrisation des créances et prêts bancaires en république démocratique du Congo.

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par Laurent Luaba
Université Pédagogique Nationale - Licence 2015
  

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3. Le système financier congolais demeure, à ce jour, très largement émietté, mais géographiquement concentré.

Avec un total bilantaire aussi modeste, le système financier congolais compte néanmoins une quarantaine d'institutions. Ce fait porte à 150 millions de $US le capital social moyen par établissement. Les établissements les mieux dotés du pays ne dépassent guère 450 millions.

Un tel émiettement de l'avoir social est le meilleur indicateur du plafond de crédit très bas que représente chaque établissement. En outre, il indique que l'étendue du réseau et la crédibilité de la plupart des établissements dans le monde, sont également au plus bas. Enfin, cet émiettement explique le fait - déplorable - que plus de 80% des transactions financières (dépôts et crédits) dans le pays soient concentrés sur quelque 7 villes : Kinshasa, Lubumbashi, Matadi, Boma, Goma, Likasi et Beni. Des agences et succursales installées au cours des années 1965-1975 sur une vingtaine d'autres villes et importantes localités du pays, ont fini par être presque toutes fermées vers 1990.

À ce jour, le monde rural congolais n'est guère irrigué par des transactions financières. Quelques rares localités les mieux servies doivent se contenter soit de quelques tontines traditionnelles, soit d'une institution de microfinance en phase d'installation, soit d'une COOPEC toute en vestiges, soit d'une agence de transfert d'argent. Ailleurs dans le pays, c'est un véritable désert d'institutions financières et bancaires : l'usure est de règle, non pas au service des projets porteurs, mais pour financer des cas sociaux désespérés !

4. Le système financier congolais demeure, à ce jour, très largement plombé par des placements à court terme.

En effet, la structure des dépôts bancaires dans le pays est penchée largement en faveur des placements à très court et à court termes. On peut aisément imaginer le préjudice qu'une telle réalité cause à l'économie d'un pays en (re)construction, comme le Congo, où la proportion la plus importante des crédits à l'économie est à moyen et long termes, sinon à très long terme. Plusieurs facteurs expliquent ce fait :

1. Le traumatisme subi par les épargnants en monnaie nationale au cours des années d'hyperinflation (1986-2002 : le pays a atteint plus de 900% de taux d'inflation en 1990-1991) semble encore commander les réflexes de prudence - voire de suspicion - à l'endroit des institutions bancaires. En effet, des fortunes des privés et des ménages ayant été englouties, les épargnants que rien n'est venu enrichir depuis, se gardent d'effectuer des dépôts bancaires à moyen et long termes. Ils préfèrent placer à très court terme, notamment pour rapidement constituer en leurs mains, contre tout risque d'inflation, une encaisse de transaction à sauver dans quelques valeurs-refuges ;

2. Le taux de rémunération des dépôts reste ridiculement faible, comparé au taux de remboursement des crédits bancaires. Le premier est rarement supérieur à 25% du second ! Cet écart qu'explique largement mais toujours en partie ! - la politique monétaire restrictive du pays, joue comme un facteur qui affaiblit les relations des particuliers avec le secteur bancaire ;

3. la baisse drastique des revenus des ménages congolais - au cours des 40 dernières années mais également pendant la dernière décennie en particulier  - n'est en rien de nature à encourager l'augmentation des dépôts bancaires dans le pays, ni encore moins celle des dépôts à moyen et à long termes. La pauvreté, qui n'a fait qu'avancer et s'aggraver dans le pays, a achevé de propulser au premier plan les besoins primaires de survie, et en même temps de défavoriser l'épargne par rapport à la consommation.

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