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Le tutorat et littéracie universitaire au Maroc: apports, limites et perspectives: le cas de l'ecole normale supérieure de Meknès


par Fatima Ezahrae Bihlal
ENS Meknès  - Master spécialisé en didactique du français et métiers d’éducation et de la formation  2023
  

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PARTIE 1 : CADRE THEORIQUE DE LA RECHERCHE

La première partie est consacrée au cadre théorique de la recherche, dans laquelle nous allons, délimiter la littérature nécessaire, introduire les paramètres conceptuels et les soubassements théoriques, pour mettre en exergue les concepts clés et les éléments de base annexés avec notre sujet de recherche. Cette partie est intitulée : données théoriques autour de la littéracie et du tutorat, et elle comprend trois chapitres majeurs :

I- L'écriture en contexte universitaire

II- La problématique de la littéracie et la littéracie universitaire

III- Les pratiques favorisant l'accès des étudiants en littéracie universitaire : le tutorat

CHAPITRE 1 : L'ECRITURE EN CONTEXTE UNIVERSITAIRE.

En tant que matière étudiée par de nombreux expertes et spécialistes, l'écriture a toujours été un sujet de préoccupation pour les enseignants. Et avec le développement de la linguistique, de la psychologie et d'autres disciplines, la didactique de l'écrit a connu un changement inévitable.

Au Maroc, et dans le monde entier, l'université est conçue comme une institution d'une place valorisée, contribuant au développement des connaissances et des savoirs, au niveau de laquelle le statut de l'écrit et les capacités du sujet-écrivain sont intensifiées. Ceci nous a incités à dédier ce premier chapitre à la présentation des concepts clés que nous avons préféré retenir dans notre cadre général de recherche, à savoir : l'écrit, la didactique de l'écrit, le français sur objectif universitaire, et la compétence scripturale.

L'écriture est donc une activité omniprésente dans les situations d'enseignement/apprentissage, où les apprenants doivent écrire pour vérifier leur application des règles de grammaire, de vocabulaire et de syntaxe, et pour s'engager dans un acte de langage et de communication avec l'autre. Cette omniprésence de l'écriture dans les activités d'enseignement/apprentissage se manifeste clairement à travers l'évaluation des apprenants qui se fait généralement sous forme de travaux écrits. Elle est donc un facteur de réussite important placé au coeur des activités d'enseignement des sociétés lettrées.

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1- La notion de l'écrit. 1-1 Qu'est-ce que l'écrit :

Du latin « scriptura », l'écriture sert à représenter les idées par des lettres ou par d'autres signes tracés sur du papier ou sur une surface ; par ailleurs, l'écriture est un système de signe graphiquement utilisé dont l'intention de communiquer d'une manière textuelle.

Dans sa conception la plus large, l'écrit est souvent défini par les didacticiens et les spécialistes en opposition avec l'oral, ou bien en « la possibilité de représenter la langue orale par un système visuel » (Shneuwly, 1988, p. 45). Le même aspect est clairement présenté dans la définition de Piolat concernant l'apprendre à écrire : « apprendre à écrire, c'est mettre en place un autre système de production. Différent dans ses moyens, ses contraintes et ses fonctions du système de production orale » (Piolat, 1982, p.159). Dans la même perspective, Vygotsky affirme que « le langage écrit est une fonction verbale tout à fait particulière [...] dans sa structure et son mode de fonctionnement » (Vygotsky, 1985, p.159).

Donc on peut dire que la définition de l'écrit par rapport à l'oral est raisonnable, du fait que les deux codes sont différemment utilisés pour atteindre l'aboutissement de l'écrit et accomplir l'acte de communication.

Souvent utilisée pour faire référence aux espaces de réflexion et d'agir, l'écriture se définie également comme étant un système de représentations graphiques persistant dans le temps, qui génère un langage et qui transmet du sens à travers des symboles inscrits sur un support. Dans la même veine, nous empruntons les propos de Jean Dubois, qui profère que :

L'écriture est une représentation de la langue parlée au moyen de signes graphiques. C'est un code de communication au second degré par rapport au langage, code de communication au premier degré. La parole déroule dans le temps et disparait, l'écriture a pour support l'espace qui la conserve. (Dubois, 2002, p. 165).

D'ailleurs, l'écrit est considéré comme étant l'un des appuis de bases primordiales liés

aux apprentissages. Il est également un outil de communication qui permet l'expression des sentiments, le rapport des faits et des événements, la production d'une réflexion, d'une pensée et d'un point de vue. Il est un élément nécessaire pour l'apprentissage de n'importe quelle discipline qui fait appel à plusieurs modalités et règles. Ecrire est donc une tâche complexe et exigeante qui demande de l'apprenant-auteur, une mise en pratique d'une orthographe, une syntaxe et une conjugaison..., et de l'enseignant, une multiplicité de méthodes de soutien et d'accompagnement.

Selon Yves Reuter, l'écriture :

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Est une pratique sociale, historiquement construite, indiquant la mise en oeuvre généralement conflictuelle de savoirs, de représentations, de valeurs, d'investissements et d'opérations, par laquelle un ou plusieurs

sujets visent à reproduire du sens, linguistiquement structuré, à l'aide d'un outil, sur un support conservant

durablement ou provisoirement de l'écrit, dans un espace socio-institutionnel donné ( 2002, p.58). Donc écrire désigne beaucoup plus que s'approprier un code linguistique, elle signifie aussi la nécessité d'avoir les outils et les matériaux sociaux, linguistiques, pragmatiques et discursifs. L'écriture a bien évidemment un processus à respecter, et qui consiste selon l'optique du groupe DIEPE (Description Internationale des Enseignements et des Performances en matière d'Ecrit) (1995, p.26), à la fusion de quatre sous compétences : la planification, la rédaction, la réécriture et la révision.

Alors, la diffusion d'un savoir ainsi que la production d'un texte, font appel à l'écriture qui demeure une tâche très complexe, et un acte social qui dépasse le simple système de langue. Elle nécessite à la fois l'application des règles linguistiques, discursives ou pragmatiques, plus le respect des contraintes sociales et culturelles. Elle est donc la forme capitaliste des examens à l'université qui nécessite un certain nombre d'exigences langagières (disciplinaires, discursives, méthodologiques, linguistiques) inscrites dans le champ des littéracies universitaires.

1-2 la compétence scripturale :

La compétence scripturale a le mérite d'être traitée pour nourrir davantage le champ de recherche en didactique de l'écrit.

Suite aux nombreux travaux de recherche articulés autour du thème de l'écriture, on peut déduire qu'il s'agit d'un acte qui se complexifie de plus en plus, dont la mesure où lors de cette activité, la prise en considération du contexte social de celui qui écrit, de son statut, et de son âge s'avère essentiel, car l'écriture n'est pas seulement une succession de phrases et d'étapes que le scripteur doit suivre, mais plutôt une activité qui doit être placée dans une situation de communication bien déterminée. C'est dans cette perspective que Reuter parle de la compétence scripturale comme étant « l'ensemble des composantes [...] qui rendent possibles la production et la réception de l'écrit d'une manière adaptée et située » (Reuter, 1989, p.85).

A son tour, le groupe DIEPE (Description Internationale des Enseignements et des Performances en matière d'Ecrit) (1995, p.5) stipule que la compétence scripturale, se définit comme l'agglomération et le rassemblement des savoir-faire, des acquis, des connaissances et des attitudes qui tendent vers la production d'un texte écrit.

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Cette compétence scripturale, a été à l'origine définie en didactique du français par le sociolinguiste et le didacticien Dabène Micheal comme un « ensemble de savoir-faire et de représentation concernant la spécifité de l'ordre scriptural et permettant l'exercice d'une activité langagière (extra) ordinaire » (1987, p.15). Cette définition a été nuancée par Reuter (1996) qui estime plutôt la conformité de trois grandes constituants : les savoirs, les savoir-faire et les représentations. C'était donc un survol rapide et nécessaire sur la compétence scripturale et ses éléments constitutifs, une composante importante de la littéracie universitaire.

1-3 L'écrit comme un objet et un outil d'enseignement/apprentissage :

L'écrit demeure un objet d'apprentissage d'une grande importance dans différents pays, et inclut ceux dont le français occupe le statut de la langue maternelle, au niveau desquels, la maitrise de la langue écrite est placée au coeur des principales préoccupations, vu son influence sur divers apprentissages tels que l'étude des textes littéraires, l'accès aux valeurs nationales et aux lois etc... L'écrit domine également les formations dans les pays où le français occupe la place d'une langue seconde ou langue d'enseignement, il est un outil capital pour l'apprentissage d'autres disciplines, et il réside la priorité des écoles et des universités.

En somme, et comme le souligne Gracia-Dubanc, l'écrit est vu comme un objet d'apprentissage favorisé et enrichi, lorsque la langue en question est une langue maternelle. Cependant, Boudechiche et Kadi, voient que le statut de la langue en question n'a aucun rôle pour la faveur de l'écrit comme objet d'apprentissage, puisqu'il reste une conduite majeure et un rituel central dans l'apprentissage d'une langue.

2-Le contexte universitaire.

2.1- l'enseignement supérieur au Maroc :

Le système éducatif marocain est caractérisé par la promiscuité du système public et privé, et par la cohabitation de l'enseignement francophone et arabophone.

En effet, depuis la création de la première université moderne en 1957, en environ un demi-siècle, le Maroc a réussi à créer d'autres universités et à alphabétiser une partie importante de la population adulte, dans la mesure où, le taux atteignait 78% en 2020 par rapport à 2004, dont il ne dépassait pas 52%. En revanche, le système éducatif marocain reste toujours confronter à plusieurs défis, dont la faiblesse de l'efficience éducative principalement due aux taux élevés d'abandon et de redoublement, et la qualité non satisfaisante de la langue d'éducation qui influence négativement le rendement des étudiants. Donc, l'enseignement supérieur au Maroc positionné au sommet du système éducatif et considéré comme l'un des piliers du

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développement et de la formation des jeunes, doit répondre en urgence aux enjeux sociétaux et aux fortes inégalités.

Depuis la loi 01.00 édictée en 2000 pour organiser le système d'enseignement supérieur marocain, l'université a pu réaliser un développement notoire an niveau de la formation offerte grâce aux initiatives louables qui ont été concrétisées par un élargissement considérable au niveau des infrastructures. Ces initiatives ont touché l'ouverture sur l'international à travers des partenariats, qui mettent en place des échanges internationaux des étudiants et des chercheurs. Malgré tous les efforts mentionnés, l'enseignement supérieur marocain est toujours appelé pour répondre à une demande sociale pressante et plurielle relative aux progrès économiques, sociaux et culturels, dans la mesure où, il doit enrichir les habiletés nécessaires pour former des jeunes capables d'assumer des responsabilités, et de prendre en charge des missions dans différents secteurs.

L'université est donc le lieu propice à la formation des cadres, des intellectuels, des chercheurs et des fonctionnaires essentiels pour le développement de toute société, conférée à la forte demande, à la compétitivité internationale, à la mondialisation et la concurrence économique, elle doit mettre en place un modèle de développement favorisant l'instauration des fondements d'une société de savoir.

Face à cette situation exigeante qui se manifeste surtout dans les pays en voie de développement tel que le Maroc, la nécessité réside le fait d'offrir aux étudiants une formation de qualité permettant l'intégration dans la vie professionnelle active. Au bout du compte, on peut avancer que la performance de l'enseignement supérieur au Maroc est indubitablement multidimensionnelle, dans la mesure où, elle concerne le déploiement des ressources humaines, la qualité de la gouvernance, le bien fondé du financement, l'offre de formation, ainsi que l'efficacité et la pertinence de ces modalités pédagogiques.

2.2- Le Français Sur Objectif Universitaire :

Le FOU, inscrit dans le domaine du français langue étrangère, et inspiré de l'expression (English for academic purposes) est un concept qui a gagné du terrain au niveau de la didactique. Il est considéré comme étant une variante du français sur objectifs spécifiques (FOS), et il vise à préparer les apprenants pour la poursuite de leurs études supérieures, dont la langue d'enseignement est bien évidemment le français. Le français au niveau du FOU est conçu a développé des programmes qui prennent en considération les réalités du terrain, et qui appliquent des méthodes et des activités d'appropriation linguistique pour répondre aux besoins

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spécifiques des étudiants. L'objectif du FOU réside alors le fait de se concentrer sur les nouveaux besoins des étudiants, et la nécessité de leurs doter de plusieurs compétences, afin qu'ils puissent réaliser diverses activités tels que : les activités communicatives, méthodologiques, langagières et discursives.

Le FOU se centre sur l'apprenant et se préoccupe principalement de lui offrir un éventail de compétences transversales de réception et de production écrite et orale en français, et de le permettre d'adapter ces compétences selon sa spécialité. Donc le FOU est une démarche de préparation linguistique des étudiants, principalement appuyée sur la réception orale des cours et la production de différents écrits universitaires.

Le FOU répond alors pertinemment à notre objectif de recherche articulé autour de la mise en place d'un dispositif qui vise le développement de la compétence scripturale des étudiants, pour les initier à la littéracie universitaire.

Le FOU à l'instar du FOS (Français sur objectif spécifique) est donc né du souci d'adapter l'enseignement/apprentissage du français à des publics spécifiques qui souhaitent acquérir ou perfectionner leurs compétences en français, pour accomplir un travail professionnel ou une activité d'études supérieures. Il s'intéresse à proposer des opportunités de conciliation pour les étudiants universitaires en France, ou à ceux des filières francophones dans d'autres pays.

Les littéracies universitaires et le français sur objectif universitaire, sont des champs de recherche récemment émergés dans l'horizon scientifique de la didactique des langues. Leurs domaines sont très proches, car ils portent sur des interrogations similaires, orientées surtout vers les écrits universitaires et l'acculturation des étudiants. Leurs démarches sont aussi similaires, vu que les deux adoptent une approche sociolinguistique et pragmatique du contexte d'enseignement/apprentissage.

En définitive, le FOU considère l'intégration et l'acculturation des étudiants comme les clés de la réussite universitaire, il cherche alors à accompagner ces étudiants pour qu'ils soient en mesure de s'approprier les codes nécessaires contribuant à ces deux processus. Ce point est donc la liaison entre les littéracies universitaires et le Français sur Objectifs Universitaires, deux champs qui apportent un éclairage sur cette situation complexe.

2.3- la didactique du français et les littéracies :

La didactique par son origine grecque (didaskein : enseigner), représente de façon générale ce qui vise à enseigner, ce qui est propre à instruire. Comme nom, et selon le dictionnaire de didactique du français langue étrangère et seconde de Jean-Pierre-Cuq en 2003,

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elle a d'abord désigné le genre rhétorique destiné à instruire, puis l'ensemble des théories d'enseignement et d'apprentissage. La didactique est célèbre pour son aspect théorico-pratique, comme l'affirme Halté :

C'est une discipline théorico-pratique dont l'objectif essentiel est de produire des argumentations savantes,

étayées et cohérentes, susceptibles d'orienter efficacement les pratiques enseignantes. (1993, p. 127). Il représente également un domaine de recherche qui nous offre un éventail de définitions, qui se rapportent aux notions qu'on souhaite traitées dans notre travail, tel que l'écriture, la compétence scripturale etc...

Quant à la didactique des langues, elle désigne selon Réné Richterich, une discipline qui « a pour objet la relation entre les actions d'enseignement et celles d'apprentissages et la transformation des premières en secondes » (1994, p. 175). On va s'intéresser alors à un sous-domaine de la didactique des langues, c'est la didactique du français qui s'est développée depuis les années 80, pour devenir d'un point de vue des chercheurs, un outil passionnant pour examiner les activités des apprenants, et les pratiques des enseignants. En fait, on trouve que la didactique du français, se subdivise en deux domaines : la didactique de l'oral qui s'intéresse au langage comme outil de communication et la didactique de l'écrit qui le traite comme moyen d'expression écrite. Et puisqu'on va parler des littéracies universitaires et de la compétence scripturale, on va se positionner au détriment de l'oral à la didactique de l'écrit, qui tire son importance essentiellement de l'aspect « scripto-centriste » (Bouchard, 1995, p.155) des écoles et des universités. On souligne que c'est le caractère « scripto-centré » de la didactique de l'écrit qui a donné naissance à une diversité de problématiques, comme : l'entrée dans l'écrit (Coianiz, 1998, Bentolila, 2009 ; Fijalkow, 2003), le rapport à l'écrit (Barré de Miniac, 2002 ; Chartrand & Blaser, 2008), les approches intégrées de la lecture et de l'écriture ( Reuter, 1994 ;1995), les approches intégrées de l'écrit et de l'oral (Ammouden, 2012 ; Cappeau, 2004) et les littéracies. Alors, le lien entre la littéracie et la didactique du français se voit clairement dans le fait que, l'espace conceptuel de la première amène à se questionner sur les rapports de la seconde avec les autres disciplines, qui font appel aux activités langagières, tels que : l'anthropologie, l'ethnologie ou les sciences de la communication et de l'information, la littérature, les sciences du langage, les sciences cognitives ou encore la sociologie. Cependant, la différence entre ces deux courants, et comme l'avait mentionné Barre-De-Miniac en 1995, est liée essentiellement au fait que l'université n'est pas le terrain naturel pour la didactique du français, et donc lorsque nous analysons les pratiques d'écriture des étudiants ou la spécificité des discours universitaires, nous parlerons plutôt des littéracies universitaires. En somme, la didactique du

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français reste l'ancrage théorique du champ de la littéracie, particulièrement, la littéracie universitaire.

2.4- L'écriture à l'université : un enjeu complexe :

Ces dernières années et avec l'émergence de la problématique de l'écrit universitaire dans le champ de la didactique du français, le concept de littéracie universitaire et celui du français sur objectif universitaire ont suscité l'intérêt des chercheurs qui traitent les écrits académiques, et qui s'intéressent aux difficultés des étudiants confrontés à de nouvelles pratiques.

La problématique de l'écriture à l'université, réside donc riche et stimulante, elle constitue un objet d'analyse qui captive de nombreuses communautés universitaires intéressées pour amener les étudiants à une acquisition culturelle et à un apprentissage des normes nécessaires pour former la communication dans l'institution universitaire.

L'introduction du chapitre consacré aux écrits universitaires, dans l'ouvrage « le Français sur Objectif Universitaire » de Mangiante et Parpette en 2011, montre que les productions écrites à l'université sont l'aboutissement du travail académique, qui forme l'essentiel des évaluations dans ce contexte. Ces productions doivent absolument respecter un certain nombre de règles et de critères, chose qui rend l'écrit à ce stade d'enseignement une tâche de plus en plus complexe. Et donc avec cette approche, « les écrits à produire par les étudiants sont alors perçus comme un ensemble très diversifié qui doit répondre à « des exigences méthodologiques » à une codification d'écriture, à des règles de composition » (Mangiante et Parpette, 2011, p.123). Face à cette situation, l'étudiant doit essentiellement :

Comprendre le lien, en tant que scripteur, qui s'établit entre le langage, la pensée, la discipline et les différentes formes discursives. Il lui faut en effet parvenir à maitriser ces relations entre le système

linguistique et terminologique, le savoir disciplinaire, mais aussi la méthodologie universitaire. (Cavalla, 2007, p.37).

Alors, l'adaptation aux écrits universitaires n'est pas une tâche simple ou automatique. Ceci est dû premièrement au fait que la compétence écrite n'est pas accomplie lors de l'entrée à l'université, car on parle d'une habileté qui ne s'apprend pas une fois pour toute, mais qui continue à évoluer tout au long de la vie de l'étudiant, et qui nécessite une formation continue pour prendre en considération les différents moments du parcours estudiantin. Egalement, le fait que « les nouveaux étudiants sont confrontés à des usages nouveaux et plus complexes de la langue écrite » (Frier, 2015, p.34), rend l'écriture à l'université un enjeu de plus en plus compliqué.

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L'écriture à l'université est donc connue par sa dynamique ainsi que sa complexité, dues aux pratiques scripturales qui ne se réduisent pas uniquement aux aspects discursif, linguistique, ou encore méthodologique, mais, qui demandent plusieurs dimensions (sociale, cognitive, culturelle...), ce que Dabène en 1991, rassemble sous le modèle de « compétence scripturale ».

En définitive, on peut avancer que l'écrit à l'université est certainement une entrave pour les étudiants qui fréquentent ce milieu académique. La difficulté réside dans l'acculturation vis-à-vis des discours universitaires, dans la prise en considération de la diversité des pratiques, dans les choppements de s'approprier les pratiques et les codes d'écriture à l'université, ainsi que dans les contraintes rédactionnelles et les conditions de production entre le scripteur primo-entrant et les évaluateurs à ce niveau d'étude.

2.5- L'importance de l'écriture à l'université :

Dans tous les cas, la maitrise de la production écrite s'avère déterminante [...] avec la généralisation des technologies de l'information et de la communication, comme l'un des critères de recrutement académique et professionnel. Les enjeux inhérents à l'apprentissage et à l'enseignement de la litéracie, et notamment de l'écriture, n'ont jamais été aussi importants et la pression sociale aussi forte. (Alamargot, 2015, p.119)

L'écrit occupe donc une place d'une grande importance à l'université, vu qu'il est considéré comme un principal outil de recherche qui garantit un agir professionnel pertinent.

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"Entre deux mots il faut choisir le moindre"   Paul Valery