Conclusion partielle
Dans ce chapitre, nous avons présenté en premier
plan notre cadre d'étude, cette présentation nous a permis
de comprendre la société Airtel RDC au travers
de son historique et de sa situation géographique. Nous avons
également parcouru l'ensemble des objectifs de cette
société des télécommunications face à son
secteur et sa conjoncture économique.
Dans l'approche méthodologique, nous avons opté
pour une approche mixte composée de la méthode quantitative et
qualitative, qui nous ont permis de transformer les données
financières collectées à l'aide des états
financiers, en chiffres bruts et interprétables. L'analyse des SIG, de
la rentabilité, de la profitabilité, de la structure
financière et de la liquidité ont servi d'outils d'analyse des
données pour l'obtention de nos
résultats.
Les résultats obtenus démontrent que les
indicateurs de la performance financière ont connu une
évolution
défavorable sur la période d'étude, suite
à une dépréciation progressive de leurs valeurs sur la
période
45
d'étude. Quant à la structure financière
d'Airtel RDC, le principe de l'équilibre financier minimum n'est pas
respecté et sa trésorerie demeure négative sur toute la
période d'étude. La structure financière nous montre
également que la société dépend
plus des dettes pour financer son activité et voit ses capitaux propres
se dégradaient à cause des reports à nouveau. Pour finir,
la firme ne dispose pas des liquidités suffisantes pour faire face
à ses engagements à court terme, étant donné que
les ratios de liquidité sont tous inférieurs à 1 sur toute
la période ; on traduit ces résultats en risque de
trésorerie.
Au regard des résultats mentionnés ci-dessus,
l'hypothèse H1, H2 et H3 sont rejetées. La société
Airtel RDC n'a pas été performante sur la période
d'étude.
46
CHAPITRE 3 : DISCUSSIONS, IMPLICATIONS ET LIMITATIONS DES
RESULTATS Dans ce chapitre, il sera question de confronter les
résultats de notre étude à ceux des études
antérieures afin de relever les points de convergence ainsi que les
points de divergence. Il sera ensuite question de présenter les
implications et les limites de notre étude ; ensuite, nous conclurons
par des recommandations.
3.1. Discussions des résultats
La discussion des résultats nous permet de comparer les
résultats de notre étude avec les études
antérieures.
L'objectif est de répertorier les éléments
de convergences ainsi que les éléments de divergences.
3.1.1. Convergences avec la
littérature
Tout au long de notre étude, nous avons mis l'accent sur
les indicateurs de la performance financière comme
étant les éléments majeurs et
déclencheurs de la performance financière dans une entreprise.
Nous avons pu dire que ces indicateurs donnent une vision plus large sur la
capacité de l'entreprise à rester financièrement
performante. Cependant, nous avons souligné qu'une entreprise demeure
performante sur le long terme, lorsqu'elle sait répartir ses fonds
propres ainsi que ses dettes, d'où nous avons soulevé la notion
de la structure financière, en martelant sur sa capacité à
pérenniser les activités d'une entreprise. C'est dans cette
dynamique que vient se joindre l'étude de Tazir Ramla (2017) qui
démontre l'importance d'une bonne répartition des dettes et des
capitaux propres, soulignant le fait que cette dernière cause la
pérennité d'une
entreprise. Il trouve dans ses résultats que la PME
dépend du financement externe pour son exploitation et
manque d'une autonomie financière, d'autant plus que
ses dettes ne peuvent être couvertes par ses actifs en cas de
liquidation. Son équilibre financier n'est pas respecté à
cause de son fonds de roulement négatif. Les résultats de
l'auteur convergent avec le nôtre du point de vue de la structure
financière.
Par ailleurs Boussad Wiam (2023) montre que les soldes
intermédiaires de gestion sont également
considérés comme des outils pertinents qui
permettent d'avoir une vision plus large sur l'évolution des
éléments et leur influence sur les indicateurs de la performance
financière. En effet, l'auteur souligne que la croissance du chiffre
d'affaires conduit à une augmentation des autres SIG. Il constate
également que le chiffre d'affaires du cadre d'étude
évolue de manière favorable et progressive.
Pour finir Aymen Adjal (2024) montre que le surendettement et
le manque de liquidité ont une influence
négative sur la performance financière. En
effet, l'auteur affirme que l'augmentation des dettes réduit la
capacité d'une entreprise à s'autofinancer et la rend
dépendante du financement externe pour maintenir son niveau
d'activité. Le manque de liquidités crée des tensions au
niveau de la trésorerie.
47
3.1.2. Divergences
Malgré les points de convergence cités
ci-dessus, les résultats obtenus divergent de la littérature
existante. Cette divergence est principalement causée par les
éléments d'ordre :
- Méthodologique : L'appréciation de la
performance financière de notre cadre d'étude a été
faite au travers des indicateurs financiers tels que la rentabilité, la
profitabilité, la capacité d'autofinancement,
la structure financière et la liquidité donne une
vision plus large sur la performance financière. Pour
ce qui est de l'échantillon, nous nous sommes
focalisés sur la société des
télécommunications Airtel
RDC durant la période 2021-2024 ;
- Contextuel : La RDC est régie par une conjoncture
économique instable où le pouvoir d'achat varie en fonction de
l'inflation qui perdure au sein du pays, ainsi que du taux de change. La
République
Démocratique du Congo est fortement dollarisé
suite à la dépréciation de la monnaie locale où
nous observons les autochtones avoir une préférence sur la
monnaie étrangère. La crise humanitaire a un
impact négatif sur les activités d'une
entreprise. Contrairement aux entreprises qui vivent dans une
conjoncture économique stable, les
sociétés congolaises font face aux nombreux défis
liés la situation du pays ;
- Sectoriel : Le secteur des télécommunications
en République Démocratique du Congo fait face à une
demande croissante qui requiert des investissements lourds pour satisfaire les
besoins numériques de la population. Ce secteur est en proie à
une concurrence rude où chaque acteur espère garder leurs parts
du marché.
3.2. Implications théoriques et
empiriques
3.2.1. Implications théoriques
La présente étude se joint à la
littérature existante. Elle donne une vision plus large sur la
manière de piloter
une entreprise et d'évaluer sa performance
financière dans le cadre d'une conjoncture économique
instable,
accompagné des contraintes, politiques et de
sécurité. Elle joint les cadres conceptuels suivants :
Ø Validation du modèle
multidimensionnel de la performance : Ce travail confirme les
théories de la gestion (Lorino, Bourguignon ou Kaplan & Norton)
selon lesquelles la notion de la performance ne peut être réduite
à une seule dimension. Les analyses menées mettent en relation la
performance économique (la création de la richesse et de la
valeur ajoutée) et la performance financière (la
rentabilité, structure financière et liquidité).
Ø
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Illustration du triangle de la performance (Bartoli)
: Les concepts d'efficacité (augmentation de la
productivité et du chiffre d'affaires), d'efficience (optimisation des
couts et des ressources face à l'inflation et la
dépréciation de la monnaie) et de pertinence (adapter l'offre
face aux réalités du
marché congolais) trouvent leur importance dans un
secteur à forte demande et intensité concurrentielle.
Ø Théorie de la décision de
financement et structure financière : L'étude a tenu
d'analyser la relation entre la rentabilité financière, la
rentabilité économique et l'effet de levier sur la période
2021-2024. L'étude a martelé sur les théories
financières classiques liées à l'autonomie
financière, la répartition convenable des dettes
financières et des capitaux propres, le principe de l'équilibre
financier minimum et à l'impact des dettes sur les capitaux propres et
les résultats de l'entreprise dans un contexte de forte
inflation et de la dépréciation de la monnaie.
3.2.2. Implications empiriques
En ce qui concerne le plan empirique, notre cadre
d'étude propose des observations et des repères pour le bon
fonctionnement d'une société des télécommunications
évoluant en Afrique centrale :
Ø Outil de pilotage dans un environnement
: L'étude prouve que l'instabilité politique, la
dépréciation monétaire et l'inflation ont un effet
négatif sur les indicateurs de gestion. Ces phénomènes
provoquent la hausse des charges d'exploitation qui ralentissent les
activités des sociétés des
télécommunications en provocant des effets ciseaux, qui rendent
les résultats négatifs.
Ø Diagnostic réel de la performance
d'Airtel RDC SA : L'utilisation de la méthode quantitative
(calcul des Soldes Intermédiaires de Gestion, de la valeur
ajoutée et des ratios de liquidité ou de rentabilité)
tient à alerter la direction administrative de sa santé
financière sur la période 2021-2024. Grace à elle, nous
pouvons observer l'efficacité des investissements lourds
face à une croissance de la demande.
Ø Aide à la prise des décisions
stratégique et gestion de risques : Les résultats
attirent l'attention des dirigeants face aux risques auxquels ils sont
exposés. Cette attention par l'entremise des informations
financières retenues, a pour but d'anticiper les risques de faillites
auxquels ils sont exposés, d'ajuster la politique d'endettement, de
négocier avec les tiers le délai de rembourser tout en mettant en
place des palliatifs adaptés pour maintenir l'activité de la
société ainsi que d'assurer sa pérennité sur le
marché.
49
3.3. Limitation des résultats
Dans cette section, il sera question de présenter les
limités recensées durant la période d'étude et
l'interprétation des résultats. Ces limites sont d'ordre
méthodologiques, contextuelles et empiriques.
3.3.1. Limites méthodologiques
Ø La première limite méthodologique
repose sur l'unique utilisation des états financiers et des ratios
financiers. Il a été dit dans les lignes
précédentes que ces indicateurs offrent une
compréhension
approfondie de la performance financière,
l'appréciation dépend de l'objectivité des
résultats. Cependant, l'étude ne prend pas en compte les facteurs
qualitatifs qui peuvent occasionner la performance financière d'une
entreprise. Certains éléments tels que la qualité de la
gouvernance, les choix stratégiques et l'efficacité
managériale peuvent avoir un effet tant positif que négatif sur
les résultats d'une firme.
Ø La deuxième limite concerne les outils de
collecte des données. L'étude s'est plus basée sur les
informations collectées au moyen des états financiers pour
interpréter la performance financière d'Airtel RDC. Cependant,
les techniques de collectes des données qualitatives notamment
l'entretien, aurait permis de compléter l'analyse financière par
des informations liées à la politique de financement, aux
décisions d'investissement et aux difficultés rencontrées
par l'entreprise durant les
exercices étudiés.
Ø L'étude ne s'appuie que sur une approche
descriptive et d'évaluation basée principalement sur l'analyse
des indicateurs financiers. Les modèles économétriques ou
la méthode économétrique
aurait pu saisir le sens de la relation des indicateurs
financiers et de la performance financière, tout en mesurant le niveau
de la relation entre les indicateurs de la performance financière avec
les autres indicateurs financiers.
3.3.2. Limites empiriques
Ø Parmi les nombreuses sociétés des
télécommunications évoluant en République
Démocratique du
Congo, notre étude s'est uniquement portée sur
la filiale Airtel RDC SA. Les résultats obtenus ne concernent uniquement
les activités de la société durant la période
d'études. Au regard de tous ces éléments, nous ne sommes
pas en mesure de généraliser les résultats obtenus en
concluant que le
secteur des télécommunications en RDC souffre
d'une augmentation constante des charges ne
favorisant pas le développement des opérateurs
téléphoniques.
Ø La période d'étude optée permet
de comprendre l'évolution de la situation financière de la firme
étudiée après la pandémie de la COVID-19 qui
couvrait les années 2019 et 2020. Cependant la
50
période d'étude demeure courte et ne permet pas de
capter les tendances financières les plus
anciennes pour ensuite prédire les prochains mouvements
de la courbe.
Ø Pour ce qui est de la troisième limite, nous
nous sommes limités à étudier la performance
financière
d'Airtel RDC. Une analyse comparative de notre cadre
d'étude avec les autres opérateurs téléphoniques
aurait permis de situer la performance financière d'Airtel RDC par
rapports à ses propres concurrents, cette analyse aurait ouvert le champ
d'interprétation.
3.3.3. Limites contextuelles
Ø L'étude a uniquement considéré
l'appréciation de la performance financière au travers les
indicateurs financiers, elle n'a pas tenu compte de certains facteurs
macroéconomiques qui auraient pu influencer directement ou indirectement
la performance financière. Des facteurs tels que l'inflation,
l'instabilité du taux de change jouent un rôle important dans
l'environnement économique congolais.
Ø Par ailleurs, le contexte sécuritaire et les
contraintes géopolitiques engagent directement les activités
de l'entreprise. L'étude n'a pas pris en compte
l'analyse du contexte sécuritaire et des contraintes
géopolitiques, ces facteurs influent sur les décisions
d'investissements, suspendent les activités de l'entreprise et augmente
les couts d'exploitation.
Ø Pour finir, les analyses concernant
l'intensité concurrentielle n'ont pas été menée,
pourtant la concurrence a un effet immédiat sur la performance
financière des sociétés des
télécommunications.
Perspectives futures
Dans cette recherche, l'analyse financière d'Airtel RDC
SA s'est basée sur les états financiers de 2021 à 2024. Il
y a beaucoup plus à attendre. Au minimum, des études sectorielles
comparatives dans d'autres entreprises de télécommunications en
République Démocratique du Congo devraient être
réalisées pour révéler certains des aspects
clés d'Airtel RDC et de toutes les entreprises de
télécommunications en général. Des aspects
qualitatifs tels que la gouvernance, l'engagement stratégique,
l'innovation technologique, la satisfaction client ou la politique
d'investissement devraient également être pris en compte dans nos
aspects qualitatifs pour comprendre ces aspects dans les recherches futures.
Ces aspects compléteront l'analyse financière et fourniront
également une compréhension plus approfondie de la
performance.
Enfin, les méthodes économétriques nous
permettront d'évaluer l'impact réel de différents
indicateurs financiers sur la performance globale de l'entreprise ainsi que des
facteurs macroéconomiques tels que l'inflation, les taux de change et
l'environnement sécuritaire sur les résultats des entreprises de
télécommunications en RDC.
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