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Analyse de la performance financière d'une société des télécommunications en RDC : cas d'Airtel RDC SA


par Rubis Boyau
Université Protestante au Congo - Master en gestion financière 2026
  

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Conclusion partielle

Dans ce chapitre, nous avons présenté en premier plan notre cadre d'étude, cette présentation nous a permis

de comprendre la société Airtel RDC au travers de son historique et de sa situation géographique. Nous avons également parcouru l'ensemble des objectifs de cette société des télécommunications face à son secteur et sa conjoncture économique.

Dans l'approche méthodologique, nous avons opté pour une approche mixte composée de la méthode quantitative et qualitative, qui nous ont permis de transformer les données financières collectées à l'aide des états financiers, en chiffres bruts et interprétables. L'analyse des SIG, de la rentabilité, de la profitabilité, de la structure financière et de la liquidité ont servi d'outils d'analyse des données pour l'obtention de nos

résultats.

Les résultats obtenus démontrent que les indicateurs de la performance financière ont connu une évolution

défavorable sur la période d'étude, suite à une dépréciation progressive de leurs valeurs sur la période

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d'étude. Quant à la structure financière d'Airtel RDC, le principe de l'équilibre financier minimum n'est pas respecté et sa trésorerie demeure négative sur toute la période d'étude. La structure financière nous montre

également que la société dépend plus des dettes pour financer son activité et voit ses capitaux propres se dégradaient à cause des reports à nouveau. Pour finir, la firme ne dispose pas des liquidités suffisantes pour faire face à ses engagements à court terme, étant donné que les ratios de liquidité sont tous inférieurs à 1 sur toute la période ; on traduit ces résultats en risque de trésorerie.

Au regard des résultats mentionnés ci-dessus, l'hypothèse H1, H2 et H3 sont rejetées. La société Airtel RDC n'a pas été performante sur la période d'étude.

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CHAPITRE 3 : DISCUSSIONS, IMPLICATIONS ET LIMITATIONS DES RESULTATS Dans ce chapitre, il sera question de confronter les résultats de notre étude à ceux des études antérieures afin de relever les points de convergence ainsi que les points de divergence. Il sera ensuite question de présenter les implications et les limites de notre étude ; ensuite, nous conclurons par des recommandations.

3.1. Discussions des résultats

La discussion des résultats nous permet de comparer les résultats de notre étude avec les études antérieures.

L'objectif est de répertorier les éléments de convergences ainsi que les éléments de divergences.

3.1.1. Convergences avec la littérature

Tout au long de notre étude, nous avons mis l'accent sur les indicateurs de la performance financière comme

étant les éléments majeurs et déclencheurs de la performance financière dans une entreprise. Nous avons pu dire que ces indicateurs donnent une vision plus large sur la capacité de l'entreprise à rester financièrement performante. Cependant, nous avons souligné qu'une entreprise demeure performante sur le long terme, lorsqu'elle sait répartir ses fonds propres ainsi que ses dettes, d'où nous avons soulevé la notion de la structure financière, en martelant sur sa capacité à pérenniser les activités d'une entreprise. C'est dans cette dynamique que vient se joindre l'étude de Tazir Ramla (2017) qui démontre l'importance d'une bonne répartition des dettes et des capitaux propres, soulignant le fait que cette dernière cause la pérennité d'une

entreprise. Il trouve dans ses résultats que la PME dépend du financement externe pour son exploitation et

manque d'une autonomie financière, d'autant plus que ses dettes ne peuvent être couvertes par ses actifs en cas de liquidation. Son équilibre financier n'est pas respecté à cause de son fonds de roulement négatif. Les résultats de l'auteur convergent avec le nôtre du point de vue de la structure financière.

Par ailleurs Boussad Wiam (2023) montre que les soldes intermédiaires de gestion sont également

considérés comme des outils pertinents qui permettent d'avoir une vision plus large sur l'évolution des éléments et leur influence sur les indicateurs de la performance financière. En effet, l'auteur souligne que la croissance du chiffre d'affaires conduit à une augmentation des autres SIG. Il constate également que le chiffre d'affaires du cadre d'étude évolue de manière favorable et progressive.

Pour finir Aymen Adjal (2024) montre que le surendettement et le manque de liquidité ont une influence

négative sur la performance financière. En effet, l'auteur affirme que l'augmentation des dettes réduit la capacité d'une entreprise à s'autofinancer et la rend dépendante du financement externe pour maintenir son niveau d'activité. Le manque de liquidités crée des tensions au niveau de la trésorerie.

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3.1.2. Divergences

Malgré les points de convergence cités ci-dessus, les résultats obtenus divergent de la littérature existante. Cette divergence est principalement causée par les éléments d'ordre :

- Méthodologique : L'appréciation de la performance financière de notre cadre d'étude a été faite au travers des indicateurs financiers tels que la rentabilité, la profitabilité, la capacité d'autofinancement,

la structure financière et la liquidité donne une vision plus large sur la performance financière. Pour

ce qui est de l'échantillon, nous nous sommes focalisés sur la société des télécommunications Airtel

RDC durant la période 2021-2024 ;

- Contextuel : La RDC est régie par une conjoncture économique instable où le pouvoir d'achat varie en fonction de l'inflation qui perdure au sein du pays, ainsi que du taux de change. La République

Démocratique du Congo est fortement dollarisé suite à la dépréciation de la monnaie locale où nous observons les autochtones avoir une préférence sur la monnaie étrangère. La crise humanitaire a un

impact négatif sur les activités d'une entreprise. Contrairement aux entreprises qui vivent dans une

conjoncture économique stable, les sociétés congolaises font face aux nombreux défis liés la situation du pays ;

- Sectoriel : Le secteur des télécommunications en République Démocratique du Congo fait face à une demande croissante qui requiert des investissements lourds pour satisfaire les besoins numériques de la population. Ce secteur est en proie à une concurrence rude où chaque acteur espère garder leurs parts du marché.

3.2. Implications théoriques et empiriques

3.2.1. Implications théoriques

La présente étude se joint à la littérature existante. Elle donne une vision plus large sur la manière de piloter

une entreprise et d'évaluer sa performance financière dans le cadre d'une conjoncture économique instable,

accompagné des contraintes, politiques et de sécurité. Elle joint les cadres conceptuels suivants :

Ø Validation du modèle multidimensionnel de la performance : Ce travail confirme les théories de la gestion (Lorino, Bourguignon ou Kaplan & Norton) selon lesquelles la notion de la performance ne peut être réduite à une seule dimension. Les analyses menées mettent en relation la performance économique (la création de la richesse et de la valeur ajoutée) et la performance financière (la rentabilité, structure financière et liquidité).

Ø

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Illustration du triangle de la performance (Bartoli) : Les concepts d'efficacité (augmentation de la productivité et du chiffre d'affaires), d'efficience (optimisation des couts et des ressources face à l'inflation et la dépréciation de la monnaie) et de pertinence (adapter l'offre face aux réalités du

marché congolais) trouvent leur importance dans un secteur à forte demande et intensité concurrentielle.

Ø Théorie de la décision de financement et structure financière : L'étude a tenu d'analyser la relation entre la rentabilité financière, la rentabilité économique et l'effet de levier sur la période 2021-2024. L'étude a martelé sur les théories financières classiques liées à l'autonomie financière, la répartition convenable des dettes financières et des capitaux propres, le principe de l'équilibre financier minimum et à l'impact des dettes sur les capitaux propres et les résultats de l'entreprise dans un contexte de forte

inflation et de la dépréciation de la monnaie. 3.2.2. Implications empiriques

En ce qui concerne le plan empirique, notre cadre d'étude propose des observations et des repères pour le bon fonctionnement d'une société des télécommunications évoluant en Afrique centrale :

Ø Outil de pilotage dans un environnement : L'étude prouve que l'instabilité politique, la dépréciation monétaire et l'inflation ont un effet négatif sur les indicateurs de gestion. Ces phénomènes provoquent la hausse des charges d'exploitation qui ralentissent les activités des sociétés des télécommunications en provocant des effets ciseaux, qui rendent les résultats négatifs.

Ø Diagnostic réel de la performance d'Airtel RDC SA : L'utilisation de la méthode quantitative (calcul des Soldes Intermédiaires de Gestion, de la valeur ajoutée et des ratios de liquidité ou de rentabilité) tient à alerter la direction administrative de sa santé financière sur la période 2021-2024. Grace à elle, nous

pouvons observer l'efficacité des investissements lourds face à une croissance de la demande.

Ø Aide à la prise des décisions stratégique et gestion de risques : Les résultats attirent l'attention des dirigeants face aux risques auxquels ils sont exposés. Cette attention par l'entremise des informations financières retenues, a pour but d'anticiper les risques de faillites auxquels ils sont exposés, d'ajuster la politique d'endettement, de négocier avec les tiers le délai de rembourser tout en mettant en place des palliatifs adaptés pour maintenir l'activité de la société ainsi que d'assurer sa pérennité sur le marché.

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3.3. Limitation des résultats

Dans cette section, il sera question de présenter les limités recensées durant la période d'étude et l'interprétation des résultats. Ces limites sont d'ordre méthodologiques, contextuelles et empiriques.

3.3.1. Limites méthodologiques

Ø La première limite méthodologique repose sur l'unique utilisation des états financiers et des ratios financiers. Il a été dit dans les lignes précédentes que ces indicateurs offrent une compréhension

approfondie de la performance financière, l'appréciation dépend de l'objectivité des résultats. Cependant, l'étude ne prend pas en compte les facteurs qualitatifs qui peuvent occasionner la performance financière d'une entreprise. Certains éléments tels que la qualité de la gouvernance, les choix stratégiques et l'efficacité managériale peuvent avoir un effet tant positif que négatif sur les résultats d'une firme.

Ø La deuxième limite concerne les outils de collecte des données. L'étude s'est plus basée sur les informations collectées au moyen des états financiers pour interpréter la performance financière d'Airtel RDC. Cependant, les techniques de collectes des données qualitatives notamment l'entretien, aurait permis de compléter l'analyse financière par des informations liées à la politique de financement, aux décisions d'investissement et aux difficultés rencontrées par l'entreprise durant les

exercices étudiés.

Ø L'étude ne s'appuie que sur une approche descriptive et d'évaluation basée principalement sur l'analyse des indicateurs financiers. Les modèles économétriques ou la méthode économétrique

aurait pu saisir le sens de la relation des indicateurs financiers et de la performance financière, tout en mesurant le niveau de la relation entre les indicateurs de la performance financière avec les autres indicateurs financiers.

3.3.2. Limites empiriques

Ø Parmi les nombreuses sociétés des télécommunications évoluant en République Démocratique du

Congo, notre étude s'est uniquement portée sur la filiale Airtel RDC SA. Les résultats obtenus ne concernent uniquement les activités de la société durant la période d'études. Au regard de tous ces éléments, nous ne sommes pas en mesure de généraliser les résultats obtenus en concluant que le

secteur des télécommunications en RDC souffre d'une augmentation constante des charges ne

favorisant pas le développement des opérateurs téléphoniques.

Ø La période d'étude optée permet de comprendre l'évolution de la situation financière de la firme étudiée après la pandémie de la COVID-19 qui couvrait les années 2019 et 2020. Cependant la

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période d'étude demeure courte et ne permet pas de capter les tendances financières les plus

anciennes pour ensuite prédire les prochains mouvements de la courbe.

Ø Pour ce qui est de la troisième limite, nous nous sommes limités à étudier la performance financière

d'Airtel RDC. Une analyse comparative de notre cadre d'étude avec les autres opérateurs téléphoniques aurait permis de situer la performance financière d'Airtel RDC par rapports à ses propres concurrents, cette analyse aurait ouvert le champ d'interprétation.

3.3.3. Limites contextuelles

Ø L'étude a uniquement considéré l'appréciation de la performance financière au travers les indicateurs financiers, elle n'a pas tenu compte de certains facteurs macroéconomiques qui auraient pu influencer directement ou indirectement la performance financière. Des facteurs tels que l'inflation, l'instabilité du taux de change jouent un rôle important dans l'environnement économique congolais.

Ø Par ailleurs, le contexte sécuritaire et les contraintes géopolitiques engagent directement les activités

de l'entreprise. L'étude n'a pas pris en compte l'analyse du contexte sécuritaire et des contraintes géopolitiques, ces facteurs influent sur les décisions d'investissements, suspendent les activités de l'entreprise et augmente les couts d'exploitation.

Ø Pour finir, les analyses concernant l'intensité concurrentielle n'ont pas été menée, pourtant la concurrence a un effet immédiat sur la performance financière des sociétés des télécommunications.

Perspectives futures

Dans cette recherche, l'analyse financière d'Airtel RDC SA s'est basée sur les états financiers de 2021 à 2024. Il y a beaucoup plus à attendre. Au minimum, des études sectorielles comparatives dans d'autres entreprises de télécommunications en République Démocratique du Congo devraient être réalisées pour révéler certains des aspects clés d'Airtel RDC et de toutes les entreprises de télécommunications en général. Des aspects qualitatifs tels que la gouvernance, l'engagement stratégique, l'innovation technologique, la satisfaction client ou la politique d'investissement devraient également être pris en compte dans nos aspects qualitatifs pour comprendre ces aspects dans les recherches futures. Ces aspects compléteront l'analyse financière et fourniront également une compréhension plus approfondie de la performance.

Enfin, les méthodes économétriques nous permettront d'évaluer l'impact réel de différents indicateurs financiers sur la performance globale de l'entreprise ainsi que des facteurs macroéconomiques tels que l'inflation, les taux de change et l'environnement sécuritaire sur les résultats des entreprises de télécommunications en RDC.

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