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REPUBLIC OF CAMEROON Peace- Work- Fatherland

REPUBLIQUE DU CAMEROUN Paix - Travail -
Patrie
*****
MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
*******
UNIVERSITE DE YAOUNDE II FACULTE DES SCIENCES
JURIDIQUES ET POLITIQUES B.P:1365-YAOUNDE
www.univ-yde2.org
TEL: (237) 242 06 26 98/ Fax: (237) 222 23 84 28
***** MINISTRY OF HIGHER EDUCATION UNIVERSITY OF
YAOUNDE II ***** UNIVERSITY OF YAOUNDE II FACULTY OF LAW AND POLITICAL
SCIENCES P.O.BOX:1365-YAOUNDE
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TEL: (237) 242 06 26 98/ Fax: (237) 222 23 84
28
LE CONTROLE PARLEMENTAIRE DES POLITIQUES
PUBLIQUES AU CAMEROUN: CAS DU SOUS-SECTEUR

EAU ET ENERGIE

Année académique 2024/2025
Présenté et soutenu publiquement en vue de
l'obtention du diplôme de Master II Recherche en Science
politique
Spécialité : Administration et
politiques publiques REDIGE PAR :
NKODO MEKONGO Gaël Régis
Titulaire d'une Licence en Science
Politique Université de Yaoundé II
Sous la Direction du : Dr ASSIENE BISSOSOLI
Prisca Hélène Chargée de
Cours Maître assistant CAMES

AVERTISSEMENT
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis I
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
« Les avis émis dans ce travail sont
exclusivement propres à leur auteur et ne sauraient aucunement engager
l'Université de Yaoundé II »
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie

DEDICACE
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis II
A mes parents,
Yvonne-Félicité MBALLA ANDELA et NKODO
MEKONGO Zacharie (+)
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis III
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie

REMERCIEMENTS
Nos remerciements vont à l'endroit de :
Madame le Docteure ASSIENE BISSOSSOLI Prisca
Hélène, qui a accepté la responsabilité de
diriger ce travail et dont l'encadrement a été à la fois
déterminant et significatif ;
Monsieur le Professeur ATANGANA ONDOUA Henri,
pour toutes les diligences et facilités qu'il nous a accordées
;
Tous les Enseignants et Responsables du
Département de science politique de l'Université de
Yaoundé II-SOA ;
Monsieur le Docteur NKODO AKONO Romaric, pour
son apport matériel ;
Monsieur le Docteur NKODO MEKONGO Yves
Patrick, pour avoir investi dans notre formation académique et
professionnelle ;
Monsieur l'Honorable ESSOMBA BENGONO Engelbert,
Député à l'Assemblée Nationale, pour avoir
accepté de nous recevoir dans le cadre de la collecte des données
liées à ce travail ;
Mesdames et Messieurs les Responsables et Cadres de
l'Assemblée Nationale du Cameroun, pour toutes les
facilités accordées dans le cadre du présent travail ;
Monsieur ELOUNDOU ESSOMBA Gaston, Ministre de
l'Eau et de l'Energie (MINEE) pour tous les conseils, motivations et
encouragements qu'il nous apporte non seulement depuis le début de notre
carrière administrative mais surtout lors de la reprise de cette
odyssée intellectuelle suspendue quelques années en
arrière ;
Monsieur ETOUNDI Guy Siméon, Chef de
la Division des Etudes, de la Prospective et de la Coopération du MINEE,
pour tous les éclairages avisés, conseils et encouragements ;
Tous les différents responsables et cadres du
MINEE qui se sont mobilisés, chacun en ce qui le concerne, afin
de contribuer à la réalisation du présent travail ;
Monsieur NDONG Grégoire, pour son
affectueux et paternel encadrement ;
Madame et Monsieur Crescence et Oswald
BABOKE, pour la source d'inspiration qu'ils ont toujours
été pour nous ;
Madame et Monsieur Georgette et Landry
SOSSOMBA, pour le modèle d'éthique et de compassion
qu'ils sont ;
Madame le Lieutenant SANI ZOA Fortunat Eline,
pour tout l'accompagnement et
motivations qu'elle nous apporte ;
Notre progéniture qui lira un jour ce travail, dans le
but de lui léguer un nom, dont elle pourra éternellement
être fière. /-
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis IV
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie

LISTE DES ABREVIATIONS ET SIGLES
AE : Autorisation d'Engagement
AF : Assemblée
Fédérale
ALCAM : Assemblée Législative
du Cameroun
AN : Assemblée Nationale
ARCAM : Assemblée
Représentative du Cameroun
AR : Assemblées Régionales
ART : Article
ASSNAT : Assemblée Nationale
ATCAM : Assemblée Territoriale du
Cameroun
CP : Crédit de Paiement
DDAR-AN : Direction de la Documentation et
des Archives-Assemblée Nationale
DEA : Diplôme d'Etude Approfondie
DEPC : Division des Etudes, de la Prospective
et de la Coopération
Dir : Directeur
DIT : Douala International Terminal
CAMWATER : Cameroon Water Utilities
CBMT : Cadre Budgétaire à Moyen
Terme
CEA1 : Chargé d'Etude Assistant
numéro 01
CEP : Cellule des Etudes et de la
Prospective
CES : Conseil Economique et social
Cf : Confère
CR : Chambre des Représentants
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis V
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
CSPH : Caisse de Stabilisation du Prix des
Hydrocarbures
CTD : Collectivité Territoriale
Décentralisé
Ed : Edition
EDC: Electricity Development Corporation
ENA : Ecole Nationale d'Administration
ENAM : Ecole National d'Administration et de
Magistratrure
ESIG : Ecole Supérieure Internationale
de Guerre
FNSC : Front National pour le Salut du
Cameroun
Hon: Honorable
Id : Idem
Ib : Ibidem
IDGP: Institut pour la Démocratie, la
Gouvernance, Développement en Paix
LGDJ: Librairie Générale du
Droit et de Jurisprudence
MDR : Mouvement pour la Défense de la
République
MINEE : Ministère de l'Eau et de
l'Energie
MINEPAT : Ministère de l'Economie, de
la Planification et de l'Aménagement du Territoire
Op cit : Opere citato,
(précédemment cité)
P : Page
PAN : Président de l'Assemblée
Nationale
PCA : Président du Conseil
d'Administration
PCRN : Parti Camerounais pour la
Réconciliation Nationale
PAEPYS : Projet d'Alimentation en Eau Potable
de la ville de Yaoundé et ses environs à partir
du fleuve Sanaga
PP : Pages
PUF : Presse Universitaire de France
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis VI
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
RADSP : Revue Africaine de Droit et Science
Politique
RDPC : Rassemblement Démocratique du
Peuple Camerounais
RANF : Règlement Assemblé
Nationale Française
RFE : Régime Financier de l'Etat
RDC : République Démocratique
du Congo
RIAN : Règlement Intérieur
Assemblée Nationale
RIS : Règlement Intérieur
SENAT
SDF : Social Democratic Front
SCDP : Société Camerounaise des
Dépôts Pétroliers
SND30 : Stratégie Nationale de
Développement
SONATREL : Société Nationale de
Transport de l'Electricité
UCAC : Université Catholique d'Afrique
Centrale
UDC : Union Démocratique
Camerounaise
UIP : Union Inter Parlementaire
UNDP : Union Nationale pour la
Démocratie et le Progrès
UMS : Union des Mouvements Socialistes
Vol : Volume
V : Voir
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis VII
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie

LISTRE DES TABLEAUX
Tableau 1 : liste des Commissions 36
Tableau 2 : Répartition des sièges
(9ème) législature 2013-2019 57
Tableau 3 : Répartition des sièges
(10ème) législature 2019-2026 58
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie

RESUME
Le Parlement est l'une des plus anciennes institutions que
connait le Cameroun et son existence est antérieure à
l'entrée du pays dans le concert des nations. Dès lors, c'est
avec la réforme constitutionnelle du 18 janvier 1996 que l'institution
parlementaire s'est vue consacrée le rôle de «
contrôle de l'action du gouvernement »1. La
présente réflexion examine les politiques publiques, leur analyse
et leur évaluation en prenant le Sous-secteur Eau et Energie comme cadre
de référence empirique. Elle présente le Parlement comme
étant d'une part un instrument d'action et d'influence des politiques
publiques et d'autre part, elle explore le contrôle parlementaire dans le
Sous-secteur Eau et Energie comme étant un dispositif politico
institutionnel d'évaluation de l'action de l'Etat. Elle se clos en
présentant la dualité des contraintes à la fois endo et
exo qui amenuisent le contrôle parlementaire des politiques publiques,
non sans proposer des perspectives à prendre à compte pour
davantage améliorer ce qui est fait jusqu'ici.
Mots clés : Parlement,
contrôle parlementaire, politique(s) publique(s), évaluation des
politiques publiques
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis
VIII
1 V. Art 14(2) de la loi n°96/06 du 18 janvier
1996 Portant révision de la Constitution du 02 juin 1972,
modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14
avril 2008
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis IX
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie

ABSTRACT
The Parliament is one of the oldest institutions in Cameroon,
with its existence predating the country's entry into the international
community. It was with the constitutional reform of January 18, 1996, that the
parliamentary institution was consecrated with the role of controlling
government action. This reflection examines how public policies are evaluated
by Parliament, using the Water and Energy Sub-sector as a reference point. It
presents Parliament as both an instrument of action and influence on public
policies and explores parliamentary control in the Water and Energy Sub-sector
as a tool for evaluation. It concludes by highlighting the dual constraints,
both internal and external, that limit parliamentary control of public
policies, while proposing perspectives to take into account to further improve
what has been done so far.
Keywords: Parliament,
parliamentary control, public policy, evaluation of public policies.
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis X
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie

SOMMAIRE
INTRODUCTION GENERALE 1
PREMIÈRE PARTIE : LE CONTRÔLE
PARLEMENTAIRE : INSTRUMENTS D'ACTION ET
D'INFLUENCE DES POLITIQUES PUBLIQUES
29 CHAPITRE I : LE CONTRÔLE PARLEMENTAIRE COMME
INSTRUMENT D'ACTION
DES POLITIQUES PUBLIQUES 31
Section I : Ce que le contrôle parlementaire des
politiques publiques veut dire 32
Section II : Le contrôle parlementaire des
politiques publiques dans le Sous-secteur Eau et
Energie : entre instruments et dispositif
d'interaction institutionnelle 39 CHAPITRE II : LE
CONTRÔLE PARLEMENTAIRE DES POLITIQUES PUBLIQUES COMME INSTRUMENT
D'INFLUENCE RÉCIPROQUE DE LA DÉFINITION DES
POLITIQUES PUBLIQUES 47 Section I
: Le contrôle parlementaire : un cadre de performance et performatif
d'influence sur le
Gouvernement 48
Section II : Les logiques d'action marquant
l'influence du Gouvernement sur le Parlement 53
DEUXIÈME PARTIE : LE CONTRÔLE
PARLEMENTAIRE DANS LE SOUS-SECTEUR EAU ET ENERGIE. UN DISPOSITIF
D'ÉVALUATION DES POLITIQUES PUBLIQUES EN
QUÊTE DE PERFORMANCE ?
63 CHAPITRE III : LE CONTRÔLE PARLEMENTAIRE COMME
DISPOSITIF D'ÉVALUATION DE LA PERFORMANCE DE LA POLITIQUE PUBLIQUE DE
L'EAU ET DE
L'ÉNERGIE 65 Section I : Le
contrôle parlementaire et critères d'évaluation des
politiques publiques dans le Sous-
secteur Eau et Energie 66 Section
II : Typologie et dynamique actorielle d'évaluation parlementaire des
politiques publiques
dans le sous-secteur Eau et Energie
71 CHAPITRE IV : L'IMPACT MITIGÉ DU CONTRÔLE
PARLEMENTAIRE DANS LE PROCESSUS DE CONSTRUCTION DES POLITIQUES PUBLIQUES
EFFICACES ET
EFFICIENTES DANS LE SOUS-SECTEUR DE L'EAU ET DE
L'ENERGIE 78
Section I : Les contraintes structurelles du
contrôle parlementaire 79
Section II : L'action parlementaire sur les politiques
publiques de l'eau et de l'énergie : quelles
perspectives pour de meilleure performance ?
87
CONCLUSION GENERALE 98
BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE 101
ANNEXES 109
TABLE DE MATIERES 131

INTRODUCTION GENERALE
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 1
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Historiquement, on pourrait situer le début de la
fonction législative à partir de la Grande Charte de 1215,
lorsque les Barons anglais ont privé Jean sans Terre de la
faculté de légiférer sur des questions d'Etat, notamment
fiscales2. Dans bien des cas cette tâche est l'apanage du
pouvoir législatif3. Il constitue l'un des trois pouvoirs
consacrés par la théorie dite de la « séparation
des pouvoirs »4 autant chère à John
LOCKE5 qu'à MONTESQUIEU6. La régulation de
la vie sociale supposant donc un meilleur travail législatif7
, José Pedro MONTERO8 à propos des compétences
du pouvoir législatif a énoncé qu'elles sont : «
fonction législative d'une part, et fonction de contrôle
d'autre part ». Dans les démocraties
contemporaines9, le pouvoir législatif est
généralement porté par l'institution parlementaire. Au
Cameroun, la naissance du bicamérisme est relativement récente et
l'introduction des secondes chambres au sein des parlements comme dans bons
nombres de pays africains, est l'une des innovations majeures des
récentes réformes institutionnelles en cours en
Afrique10 . Avec la seconde chambre du parlement qu'est le SENAT, le
pouvoir législatif est dorénavant exercé par les deux
chambres11 que sont le SENAT et l'Assemblée Nationale. Elles
ont les mêmes missions12 et se réunissent
concomitamment13, bien que l'on puisse observer à la fois une
sorte de prééminence de l'Assemblée Nationale sur les
domaines législatifs14 et une prééminence du
2 V. communication de José Pedro MONTERO in
« Le contrôle exécutif du parlement en Uruguay »,
Association des Secrétaires Généraux du Parlement, Session
de Panama, Avril 2011, p.1
3 L'appellation « pouvoir législatif
» est critiquée par Maurice HAURIOU qui estime qu'il n'est pas bon
de qualifier un pouvoir gouvernemental par l'une de ses fonctions car elles
sont multiples. Il propose de le qualifier de « pouvoir
délibérant ». Voir. Maurice HAURIOU, Précis
élémentaire de droit constitutionnel, 2ème
édition, Paris, 1920, p. 166.
4 Sur la question de la séparation des
pouvoirs au Cameroun, V. Alain Didier OLINGA, « Notule sur la
séparation des pouvoirs dans la Constitution camerounaise », in La
Constitution camerounaise du 18 janvier 1996, Bilan et perspectives, sous la
direction du professeur Alain ONDOUA, Afrédit, 2007, pp.19-28.
5John LOCKE, Traité du gouvernement
civil, traduction de David MAZEL en 1975 à partir de la 5ème
édition de
Londres en 1725, 144 pages. (Disponible sur
http://classiques.uqac.ca/classiques/locke_john/traite_du_gouvernement/traite_du_gouv_civil.pdf.
Consulté le 30 mars 2025 à 11H34)
6 MONTESQUIEU, De l'esprit des lois,
deuxième partie, livre XI, chapitre 6, 1948.
7 Idrys Sorel KAMO TIEKWE, « La navette
parlementaire au Cameroun », mémoire de master II en droit public,
Université de Douala, 2013-2014, p.I
8 V. communication de José Pedro MONTERO in
« Le contrôle exécutif du parlement en Uruguay »,
Association des Secrétaires Généraux du Parlement, Session
de Panama, Avril 2011, p.1
9 L'expression est empruntée à
Philippe LAUVAUX. V., Les grandes démocraties contemporaines,
3e éd., Paris, P.U.F., 2004, 1064 pages.
10 Charles NACH MBACH, « La seconde chambre
dans les nouveaux parlements africains », Solon, RAPD, Vol I, n°1,
2nd semestre 1999, p. 107.
11 V. art 14(1) de la loi n°96/06 du 18
janvier 1996 Portant révision de la Constitution du 02 juin 1972,
modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14
avril 2008
12 V. art 14(2), Id
13 V. art 14(3), Ib
14 V. art 30(3) de la loi n°96/06 du 18
janvier 1996 Portant révision de la Constitution du 02 juin 1972,
modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14
avril 2008
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 2
SENAT en cas de vacance à la tête de
l'Etat15 pour n'évoquer que ces cas. Il convient dans le
prolongement de notre réflexion de présenter le contexte de
l'étude (I) ; le cadre de l'étude (II) ; la délimitation
spatio-temporelle (III) ainsi que l'objet (IV) de ladite étude.
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
I- LE CONTEXTE DE L'ETUDE
La mise en contexte est destinée à localiser la
thématique qui oriente la recherche sur le problème16.
Elle permet ainsi de dire d'entrée de jeu que l'institution
parlementaire au Cameroun a connu une très longue marche pour aboutir
à ce qu'elle est aujourd'hui. Au départ monocaméral, le
parlement camerounais a progressivement migré vers un bicamérisme
consacré par la loi constitutionnelle N0 96/06 du 18 janvier
1996 modifiée et complété par la loi N0 2008/001 du 14
avril 2008 et mis en oeuvre le 14 avril 2013 par l'organisation des
élections de 70 sénateurs et la nomination de 30 autres par le
Président de la République17
L'Assemblée Nationale est l'une des plus vieilles
institutions du Cameroun18 ainsi qu'on l'a
précédemment évoqué. Elle est en effet descendante
de l'Assemblée Représentative du Cameroun (ARCAM) qui a vu le
jour le 22 décembre 1946 en application de la loi française du 07
octobre 1946, instituant des Assemblées Représentatives dans les
ex-colonies françaises. Cette assemblée mère qui fut
composée de quarante (40) membres donc vingt-et-quatre (24) camerounais
et seize (16) français, se mua successivement en Assemblée
Territoriale du Cameroun (ATCAM) le 30 mars 1952, puis en Assemblée
Législative du Cameroun (ALCAM) le 10 mai 1957, et le 10 avril 1960, en
Assemblée Nationale19.
Parallèlement, au Cameroun sous administration
britannique, en application de la Constitution Macpherson, plusieurs
camerounais siégeaient dans les organes législatifs du
Nigéria, notamment à la Chambre des Représentants (CR) et
dans les Assemblées Régionales (AR). Ces différentes
Chambres furent remplacées en 1962 par une Assemblée
Fédérale (AF) qui, à la suite de l'avènement de
l'Etat unitaire et conformément à l'article 12 de la
15 V. Art 6(3) et suivants, de la loi n°96/06
du 18 janvier 1996 Portant révision de la Constitution du 02 juin 1972,
modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14
avril 2008
16 Jean Bosco Oyono, Louis Martin Onguene Essono,
Mathias Eric Owona Nguini, Abraham Honoré, « Guide de
rédaction du mémoire de Master 2 en Stratégie,
Défense, Sécurité, Gestion des Conflits et des
Catastrophes, et du Brevet d'Etudes Militaires Supérieures de Second
Degré de l'Ecole Supérieure Internationale de Guerre (ESIG) 9eme
Promotion », Yaoundé, 2013, p.5
17
www.senat.cm, consulté le
28/03/2025 à 15H53
18 Stéphane Victor NTONGA BOMBA, « La
procédure législative devant l'AN du Cameroun », CAFRAD,
Tanger, Maroc, 2002, p. 3. Il affirme que cette institution remonte à la
période au cours de laquelle le Cameroun était placé sous
administration française
19
www.assnat.cm , consulté le 31
décembre 2024 à 14H56
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 3
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Constitution du 02 juin 1972, a laissé la place
à une seconde Assemblée Nationale aux termes des élections
législatives du 18 mai 1973. Avec l'adoption de la loi constitutionnelle
N0 96/06 du 18 janvier 1996, le Parlement camerounais connait une
nouvelle et importante évolution. Il devient bicaméral avec une
Assemblée Nationale composée de cent-quatre-et-vingt (180)
députés élus au suffrage universel direct et secret pour
un mandat de cinq (05) ans ainsi qu'un Sénat composé de cent
(100) sénateurs dont soixante-et-dix sont élus au suffrage
indirect sur la base régionale et trente (30) sont nommé par le
Président de la République.20
Les développements supra démontrent à
suffisance que l'institution parlementaire n'est pas nouvelle au Cameroun, et
tout comme elle, celle du contrôle parlementaire de l'action du
Gouvernement ou du vote des lois qui lui sont consubstantielles.
II- LE CADRE DE L'ETUDE
La détermination du cadre de l'étude est une
étape essentielle dans le déroulement d'une analyse car elle
« permet de procéder à une délimitation du champ
»21, dans lequel se déploie cette étude.
Cette délimitation permet au chercheur de mieux cerner le sujet et
« d'éviter les débordements vers lesquels peut entrainer
le thème »22. Le cadre de la présente
étude se décline en deux grandes articulations, en l'occurrence,
le cadre conceptuel (A) et cadre spatio-temporel (B).
A- LE CADRE CONCEPTUEL
L'affirmation d'Emile Durkheim selon laquelle « le
savant se doit d'abord de définir les choses dont il traite afin que
l'on sache et qu'il sache bien de quoi il est question23
», montre à suffisance l'importance de la maitrise des
concepts dans un travail de recherche. De ce fait, il s'avère donc
nécessaire de clarifier les concepts par une définition des
termes et expressions du sujet. De même, l'importance de la
conceptualisation a fait penser à Herbert BLUMER qu'il ne peut y avoir
science sans concepts24. Dans la même veine, Madeleine GRAWITZ
affirme que
20
www.assnat.cm , consulté le 31
décembre 2024 à 14H56
21 Cyrille MONEMBOU, « La
séparation des pouvoirs dans le constitutionnalisme camerounais :
contribution à l'étude de l'évolution constitutionnelle
», Thèse de doctorat en droit public, Université de
Yaoundé II, 2011, p.3.
22 Magloire ONDOA, « Le droit de la
responsabilité publique dans les Etats en développement :
contribution à l'étude de l'originalité des droits
africains », Thèse de doctorat en droit public,
Université de Yaoundé II, 1996, Tome I, p.4.
23 Emile DURKHEIM, cité par
Madeleine GRAWITZ, Méthodologie des sciences sociales
,11e éd., Paris, Dalloz, 2001, p. 381.
24 Herbert BLUMER, cité par Howard BECKER in
Les ficelles du métier, Paris, Guides Repères, La
Découverte, 2002, p.180.
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 4
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
le concept doit être défini rigoureusement. Pour
elle, « c'est une représentation mentale universelle et
abstraite, obtenue en retenant les aspects essentiels de l'objet »
25. Cela dit, seront défini successivement les termes :
(1) parlement, (2) contrôle parlementaire, (3) politiques publiques et
(4) l'évaluation des politiques publiques.
1- Le Parlement
Selon Olivier NAY, le Parlement est « composé
d'une ou de plusieurs assemblées où siègent les
représentants (élus dans leur majorité)
»26. Il est principalement chargé de
légiférer et contrôler l'action du Gouvernement dans les
systèmes démocratiques.
Guy HERMET et Bertrand BADIE estiment que le Parlement est un
« organe qui est investi d'une triple fonction : adopter le budget,
élaborer la loi, contrôler l'action de l'exécutif, selon la
nature du régime politique »27 .
Toutefois, ces compétences s'exercent selon des modalités
différentes.
Pour Serge GUINCHARD et Thierry DEBARD, le Parlement est
« un organe composé d'une ou de plusieurs assemblées
délibérantes »28 chargé de voter les
lois et de contrôler politiquement le Gouvernement en régime
parlementaire.
Eu égard à ce qui précède, l'on
considère que le Parlement se définit à travers une triple
dimension, notamment, politique, sociologique et juridique. Du point de vue
politique, il s'agit d'une institution issue de la séparation des
pouvoirs de MONTESQUIEU29 (souple ou rigide). En effet, et se
référant au point de vue politique, le Parlement est cette
institution qui a en son sein une ou plusieurs assemblées, il est
bicaméral (constitué de l'Assemblée Nationale et du SENAT)
au Cameroun comme précédemment évoqué, et est
chargé de voter les lois, de contrôler l'action gouvernementale et
de représenter les CTD30. Sociologiquement, le Parlement est
appréhendé au travers des différentes composantes qui le
constituent. A titre illustratif, le Parlement camerounais est constitué
des personnes originaires de toutes les aires sociologiques du pays. C'est une
institution qui regroupe en son sein des individus aux trajectoires bien
distinctes les unes des autres31. En ce sens, il regorge à la
fois sur le plan
25 Madeleine GRAWITZ, Méthodes des
sciences sociales, Paris, 11e édition, Dalloz, 2001, p.53.
26 Olivier NAY, Lexique de science politique,
Paris, Dalloz, 2017 p.794
27 Guy HERMET et Bertrand BADIE, Dictionnaire
de science politique et des institutions politiques, Paris, Armand-Colin,
2010, p.337
28 Serge GUINCHARD et Thierry DEBARD, Lexique des
termes juridiques, Paris, Dalloz, 2017-2018, p.1484
29 MONTESQUIEU, De l'esprit des lois, livre
XI, Genève, éditions Barillot et Fils, 1748, pp.552-564
30 Collectivité Territoriale
Décentralisé
31 Cf Jacques COENEN-HUNTER, Sociologie
politique des élites, (2004), Pierre BOURDIEUX, La
reproduction, (1970), Talcott PARSON, Sur le national-socialisme,
(1993)
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 5
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
professionnel, des anciens hauts cadres de l'administration,
des hommes et femmes d'affaires comme Député ou Sénateur.
Il prend en compte l'approche genre ainsi que celle des minorités
ethniques32. D'un point de vue juridique, le parlement
s'appréhende aussi au travers des règles ; lois ; statuts et
normes qui structurent sont fonctionnement33 ainsi que par les
conditions à remplir pour les impétrants à la fonction de
parlementaire. Au gré de l'évolution des sociétés
et de la dynamique mutante qui en découle, l'on fait le constat selon
lequel la définition s'avère être incomplète tant du
fait de l'existence de plusieurs types d'assemblée, notamment les
parlements communautaires34 ; la multiplication des unions
interparlementaires35 ; des parlementaires sui
généris36 que du développement des
activités internationales37 du parlement38. De
toute évidence, il convient de retenir dans le cadre de ce travail que
le parlement est une institution délibérante nationale
chargée de légiférer et de contrôler l'action du
gouvernement et dont les membres sont dépositaires de la
souveraineté39 et de l'autorité40 de l'Etat
au même titre que le Président de la République. Ceux-ci
sont investi soit par voie électorale soit par voie de nomination.
2- Le contrôle parlementaire
On appelle contrôle parlementaire (ou contrôle du
gouvernement), l'ensemble des procédures et moyens dont dispose les
parlementaires pour analyser, discuter, surveiller et vérifier
l'activité du gouvernement. Agissant au nom et dans
l'intérêt du peuple, le parlement peut ainsi s'assurer que la
politique et l'action du gouvernement sont efficaces et adaptées aux
attentes des citoyens41 . Au terme de l'article 35 de la loi
constitutionnelle du 14 avril 2008 au Cameroun, il ressort que « le
Parlement contrôle l'action gouvernementale par voie des
32 Ibrahim MOUICHE, Cours d'anthropologie politique
2 : problématique du genre, 3ème année Licence,
Science Politique, 2018
33 Linus Fabrice MEKIE, « Le parlement et la
résolution des crises politiques au Cameroun », Mémoire
Master II science politique, Université de Yaoundé 2 Soa,
2022-2023, p.6
34 Parlement européen ; Parlement africain
35 Union Parlementaire de la Francophonie ; Union des
Parlementaires du Commonwealth
36 Parlementaires jeunes qui sont des regroupements
périodiques de jeunes au sein des chambres du parlement qui ne sont pas
investis par l'élection et qui n'ont aucun pouvoir
délibérant
37 V. Michel DJIMGOU DJOMENI, « Les relations
internationales du Sénat » in Alain Didier OLINGA (dir), Le
Sénat au Cameroun, Regards croisés sur une nouvelle institution,
Yaoundé, Edition Clé, 2016, pp. 295 314.
38 Luc SINDJOUN, « L'action internationale
de l'Assemblée Nationale du Cameroun éléments d'analyse
politiste », Etudes internationales, Vol. 24, n°4, 1993, pp.
813-844. (Disponible sur
www.erudit.org, consulté le
30 mars 2025 à 13H06)
39 V. art 2(1) de la Loi n°96/06 du 18 janvier
1996 Portant révision de la Constitution du 02 juin 1972,
modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14
avril 2008
40 V. art 4, Id
41www.toupie.org
(consulté le 05 décembre 2024 à 11h02)
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 6
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
questions orales ou écrites et par la constitution
des commissions d'enquêtes sur des objets déterminés
»42.
Pauline TURK43 donne au contrôle
parlementaire les fonctions de : « surveillance, examen,
vérification ou suivi ». Pour cet auteur, non seulement le
contrôle parlementaire révèle les assemblées
délibérantes, représentatives du souverain et investies du
pouvoir législatif. Il exerce également sur le pouvoir
exécutif, tenu en démocratie de rendre compte de ses
activités, de se soumettre à certaines investigations, de
répondre des sollicitations et, le cas échéant, de tirer
les conséquences des suggestions et critiques.
Dès lors, en s'inspirant du modèle de
séparation des pouvoirs de JOHN LOCKE dans lequel les pouvoirs
législatifs et exécutifs doivent être indépendants,
Hinorori YAMAMOTO, pense que « le pouvoir législatif doit
prescrire les règles et donner mandat à l'exécutif de les
mettre en oeuvre, et l'exécutif lui est subordonné et lui rend
des comptes. En tant qu'instance représentant le peuple, le Parlement
est appelé à veiller à ce que l'application des politiques
publiques reflète les besoins du peuple et y réponde. Le
Parlement est aussi appelé à faire en sorte que les politiques
arrêtées soient correctement mises en oeuvre pour les citoyens
auxquels elles sont destinées. C'est le rôle du contrôle
parlementaire »44. Il définit le contrôle
parlementaire comme étant « l'analyse, le suivi et le
contrôle de l'action du Gouvernement et des organismes publics, y compris
la mise en oeuvre des politiques et de la législation
»45 . D'après cette définition, les
fonctions essentielles du contrôle parlementaire peuvent être
décrites comme suit : détecter et prévenir les abus, les
comportements arbitraires ou les conduites illégales et
inconstitutionnelles du Gouvernement et des organismes publics. La protection
des droits et libertés des citoyens est au centre de cette fonction ;
exiger du Gouvernement qu'il rende des comptes sur la manière dont
l'argent des contribuables est utilisé. Grâce au contrôle
parlementaire, on détecte le gaspillage au sein des rouages de
l'administration et des organismes publics. C'est un biais intéressant
et utile en vue de cerner les problèmes de l'administration publique
afin d'améliorer de manière efficiente et efficace la gestion de
ses activités. Le contrôle parlementaire constitue un levier de
validation des politiques annoncées par le Gouvernement et mises en
oeuvre. Cette fonction inclut le suivi de la réalisation des objectifs
fixés par la législation et les programmes du gouvernement ;
accroître la transparence
42V. Art 35(1) de la Loi n°96/06 du 18 janvier
1996 Portant révision de la Constitution du 02 juin 1972,
modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14
avril 2008,
43 Pauline TURK, « le contrôle
parlementaire en France », LGDJ, Paris, 2011, p.15
44 Hinorori YAMAMOTO, « Le contrôle
parlementaire », Union interparlementaire, PCL Presses Centrales
SA, Renens, Suisse, 2007
45 Id
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 7
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
des activités du Gouvernement et renforcer la confiance
des citoyens envers celui-ci, condition préalable à la mise en
oeuvre effective des politiques46. Pierre Flambeau NGAYAP
reconnaît que « la fonction de contrôle de l'action du
gouvernement est une véritable activité politique, en ce sens
qu'elle met face à face deux protagonistes, le parlement et le
gouvernement, quand bien même le face à face ne serait pas
toujours une opposition »47.
Pour Alain DELCAMP, le contrôle parlementaire est
« l'ensemble des moyens, juridiques ou non, mis en oeuvre par les
assemblées pour amener le gouvernement à s'expliquer sur les
choix qu'il propose, l'adéquation des moyens affectés aux fins
qu'il dit poursuivre, le mode d'emploi des fonds qui lui sont accordés
par les assemblées, l'examen du fonctionnement des services publics
qu'il dirige, les anomalies ou les dysfonctionnements dont ils peuvent
être le théâtre et qui justifieraient des investigations
particulières, les conditions dans lesquelles il met en oeuvre la
législation »48.
Eu égard à ce qui précède, l'on
retient en relation avec la présente réflexion, que le
contrôle parlementaire est l'ensemble des procédés mis en
oeuvre par les parlementaires (Députés et Sénateurs), se
déroulant dans le cadre des différentes sessions (ordinaires ou
extraordinaires) et ayant pour but d'évaluer les actions du Gouvernement
dans l'optique d'améliorer la gestion de l'Etat.
3- La politique publique
La définition des concepts aide à savoir ce dont
on parle, afin d'avoir une emprise sur elles. Cette définition des
concepts débouche sur un ensemble cohérent permettant une
élaboration intellectuelle plus poussée49.
Définir le concept de « Politique Publique » aujourd'hui,
nécessite tout d'abord une rétrospective sur le concept basique
de « politique ». De sa traduction anglaise naissent trois termes de
distinctes significations : « polity », « politics » et
« policy ». Tandis que le premier terme tire son origine
étymologique du mot grec « polies » et fait allusion à
l'organisation politique de la société, le deuxième quant
à lui, a pour traduction approximative en français «
politique », et se réfère à la compétition
entre les participants au jeu politique, afin d'accéder à
l'exercice légitime du pouvoir. Enfin, le troisième
46 Hinorori YAMAMOTO, « Le contrôle
parlementaire », Union interparlementaire », PCL Presses
Centrales SA, Renens, Suisse, 2007
47 Pierre Flambeau NGAYAP, Le droit parlementaire
au Cameroun, Paris, Harmattan, 2017 P. 175
48 Alain DELCAMP, « La perception du
contrôle parlementaire. Comment le rendre plus attractif ? »
Revue pouvoirs, n0134, septembre 2010 p. 111
49 Jean Calvin ABA'A OYONO, « La
compétence de la juridiction Camerounaise en droit Camerounais »,
Thèse de doctorat (NR), Université de Nantes, 1984, p.13.
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 8
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
terme, a pour équivalent français « une
politique », c'est-à-dire l'ensemble des mesures prises par les
autorités politiques afin de résoudre des problèmes
inhérents à des domaines spécifiques de la vie sociale.
PAQUIN affirme que « les politiques publiques sont intimement
liées à ces trois concepts : elles représentent une vaste
gamme de politiques (Policy) qui ne sont possibles que par la politique
(politics) et qui permettent l'organisation politique de la
société (polity) »50 .
À la lumière de ce qui précède,
l'on définira les « politiques publiques » puis la «
politique publique ».
Les politiques publiques
Selon Pierre MULLER, « l'apparition des politiques
publiques a été favorisée par la fin de l'ordre
féodal et l'émergence de l'Etat en Europe entre le XVIIe et le
XVIIIe siècle »51. Comme discipline, la toute
première définition des politiques publiques fut donnée
par Harold LASSWELL en 193652 . Pour lui, elles renvoyaient à
une science normative, sensée penser quels problèmes devaient
être réglés en priorité par l'autorité
politique et administrative. On parlait alors de « Policy science ».
Mais bien auparavant, s'étaient déjà
développées au XVIIIe siècle en Allemagne des «
sciences camérales » qui avaient pour objet l'étude
de la structure collégiale de l'administration. Au XIXe siècle
ces savoirs se structurent et deviennent la science administrative avec pour
objectif de décrire l'administration, d'améliorer les pratiques
administratives (l'Etat doit réaliser le bien-être de la
société, et doit se doter de bons moyens pour ce faire). A la fin
du XIXe siècle la science administrative se décline au profit du
droit administratif : la connaissance de l'administration devient juridique et
tourne autour de la jurisprudence. De plus, il s'effectue un
développement de la sociologie dont l'Etat devient un objet d'analyse.
Le vrai démarrage des politiques publiques se fera donc aux Etats-Unis
d'Amérique au début du XXe siècle, car l'Etat
fédéral y est critiqué, ses compétences se sont
50 Stéphane PAQUIN, Luc BERNIER et Guy
LACHAPELLE (dirs.), L'analyse des politiques publiques, Les Presses de
l'Université de Montréal, 2010, p.8
51Pierre MULLER, « L'analyse cognitive des
politiques publiques : vers une sociologie politique de l'action publique
», in Revue française de science politique, 50e année,
n°2, 2000, pp. 189-208. ll affirme à cet effet : « Dans la
perspective qui nous intéresse ici, à savoir l'émergence
des politiques publiques, deux évolutions fondamentales sont à
souligner. La première prend la forme d'un processus de monopolisation
au profit du roi d'un certain nombre de pouvoirs concernant la
fiscalité, la monnaie, la police ou la guerre. Ces fonctions
régaliennes vont constituer le socle de l'État moderne tout en
permettant au roi de s'affirmer face aux féodaux. La seconde
évolution est moins visible mais tout aussi importante. Il s'agit de la
constitution de ce que l'on appelle à la suite de Michel Foucault les
savoirs de gouvernement c'est-à-dire l'ensemble des « technologies
» qui vont permettre à l'État de gouverner les territoires
et les populations. Cette « gouvernementalisation » change la
relation entre le pouvoir et la société parce que,
désormais, l'État fait reconnaître sa
légitimité à travers sa capacité à produire
de l'ordre par la mise en oeuvre de savoirs (comme la statistique par exemple)
et de dispositifs efficaces (lutte contre les épidémies,
organisation du commerce) »
52Harold LASSWELL, Who gets what, when and
how, Cleveland (Ohio), Meridian Books, 1936
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 9
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 10
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
beaucoup accrues. D'où le besoin d'analyse et de
connaissance dans le but d'une bonne administration, c'est-à-dire une
administration efficace (adaptée pour régler les problèmes
sociaux) et responsive (tournée vers le bien-être des citoyens).
Se développe alors une discipline appelée « public
administration » sous l'influence de Woodrow WILSON.
Jean-Claude THOENIG pour sa part définit les politiques
publiques comme étant les « interventions d'une autorité
investie de puissance publique et de légitimité gouvernementale
sur un domaine spécifique de la société ou du territoire
»53 . Le terme prend un sens différent selon la
discipline qui l'utilise. Ainsi, en sociologie politique, la politique publique
est analysée par ses acteurs, par les étapes de sa mise en place,
ainsi qu'à travers ses conséquences. Dans ce cadre, les
politiques publiques peuvent également être décrites comme
un ensemble d'actions coordonnées, réalisées par une
puissance publique dans l'optique d'obtenir une modification ou une
évolution d'une situation donnée, soit en problème public
soit en réponse publique. Décrire la matérialisation de
l'action publique à gérer les attentes des publics quant à
la définition et la résolution des problèmes publics
permet de renseigner sur la place du politique en général et du
parlementaire en particulier dans ce processus. Les politiques publiques se
définissent également comme un ensemble d'actions
coordonnées, mises en place pour obtenir une modification ou une
évolution d'une situation. En d'autres termes, les politiques publiques
sont un ensemble d'actions décidées et mises en oeuvre par les
institutions et administrations publiques, en utilisant les moyens aussi bien
humains, financiers et matériels, en vue de résoudre une
situation qui préoccupe la société 54. Il
s'agit d'un ensemble des actions d'intérêt général
(éducation, défense, santé, logement...), conduites par
les pouvoirs publics, et notamment l'Etat, législateur et
autorité budgétaire 55 .
La politique publique pour ce qui la concerne désigne
« les interventions d'une autorité investie de puissance
publique et de légitimité gouvernementale sur un domaine
spécifique de la société ou du territoire »
56. La politique publique est la traduction d'un ensemble
d'idées en actions concrètes, en vue d'atteindre des objectifs
précis. Pour Richard ROSE, une politique publique est « une
combinaison spécifique de lois, d'affectations de crédit,
d'administrations et de
53Jean-Claude THOENIG, Dictionnaire des
politiques publiques, 4e édition, Presses de Sciences
Po, 2014 Wikipédia consulté le 04/12/2024 à 11H45
54Wikipaedia, " Politiques publiques ",
http://www.wikipedia.org ,
consulté le 11 décembre 2024
55Serge GUINCHARD et Thierry DEBARD, (dir.),
Lexique des termes juridiques, 19ème éd., Paris, Dalloz,
2012, p.651
56Laurie BOUSSAGUET, Sophie JACQUOT et Pauline
RAVINET, Dictionnaire des politiques publiques, Presses de sciences
Po, 2010, P.40
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 11
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
personnels dirigés vers un ensemble d'objectifs
plus ou moins clairement définis »57. Thomas DYE,
quant à lui affirme qu'une politique publique renvoie à
« ce que l'Etat décide de faire ou de ne pas faire
»58.
En somme, dans le cadre du présent travail, les
politiques publiques renvoient à l'ensemble des décisions prises
par le Gouvernement dans le but de résoudre certaines situations en
contribuant à l'amélioration des conditions de vie des
populations. Il s'agit de tout ce que l'Etat décide de faire ou de ne
pas faire.
4- L'évaluation des politiques
publiques
Selon Jean Leca, l'évaluation est «
l'activité de rassemblement, d'analyse et d'interprétation de
l'information concernant la mise en oeuvre et l'impact de mesures visant
à agir sur une situation sociale, ainsi que la préparation de
mesures nouvelles »59. L'évaluation recouvre donc
des pratiques et une théorie plus large que les notions d'audit ou de
contrôle de gestion parce qu'elle ne porte pas seulement sur le
fonctionnement interne des organisations publiques, mais cherche à
apprécier les effets de l'action publique60 en termes de
modification de l'environnement (conduites et perceptions des acteurs). «
L'évaluation d'une politique publique procède au test
empirique de la validité du modèle de causalité qui la
sous-tend.
L'analyse porte dès lors tant sur la pertinence de
cette «théorie de l'action» que sur le degré de son
application pratique »61. L'évaluation des
politiques publiques c'est aussi « l'appréciation
raisonnée des actions définies et mises en oeuvre par des
autorités publiques pour leur contribution au traitement des
problèmes qu'elles ont identifiées comme nécessitant leur
intervention. Appréciation intervenant sur la base d'une connaissance
approfondie des conséquences que ces actions induisent comme les
processus qui les produisent »62. D'après le
Lexique de Sciences Politique, l'évaluation des politiques publiques est
« la phase de l'action publique au cours de laquelle les
résultats des politiques conduites font l'objet d'un jugement en termes
d'efficience, d'efficacité et ou de légitimité
»63. Dans l'approche séquentielle des
57Cités par Daniel KLÜBER et Jacques de
MAILLARD in Analyser les politiques publiques, Collection Politique en
plus, Presses universitaires de Grenoble, p. 8.
58Madeleine GRAWITZ, Jean LECA et Jean Claude
THOENIG, Les politiques publiques, Tome 4, Paris, PUF, 1985
59Jean Leca, « L'évaluation dans la
modernisation de l'État », Politiques et management
public, juin 1993, vol. 11, no 2, p. 165.
60Cf. M.-C. Kessler, P. Lascoumes, M. Setbon, J.-C.
Thoenig (dir.), Évaluation des politiques publiques, Paris,
L'Harmattan, 1998.
61P. Knoepfel, C. Larrue, F. Varone, Analyse et
pilotage des politiques publiques, Genève, Helbing &
Lichtenbahn, 2001, p. 253.
62Idée économiques et sociales,
« Les méthodes d'évaluation des politiques publiques »,
Editions CANOPE, septembre 2018, n0 193, p.7
63Olivier NEY, Lexique de Science Politique,
4ème édition, Editions Dalloz, 2017, p.429
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 12
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
politiques publiques, l'évaluation constitue la
dernière phase qui suit logiquement la mise en oeuvre. Il s'agit d'une
phase réflexive, au cours de laquelle l'Etat ou d'autres acteurs publics
ou privés produisent un jugement sur les décisions prises par
référence à des critères d'efficacité et ou
par rapport aux objectifs initialement fixés. En termes de contenu,
l'évaluation des politiques publiques va de l'audit comptable aux
évaluations de programme, en passant par les études
d'impact64.
En un mot comme en mille, on retient que l'évaluation
des politiques publiques est le processus qui consiste à évaluer
l'impact et donc l'efficience d'une politique publique
implémentée par le Gouvernement sur l'amélioration des
conditions de vie des populations.
III- LE CADRE SPATIO-TEMPOREL
Michel BEAUD conseille de « borner l'étude en
lui donnant un domaine de définition » 65. Cette
démarche permet ainsi d'assurer la faisabilité de la recherche.
C'est dans cette perspective qu'il est procédé à une
délimitation spatiale (A) et temporelle (B) du champ d'investigation du
présent travail.
A- DELIMITATION SPATIALE
En rapport avec cette exigence méthodologique, les
bornes autour desquelles ou mieux, l'espace physique
(territorial/géographique) dans lequel la présente étude
se meut est celui de la capitale régionale du centre dont le Chef-lieu
est Yaoundé. En ce sens, elle abrite le siège des institutions
parmi lesquelles le Parlement qui est constitué de l'Assemblée
Nationale et du Senat 66 . Si l'on a le loisir de dire que
l'Assemblée Nationale (chambre basse) se situe dans la Commune de
Yaoundé 3 dont le Chef-lieu est le quartier Efoulan, plus
précisément au lieu-dit Ngoa-Ekelle, il est également
convenable de dire également que le Sénat (chambre haute) se
trouve dans la Commune de Yaoundé 2 dont le Chef-lieu est le quartier
Tsinga, plus précisément au lieu-dit palais des
congrès.
B- DELIMITATION TEMPORELLE
La délimitation temporelle consiste à «
mettre en lumière le fait que tout travail scientifique
obéisse toujours à un temps bien défini conditionnant le
chercheur dans le traitement de son sujet. Elle milite pour l'actualité
dudit travail »67. Dans le cadre de la présente
64Olivier NEY, Lexique de Science Politique,
4ème édition, Editions Dalloz, 2017, p.429
65Michel BEAUD, L'art de la thèse,
Paris, La Découverte, édition révisée, 2006 p.
27
66V. Art 14(1) loi n°96/06 du 18 janvier 1996
Portant révision de la Constitution du 02 juin 1972, modifiée
et
complétée par la loi n°2008/001 du 14 avril
2008
67Jean-Pierre FAGNIERES, Comment réussir un
mémoire, Paris, Dunod, 1986, p. 142
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 13
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
réflexion, il ne s'agit guère de réfuter
que le Parlement est une institution ancienne au Cameroun mais plutôt de
fixer le présent travail dans un intervalle clé. Pour cela, cette
réflexion va de la période allant de l'année 2015 à
l'année 2025. La balise est premièrement fixée en 2015
compte tenu du fait que l'on souhaite fonder notre analyse sur une
décennie. Ensuite, elle se ferme à l'année 2025 parce que
dès l'ouverture de la session parlementaire de mars 2025, le
contrôle parlementaire va désormais s'effectuer dans les nouveaux
locaux de l'Assemblée Nationale pour ce qui est de la chambre basse
ainsi que ceux du Conseil Economique et Social (CES) pour ce qui est du SENAT
avec un nouveau cadre de travail, des dispositifs ultramodernes qui participent
à l'amélioration des conditions de travail des élus du
peuple par rapport à ce qui a existé antérieurement. De
plus, la temporalité suscitée équivaut aux deux
dernières législatures, notamment la neuvième
(09ème ) et la dixième (10 ème)
actuellement en cours, quand on sait que le mandat des Députés
est de cinq (05) ans68 et qu'au début de chaque
législature, la première session ordinaire de l'Assemblée
nationale s'ouvre au mois de mars, la deuxième au mois de juin et la
troisième au mois de novembre69. Cependant, compte tenu de
certaines contingences d'ordre politique, les mandats des Députés
issues de la neuvième (9ème) 2013-2019 et de la
dixième (10ème) 2019-2025 législature ont
été prorogé70.
IV- L'OBJET D'ETUDE
Dans le cadre de la production d'un travail scientifique, la
revue de la littérature est une étape extrêmement
importante en ce sens qu'elle permet de situer son apport personnel avec plus
de précision, de rassembler pour le chercheur de façon
synthétique, ce qui a été fait de plus pertinent et de
plus récent sur le sujet et surtout de pouvoir s'en
inspirer71. En effet, il n'est pas question de tout recenser ou de
tout savoir, mais de montrer qu'en s'engageant dans l'étude d'un
problème, l'on n'ignore pas le plus essentiel, le plus fondamental de ce
qui a été fait en théorie ou en recherche appliquée
sur le même problème ou les problèmes similaires. Ainsi et
comme l'affirmait Hervé DUMEZ : « un mémoire, une
thèse, un article a pour but d'apporter quelque chose de nouveau,
d'original. L'originalité est tout le sens de la revue critique de la
littérature. Il faut maîtriser ce qui a été fait en
la matière pour pouvoir positionner sa propre recherche de
manière à ce qu'elle soit originale »72.
68Art 3(1) RIAN
69Art 3(5) RIAN
70V. loi 2019/015 du 19 juillet 2019 et loi
2024/011 du 24 juillet 2024 portant prorogation du mandat des
député à l'Assemblée Nationale
71Jean-Louis Loubet DEL BAYE, Initiation aux
méthodes en sciences sociales, Paris, l'Harmattan, 2001, p.386
72Hervé DUMEZ, Faire une revue de la littérature,
pourquoi et comment, Versailles, le Libellio, 2001, p.15-27
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 14
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
En rapport avec la présente analyse, l'objet
d'étude sera succinctement présenté au travers de la revue
de littérature (A) ; de l'intérêt de l'étude (B) ;
la formulation de la problématique (C) ainsi que de l'hypothèse
(D).
A- La revue de littérature
L'ambitieuse et périlleuse recherche de travaux
liés à l'objet d'étude de ce travail a permis
d'opérer une sélection rigoureuse parmi une kyrielle de documents
pertinents dans une littérature très fertile et abondante. Dans
cet esprit, l'on a adopté une approche dualiste avec dans un premier
temps, une tendance qui pense que le Parlement est un dispositif institutionnel
et symbolique de mise en scène de l'interaction (1) qui reconnait entre
autres l'existence du contrôle parlementaire des politiques publiques ou
encore l'importance du Parlement dans la promotion de la démocratie et
de la bonne gouvernance, pour ne prendre que ce cas. Dans un second temps, l'on
a des auteurs qui estiment qu'il s'agit d'un dispositif institutionnel et
symbolique bicaméral de contrôle de la pertinence et de la
performance de l'action de l'exécutif (2).
1- Le parlement : un dispositif institutionnel et
symbolique de mise en scène de l'interaction du politique
Nadine MACHIKOU73 à travers un article qui
fait une lecture des interactions entre les professionnels de la politique,
démontre comment le parlement camerounais assure bien les fonctions qui
sont les siennes (voter les lois, contrôler l'action du Gouvernement)
grâce aux règles de civilité politique qui se donnent
à observer en milieu parlementaire camerounais depuis l'avènement
de la démocratie dans les années 1990, avec un retour au
multipartisme.
Pour Marie Géraldine NGA BETSAMA74 , elle
présente l'importance du parlement au travers de la constitution des
groupes parlementaire qui permettent au Parlement de mieux exercer les
compétences qui sont les siennes, bien que l'on constate selon elle, une
influence due à la maîtrise de l'exécutif sur la
constitution desdits groupes. Elle soutient cet état de chose par le
fait que la désignation des membres des commissions parlementaire est
une attribution des groupes politiques.
73Nadine MACHIKOU, « Les régimes de
pacification parlementaire au Cameroun », In
Polis/R.C.S.P/C.P.S.R, Vol 16, Numéro 1&2, 2009, pp. 67-69
74Marie Géraldine NGA BETSAMA,
« Les commissions parlementaires en droit constitutionnel camerounais
», Thèse de Doctorat en droit public, Université de
Yaoundé II, 2014-1015, p. 176
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 15
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Quant à Ebenezer NJOH MOELLE75, il
démontre l'importance du Parlement à travers la
responsabilité de l'homme parlementaire. Le rôle que lui
confère la constitution (vote des lois, contrôle de l'action du
Gouvernement) ainsi que celle à l'égard de ses électeurs,
transforme le Député en un « otage du peuple », au
regard des multiples sollicitations qui lui sont soumises par les populations.
Cet auteur permet de comprendre mission de la vie de l'Homme
Député.
La réflexion portant sur les outils de contrôle
du parlement de Hironori YAMAMOTO76 a retenu l'attention. L'auteur y
présente une étude comparative de 88 parlements nationaux parmi
lesquels, celui du Cameroun. Il fait étalage des différents
outils dont dispose les parlements afin de pouvoir contrôler l'action du
gouvernement. Cet auteur pense également qu'en tant qu'instance
représentant le peuple, le rôle du contrôle parlementaire
est non seulement de veiller à ce que l'application des politiques
publiques reflète les besoins du peuple et y réponde, mais aussi
de veiller à faire en sorte que les politiques arrêtées
soient correctement mises en oeuvre pour les citoyens auxquels elles sont
destinées.
Dans le même ordre d'idée Moussa
MACHALELE77, démontre le rôle de l'Assemblée
Nationale avec le retour du régime constitutionnel normal en 2011 dans
son pays d'origine. Il fait savoir que cette nouvelle constitution a
contribué à l'amélioration de la gestion des politiques
publiques par le truchement de la mise en place d'un meilleur contrôle du
Parlement sur ces derniers. Désormais et à la lumière des
procédures constitutionnellement consacrées, le Parlement assure
librement ses fonctions qui sont celles de : voter les lois ; contrôler
l'action du Gouvernement et évaluer les politiques publiques. La
réflexion de cet auteur permet de comprendre l'importance du Parlement
dans ce pays depuis le retour au régime constitutionnel normal à
travers les fonctions qui lui sont reconnues.
Joel Narcisse MEYOLO78 présente l'importance
du Parlement à travers sa triple dimension qui s'articule autour de la
coopération parlementaire (mise en place d'organismes destinés
à gérer certains domaines d'action commun) ; la
coopération interparlementaire (qui consiste pour le parlement à
apporter une aide technique à des assemblées parlementaires qui
sollicitent son appui. Cette action s'exerce essentiellement au profit des
parlementaires et de leurs administrations). Enfin, l'action individuelle des
parlementaires (elle se manifeste par les actions parlementaires envers les
populations à l'instar des dons et autres aides). Cette triple
75Ebenezer NJOH MOUELLE, le Député
de la nation, Yaoundé, Presses de l'UCAC, 2001, p.8-47
76Hironori YAMAMOTO, le contrôle
parlementaire, Union interparlementaire, 2007
77Moussa MACHALELE, « le contrôle de
l'Assemblée Nationales sur les politiques publiques au Niger :
réalisations et perspectives », Université de
Strasbourg-Ecole Nationale d'Administration (ENA), 2018, p.7-30
78Joel Narcisse MEYOLO, « l'Action Internationale du Parlement
Camerounais de 1960 à nos jours : approche historique »,
Mémoire de DEA en Science Politique, Université de
Ngaoundéré (Cameroun), 2007, pp. 2-56
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 16
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
dimension du Parlement camerounais est une
réalité, accompagné d'une double tradition coloniale
(française et britannique). A cette double tradition s'ajoute
également une cohabitation entre les différents courants
religieux (Christianisme, Islam...), ce qui fait du Parlement une institution
laïque qui prend en compte les réalités sociales.
Laura BARNETT et Sebastian SPANO dans leur article «
la participation politique du parlement canadien à la politique
étrangère »79, tentent de
déconstruire l'apathie, la paralysie prononcée du Parlement en
matière de politique étrangère. Bien que cette
compétence reste castrée dans les mains du Royaume à
travers ce qu'on appelle « la prérogative royale »
qui permet à l'exécutif de négocier, de ratifier, de
conclure les traités internationaux, le Parlement garde tout de
même une certaine compétence dans le domaine de la politique
étrangère. Pour que les traités négociés par
l'exécutif puissent entrer en vigueur dans le pays, le Parlement doit
légiférer, c'est précisément à ce niveau
(conclusion et mise en oeuvre des traités) que ce dernier vaut tout son
pesant d'or, même si cette prérogative il la partage avec les
parlements provinciaux qui interviennent au niveau de la mise en oeuvre de ces
traités à l'échelle locale. Par ailleurs, l'action du
Parlement canadien s'est accrue avec notamment la procédure
parlementaire d'examen. Celui-ci s'est donc doté de comité
d'affaires extérieures qui lui permettent d'agir de façon
efficace sur la politique étrangère. Cela permet en plus de
savoir comment est-ce que le Canada gère tous les traités qu'il
conclut sur le plan international ainsi que les engagements auxquels le pays
consent avec ses partenaires internationaux. Enfin, le Parlement peut
également impacter sur la politique étrangère non
seulement en octroyant ou en retenant les fonds, mais aussi en retirant sa
confiance au Gouvernement. Les adeptes de ce courant selon lequel le Parlement
devrait avoir plus de liberté en matière de politique
étrangère, soutiennent que le rôle de celui-ci dans ce
domaine a atteint son apogée lorsque le pays était sous le
Gouvernement du premier ministre William Lyon MACKENZIE KING (1921-1948) qui
affirmait par rapport à la participation militaire du pays à
l'étranger que « c'est au parlement de décider si, oui
ou non, nous devons participer aux guerres civiles qui sévissent sur
divers coins du globe. Il n'appartient à aucun particulier ni à
aucun groupe de faire quoi que ce soit de nature à porter atteinte aux
droits du Parlement dans une question d'un si grand intérêt pour
le peuple canadien tout entier ».
En somme, les travaux de ces auteurs renseignent sur
l'importance du Parlement et des parlementaires ainsi que les missions qui
leurs sont confiées. Sans toutefois réfuter cette
79Laura BARNETT, Sebastien SPANO, La
participation du parlement à la politique étrangère,
Bibliothèque du parlement, révisée 28 août
2013, pp.1-9
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 17
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
tendance sus-évoquée par les travaux
suscités, certains autres auteurs reconnaissent certes une importance
institutionnelle et symbolique au Parlement, mais lui trouve des limites
(2).
2- Le parlement : un dispositif institutionnel et
symbolique bicaméral de contrôle de la pertinence et de la
performance de l'action de l'exécutif
L'on a été saisi par la pertinence des travaux
de Messieurs Francis AKINDES et Victor TOPANOU80. En effet, ces
auteurs font une lecture sociologique du contrôle de l'action
gouvernementale dans leur pays d'origine. Ils démontrent que celle-ci
est une construction d'interactions entre les représentants du
Gouvernement et les parlementaires au cours de l'élaboration rituelle du
projet annuel de loi des finances. A travers ces interactions, l'objectif est
d'apprécier concrètement le niveau de cette prise de
responsabilité par les parlementaires dans ce pays. D'après eux,
le texte constituant de leur pays, dans son architecture, garantit un pouvoir
fort au Président de la République et son corollaire devient donc
un déséquilibre des forces dans les relations entre
l'exécutif et le parlement d'une part et entre l'exécutif et les
autres corps constitués d'une autre part. Ils soutiennent par ailleurs
que cette constitution semble véhiculer une approche minimaliste de
l'action gouvernementale, d'autant plus que les marges de manoeuvre sont
déjà réduites, car conscient de ce
déséquilibre, le constituant a installé un rapport
fonctionnel inégal entre le pouvoir de décision de
l'exécutif et le pouvoir parlementaire de contrôle de l'action
gouvernementale. Malgré cette limitation constitutionnalisée de
la capacité de nuisance du Parlement disent-ils, les
Députés disposent d'une importante marge de manoeuvre en
matière de contrôle de la gestion du Gouvernement. Mais, pour que
ce contrôle soit efficace, il faut y apporter des mesures nouvelles,
concluent-ils.
De même, Cyriaque ESSEBA81 rend compte de la
dimension structurelle et conjoncturelle du processus de mise en place du
Sénat au Cameroun. Pour cet auteur, le Senat va renforcer le processus
de démocratisation et l'influence du législatif sur
l'exécutif. Il présente l'importance du pouvoir législatif
à travers le bicaméralisme qui est devenu une
réalité. L'Assemblée nationale sera désormais
assistée du Sénat en matière législative, du
contrôle de l'action gouvernementale, ainsi que la représentation
des collectivités territoriales décentralisées.
80 Francis AKINDES, Victor TOPANOU, « Le
contrôle parlementaire de l'action du Gouvernement en République
du Benin », Démocratie, gouvernance et droits de l'homme Document
du programme no. 18, Institut de recherche des Nations Unies pour le
développement social, octobre 2005
81Cyriaque ESSEBA, « Mise en place du Senat et
le processus démocratique au Cameroun », In Selon, Le Kilimandjaro,
2013, p. 1-148
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 18
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Selon Pierre Flambeau NGAYAP82, le
bicaméralisme est devenu une réalité au Cameroun en 2013
à la faveur de la mise en place du Sénat, prévu par la
Constitution du 18 janvier 1996. Cet auteur démontre l'importance des
institutions parlementaires à travers leurs fonctions politiques
(questions orales, questions écrites, interpellation des membres du
Gouvernement) et la mise en cause de la responsabilité gouvernementale
par les contrôles parlementaires (contrôle par les commissions
générales ainsi que par les commissions d'enquêtes
parlementaires).
Dans le même ordre d'idée, Linus Fabrice
MEKIE83 fait étalage des multiples pesanteurs que rencontre
le parlementaire dans les missions qui sont les siennes. Il
révèle que ces dernières sont à la fois d'ordre
intra et extra parlementaires en sus de la prééminence de
l'exécutif dans le domaine du parlementaire.
La réflexion de Corina Sonia ADIDIGUE84
démontre que les assemblées parlementaires ont un pouvoir
limité dans la mesure où elles ne sont pas souveraines de l'ordre
du jour des travaux aux seins de celles-ci. Elle soutient sa position par le
fait entre autre que le pouvoir exécutif a une domination sur le pouvoir
législatif et assure ainsi de ce fait des compétences dans le
domaine du législatif qui influencent la tenue des travaux, notamment,
l'influence dans la désignation des Présidents des Groupes
parlementaires ; l'influence du fait majoritaire dans la formation des
Commissions parlementaires à la faveur de l'exécutif ou encore la
participation de l'exécutif aux travaux de fixations de l'ordre du jour,
pour ne prendre que ces quelques exemples.
Luc SINDJOUN85 démontre qu'après les
indépendances, les Parlements africains n'étaient qu'une
adaptation des Parlements européens. Selon cet auteur, les relations
internationales sont menées par l'exécutif, le législatif
n'étant qu'un acteur institutionnel jouant un rôle
d'arrière-plan. L'Assemblée Nationale ne joue qu'un rôle
symbolique dans la politique étrangère du Cameroun. Elle n'est
qu'un organe qu'utilise l'exécutif afin de pouvoir ratifier les
traités et conventions internationales. Elle est
considérée comme étant une institution inutile et sous la
domination et le contrôle de l'exécutif en matière de
politique étrangère. La politique étrangère est
l'oeuvre du pouvoir exécutif.
82Pierre Flambeau NGAYAP, Le droit parlementaire
au Cameroun, Paris, l'Harmattan, 2017, p. 175-194
83Linus Fabrice MEKIE, « le parlement et la
résolution des crises politiques au Cameroun »,
Mémoire Master II science politique, Université de
Yaoundé 2 Soa, 2022-2023, p. 87-100
84Corina Sonia ADIDIGUE, « l'ordre du jour des
assemblées parlementaires », Mémoire master II droit public,
Université de Yaoundé 2 Soa, 2018-2019, p.66-95
85Luc SINDJOUN, « L'action
internationale de l'Assemblée Nationale du Cameroun ;
éléments d'analyse politiste », in Revue des Etudes
Internationales, Vol 24, numéro 4, 1993 pp. 820-844
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 19
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Les travaux de Paulin PUNGA KAMINKANGA86 font
état de ce que le contrôle parlementaire a malheureusement
révélé ses limites, dans la mesure où il peine
à atteindre ses objectifs, à savoir, le respect de l'Etat de
droit, l'instauration et le respect des règles d'une saine gestion des
ressources publiques (utilisation des deniers publics, efficacité des
politiques et programmes, etc.), la reddition des comptes et la
redevabilité de ceux qui exercent le pouvoir, vis-à-vis des
élus et des populations. Il apporte comme solution palliative
après avoir présenté la pertinence et les limites du
contrôle parlementaire, l'évaluation des politiques publiques.
Alain DELCAMP87, en rapport avec le contrôle
parlementaire pense que la perception que l'on a de ce dernier reste
très faible. Il justifie cela par le fait que premièrement, le
pouvoir législatif dispose d'une autonomie très faible et
insuffisante par rapport au pouvoir exécutif et que l'opposition est
insuffisamment associée au système de décision, et ensuite
par l'attribution qu'a accordé l'histoire constitutionnelle au mot
« contrôle », car pour la doctrine, le contrôle
parlementaire se résumerait principalement dans la capacité du
parlement à mettre en cause la responsabilité du gouvernement.
Pierre AVRIL88 clarifie dans une de ses tribunes,
le concept de contrôle parlementaire qu'il appréhende comme
étant une opération matérielle que le droit encadre en
fixant sa procédure et ses conséquences. Il nous démontre
que le contrôle parlementaire rencontre des difficultés non du
fait des lois, mais plutôt du fait des Hommes qui sont dans cette
institution. Selon cet auteur, l'Assemblée Nationale ne manque pas de
lois pour mener à bien ses missions mais manque plutôt des
parlementaires (Députés) capable d'assurer lesdites fonctions.
Durant les différentes sessions parlementaires, le parti politique
majoritaire domine dans les échanges. Cette majorité
parlementaire pourrait aisément mettre en cause la responsabilité
du Gouvernement, mais les Députés sont attachés à
leurs fins personnelles, voir aux intérêts du parti politique.
C'est la raison pour laquelle il est difficile de parler d'un contrôle
parlementaire dans l'action du Gouvernement.
Dans le cadre de ce travail, l'on se situe à la suite
de la tendance sus évoquée qui consiste à
reconnaître au parlement des pouvoirs, notamment dans le contrôle
des politiques publiques. Toutefois l'on en présente les limites. De
plus, ce travail présente le Parlement à la fois comme un acteur
et un évaluateur des politiques publiques. Son originalité
réside en ce qu'il montre non seulement les goulots
d'étranglement qui entachent ce contrôle parlementaire
86Paulin PUNGA KAMINKANGA, « Pallier les
limites du contrôle parlementaire en RDC par l'évaluation des
politiques publiques », Institut pour la Démocratie, la
Gouvernance, Développement en Paix en Afrique (IDGP), 2013
87Alain DELCAMP, « La perception du
contrôle parlementaire. Comment le rendre plus attractif ? »,
Revue pouvoirs, n0134, septembre 2010 p. 110
88Pierre AVRIL, « L'introuvable contrôle
parlementaire, petites affiches », In Jus Politicum, 2009,
pp.1-7
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 20
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
des politiques publiques sous le prisme du Sous-secteur Eau et
Energie, mais également, en propose des solutions pour son
amélioration afin de le renforcer en le rendant plus efficace de telle
sorte que plusieurs autres département ministériels ou sectoriels
ainsi que les parlementaires puissent s'en inspirer.
B- La présentation de l'intérêt de
l'étude
L'intérêt renvoie aux différentes
attentions que suscite une chose, une étude, un sujet, un objet. Il
désigne par ailleurs ce qui est important, utile, susceptible de
produire un avantage. En effet, présenter l'intérêt
signifie non pas de revenir sur les motifs qui ont justifié la
réalisation de l'étude, mais renvoi plutôt à
sacrifier à l'exigence méthodologique qui voudrait que l'on
puisse mettre en exergue, en lumière, le bien-fondé de cette
dernière. En d'autres termes, il s'agit pouvoir préciser en quoi
l'étude menée est utile. Eu égard à ce qui
précède, il apparait nécessaire de présenter au
travers d'une dualité, notamment, théorique ou scientifique (1)
et pratique (2), l'intérêt de notre réflexion.
1- L'intérêt théorique ou
scientifique
Sur le plan scientifique, cette analyse permet de prendre
part à un débat qui porte sur le contrôle parlementaire des
politiques publiques, car la fonction de contrôle de l'action du
Gouvernement est une véritable activité politique en ce sens
qu'elle met face à face deux protagonistes, le Parlement et le
Gouvernement, quand bien même le face à face ne serait pas
toujours une opposition89. Sa spécificité trouve son
refuge dans le fait que très peu de travaux existent sur
l'activité politique du Parlement camerounais. Il analyse le
contrôle parlementaire des politiques publiques sous le prisme de ce qui
est fait dans le Sous-secteur Eau et Energie et en propose modestement quelques
pistes de solutions qui renforceraient ledit contrôle, dans le but de le
rendre optimal.
2- L'intérêt pratique
La présente réflexion permet de comprendre
concrètement comment est-ce que le contrôle parlementaire des
politiques publiques s'opère et s'effectue au Cameroun. Elle permet
d'identifier les acteurs qui participent à ce contrôle et les
stratégies mises en oeuvre par ces derniers afin de l'exercer,
d'apprécier l'un des rôles du Parlement, notamment celui du
contrôle des politiques publiques (le contrôle de l'action du
gouvernement), car le Parlement a également pour vocation de promouvoir
la démocratie ou la gouvernance démocratique. Il contribue
à la
89Pierre Flambeau NGAYAP, Le droit parlementaire
au Cameroun, Paris, l'Harmattan, 2017, p. 175
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 21
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
gestion saine, transparente et orthodoxe des affaires de
l'Etat, et participe dans le contexte camerounais à l'atteinte des
objectifs d'émergence à l'horizon 203590. Aussi, le
présent travail est susceptible d'aider les différentes parties
prenantes que sont d'une part les parlementaires et d'autre part
l'exécutif ou mieux les gouvernants, en ce sens qu'il pourrait permettre
à la première catégorie suscitée d'avoir davantage
d'informations utiles à l'éveil de sa conscience dans ledit
domaine, et à la seconde catégorie, il pourrait lui permettre de
garder à l'esprit qu'une épée de Damoclès plane sur
sa tête, qu'elle est observée par le peuple mandataire qui a
donné mandat à ses représentant afin que ceux-ci puissent
en effet contrôler la mise en oeuvre des politiques publiques et puissent
éventuellement sanctionner à titre individuel ou collectif les
responsables sectoriels ayant été indélicats dans
l'implémentation de leurs cahiers de charge.
C- La formulation de la problématique
Jacques CHENIER dit que la problématique de recherche
est : « l'ensemble des éléments formant le
problème, à la structure d'informations dont la mise en relation
engendre chez le chercheur un écart qui se traduit par un effet de
surprise ou de questionnement assez stimulant pour motiver à faire une
recherche »91. Vu sous cet angle, la problématique
est une des parties les plus importantes dans un travail recherche. Ainsi, dans
le prolongement de la présente analyse, l'on se situe à la suite
de nos illustres devanciers en essayant d'apporter plus d'éclaircis sur
le contrôle parlementaire des politiques publiques, notamment dans le
Sous-secteur Eau et Energie.
Après avoir observé différentes sessions
parlementaires et spécifiquement les interpellations des membres du
gouvernement par les élus du peuple au sujet de l'action ou mieux des
politiques publiques implémentés, l'on se rend bien compte que
celles-ci se limitent pour la grande majorité à l'institution
parlementaire et n'ont guère un impact significatif et ne contribuent
pas à l'amélioration des conditions de vie des populations.
Dès lors, le problème relatif au rôle et à l'impact
du contrôle parlementaire des politiques publiques se pose. Ainsi, la
question de recherche autour de laquelle se construit la présente
étude se décline ainsi qu'il suit :
Question principale : Comment le
contrôle parlementaire en tant qu'activité politique
d'évaluation de l'action gouvernementale participe-t-il à la
construction des politiques publiques performantes dans le Sous-secteur Eau et
Energie ?
90V. Cameroun Vision 2035 (
www.minepat.gov.cm ,
consulté le 16 décembre 2024 à 19H07)
91Jacques CHENIER, La spécificité
de la problématique, citée par Lawrence OLIVIER, Guy BEDARD
et Julie FERRON, dans l'élaboration d'une problématique de
recherche, Sources, outils et méthodes, Paris, l'Harmattan, 2005,
p.11
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 22
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
De cette question centrale jaillit deux questions secondaires,
en occurrence :
Question principale 1 : Comment
s'opérationnalise le contrôle parlementaire des politiques
publiques dans la définition des politiques publiques dans le
Sous-secteur Eau et Energie, en tant que levier d'action et d'influence sur ces
politiques ?
Question principale 2 : Quels outils
mobilise-t-il dans le processus d'évaluation parlementaire des
politiques publiques dans le Sous-secteur Eau et Energie, et pour quels usages
politiques ?
D- Hypothèses de recherche
Les hypothèses sont importantes dans la mesure
où elles permettent d'obtenir les spécificités de la
recherche. Selon Madeleine GRAWITZ, l'hypothèse est «
l'interprétation anticipée des phénomènes,
point de départ et boussole de tout raisonnement expérimental
»92. A cet effet, cela permet de convenir avec Jean-Pierre
FAGNIERES que « les hypothèses ne sont que des suppositions que
l'on fait d'une chose possible ou non et donc on tire les conséquences
»93. Cela dit, la problématique gravite autour de
trois hypothèses, notamment : une hypothèse principale et deux
hypothèses secondaires :
Hypothèse principale : Le
contrôle parlementaire des politiques publiques en tant
qu'activité politique de l'évaluation de l'action gouvernementale
participe à la construction des politiques publiques performantes dans
le Sous-secteur Eau et Energie.
Hypothèse principale 1 : Le
contrôle parlementaire des politiques publiques s'opérationnalise
à travers des leviers d'action et d'influence sur ces politiques.
Hypothèse principale 2 : Le processus
d'évaluation des politiques publiques dans le Sous-secteur Eau et
Energie mobilise un certain nombre d'outils dans le but de rendre efficace et
efficient ces politiques publiques.
E- La construction de la démarche
D'après Madeleine GRAWITZ, la construction de la
démarche est perçue comme étant l'ensemble des
opérations par lesquelles une discipline cherche à atteindre les
vérités qu'elle poursuit, en les démontrant, et en les
vérifiant. Elle se veut être l'élément structurant
de toute recherche. Cependant et comme l'a souligné René
DESCARTES dans sa formule : « chacun a sa méthode
»94, celle-ci renvoie donc aux techniques d'investigations
(1) et de (2) traitement de donnée.
92Madeleine GRAWITZ, Méthodes des sciences
sociales, Paris, Dalloz, 2001, 11ème édition,
p.362 93Jean-Pierre FAGNIERES, Comment réussir un
mémoire, Paris, Dunod, 1986, p.142
94René DESCARTES, Le discours de la
méthode, Paris, Flammarion, 1989, p. 32
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 23
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
1- Les techniques d'investigations
Au travers de cette méthode, il s'agit de
présenter le canevas, la démarche, les différentes
techniques de méthode que l'on a usité afin de pouvoir affirmer
l'hypothèse. Mieux dit, il est question de présenter l'ensemble
des moyens mis en place au cours du travail préparatoire ayant permis de
regrouper les informations éparses et leurs analyses.
Comme l'affirme Madeleine GRAWITZ, la méthode de
collecte des données se fait à travers des techniques de
recherche qui constituent : « les moyens d'aborder les
problèmes, lorsque ceux-ci sont précisés
»95. En d'autres termes, ce sont « des
procédés opératoires rigoureux, bien définis,
transmissibles, susceptibles d'être appliqués pour étudier
un problème quelconque »96. Dès lors,
l'analyse documentaire (a) et l'entretien (b) ont été
mobilisés pour la présente recherche.
a- L'analyse documentaire
L'analyse documentaire ici est prise au sens large.
D'après Jean-Louis DEL BAYLE, il s'agit : « tout
élément matériel ou immatériel, qui a un rapport
avec l'activité des hommes vivants en société et qui de ce
fait constitue indirectement sur le fait social » 97. Le
document se présente au chercheur à l'état brut, et afin
de pouvoir en extraire les informations qui lui seront utiles, ce dernier doit
procéder à leur analyse ainsi qu'à leur
interprétation. Pouvoir mener la présente réflexion a
été possible grâce à une kyrielle de sources
documentaires, notamment des thèses, des mémoires, des articles,
des sites internets, des lois et règlements ou encore des
éléments de langage tenus lors des diverses sessions
parlementaires.
b- L'entretien
Selon Madeleine GRAWITZ, l'entretien est : « un
procédé d'investigation scientifique, utilisant un processus de
communication verbale pour recueillir des informations en relation avec le but
fixé » 98. En fonction du but fixé ou de
l'objectif visé, il existe plusieurs types d'entretien. L'entretien se
différencie d'une conversation amicale en ce sens qu'il a un but
précis qui s'inscrit dans un plan de recherche. Cet exercice se
distingue dont de l'interview journalistique dans la mesure où il est
régi par des règles rigoureuses destinées à ne pas
exercer une influence de l'enquêteur sur l'enquêté.
L'entretien est en effet une démarche
préparée99 qui s'inscrit dans un plan
préétablit et qui obéit à des règles
relativement précises pour en faire un outil d'observation
répondant aux exigences d'objectivité et de rigueur de la
méthode
95Madeleine GRAWITZ, Méthodes des sciences
sociales, Paris, Dalloz, 2001, 11ème édition,
pp.477-479
96Id, p. 352
97Jean-Louis Loubet Del BAYLE, Introduction aux
méthodes des sciences sociales, Toulouse, Privat,1993, p. 102
98Madeleine GRAWITZ, Méthodes des sciences
sociales, Paris, Dalloz, 2001, 11ème édition, p.
644
99Jean-Louis Loubet Del BAYLE, Introduction aux
méthodes des sciences sociales, Toulouse, Privat,1993, p.72
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 24
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
scientifique. Aussi, il existe l'entretien de type
semi-directif qui est cette variante dans laquelle le chercheur se refaire
à des questions guides. Celles-ci sont ouvertes et donnent la
possibilité à l'interviewer de rebondir à tout moment.
Ici, le plus important est le caractère libéral du guide
d'entretien nécessaire dans le montage de cette forme
d'entretien100.
Dans le cadre du présent travail, l'on retient
l'entretien de type semi-directif. Cette démarche permettra de
recueillir des données et information tangibles auprès des
différentes personnes ressources interviewés, notamment Monsieur
l'Honorable Engelbert ESSOMBA BENGONO, Député RDPC à
l'Assemblée Nationale, Monsieur l'Honorable Cabral LIBI LI NGUE NGUE,
Député PCRN à l'Assemblée Nationale, Monsieur Guy
Siméon ETOUNDI, Chef de la Division des Etudes, de la Prospective et de
la Coopération au MINEE et Monsieur Narcisse MBENG ETOUNDI,
Chargé d'Etude Assistant n 01 à la Cellule des Etudes et de la
Prospective du MINEE, sur la thématique qui fonde ces travaux.
2- Méthode de traitement des
données
Il est question de l'explication méthodologique. A la
lumière de Madeleine GRAWITZ, « la méthode constitue
l'ensemble des opérations intellectuelles pour lesquelles une discipline
cherche à atteindre la vérité par un ensemble
d'éléments qu'il faut vérifier »101.
Ainsi, l'on retient pour ce travail, l'analyse historique (a) et l'analyse
sociologique (b).
a- L'analyse historique
Cette approche recommande que l'on cherche à comprendre
un phénomène à travers les différents changements
et transformation que celui-ci subit dans le temps. L'institution parlementaire
est l'une des plus vieilles institutions du Cameroun, elle a
évolué au gré des conjoncture et connu des mutations que
l'on peut retracer par un fait historique. En ce sens, l'historien Fustel DE
COULANGES affirmait déjà que : « l'histoire consiste
comme toute science à constater les faits, à les analyser et
à les rapprocher, à en marquer le lien »102
. L'approche historique permet dès lors d'interroger et d'analyser le
passé en ce qu'il révèle l'identité de l'objet
à étudier, et en ce « qu'il donne d'établir la
généalogie des évènements »103
. En effet, pour établir des objectifs entre les divers documents
visités et les faits rassemblés,
100Raymond QUIVY et Luc CAMPENHOUDT, Manuel de
recherche en sciences sociales, Paris, Dunod, 1988, pp.194-197
101Madeleine GRAWITZ, Méthodes des sciences
sociales, Paris, Dalloz, 2001, 11ème édition, p.
3
102Fustel DE COULANGES, Histoires et
institutions politiques de l'ancienne France, Paris, Hachette, 1875, p.
734
103Bertrand BADIE, Le développement
politique, Paris, Economica 4ème édition, revue
et augmentée, 1988, pp.9-10
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 25
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
l'historien doit faire preuve d'imagination. Ainsi, l'analyse
historique s'articule autour de la diachronique et de la synchronique.
La dimension diachronique s'inscrit dans le temps et ou dans
la durée et « fait appel à la succession temporelle des
faits et à leur enchainement pour comprendre et expliquer les
phénomènes sur lesquels porte la théorie
»104 . La diachronie recommande de situer les
phénomènes dans leur historicité pour mieux les
appréhender. Cette analyse est donc plus descriptive qu'explicative.
En revanche, la dimension synchronique quant à elle ne
tient pas compte de la dimension temporelle des faits. Elle «
s'attache plutôt à mettre en lumière les rapports
nécessaires qui relient les phénomènes se produisant
simultanément » 105.
Malgré son importance, l'approche historique a des
défauts que révèle Madeleine GRAWITZ106, en
occurrence l'influence considérable de la personnalité du
chercheur dans le choix et les interprétations des documents, compte
tenu de l'imperfection de l'oeuvre humaine.
Les approches diachroniques et synchroniques mobilisées
dans le cadre de la présente réflexion donnent la
possibilité d'avoir une meilleure lisibilité et visibilité
sur la manière dont le parlement contrôle les politiques
publiques, par le truchement de l'histoire.
b- L'analyse sociologique de l'action
publique
Dans sa dimension empirique, l'analyse sociologique selon
Bernadette WYNANTS107, se distingue à trois échelles
que sont : la microsociologie qui est le domaine de la sociologie
s'intéressant aux relations sociales élémentaires ainsi
que dans des groupes de taille réduite; la macrosociologie qui est
l'étude d'un grand ensemble ou encore celle de la société
dans sa globalité ; la méso-sociologie qui quant à elle
est l'analyse des structures sociales à l'instar des organisations, les
institutions, ainsi que les effets de celles-ci sur les comportements
humains.
Pour le prolongement de la présente étude, l'on
souscrit à la troisième grille de l'analyse sociologique qu'est
la méso-sociologie, en ce sens qu'elle donne la possibilité de
comprendre les déterminants qui influencent l'institution parlementaire
mais également les forces en présence au sein de cette
institution qui participent au contrôle des politiques publiques.
104Jean-Louis Loubet Del BAYLE, Introduction
aux méthodes des sciences sociales, Toulouse, Privat,1993, p.210
105Michel De VAILLIERS et Armel De DIVELLEC, Dictionnaire de
droit constitutionnel, Paris, Dalloz, 2009, p.385
106Madeleine GRAWITZ, Méthodes des sciences
sociales, Paris, Dalloz, 2001, 11ème édition,
p.54
107Bernadette WYNANTS, Méthodes
d'analyse de contenu et sociologie, Presses de l'Université
Saint-Louis, 1990, pp.163-173
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 26
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
F- Le cadre théorique
Se référant à Jocelyn Le TOURNEAU, qui
estime que le « plus talentueux des chercheurs risque de demeurer
toute sa vie dans l'ombre s'il ne sait pas communiquer ses connaissances sous
une forme qui capte l'attention de ses collègues et séduit la
communauté élargie des scientifiques », la
théorie est donc cet élément indispensable qui permettra
de mieux transmettre le message que l'on a mais aussi de traiter convenablement
de la problématique précédemment évoquée.
Pour se faire, serons mobilisés dans le cadre de ce travail
l'interactionnisme (1) et le néo-institutionnalisme (2).
1- L'interactionnisme
L'interactionnisme est une grille d'analyse qui permet
d'après Jacques LAGROYE de : « comprendre et de vérifier
quel type de relation relie diverses unités sociales et structure les
rapports que ces unités entretiennent »108.
Héritier de l'école de Chicago, l'interactionnisme est un courant
de pensée qui s'est développé aux Etats-Unis au cours des
années 1960, en opposition au fonctionnalisme qui dominait alors la
sociologie américaine. Il existe deux versants de l'interactionnisme,
notamment l'interactionnisme symbolique et l'interactionnisme
stratégique.
Également développé aux Etats-Unis,
l'interactionnisme symbolique est un courant de pensée qui repose sur
l'idée selon laquelle la société est un produit des
interactions entre les individus. Ervin GOFFMAN qualifie cela de «
société face à face »109. Il
s'agit des interactions entre les individus à l'intérieur d'un
groupe social. L'interaction s'appréhende également comme un
ordre négocié, temporaire, fragile, qui doit être
reconstruit en permanence. Dans le cadre de ce travail, l'interactionnisme dans
sa dimension symbolique permettra d'interpréter les comportements et
attitude de certains parlementaires pendant le durant les sessions
parlementaires en général et spécifiquement lors des
processus de contrôle parlementaire des politiques publiques.
L'interactionnisme stratégique quant à lui
s'appuie essentiellement sur le paradigme de la théorie des
organisations proposée par Michel CROZIER et Erhard FREIBERG. C'est
l'analyse du comportement des acteurs donnés comme stratégique.
Selon CROZIER et FREIBERG, dans cette analyse « l'acteur est celui
dont le comportement contribue à structurer un champ,
c'est-à-dire à construire des régulations
»110. L'interactionnisme stratégique est
108Jacques LAGROYE, Sociologie politique,
Paris, Presses de Sciences po et Dalloz, 1997, p.513
109L'interactionnisme symbolique d'Ervin GOFFMAN (le
résumé de sa pensée) dans l'ouvrage de Philippe CORCUFF,
Les nouvelles sociologies, Paris, Nathan, 1995, p.126
110Michel CROZIER et Erhard FRIEDBERG, l'Acteur et
le système, Paris, Seuil, 1977, p.436
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 27
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
l'ensemble des interactions dans la société
où les échanges entre les acteurs sont guidés par les
stratégies mobilisées par chacun des acteurs pour parvenir
à des fins biens pensés.
Appliqué au présent objet d'étude,
l'interactionnisme stratégique permettra de rendre compte de la
capacité du Parlement à participer au contrôle des
politiques publiques au Cameroun, en présentant non seulement les
mécanismes parlementaires y afférents, mais aussi les goulots
d'étranglements que rencontre l'institution parlementaire dans la mise
en oeuvre de cette mission qui lui est constitutionnellement
consacrée.
2- Le néo-institutionnalisme
Le néo-institutionnalisme en science politique se
distingue en trois écoles de pensée distinctes que sont :
l'institutionnalisme historique, l'institutionnalisme des choix rationnels, et
l'institutionnalisme sociologique. Cette théorie s'efforce à
expliquer le phénomène de l'homogénéité dans
les organisations et aussi l'influence de l'environnement institutionnel sur
les organisations111. Le préfixe « néo
» indique qu'il s'agit du renouvellement de la théorie
institutionnelle dans les années 1940 en sciences sociales. A cette
époque, les institutions politiques recommencent à s'affirmer
comme centre d'intérêt de construction théorique et de
recherches empiriques vers le milieu des années 1980. La question de
l'influence des institutions sur les phénomènes sociopolitiques
s'articule autour de deux problématiques. La première est
relative à l'influence des institutions sur l'action politique. Elle
pousse à l'exploration de l'impact des institutions sur le comportement
des acteurs, leurs stratégies, leurs préférences, leurs
identités, leur nature, et même leur existence. La seconde pose la
question du développement institutionnel. Elle conduit le chercheur
à s'interroger sur les origines et de caractère des institutions
en examinant comment leur production et leur reproduction s'inscrivent dans un
processus où le paysage institutionnel existant à un certain
moment dans le temps et dans l'espace conditionne la possibilité et la
trajectoire des changements institutionnels. Théoriquement, l'action
n'est pas évacuée n'est pas évacuée dans le cadre
néo-institutionnaliste. Elle est cependant fortement conditionnée
par le contexte institutionnel, un contexte qu'elle a bien sûr
crée avec des contraintes résultant de l'environnement
institutionnel précédent. Le néo-institutionnalisme
confère donc aux institutions la primauté théorique et
analytique. Celle-ci se décline en trois axes que sont :
L'institutionnalisme historique. Elle défend
l'idée selon laquelle les phénomènes sociopolitiques sont
fortement conditionnés par des facteurs contextuels, exogènes aux
acteurs
111March James G. et Olsen, Johan P, «The new
institutionalism: organizational factors in political life», American
political review, vol.78, pp.734-749
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 28
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Par conséquent, lesdits phénomènes ne
peuvent être expliqués par la simple volonté des acteurs,
ni même par la nature de leurs relations car ils sont souvent le produit
accidentel d'un processus macro historique de développement
institutionnel où chaque configuration conditionne la prochaine. Les
institutions sont « le produit de processus historiques concrets,
particulièrement ceux marqués par des dynamiques conflictuelles
»112 .
L'institutionnalisme des choix rationnels pour sa part se
concentre sur l'importance stratégique des institutions. Il voit les
institutions comme productrices de mécanismes de coordination. Cette
approche considère les institutions en fonction des contraintes et des
occasions qu'elles offrent aux acteurs importants du jeu politique. Les
phénomènes sont expliqués moins comme des produits
dérivant de structures institutionnelles, mais plutôt comme le
résultat de décisions individuelles et collectives prises en
considérant ces mêmes structures.
L'institutionnalisme sociologique enfin puise ses racines dans
la théorie des organisations. Il développe l'idée selon
laquelle les institutions incarnent et reflètent des symboles et
pratiques culturelles qui façonnent les perceptions des acteurs et
informent la reproduction institutionnelle. En conséquence, les
changements sociopolitiques s'inscrivent dans processus d'évolution
culturelle balisé par les formes institutionnelles. Il met dont l'accent
sur l'aspect cognitif des institutions et non sur leurs effets contingents ou
sur leurs dimensions stratégiques. La branche sociologique associe la
définition normative de l'institution, om les normes sont comprises
moins comme des règles, que des paramètres culturels et
symboliques.
112André Lecours, « L'approche
néo-institutionnaliste en science politique : unité ou
diversité », Politique et société, Vol.2,
2002, pp 3-19.

PREMIÈRE PARTIE : LE CONTRÔLE
PARLEMENTAIRE : INSTRUMENTS D'ACTION ET D'INFLUENCE DES POLITIQUES
PUBLIQUES
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 29
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Le contrôle par le parlement des politiques publiques ou
encore la fonction de contrôle de l'action du Gouvernement est une
véritable activité politique en ce sens qu'elle met en face deux
protagonistes, le Parlement et le Gouvernement, quand bien même le face
à face ne serait pas toujours une opposition113. Afin
d'opérationnaliser sa mission de contrôle des politiques
publiques, le parlement mobilise des instruments d'action (Chapitre
I) ainsi que des instruments d'influence (Chapitre
II).
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 30
113Pierre Flambeau NGAYAP, Le droit parlementaire
au Cameroun, Paris, Harmattan, 2017, p. 175

CHAPITRE I : LE CONTRÔLE PARLEMENTAIRE
COMME
INSTRUMENT D'ACTION DES POLITIQUES PUBLIQUES
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 31
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 32
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
On ambitionne sous ce chapeau de répondre à la
question de savoir qu'est-ce que le contrôle parlementaire des politiques
publiques veut dire (Section I) et quels en sont les
instruments (Section II) ?
Section I : Ce que le contrôle parlementaire des
politiques publiques veut dire
Sous cette férule, l'on voudrait présenter le
socle sur lequel le Parlement s'appuie pour pouvoir opérationnaliser sa
mission de contrôle des politiques publiques et quels sont
concrètement la nature des dynamiques qui sous-tendent ce
contrôle. « Le parlement évalue les politiques publiques
par des mécanismes qui sont prévus par le règlement
intérieur, notamment les questions orales et les questions
écrites, la constitution des Commissions d'enquête parlementaire
ainsi que par les rapporteurs spéciaux qui ont pouvoir de contrôle
permanent sur place et sur pièces. Ces derniers appartiennent à
la Commission des finances »114.
Paragraphe 1 : Les dynamiques contraignantes du
contrôle parlementaire dans l'analyse des politiques publiques
sectorielles
Les actions du Parlement dans sa mission de contrôle des
politiques publiques ont une consécration constitutionnelle et organique
(A), en ce sens, les dynamiques contraignantes de ce Parlement sont la motion
de censure et la question de confiance (B)
A- La consécration constitutionnelle et organique
du contrôle parlementaire des politiques publiques
Aux termes de l'Article 14(2) de la constitution actuellement
en vigueur au Cameroun115, il ressort que « le Parlement
légifère et contrôle l'action du Gouvernement ».
Cela légitimise et présente l'une et l'autre mission du
Parlement, en occurrence celle du contrôle de l'action du Gouvernement
qui est la chape de plomb du présent travail de recherche. Il en est de
même pour ce qui est de l'Article 35 (1) de la même constitution
suscitée qui stipule que « le Parlement contrôle l'action
gouvernementale par voie des questions orales ou écrites et par la
constitution des commissions d'enquêtes sur des objets
déterminés ». En d'autres termes, cela signifie qu'en
plus de légiférer en votant les lois, le Parlement est la «
sentinelle » qui veille et examine le travail du Gouvernement aux
moyens d'interrogations et des commissions d'enquête, quand on
114Entretien avec l'Honorable Cabral LIBI LI NGUE
NGUE, relativement au guide d'entretien soumis dans le cadre du présent
travail de cherche. Siège du PCRN, Yaoundé, lundi 23 juin 2025
à 18H53
115Loi n°96/06 du 18 janvier 1996 portant
révision de la Constitution du 02 juin 1972, modifiée et
complétée par la loi n°2008/001 du 14 avril 2008
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 33
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
sait qu'à la lumière du texte constitutionnel
camerounais que ce Gouvernement a pour charge la mise en oeuvre de la politique
de la nation telle que définie par le Président de la
République, que dernier est responsable devant l'Assemblée
Nationale et que son action dirigé par le Premier Ministre qui en est
son Chef116.
Quid du règlement ?
Du point de vue organique, l'Assemblée Nationale est
une institution qui en tant que telle a des règles qui encadrent et
garantissent le fonctionnement en son sein. Ainsi, « les
Députés peuvent, en application de l'article 35 de la
constitution, poser aux membres du Gouvernement des questions orales et
écrites relatives aux affaires relevant de leur compétence
» 117 et « tout député qui désire poser
des questions orales ou écrites à un membre du Gouvernement, doit
les remettre au Président de l'Assemblée Nationale qui les fait
tenir au membre du Gouvernement interpellé, après communication
à l'Assemblée Nationale »118. Ainsi, les
dynamiques de nature contraignantes du contrôle parlementaire
s'opérationnalisent à travers des éléments
spécifiques.
B- La motion de censure et la question de confiance
La notion de responsabilité est au coeur du
contrôle de l'action gouvernementale119. Celle-ci fait
naître la dualité faute-sanction. Ainsi, « si lors du
contrôle de son action par l'Assemblée nationale, le Gouvernement
est coupable d'avoir commis une faute, il est sanctionné
»120 , de même, « lorsque le Gouvernement
vient à perdre la confiance de l'Assemblée nationale sur l'accord
politique qui leur permettait de collaborer, l'Assemblée nationale
sanctionne le Gouvernement en le renversant ou en l'obligeant à
démissionner »121.
La motion de censure est donc le moyen par lequel le Parlement
peut mettre en cause la responsabilité du Gouvernement. « le
mécanisme de la motion de censure est strictement encadré par des
règles du parlementarisme rationnalisé de telle sorte qu'elle ne
puisse aboutir au renversement du gouvernement que dans des situations d'une
exceptionnelle gravité »122. Concrètement,
« pour être recevable, la motion de censure doit être
signée par au moins un tiers des membres de l'Assemblée
Nationale. Le vote ne peut intervenir moins de quarante-huit
116V. Art 11, Art 12 de la loi n°96/06 du 18
janvier 1996 portant révision de la Constitution du 02 juin 1972,
modifiée et complétée par la loi
n°2008/001 du 14 avril 2008
117Art 75(1) RIAN 118 Art 76 RIAN
119Pierre Flambeau NGAYAP, Le droit parlementaire
au Cameroun, Paris, Harmattan, 2017, p.195 120Pierre Flambeau
NGAYAP, Le droit parlementaire au Cameroun, Paris, Harmattan, 2017,
p.195 121Id
122Pierre Flambeau NGAYAP, Le droit parlementaire
au Cameroun, Paris, Harmattan, 2017, p.199
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 34
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
(48) heures après le dépôt de la
motion de censure. La motion de censure est adoptée à la
majorité des deux tiers des membres composant l'Assemblée
Nationale »123. Dans sa pratique, la motion de censure est
« constatée par sa remise au président de
l'Assemblée nationale, au cours d'une séance publique. Le
président notifie la motion de censure au gouvernement, il en donne
connaissance à l'assemblée et la fait afficher. Par
dérogation à la priorité gouvernementale sur l'ordre du
jour, c'est la conférence des présidents qui fixe la date de
discussion de censure. Le débat sur la motion de censure est
organisé dans les mêmes conditions que le débat sur la
question de confiance. Aucun retrait d'une motion de censure n'est possible
après sa mise en discussion. Lorsque la discussion est engagée,
elle doit être poursuivie jusqu'au vote. Il ne peut être
présenté d'amendement à une motion de censure
»124. Dans le cas où la motion de censure est
adoptée, le Premier ministre, Chef du Gouvernement doit remettre au
Président de la République la démission de son
Gouvernement. Au cas où ladite motion est rejetée, ses
signataires n'ont pas la possibilité d'en déposer une nouvelle
avant un délai d'un (01) an. Toutefois, l'histoire des institutions
politiques du Cameroun n'a pas encore enregistré à date le vote
d'une motion de censure.
En sus de cette dynamique contraignante dont on vient de voir
la nature et la manifestation, il existe des dynamiques de contrôle
parlementaire de politiques publiques non contraignantes (Paragraphe II).
Paragraphe 2 : Les logiques d'actions non
contraignantes des politiques publiques
Le contrôle parlementaire des politiques publiques dont
la nature est non contraignante est singulièrement
opérationnalisé au moyen des questions (A) et par
l'activité des commissions (B). La loi constitutionnelle du Cameroun le
soutien fort opportunément en disant que le « Parlement
contrôle l'action gouvernementale par voie des questions orales ou
écrites et par la constitution des commissions d'enquêtes sur des
objets déterminés »125.
A- Les mécanismes de contrôle des politiques
publiques par les questions
La pratique parlementaire au Cameroun consacre comme mode de
contrôle, les questions orales (sans débat), et les questions
écrites.
123Art 34(3) de la loi n°96/06 du 18 janvier
1996 Portant révision de la Constitution du 02 juin 1972,
modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14
avril 2008
124Pierre Flambeau NGAYAP, Le droit parlementaire
au Cameroun, Paris, Harmattan, 2017, p.199-200
125Art 35 (1) de la loi n°96/06 du 18 janvier
1996 Portant révision de la Constitution du 02 juin 1972,
modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14
avril 2008
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 35
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Les questions orales sans débat renvoient à
l'idée selon laquelle aucun parlementaire autre que celui qui pose la
question ne puisse y intervenir. Ces questions, qu'elles soient orales ou
écrites sont donc individuellement posées par les
députés126 et celles-ci ne peuvent être
posées en session extraordinaires que si elles ont trait à l'un
des points inscrits à l'ordre du jour127. Afin de pouvoir
poser une question orale ou écrite à un membre du gouvernement,
le parlementaire qui désire le faire doit remettre ladite question au
Président de l'Assemblée Nationale qui les fait tenir au membre
du gouvernement interpellé, après communication de
l'Assemblée Nationale128. Toutes ces questions ont
l'obligation d'être rédigés sommairement et ne doivent
contenir aucune allusion d'ordre personnel à l'égard de tiers
nommément désignés129 et ainsi les membres du
gouvernement sont donc tenus de répondre dans un délai de quinze
jours à ces questions. Ce délai peut être ramené
à trois (03) jours en période de session et si d'aventure les
recherches documentaires auxquelles donne lieu la question sont trop longues,
le membre du gouvernement en informe l'auteur par voie du Président de
l'Assemblée Nationale. Dans ce cas, le membre du gouvernement dispose
d'un délai supplémentaire de trois (03) jours pour
procéder à ces recherches documentaires, ce délai
supplémentaire étant ramené à deux (02) jours en
période de session130.
Les questions écrites sont assujetties au même
encadrement ainsi que la même procédure que les questions orales
évoquées supra. Elles « ont généralement
pour objet de retracer les difficultés individuelles que connaissent les
électeurs afin de pouvoir leur donner une suite concrète, de
soulever une question de portée plus politique et de contraindre le
gouvernement à afficher publiquement sa position, de former des demandes
de consultation juridique gratuite, parfois suggérées par des
groupes d'intérêts »131.
En marge du contrôle parlementaire des politiques
publiques par les mécanismes de questions, le constituant camerounais a
consacré également le mécanisme de contrôle
parlementaire des politiques publiques par les commissions (B).
B- Les mécanismes de contrôle des politiques
publiques par les commissions d'enquête parlementaire
Il est important de rappeler tout d'abord que
conformément à son règlement intérieur, le
Parlement dispose dans son organisation de neuf commissions
générales qui sont composées en
126V. Art 75(2) RIAN
127V. Art 75(3) RIAN
128V. Art76(1) RIAN
129V. Art76(2) RIAN
130V. Art 77 RIAN
131 Pierre Flambeau NGAYAP, Le droit parlementaire au
Cameroun, Paris, Harmattan, 2017, p.182
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 36
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
nombre égal de Députés, pour
l'étude des affaires qui lui sont soumises. Elles se constituent chaque
année, après élection du Bureau définitif, ainsi,
l'on a 132:
Tableau 1 : liste des Commissions
|
Désignation
|
Domaine de compétence
|
|
Commission des Lois Constitutionnelles, des Droits de L'homme
et des Libertés, de la Justice, de la Législation et du
Règlement, de l'Administration
|
Constitution, règlement, statut des personnes, justice,
collectivités territoriales décentralisés.
|
|
Commission des Finances et du Budget
|
Budget, fiscalité, contribution, monnaie et
crédit, contrôle budgétaire
|
|
Commission des Affaires Etrangères
|
Traités, conventions internationales
|
|
Commission de la Défense Nationale et de la
Sécurité
|
Défense nationale, armées, gendarmerie,
sureté
nationale, justice militaire, sapeurs-pompiers
|
|
Commission des Affaires Economiques, de la
Programmation et de l'Aménagement du Territoire
|
Aménagement du territoire, lois-programmes,
domaine de l'Etat, entreprises nationales, urbanisme,
équipement et travaux publics
|
|
Commission de l'Education, de la Formation
Professionnelles et de la Jeunesse
|
Enseignement du premier et du second degré, enseignement
supérieur, éducation populaire
|
|
Commission des Affaires Culturelles, Sociales et Familiales
|
Culture, arts, information, communication, santé
publique, loisirs, oeuvres sociales, prévoyance
sociale, famille, femme, enfant, personnes âgées
|
|
Commission de la Production et des Echanges
|
Agriculture, élevage, eaux et forêts, chasse,
pêche, énergie et industries, tourisme, recherche scientifique,
consommation, commerce intérieur et extérieur
|
|
Commission de la Résolution et des Pétitions
|
Examen des propositions de résolution, des
pétitions,
de l'activité interne de l'Assemblée Nationale,
exploitation des relations interparlementaires
de l'Assemblée Nationale.
|
Source : DDAR-AN, Auteur
Ainsi, l'on a le contrôle par les commissions
générales qui dans le contexte camerounais est restreint à
celui effectué par la Commission des Finances et du Budget du Parlement.
Cette commission désigne chaque année, à l'ouverture de la
première session ordinaire de l'année législative, un
rapporteur général pour les recettes et des rapporteurs
spéciaux chargés des dépenses publiques et du
contrôle de l'usage des fonds publics, y compris des fonds de
développement publics133. A cet effet, les rapporteurs
spéciaux disposent d'un pouvoir de contrôle sur place et sur
pièce. Tous les documents et renseignements d'ordre financier et
132 Art 21 RIAN
133 V. Art 69 RFE
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 37
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
administratif pouvant être nécessaires et utiles
à la réalisation de leur mission doivent leur être fournis,
excepté les « documents à caractère secret
touchant à la défense nationale, au secret de l'instruction et au
secret médical »134. Le contrôle par la
commission des finances et du budget donne lieu à la présentation
d'un rapport. Ce dernier est distribué aux parlementaires de la chambre
et lu en séance plénière. Il peut donner lieu à un
débat mais ne peut en revanche faire l'objet d'un vote135.
Aussi, importe-t-il de rappeler que le travail des commissions parlementaires
ne se limitent pas seulement au sein desdites commissions. Il est même
plus dynamique en plénière. A ce niveau, le travail des
commissions varie selon que l'on soit en phase de discussion
générale du texte, ou selon que l'on soit dans la phase de
discussion des articles. En effet, la pratique parlementaire de manière
générale confie au rapporteur de la commission deux fonctions
principales : celle de coordonner l'examen des projets et propositions de loi
en commission et celle de prendre la posture d'interprète de la
commission au début de la séance plénière lors de
la discussion générale136.
Les auditions et le suivi de l'application des lois par les
commissions sont également un moyen à partir duquel se sert le
parlement pour effectuer un contrôle des politiques publiques. Elles lui
permettent dans la pratique, de pouvoir recueillir un ensemble d'informations
auprès des membres du gouvernement, les responsables des
sociétés publiques ou parapubliques (Camwater, Sonatrel, EDC...).
Cette forme de contrôle s'inspire du parlement français qui
révèle que « les commissions permanentes assurent
l'information de l'assemblée pour lui permettre d'exercer son
contrôle sur la politique du gouvernement »137.
Ainsi, les commissions peuvent également recueillir des informations sur
les mesures prises pour appliquer la loi. Cette procédure est
strictement réglementée : le rapporteur d'une loi est tenu de
présenter dans un délai de six mois après son
entrée en vigueur, un rapport sur la mise en application de celle-ci, et
de répéter ce contrôle si nécessaire et,
après une période de (24) vingt et quatre mois de dresser un
bilan de son application138.
Les commissions d'enquêtes parlementaires sont un moyen
de contrôle des politiques publiques que le constitutionnalisme
camerounais reconnait. Elles sont formées dans le but de recueillir des
informations sur des faits déterminés, en particulier sur un
sujet intéressant les finances publiques, l'examen de la gestion
administrative, financière ou technique des services
134V. Art 70, op. cit
135V. Art 71, op.cit
136 Paul CAHOUA, « Les commissions lieu du travail
législative », revue pouvoirs, n 034, p.7
137V. Art 14 RANF
138Linus Fabrice MEKIE, « Le parlement et la
résolution des crises politiques au Cameroun »,
Mémoire Master II
science politique, Université de Yaoundé 2 Soa,
2022-2023, p.41
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 38
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
publics, l'information de la Chambre sur l'état de
certaines questions d'intérêt général139
et consistent à mettre le gouvernement face à ses
responsabilités devant les membres du parlement140. Ces
Commissions d'enquête parlementaire naissent de la volonté d'un ou
de plusieurs parlementaires de la mettre sur pieds. Dès lors, les
membres du parlement concernés formulent pas écrit une
proposition de résolution qui tend à la création de ladite
commission et adressent cette dernière au président de la Chambre
concernée puis, ce dernier à son tour soumet cette proposition de
résolution à la Conférence des présidents qui en
décide de sa recevabilité. La Conférence des
présidents après avoir examiné et jugé la
proposition de résolution recevable, la transmet à la commission
générale compétente.
Le contrôle par la Commission des finances et du budget
est également un moyen utilisé par le Parlement pour
contrôler les politiques publiques. En Effet, l'Assemblée
Nationale et le SENAT désignent chaque année dès
l'ouverture de la première session de l'année législative,
un rapporteur général pour les recettes et des rapporteurs
spéciaux pour les dépenses publiques et du contrôle de
l'usage des fonds, y compris ceux des fonds de développement
publics141. A cet égard, les rapporteurs spéciaux
disposent d'un pouvoir sur pièces et sur place. Ainsi, tous les
documents et renseignements d'ordre financier et administratif
nécessaire à la réalisation de leur mission doivent leur
être fournis, à l'exception des « documents à
caractère secret, touchant à la défense nationale, au
secret de l'instruction et au secret médical » 142.
Ces rapporteurs spéciaux peuvent procéder à des auditions
lorsqu'ils participent à une mission dans le cadre d'une commission
d'enquête parlementaire. Ils interpellent les membres du Gouvernement
dont ils examinent les réponses. Ces questions conçus par la
Commissions des finances du budget sont signées par le Président
de la Commission afin que soit engagé l'ensemble de l'ensemble des
Commissions. Le délai auquel des réponses auxdites questions
doivent être apportées. Ce contrôle effectué par la
Commission des finances et du budget donne lieu à la présentation
d'un rapport qui est remis à chaque parlementaire puis lu en
séance. Il peut engendrer un débat, mais ne saurait faire l'objet
d'un vote.143
Après avoir présenté supra, le socle sur
lequel le Parlement s'appuie pour opérationnaliser sa mission de
contrôle des politiques publiques et quels sont concrètement la
nature des dynamiques qui sous-tendent ce contrôle (Section I), l'on
suggère de s'appesantir sur les instruments qui fondent le
contrôle parlementaire des politiques publiques (Section II).
139Art 86(5) RIAN
140Linus Fabrice MEKIE, Id, p.41
141V. Art 69 de la loi portant régime financier
de l'Etat
142V.Art 70, Id
143V. Art 71, de la loi portant régime
financier de l'Etat
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 39
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Section II : Le contrôle parlementaire des
politiques publiques dans le Sous-secteur Eau et Energie : entre instruments et
dispositif d'interaction institutionnelle
Les instruments de contrôle parlementaires des
politiques publiques sont de deux natures, en occurrence textuels (paragraphe
I) et les autres instruments (paragraphe II).
Paragraphe I : Instruments textuels et non textuels
Relativement aux instruments d'ordre juridique, l'on a la
constitution et le règlement intérieur du Parlement (A) ainsi que
les autres instruments (B).
A- La Constitution et le règlement intérieur
de l'Assemblée Nationale et du SENAT
La Constitution est la loi fondamentale d'un Etat, elle en est
la norme suprême. Au Cameroun, c'est la Loi n°96/06 du 18 janvier
1996 Portant révision de la Constitution du 02 juin 1972,
modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14
avril 2008 qui est en vigueur à date. Elle est constituée d'un
préambule144 et de la constitution proprement dite qui elle,
contient non seulement les principes concernant la composition et les pouvoirs
du Parlement, la durée des pouvoirs de chaque assemblée, le
nombre de ses membres, le régime des sessions, la composition et le
pouvoir de la conférence des présidents, les règles du
parlementarisme rationalisé145, mais également le bloc
de conventionalité (traités et accords internationaux), le bloc
de légalité (les lois).
Partant du principe selon lequel « chaque chambre
fixe elle-même ses règles d'organisation et de fonctionnement sous
forme de loi portant règlement intérieur
»146 , l'on peut dire aisément que règlement
intérieur de l'Assemblée Nationale et du SENAT détermine
la composition, le mode de désignation des membres de la chambre, et de
fonctionnement de ses organes en occurrence celui du bureau, de la
conférence des présidents, des commissions et des groupes
parlementaires, ainsi que les attributs de ceux-ci. Il fixe le régime
des immunités et des indemnités parlementaires. Il reprend ou
complète les conditions d'éligibilité, le régime
des inéligibilités, des incompatibilités et des vacances
prévus par le Code électoral. Il organise les procédures
suivies dans les délibérations tant en conférence des
présidents, en commission qu'en séance plénière.
Celles-ci ont trait au dépôt des textes, à la fixation de
l'ordre du jour, à l'organisation des débats, à la tenue
des séances, à la procédure de discussion en
séance
144Le Préambule fait partie intégrante
de la Constitution
145Pierre Flambeau NGAYAP, Le droit parlementaire
au Cameroun, Paris, Harmattan, 2017 p.19
146V. Art 17(2) et 22(2) de la loi n°96/06 du
18 janvier 1996 Portant révision de la Constitution du 02 juin 1972,
modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14
avril 2008
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 40
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
plénière, à la procédure
d'adoption des questions soumises à la chambre, au mode de votation,
à la délégation de vote. C'est également le
règlement de l'Assemblée Nationale et du SENAT qui précise
les moyens d'information et de contrôle du parlement, notamment en ce qui
concerne les moyens de contrôle de l'action du gouvernement par le
truchement des questions orales et écrites, des commissions
d'enquête parlementaire147. « C'est lui qui
précise le mode de représentation du parlement au sein des
organismes publics, des institutions interparlementaires et des groupes
d'amitié. Le règlement intérieur organise la police au
sein du parlement et fixe les règles disciplinaires applicables à
ses membres, tant pendant les travaux qu'en cas d'absence. Il fixe
l'organisation des services administratifs du parlement
»148.
B- Les instruments non textuels : entre règles non
écrites et mise en scène des usages pratiques du contrôle
parlementaire
Par instruments non textuels, l'on fait allusion aux
pratiques, usages, aux règles ou sources qui ne sont pas écrites.
D'ailleurs « une partie du droit parlementaire est constituée
de règles non écrites, que l'on rassemble sous le vocable de
précédents »149. Il s'agit de pratique
répétées et acceptées aussi bien par le parlement
que par le gouvernement et généralement tolérées ou
ignorées par le Conseil constitutionnel lorsqu'il est appelé
à se prononcer sur leur valeur juridique. Ces pratiques
répétées ne peuvent cependant pas acquérir une
force obligatoire, elles ne peuvent par conséquent pas faire
jurisprudence, puisque le juge n'intervient pas pour les constater. Les
interprétations qui peuvent être faites par le législatif
ou l'exécutif, et non le judiciaire, ne peuvent avoir que «
l'autorité de la chose décidée » et non
« l'autorité de la chose jugée ». En fait, il
ne s'agit pas de coutume parce que leur nature n'est pas juridique, mais de
convention entre intervenants politiques (entre parlementaire ou entre
parlementaire et membres du gouvernement). A l'inverse des coutumes, les
conventions ont un caractère politique. A titre d'exemple, il est de
convention que chaque parti qui constitue un groupe parlementaire se voit
attribuer au moins un vice-président de la chambre, que la distribution
globale des postes dans les différents bureaux des commissions
générale doit s'efforcer de reproduire la configuration politique
de la chambre150 . Normalement, l'orateur parle à la tribune.
Cependant, il arrive souvent que, dans le cadre de la séance des
questions orales des
147V. Art 35, loi n°96/06 du 18 janvier 1996
Portant révision de la Constitution du 02 juin 1972, modifiée et
complétée par la loi n°2008/001 du 14 avril 2008
148 Pierre Flambeau NGAYAP, Le droit parlementaire au
Cameroun, Paris, Harmattan, 2017 pp.20-21
149 Id, p.21
150Pierre Flambeau NGAYAP, Le droit parlementaire
au Cameroun, Paris, Harmattan, 2017 pp.20-21
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 41
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
sénateurs au gouvernement, lorsque le sénateur
auteur d'une question au gouvernement a posé sa question et le membre du
gouvernement intéressé lui a répondu, que le
président du SENAT (ou le président de séance) demande
à l'auteur de la question s'il est satisfait par la réponse du
gouvernement, autrement dit, s'il souhaite répliquer. Pour
répondre à la répondre à l'interpellation du
président, le sénateur devrait normalement aller à la
tribune puisqu'il ne peut parler qu'à la tribune. Lorsque l'orateur
s'estime satisfait de la réponse du gouvernement, il reste
généralement à sa place, assis ou debout, et
déclare qu'il est satisfait de la réponse du ministre. Ces
conventions entre intervenants politiques sont des «
précédents »151.
A proximité des instruments textuels ci-dessus
évoqués, existent d'autres instruments (Paragraphe II).
Paragraphe II : Dispositif de régulation des
interactions institutionnelles
L'on ambitionne sous cette fenêtre présenter les
instruments autres que ceux qui ressortent du juridisme, que le parlement
utilise pour effectuer le contrôle des politiques publiques. Ainsi, l'on
évoque la collaboration avec certaines institutions (A) ainsi que la
collaboration avec les experts (B).
A- Un dispositif de collaboration entre institutions : la
navette parlementaire et l'assistance du pouvoir judiciaire
Le pouvoir législatif est exercé par le
Parlement qui comprend deux chambres que sont l'Assemblée Nationale et
le SENAT, et ce parlement a pour mission de légiférer, de
contrôler l'action du Gouvernement. Il se réunit aux mêmes
dates152. On est tenté de croire qu'avec la création
du SENAT qui doit son existence matérielle à l'élection de
soixante-dix (70) sénateurs le 14 avril 2013, la nomination de trente
(30) autres par le Président de la République le 08 mai 2013
ainsi que l'adoption par cette nouvelle institution de son règlement
intérieur lors de la session de plein droit du 14 mai 2013 au 12 juin
2013, le constituant camerounais a instauré de façon sibylline
une sorte de collaboration qui aisément se traduit par la « navette
parlementaire » bien que ce terme n'ait pas été
expressément inscrit dans la constitution. Elle désigne la
succession de la transmission d'un Projet de loi ou d'une Proposition entre les
deux assemblées du parlement jusqu'à ce qu'elles soient mises
d'accord sur un texte. C'est le « va-
151Id, p. 24
152V. Art 14, de la loi n°96/06 du 18 janvier
1996 Portant révision de la Constitution du 02 juin 1972,
modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14
avril 2008
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 42
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
et-vient » entre les chambres, d'un Projet ou d'une
Proposition de loi sur lequel subsiste un désaccord jusqu'à ce
que ce texte soit voté en termes identiques par les deux
chambres153 . Il est important de noter que la navette parlementaire
dont on fait allusion ici concerne spécifiquement l'examen de la loi
étant donné que le constituant n'a pas prévu une navette
parlementaire en rapport avec l'activité de contrôle du
Gouvernement. Dans la pratique, cette collaboration se traduit par le fait que
les textes adoptés par l'Assemblée Nationales sont aussitôt
transmis au président du SENAT par son homologue de l'Assemblée
Nationale, puis le Président du Sénat, dès
réception des textes transmis par le Président de
l'Assemblée Nationale, les soumet à la délibération
du Sénat. Dans un délai plus ou moins bref, le SENAT peut soit
adopter le texte : Dans ce cas, le Président du Sénat retourne le
texte adopté au Président le l'Assemblée Nationale qui le
transmet dans les quarante-huit (48) heures au Président de la
République aux fins de promulgation ; soit apporter des amendements au
texte : dans ce cas les les amendements, pour être retenus, doivent
être approuvés à la majorité simple des
Sénateurs. Le texte amendé est retourné à
l'Assemblée Nationale par le Président du Sénat pour un
nouvel examen. Les amendements proposés par le Sénat sont
adoptés ou rejetés à la majorité simple des
Députés. Le texte adopté définitivement est
transmis par le Président de l'Assemblée Nationale au
Président de la République pour promulgation. Si le texte fait
l'objet d'un rejet intégral ou partiel, ce rejet doit être
approuvé à la majorité absolue des Sénateurs. Dans
ce cas, le texte en cause, accompagné de l'exposé des motifs du
rejet, est retourné par le Président du Sénat à
l'Assemblée Nationale, pour un nouvel examen. Ainsi l'Assemblée
Nationale adopte le texte à la majorité absolue de
Députés puis transmis au Président de la République
pour promulgation. Toutefois, en cas d'absence de majorité absolue, le
Président de la République peut provoquer la réunion d'une
Commission mixte paritaire chargée de proposer un texte commun sur les
dispositions rejetées par le Sénat et au cas où la
Commission mixte paritaire ne parvient pas à l'adoption du texte commun
ou si ce texte n'est pas adopté par l'une et l'autre Chambre, le
Président de la République peut : soit demander à
l'Assemblée Nationale de statuer définitivement. Soit
déclarer caduque le projet ou la proposition de loi154.
Aussi, « le réseau parlementaire est un mécanisme
informel et parallèle de contrôle des politiques publiques. Il est
établi par thématique et créé par décision
du PAN. C'est une sorte de collaboration qui permet à l'Assemblée
Nationale de faire une sorte de soft-power parlementaire. Elle donne
lieu
153 Idrys Sorel KAMO TIEKWE, « La navette parlementaire
au Cameroun », mémoire de master II en droit public,
Université de Douala, 2013-2014 p.6
154V. Art 30 de la loi n°96/06 du 18 janvier
1996 Portant révision de la Constitution du 02 juin 1972,
modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14
avril 2008
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 43
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
parfois à des débats très
intéressants aboutissant à des suggestions faites à
l'endroit de la sectorielle concernée. Le Ministre interpellé n'a
aucune obligation à en tenir compte »155.
L'assistance du pouvoir judiciaire, mieux sa collaboration
avec le Parlement par le biais de la Chambre des comptes de la Cour
suprême pour ne prendre que ce cas spécifique qui sied à
cet argumentaire, est « au coeur de la revalorisation du
contrôle parlementaire »156, en ce sens que le
constituant a donné la compétence à la Cour des comptes,
afin de pouvoir contrôler et statuer sur les comptes publics et ceux des
entreprises publiques et parapubliques. Elle statue souverainement sur les
décisions rendues en dernier ressort par les juridictions
inférieures des comptes. Elle connait de toute autre matière qui
lui est expressément attribuée par la loi157. En ce
sens, le Parlement a donc le loisir de s'appuyer sur la juridiction des comptes
pour l'exercice du contrôle parlementaire. Dès lors, les
commissions parlementaires en charge des questions des finances peuvent
demander à la juridiction des comptes la réalisation de toute
enquête sur la gestion des services (Ministère de l'Eau et de
l'Energie ...) ou organisme (Camwater, EDC, SCDP ...) qu'elle
contrôle158. Dans la pratique, le Ministère de l'Eau et
de l'Energie (MINEE) en rapport avec la gestion de son programme 442
intitulé : « Accès à l'énergie »
a fait l'objet d'un audit par la Chambre des Comptes de la Cour Suprême
pour l'exercice allant de l'année 2017 à 2021 et aux termes de ce
dernier, la Chambre suscitée a fait ressortir d'une part que : «
si la gestion matérielle et financière de ce programme est
appréciable en raison du respect du principe d'exécution du
budget et d'un recours marginal aux procédures dérogatoires, le
pilotage de ce programme a laissé entrevoir quelques faiblesses,
principalement l'absence de cohérence ou de synergie entre les
différents acteurs intervenant dans la chaîne d'exécution
des projets d'électrification (...). En termes de dotation
budgétaire, le programme 422 a consommé 171,2 milliards de FCFA
de crédit en 5 exercices, soit une moyenne de 34,2 milliards de CFA par
an, ce qui représente 17,9? des dépenses du MINEE. Cependant,
aucun crédit n'a financé l'action 3 (développement de
l'accès aux produits pétroliers et du gaz), qui a
été en réalité prise en charge de façon
massive pas d'autres organismes, notamment la CSPH »159 et
d'autre part que « la production des centrales solaires progresse dans
un contexte où la part globale des énergies renouvelables dans le
mix énergétique reste faible ; les subventions visant
à
155Entretien avec l'Honorable Cabral LIBI LI NGU
NGUE, relativement au guide d'entretien soumis dans le cadre du présent
travail (Siège du PCRN, Yaoundé, lundi 23 juin 2025 à
18H53)
156Pascal Jean, « le Parlement et la Cour des
comptes », Pouvoirs-Revue française d'études
constitutionnelles et politiques, 2013, le renouveau du Parlement,146,
p.113
157V.Art 41 de la loi n°96/06 du 18 janvier
1996 Portant révision de la Constitution du 02 juin 1972,
modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14
avril 2008
158V. Art 85(9) Loi N°2018 012 du 11 Juillet 2018
portant Régime Financier de l'Etat et des autres entités.
159Cf Examen de la gestion du Ministère de l'Eau et de
l'Energie, Exercice 2017-2021
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 44
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
promouvoir l'accès à l'énergie, qui
ne font pas partie du programme 422, ont pesé sur le budget de l'Etat
à hauteur de 670,9 milliards de FCFA entre 2017 et 2021 ; des
compensations opérées du fait de l'augmentation des moins
perçus sur produits pétroliers ;et le rapport de performance du
programme 422 et ses indicateurs de performance doivent être
remaniés »160. Elle y a adjoint des conclusions
à titre de recommandations qui peuvent fournir des
éléments au Parlement dans sa mission de contrôle des
politiques publiques dans le Sous-secteur Eau et Energie.
Le Parlement peut également et en tant que de besoin
peut recourir aux autres acteurs de la société (B).
B- Un dispositif de collaboration entre les acteurs de la
société
Les problématiques liés à la fourniture
de l'énergie électrique, l'approvisionnement en eau potable, en
produit pétroliers et gaziers sont des domaines qui font couler beaucoup
d'encre et de salive, surtout lorsque des difficultés surgissent dans le
Sous-secteur. En effet, si 'objectif du Parlement est de donner est de
vulgariser son action dans le contrôle parlementaire des politiques
publiques, il est de bon aloi que cette institution puisse nouer des relations
avec les médias ou encore les acteurs de la société
civile.
Considérés comme étant le
quatrième pouvoir, les médias sont des canaux et acteurs
importants dans la vulgarisation de certaines informations et même dans
la sensibilisation de l'opinion public. S'ils sont « souvent
évoqués dans les travaux des politiques publiques, ils sont
rarement au centre de l'analyse. Leur rôle est souvent décrit
comme celui d'un acteur des processus décisionnels, pesant sur la liste
des problèmes pris en charge par les pouvoirs publiques ou sur les
options politiques »161. Les catastrophes162
intervenues dans la fourniture en eau potable de Yaoundé a fortement
intéressé les médias163 autant publics que
privés au regard de l'engouement qui les caractérisent à
ce niveau. Les médias par leur capacité de recouvrement et de
diffusion d'informations ont fini par amener le Parlement à collaborer
avec eux dans le but de donner une visibilité leurs actions, en
occurrence, les questions orales et écrites, les débats en
commission, pour n'évoquer que ces cas. En d'autres termes, si le
désir vient au Parlement d'informer l'opinion nationale ou
internationale sur ses actions dans le domaine du contrôle des politiques
publiques dans le Sous-secteur Eau et Energie, celui-ci
160Id
161Laurie BOUSSAGUET, Dictionnaire des
politiques publiques, 5ème édition, SciencesPo
Les presses, 2019, p. 298
162Le 27 janvier 2025, une conduite d'eau (DN 800) de
la Camwater a violemment explosé au quartier Ngousso
163Ernest UNGUREANU, « l'influence sociale des médias.
Village médiatique, marchandise culturelle et souveraineté de la
communication au Quebec », In Cahiers de recherche sociologique,
n 23, 1994, pp.1-11
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 45
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
devra se rapprocher des médias qu'il juge
nécessaires et crédibles pour l'atteinte de cet objectif. L'on
peut dire que le rapprochement dont il est fait allusion ici se structure
à la fois au niveau de la couverture de évènements
organisés par le Parlement, mais aussi à travers la participation
des parlementaires aux émissions radiophoniques et
télévisuelles organisées par les médias dont la
ligne éditoriale corrobore avec les actions du Parlement. De plus, le
statut de « contrepouvoir »164 que
détiennent les médias dans la société interpelle
à plus d'un titre le Parlement dans sa mission
interventionniste165. On peut constater pour soutenir cet
argumentaire, davantage de présence des médias lors des sessions
parlementaires, dont le rôle est d'informer l'opinion sur ce qui se passe
au sein de la chambre basse.
Grace à leur capacité d'action166,
les organisations de la société civile font l'objet d'une
attention particulière de la part du Parlement. La capacité de
mobilisation de ces organisations de la société civile en faveur
de la défense d'une cause est un atout que le Parlement pourrait
utiliser afin de vulgariser son action dans le contrôle des politiques
publiques du Sous-secteur Eau et Energie.
Après la suppression des micros projets, la formule qui
a été retenue est de transformer ces derniers en droit de tirage,
de telles sorte que les Députés aient la possibilité de
tirer sur des lignes ou dans le cadre d'un programme qui comprend
l'étude ou la réalisation de certains projets éligibles
dans quatre (04) secteurs que sont : l'hydraulique, la santé,
l'éducation ; les arts et la culture. Car on estimait que la maturation
des projets amène le Député à entretenir un lien
social avec sa circonscription politique, toute chose qui explique et renforce
la collaboration entre le mandataire qu'est le peuple et le mandant qu'est le
Député167.
Pour conclure, le contrôle parlementaire des politiques
publiques appréhendé comme un instrument d'action a permis de
considérer ce contrôle comme un moyen à la disposition du
parlement pour agir dans le domaine des politiques publiques. Pour se faire, le
parlement mobilise des dynamiques qui sont d'une part de nature contraignantes
manifestées par la motion de censure et la question de confiance.
D'autre part, des dynamiques de nature non contraignantes telles que le
contrôle par les commissions, les questions écrites et les
questions orales sont également mobilisées. S'ajoute à cet
arsenal qui contribue au contrôle parlementaire des politiques publiques,
des instrument textuels à l'instar de la constitution et du
règlement
164David KESSLER, « les médias sont-ils un
pouvoir ? in Pouvoir, n 143, 2012, pp.105-112
165Bernard DANGLA, Jean GUILHAUMAUD, « comment
le rôle du parlement s'est-il affaibli ? » in Paysans et
société, n 377, 2019, pp 38-45
166Jean Marie FARDEAU, « le rôle de la
société civile » in revue projet, n 354, 2016, pp.68-72
167Entretien avec l'Honorable Engelbert ESSOMBA
BENGONO relativement au guide d'entretien soumis dans le cadre du
présent travail de recherche. Hôtel des Députés,
lundi 02 juin 2025 à 10H45
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 46
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
intérieur des chambres du Parlement ; des instruments
non textuels, notamment des usages et pratiques qui sont acceptées par
convenance. Ces pratiques répétées ne peuvent cependant
pas acquérir une force obligatoire ; elles ne peuvent par
conséquent pas faire jurisprudence, puisque le juge n'intervient pas
pour les constater. L'on s'est aperçu également que plusieurs
autres instruments actionnels permettent au Parlement de pouvoir davantage
contrôler les politiques publiques, en occurrence la collaboration avec
certaines institutions et acteurs de la société. Toutefois,
« le contrôle parlementaire pour l'heure est inefficace, il est
dans une certaine mesure inopérant car les objectifs assignés
audit contrôle sont de s'assurer de la régularité de ce qui
est contrôlé, de s'assurer que les objectifs assignés
à l'activité sont atteints. Ensuite, le contrôle doit
être assorti lorsque des irrégularités et anomalies ont
été observées, de sanctions ou de réparations
»168. « Tous ces mécanismes de
contrôle se heurtent aux pesanteurs et obstacles d'ordre politique
»169. En somme, ne conviendrait-il pas de questionner
l'influence du contrôle parlementaire ?
168Entretien avec l'Honorable Cabral LIBI LI NGUE
NGUE, relativement au guide d'entretien soumis dans le
cadre du présent travail de recherche. Siège du
PCRN, Yaoundé, lundi 23 juin 2025 à 18H53 169 Id

CHAPITRE II : LE CONTRÔLE PARLEMENTAIRE
DES POLITIQUES PUBLIQUES COMME INSTRUMENT D'INFLUENCE RÉCIPROQUE
DE LA DÉFINITION DES POLITIQUES PUBLIQUES
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 47
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 48
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Dans la mise en jeu du contrôle parlementaire des
politiques publiques, jaillit une logique d'influence qui se matérialise
par un rapport d'influence réciproque du Parlement sur le Gouvernement
(Section I) et du Gouvernement sur le Parlement
(Section II).
Section I : Le contrôle parlementaire : un cadre
de performance et performatif d'influence sur le Gouvernement
L'influence du Parlement sur le Gouvernement trouve sa chape
de plomb au travers d'une légitimation textuelle (paragraphe I) et se
concrétise par une pratique (paragraphe II)
Paragraphe I : La légitimation textuelle de
l'influence du Parlement sur le Gouvernement
La légitimation de l'influence du Parlement sur
Gouvernement se manifeste textuellement par le truchement de l'activité
législative (A) et du règlement intérieur de
l'Assemblée Nationale (B)
A- L'activité législative
La loi est un « texte adopté par le Parlement,
selon la procédure législative et dans le respect de la
constitution, puis promulgué par le Président de la
république »170. Le parlement en tant qu'organe
législatif et représentant le peuple, exerce un contrôle
sur l'activité gouvernementale171, contrôle que l'on
pourrait assimiler à une influence, fusse-t-elle positive ou
négative. Ainsi, à travers l'activité de
l'élaboration et du vote de la loi, le Parlement entre autres exerce une
approbation des politiques gouvernementales car il est le lieu où les
projets du Gouvernement sont débattus, amendés et votés.
Il a légitimité pour prendre des initiatives dans le domaine de
la loi, notamment dans le Sous-secteur Eau et Energie, cadre de notre
étude. En effet, l'activité parlementaire dans le Sous-secteur
est riche et abondante, en ce sens le Parlement a adopté et le
Président de la République a promulgué :
- la Loi 98/005 du 14 avril 1998 portant régime de
l'Eau, qui stipule que « la présente loi fixe, dans le respect
des principes de gestion de l'environnement et de la santé publique le
cadre juridique général du régime de l'eau
»172 ;
170 Olivier NAY, Lexique de Science Politique,
4ème édition, Editions Dalloz, 2017, p.628
171V. Art 14(2) loi n°96/06 du 18 janvier 1996
Portant révision de la Constitution du 02 juin 1972, modifiée et
complétée par la loi n°2008/001 du 14 avril 2008
172V. Art 1 de la Loi 98/005 du 14 avril 1998 portant
régime de l'Eau
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 49
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
- la Loi 2011/022 du 11 décembre 2011 régissant
le secteur de l'électricité au Cameroun, qui «
s'applique aux activités de production à partir de toute
source primaire ou secondaire d'énergie, de transport, de distribution,
de fourniture, d'importation, d'exportation et de vente de
l'électricité, réalisés par toute personne physique
ou morale sur le territoire camerounais »173 ;
- la Loi 2019/008 du 25 avril 2019 portant code
pétrolier, et « vise à promouvoir les activités
pétrolières sur l'ensemble du territoire camerounais et en fixe
les modalités de prospection, de recherche, de transport, de stockage,
d'exploitation et de traitement des hydrocarbures en amont...
»174 ;
- la Loi 2002/013 du 30 décembre 2002 portant code
gazier qui régit « le secteur gazier aval qui comprends les
activités de transport, de distribution, de transformation, de stockage,
d'importation, d'exportation et de vente du gaz sur le territoire national
»175 .
Par cette activé de législation fertile qui
encadre les domaines de l'Eau, de l'Electricité et du gaz, on est
à même de témoigner en attestant de la légitimation
textuelle de l'influence du Parlement sur le Gouvernement. Qui du
règlement (B) ?
B- Le règlement intérieur de
l'Assemblée Nationale
Au sens strict du terme, le règlement est
subordonné à la loi, il ne peut pas contredire la loi et c'est en
sens que l'on a convoqué l'activité réglementaire comme
moyen d'influence du Parlement sur le Gouvernement. Le règlement «
n'est en apparence que la loi intérieure des assemblées, un
recueil de prescriptions destinées à faire procéder avec
méthode une réunion »176. Au Cameroun, le
règlement intérieur de l'Assemblée Nationale est
régit par la loi 2024/016 du 9 septembre portant règlement
intérieur de l'Assemblée Nationale. Ce document définit et
encadre sans être exhaustif, les règles relatives :
- Au contrôle parlementaire de l'action du gouvernement
;
- Aux commissions générales ;
- Aux groupes parlementaires ;
- Aux procédures de vote ;
- Aux immunités parlementaires ;
173V. Art 1(2) de la V.Art 1 de la Loi 2011/022 du 11
décembre 2011 régissant le secteur de l'électricité
au
Cameroun
174V. Art 1 de la Loi 2019/008 du 25 avril 2019
portant code pétrolier
175V. Art 1 de la Loi 2002/013 du 30 décembre
2002 portant code gazier
176www.assemblee-national.fr
(consulté le 30/05/2025 à 13H08)
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 50
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
- Aux incompatibilités de mandat ;
- Aux propositions de loi et projets de loi.
Paragraphe II : La légitimation pratique : le
contrôle parlementaire comme activité politique
Dans la pratique, l'influence du Parlement sur le Gouvernement
se manifeste selon que l'on soit face à une situation de refus de la
confiance (A) ou face à la mise en cause du Gouvernement (B).
A- L'influence du Parlement en situation de refus de la
confiance au Gouvernement
Le refus de la confiance au Gouvernement est l'un des moyens
qu'a le Parlement pour influencer le Gouvernement. Il se manifeste par le refus
de la confiance. C'est une auto-initiative du Gouvernement qui débute
« lors de la session au cours de laquelle le projet de loi de finances
est examiné, le Premier Ministre présente à
l'Assemblée Nationale le programme économique, financier, social
et culturel du Gouvernement177. Cela renvoie « au cas
où le Premier ministre souhaite briser l'hostilité parlementaire
en lui posant une équation cruciale »178. Elle se
manifeste après délibération du conseil ministériel
qui donne quitus au Premier Ministre, Chef du Gouvernement qui dirige l'action
de celui-ci179, d'engager la responsabilité du Gouvernement
sur un programme ou sur une déclaration de politique
générale180. Dès lors, le Parlement peut
après cet engagement gouvernemental, refuser de lui donner sa confiance,
à la majorité absolue des membres de l'Assemblée
Nationale181 . Il s'en suit alors la remise par le Premier Ministre
de la démission du Gouvernement182. Cet état des
choses « vient préciser comme une obligation pour le Premier
ministre de remettre au président de la République la
démission du Gouvernement, lorsque l'Assemblée nationale adopte
une
177V. Art 34(1) de la loi n°96/06 du 18
janvier 1996 Portant révision de la Constitution du 02 juin 1972,
modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14
avril 2008
178Eric NGANGO YOUMBI, « Lorsque
l'Assemblée nationale adopte une motion de censure ou refuse la
confiance du Gouvernement, le Premier ministre doit remettre au
président de la République la démission du
Gouvernement...», in La constitution de la République du
Cameroun, sous la direction de Jean Louis ATANGANA AMOUGOU, l'harmatan,
2025, p.1133
179V. Art 12(1) de la loi n°96/06 du 18
janvier 1996 Portant révision de la Constitution du 02 juin 1972,
modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14
avril 2008
180V.34(2), Id
181Eric NGANGO YOUMBI, « Lorsque
l'Assemblée nationale adopte une motion de censure ou refuse la
confiance du Gouvernement, le Premier ministre doit remettre au
président de la République la démission du
Gouvernement...», in La constitution de la République du
Cameroun, sous la direction de Jean Louis ATANGANA AMOUGOU, l'harmatan,
2025, p.1133
182V.Art 34(5) de la loi n°96/06 du 18 janvier
1996 Portant révision de la Constitution du 02 juin 1972,
modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14
avril 2008
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 51
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
motion de censure ou refuse la confiance du Gouvernement
»183. Le Cameroun jusqu'à ce jour n'a pas
encore connu cette méthode constitutionnelle d'influence du Parlement
sur le Gouvernement bien que consacrée car « il y a un
défaut de pratique »184 , s'expliquant par le fait
que « depuis l'ouverture démocratique et à l'exception
de la législature résultant des législatives de mars 1992,
l'Assemblée nationale se caractérise par une majorité
présidentielle obèse, laquelle rend tout simplement inutile pour
le Premier ministre d'engager la responsabilité du gouvernement sur un
programme ou une déclaration de politique général
»185
Le constituant camerounais en sus du procédé
sus-évoqué a également évoqué comme moyen
d'influence, la mise en cause du Gouvernement (B)
A- L'influence du Parlement en situation de mise en cause
de la responsabilité du Gouvernement
L'influence du Parlement sur le Gouvernement se manifeste par
la mise en cause de la responsabilité de ce Gouvernement dont le
corolaire est le vote de la motion de censure. C'est une action par laquelle
l'Assemblée Nationale agit « indépendamment de toute
action du Premier Ministre »186. « La motion de
censure apparaît en effet comme une arme redoutable susceptible de
créer une instabilité gouvernementale. Le constituant
camerounais, tirant comme son homologue français les leçons de
l'instabilité chronique de la fin de la IIIe République et de la
IVe République, a veillé, pour reprendre une expression
chère à Mirkine Guetzevitch, à rationaliser cette arme
»187. « Il faut rappeler que c'est un
caractère du régime parlementaire que le gouvernement ne puisse
se maintenir sans la confiance du gouvernement : le vote de la motion de
censure est alors interprété comme une sorte de rupture de ban
qui implique naturellement la démission du Premier ministre et de son
gouvernement »188. Afin d'être recevable, la motion
de censure doit pour être recevable, doit189 :
183Eric NGANGO YOUMBI, « Lorsque
l'Assemblée nationale adopte une motion de censure ou refuse la
confiance du Gouvernement, le Premier ministre doit remettre au
président de la République la démission du
Gouvernement...», in La constitution de la République du
Cameroun, sous la direction de Jean Louis ATANGANA AMOUGOU, l'harmatan,
2025, p.1132
184Eric NGANGO YOUMBI, « Lorsque
l'Assemblée nationale adopte une motion de censure ou refuse la
confiance du Gouvernement, le Premier ministre doit remettre au
président de la République la démission du
Gouvernement...», in La constitution de la République du
Cameroun, sous la direction de Jean Louis ATANGANA AMOUGOU, l'harmatan,
2025, p.1134
185 Id, p.1134
186 Ib, p.1132 187Op. Cit, p.1131
188 Op cit, p.1132
189 V. Art 34(3) 41 de la loi n°96/06 du 18 janvier 1996
Portant révision de la Constitution du 02 juin 1972, modifiée et
complétée par la loi n°2008/001 du 14 avril 2008
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Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
- être signée par au moins un tiers des membres
de l'Assemblée Nationale, c'est-à-dire 60 Députés
sur les 180 siégeant à l'hémicycle. Le vote ne peut
intervenir moins de quarante-huit (48) heures après le
dépôt de la motion de censure.
- être adoptée à la majorité des
deux tiers soit 120 Députés sur 180 composants l'Assemblée
Nationale.
En cas de rejet de la motion de censure, les signataires ne
peuvent en déposer une nouvelle avant le délai d'un
an190. On peut estimer que ce délai d'attente «
s'apparente à un délai de réflexion et de tractations
eu égard à la gravité de la mesure de renversement du
gouvernement »191. Il est important de dire que lorsque
l'Assemblée Nationale refuse d'accorder sa confiance au Gouvernent, ce
dernier est tenu de démissionner192 et c'est ainsi donc que
« le vote de la motion de censure est alors interprété
comme une sorte de rupture de ban qui implique naturellement la
démission du Premier ministre et de son gouvernement
»193. « Au Cameroun l'impraticabilité de cette
disposition résulte surtout du fait majoritaire, dans la mesure
où l'opposition même réunie ne pourrait atteindre 1/3 des
membres de l'Assemblée nationale, nécessaire ne fût-ce
qu'à obtenir la recevabilité d'une motion de censure , ·
cela explique sans doute le fait qu'après une trentaine d'années
de pratique de la loi constitutionnelle du 18 janvier 1996, l'on n'ait pas
enregistré ne serait-ce qu'une initiative de motion de censure
»194. Dans son opérationnalisation, on convient de
constater pour le regretter avec Eric NGANGO YOUMBI195 que : «
cette possibilité pour l'Assemblée nationale d'adopter une
motion de censure au Cameroun comme en France (mais pour des raisons absolument
différentes) tende à rentrer en désuétude faute de
pratique », qui poursuit en disant qu'au « Cameroun
l'impraticabilité de cette disposition résulte surtout du fait
majoritaire, dans la mesure où l'opposition même réunie ne
pourrait atteindre 1/3 des membres de l'Assemblée nationale,
nécessaire ne fût-ce qu'à obtenir la recevabilité
d'une motion de censure , · cela
190V. Art 34(3) 41 de la loi n°96/06 du 18
janvier 1996 Portant révision de la Constitution du 02 juin 1972,
modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14
avril 2008
191Eric NGANGO YOUMBI, « Lorsque
l'Assemblée nationale adopte une motion de censure ou refuse la
confiance du Gouvernement, le Premier ministre doit remettre au
président de la République la démission du
Gouvernement...», in La constitution de la République du
Cameroun, sous la direction de Jean Louis ATANGANA AMOUGOU, l'harmatan,
2025, p.1131
192V. Art 34(5) de la loi n°96/06 du 18
janvier 1996 Portant révision de la Constitution du 02 juin 1972,
modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14
avril 2008
193Eric NGANGO YOUMBI, « Lorsque
l'Assemblée nationale adopte une motion de censure ou refuse la
confiance du Gouvernement, le Premier ministre doit remettre au
président de la République la démission du
Gouvernement...», in La constitution de la République du
Cameroun, sous la direction de Jean Louis ATANGANA AMOUGOU, l'harmatan,
2025, p.1132
194 Id, p.1133
195 Ib, p.1132
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 53
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
explique sans doute le fait qu'après une trentaine
d'années de pratique de la loi constitutionnelle du 18 janvier 1996,
l'on n'ait pas enregistré ne serait-ce qu'une initiative de motion de
censure. Cette impraticabilité amène certains
constitutionnalistes à douter du caractère parlementaire du
régime politique camerounais dans la mesure où le droit
constitutionnel ne pourrait ignorer la pratique constitutionnelle
»196.
Qu'il s'agisse du refus de la confiance au Gouvernement ou la
mise en cause de la responsabilité du Gouvernement par le vote d'une
motion de censure, la conséquence qui en découle est que le
Premier Ministre doit remettre au Président de la République la
démission de son gouvernement.
Comme le principe d'un vase communicant, le Gouvernement
exerce également une influence sur le Parlement (Section II).
Section II : Les logiques d'action marquant l'influence
du Gouvernement sur le Parlement
Le Gouvernement exerce une logique influente sur le Parlement.
Cette logique s'opère au travers de la mainmise du Gouvernement dans la
procédure parlementaire (Paragraphe 1)
Paragraphe I : La mainmise du Gouvernement dans la
procédure parlementaire
D'après la théorie de la séparation des
pouvoir, le parlement ou pouvoir législatif est une institution autonome
et indépendante au même titre que le pouvoir exécutif et le
pouvoir judiciaire. Toutefois, nous faisons le constat dans la pratique d'une
mainmise du Gouvernement dans le déroulement de la procédure
parlementaire. Celle-ci se caractérise d'une part au travers de la
primauté des Projets de loi sur les propositions de Loi (A) et sur la
présence du Gouvernement lors des travaux en Commission, la
détermination du domaine de la loi et des matières qui
ressortissent du pouvoir réglementaire, la promulgation de la loi
(B).
196Eric NGANGOU YOUMBI, « Lorsque
l'Assemblée nationale adopte une motion de censure ou refuse la
confiance du Gouvernement, le Premier ministre doit remettre au
président de la République la démission du
Gouvernement...», in La constitution de la République du
Cameroun, sous la direction de Jean Louis ATANGANA AMOUGOU, l'harmatan,
2025, p.1133
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 54
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
A- La primauté des Projets de loi sur les
propositions de loi
S'il est constitutionnellement consacré que
l'initiative des lois appartiennent concurremment au Président de la
République et aux membres du Parlement197, il convient de
dire que lorsqu'un texte est à l'initiative du Gouvernement, on parle de
Projet de loi, et, lorsque ce texte est à l'initiative du Parlement il
s'agit d'une Proposition de loi198. Cela dit et se
référant au texte constitutionnel camerounais, il ressort que
l'ordre du jour comporte « en priorité et dans l'ordre que le
Gouvernement a fixé, la discussion des projets de loi ou des
propositions de loi qu'il a acceptées »199. Cette
disposition consacre et sacralise en priorité, c'est-à-dire en
première partie, dans l'ordre que le Gouvernement a fixé, la
discussion des Projets de loi. Cependant, la même disposition
énonce ensuite que « les autres propositions de loi retenues
par la conférence des présidents sont examinées par la
suite »200. Cette disposition consacre pour sa part
implicitement en seconde partie de l'ordre du jour, la discussion des
Propositions de loi qui fait donc partie intégrante de ce que Corina
ADIDIGUE201 qualifie de « l'ordre du jour
complémentaire ». En rapport avec cet état des choses,
KAMO TIEKWE Idrys Sorel202 affirme « qu'il faut
néanmoins noter que l'initiative des lois est d'une très faible
efficacité car fortement monopolisée par le président de
la république. En effet, ce sont les projets de loi d'initiative
gouvernementale, bien plus que les initiatives des députés ou des
Sénateurs qui, sauf exception, débouche en règle
générale sur des textes finalement applicables. On assiste en
fait sur le plan pratique à une prépondérance des projets
de loi par rapport aux propositions et à une forte implication du
gouvernement (Président de la République au Cameroun) dans la
procédure législative ».
Cette primauté de l'exécutif par le biais de la
primauté des projets de Loi sur les Propositions de loi se manifeste
également par une présence de cet exécutif durant les
travaux en Commission, la détermination du domaine de la Loi et des
matières qui ressortissent du pouvoir réglementaire, la
promulgation de la Loi (B).
197V. Art 25 Loi n°96/06 du 18 janvier 1996
portant révision de la Constitution du 02 juin 1972, modifiée et
complétée par la loi n°2008/001 du 14 avril 2008
198Francis HAMON, TROPER, Droit constitutionnel,
30° édition, L.G.D.J, p.781
199V. Art 18(4), 23(4) Loi n°96/06 du 18
janvier 1996 portant révision de la Constitution du 02 juin 1972,
modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14
avril 2008
200 Id
201Corina Sonia ADIDIGUE, « l'ordre du jour
des assemblées parlementaires », Mémoire master II
droit public, Université de Yaoundé 2 Soa, 2018-2019, p.20
202Idrys Sorel KAMO TIEKWE « La navette
parlementaire au Cameroun », mémoire de master II en droit public,
Université de Douala, 2013-2014, pp.17-18
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 55
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
B- La présence du Gouvernement lors des travaux en
Commission
« Aucune affaire ne peut être soumise à
l'examen, aux délibérations et au vote de l'Assemblée
nationale sans avoir, au préalable, fait l'objet d'un rapport de la
commission compétente au fond »203. Il s'agit
là d'un souci d'organisation rationnelle du travail qui vise à
faire étudier et discuter dans des formations plus restreintes des
questions avant la séance publique. En effet, les organes de travail
sont constitués des commissions et des groupes parlementaires. Les
Présidents des commissions et groupes parlementaires sont membres de
droit de la Conférence des présidents et participent, de ce fait,
à l'établissement de l'ordre du jour et des mesures
d'organisation qui lui sont liées. Ils peuvent soumettre à la
conférence des présidents des propositions relatives à
l'ordre du jour. En principe, les chambres du parlement ne peuvent
délibérer sur une question qui n'est pas inscrite à
l'ordre du jour sans passer par ces commissions et groupes
parlementaires204. Les débats et autres discussions
liées ou en prélude au vote d'une loi sont l'oeuvre des
commissions telles qu'évoquées précédemment. A
titre illustratif, la loi 98/005 du 14 avril 1998 portant régime de
l'eau au Cameroun a fait l'objet de discussion en Commission, en occurrence la
Commission de la Production et des Echanges, avant son adoption par le
Parlement et sa promulgation par le Président de la République.
Durant les travaux de cette commission et se référant au texte
constituant camerounais205, le Premier Ministre et les autres
membres du Gouvernement ont accès au Parlement et peuvent participer aux
débats. Ce loisir qui est accordé non pas seulement au Premier
Ministre mais aussi à tous les autres membres du Gouvernement d'avoir
libre accès au Parlement ainsi qu'aux travaux via les débats,
consacre en légitimant la présence d'un organe :
l'exécutif, dans le champ d'action d'un organe censé être
autonome : le législatif. En ayant la possibilité de participer
aux débats, le Gouvernement oriente à sa guise et à son
avantage les discussions qui aboutissement majoritairement sinon toujours
à une adoption des textes taillés à la mesure du
Gouvernement.
Si le Parlement vote la loi et détermine les domaines
qui lui sont assujetties. Le constituant camerounais reconnait explicitement
qu'en dehors des domaines dont la compétence lui est reconnue, les
matières autres que celles de ce domaine sus-évoqué sont
du ressort du pouvoir réglementaire, dont l'exercice est attribué
au Président de la République. Ce qui de fait, limite par
ricochet le champ d'action du Parlement à certains domaines
spécifiés. Thomas d'Aquin
203Art 38 RIAN
204Corina Sonia ADIDIGUE, « l'ordre du jour
des assemblées parlementaires », Mémoire master II
droit public, Université de Yaoundé 2 Soa, 2018-2019, p.77
205V. Art 33 Loi n°96/06 du 18 janvier 1996
portant révision de la Constitution du 02 juin 1972, modifiée et
complétée par la loi n°2008/001 du 14 avril 2008
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 56
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
MBIDA ELONO206 en rapport avec cet état des
choses constate que « cette limitation exclut de l'examen par le
Parlement de tout texte n'entrant pas dans son champ matériel de
compétences » La loi après avoir été
votée est promulguée par le Président de la
République207.
Paragraphe II : L'uniformité partisane entre
les membres du Gouvernement et les parlementaires
L'uniformité partisane entre les membres du
Gouvernement et les parlementaires dont on fait allusion trouve sa traduction
par le fait majoritaire (A) ainsi que par la discipline du parti (B)
A- Fait majoritaire et l'objectivation du contrôle
parlementaire
Le fait majoritaire est « dans certains
régimes parlementaires, la situation dans laquelle certains
électeurs désignent une majorité de Députés
appartenant au même parti ou à la même coalition, qui assure
au Gouvernement un soutien permanent et ferme grâce à la
discipline parlementaire. En donnant d'importants moyens d'agir au chef de
l'exécutif jusqu'aux élections législatives suivantes, le
fait majoritaire fait disparaître les risques de l'instabilité
ministérielle, et par conséquent, contribue à la
stabilisation du système politique »208 . Ce fait
majoritaire a pour principal objectif la domination du Parlement par
l'exécutif dans tous les domaines relevant du législatif.
Concrètement, il revient de voir dans le fait majoritaire, le
déséquilibre des pouvoirs provenant de la force d'un parti
politique ou de plusieurs partis politiques alliés, et qui
détient la majorité au Parlement209. Dans la
perspective d'un Parlement dominé par une majorité, ce qui est
devenu traditionnel, l'on peut dire que le sort des choix politiques reviendra
à la formation politique qui domine sur les autres210. «
Le fait majoritaire est une entrave est au travail parlementaire.
Cependant, on ne peut pas le condamner car c'est la volonté du peuple
car ce qui ressort des urnes est la volonté dudit peuple. Lorsqu'un
parti politique domine, il a fait ce qu'il veut et c'est le peuple qui s'en
trouve
206Thomas d'Aquin MBIDA ELONO, « la loi est
voté par le Parlement », in La constitution de la
République du Cameroun, sous la direction de Jean Louis ATANGANA
AMOUGOU, l'harmatan, 2025, pp.928-929
207V. Art 26, Art 27, Art 08, Loi n°96/06 du
18 janvier 1996 portant révision de la Constitution du 02 juin 1972,
modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14
avril 2008
208Olivier NAY, Lexique de Science Politique,
4ème édition, Editions Dalloz, 2017, p. 442
209Edgar Patrick ABANE ENGOLO, « Inconsistance
du pouvoir constituant et péril de l'ordre constitutionnel. Le cas des
Etats d'Afrique Noire francophone », RADSP, Vol 5, n°9, Janvier-Juin
2017, p.25
210Id, p.26
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 57
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
préjudicié »211. Pour
l'Honorable Engelbert ESSOMBA BENGONO, « le fait majoritaire
résulte du fait que dans l'histoire des institutions publiques dont
l'Assemblée Nationale en particulier, l'on soit passé de la
souveraineté populaire à la souveraineté nationale. La
substitution de la dualité entre mandat représentatif-mandat
impératif s'est opérée au profit de la dualité
entre parti majoritaire-parti minoritaire. Ainsi, le fait majoritaire vient
neutraliser toute forme de mandat. C'est dont le parti majoritaire qui
dicte la loi et toute tentative de sortir du cadre défini par la
majorité devient frondeuse, y compris au sein même du parti
»212 . Il conclut en disant que le fait majoritaire est
« l'exaltation de l'omniprésence du parti politique dominant au
sein de l'Assemblée Nationale, il a des conséquences y compris
politiques »213.
Au Cameroun, le fait majoritaire s'avère être une
force de soutient pour le Gouvernement quand on sait que l'Assemblée
Nationale est constituée de cent quatre-vingt (180)
Députés214 et que la répartition des
sièges par partis politiques représentés au sein de
l'auguste chambre révèle pour le compte de la neuvième
législature (9ème ) par ordre décroissant que
le RDPC détient 148 Députés pour 82,22? ; SDF : 18
Députés pour 10? ; UNDP : 05 Députés pour 02,22? ;
UDC : 04 Députés pour 02,22? ; MDR : 01 Député pour
0,55? ; MRC : 01 Député pour 0,55?. Toutes choses qui confirment
et conforte une majorité absolue au RDPC en sus des
Députés issus des partis alliés au courant de la
législature suscitée. « Le fait majoritaire renforce le
verrouillage politique »215.
Tableau 2 : Répartition des
sièges (9ème) législature 2013-2019
|
Partis politiques
représentés à l'Assemblée
Nationale
|
Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC)
|
Social Democratic Front (SDF)
|
Union Nationale
pour la Démocratie et le progrès (UNDP)
|
Union Démocratique du Cameroun (UDC)
|
Mouvement
pour la
Défense de
la
République (MDR)
|
Mouvement
pour la Renaissance du Cameroun (MRC)
|
|
Nombres de
Députes
|
148
|
18
|
05
|
04
|
01
|
01
|
|
Pourcentage 100?
|
82,22?
|
10?
|
02,77?
|
02,22?
|
0,55?
|
0,55?
|
|
Nombre total
de sièges
|
180
|
Source : DDAR-AN, Auteur
211Entretien avec l'Honorable Cabral LIBI LI NGUE
NGUE, relativement au guide d'entretien soumis dans le
cadre du présent travail de recherche. Siège du
PCRN, Yaoundé, lundi 23 juin 2025 à 18H53
212Entretien avec l'Honorable Engelbert ESSOMBA
BENGONO, relativement au guide d'entretien soumis dans
le cadre du présent travail de recherche. Hôtel des
Députés, lundi 02 juin 2025 à 10H45 213Id
214V. Art 15(1) Loi n°96/06 du 18 janvier 1996
portant révision de la Constitution du 02 juin 1972, modifiée
et
complétée par la loi n°2008/001 du 14 avril
2008
215Entretien avec l'Honorable Engelbert ESSOMBA
BENGONO relativement au guide d'entretien soumis dans le
cadre du présent travail de recherche. Hôtel des
Députés, lundi 02 juin 2025 à 10H45
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 58
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Tandis que la répartition des sièges par partis
politiques représentés au sein de l'Assemblée Nationale
pour le compte de la dixième (10ème)
législature révèle par ordre décroissant pour sa
part que le RDPC détient 150 Députés pour 84,44? ; SDF :
04 Députés pour 2,22? ; PCRN : 05 Députés pour
02,77? ; UDC : 04 Députés pour 02,22? ; FNSC : 03
Députés pour 01,66? ; MDR : 02 Député pour 1,11? ;
UMS : 02 Députés pour 1,11? ; UNDP : 07 Députés
pour 03,88? ; pas de parti politique : 01 Député pour 0,55?.
Toutes choses qui confirment et conforte également une majorité
absolue au RDPC en sus des Députés issus des partis alliés
au courant de la législature suscitée.
Tableau 3 : Répartition des sièges
(10ème) législature 2019-2026
|
Partis politiques
représentés à l'Assemblée
Nationale
|
RDPC
|
SDF
|
PCRN
|
UDC
|
FSNC
|
MDR
|
UM S
|
UNDP
|
Pas de
Parti politiqu e
|
|
Nombres de
Députes
|
152
|
04
|
05
|
04
|
03
|
02
|
02
|
07
|
01
|
|
Pourcentage 100?
|
84,44?
|
02,22?
|
02,77?
|
02,22?
|
01,66?
|
01,11?
|
01,11 ?
|
03,88?
|
0,55?
|
|
Nombre total
de Sièges
|
180
|
Source : DDAR-AN, Auteur
Dans les pays comme la France, depuis que s'est
constitué un système de partis structurés au début
des années soixante, l'appui inconditionnel apporté au
Gouvernement et par-delà au Président de la République,
élu depuis 1962 au suffrage universel est devenu, le premier devoir et
la première fonction de la majorité parlementaire. Cette
exigence, qui ne faisait pas partie de la tradition française, est plus
ou moins facilement entrée dans les moeurs des partis majoritaires
successifs. En réalité, le Gouvernement émanant du
parlement, ce dernier ne sera pas tenté de voir dans le ministère
un ennemi. Bien au contraire il pourra se laisser entraîner par un
cabinet ayant les mêmes objectifs politiques que lui. C'est ainsi qu'il
pourra aisément et sereinement prendre l'initiative du budget, et des
lois, et qu'il discutera des projets gouvernementaux en
priorité216. Une majorité absolue des parlementaires
issues du parti RDPC permet à celui-ci d'asseoir aisément son
hégémon au sein de la Chambre basse et de verrouiller le
fonctionnement de cette dernière en s'opposant à des actions qui
ne rencontrent pas l'assentiment du Gouvernement ou de protéger les
intérêts de ce Gouvernement.
216 Corina Sonia ADIDIGUE, « l'ordre du jour des
assemblées parlementaires », Mémoire master II
droit public, Université de Yaoundé 2 Soa, 2018-2019, p.69
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 59
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Par objectivation dans le cadre de l'analyse du fait
majoritaire, l'on entend une sorte de « mécanisme de
distanciation entre le fait d'appartenir à un parti politique et le fait
de faire le travail parlementaire qui est une activité qui implique de
rendre compte à une population »217. Il s'agit pour
le parlementaire, d'une démarche qui le rend ou vise à le rendre
plus impartial, plus rigoureux et moins sujet aux seules considérations
partisanes, même face à l'existence d'un « fait
majoritaire ». Cela dit, malgré le fait qu'il y-ait une
domination du parti au pouvoir, il n'en demeure pas moins vrai qu'il y-ait des
Députés qui restent dans l'objectivation à tort ou
à raison. A l'Assemblée Nationale, « il y-a eu des cas
pas seulement en commission, où un Député malgré
les directives du parti majoritaire a quand même posé sa
candidature pour être président de la Chambre basse. Cela
n'était pas fait que pour amuser la galerie, mais plutôt pour
protester contre le carcan presqu'indémontable du parti, d'autant plus
que ce fut à une période où la rumeur circulait qu'au sein
de ce parti, ce n'est pas le Président dudit parti qui décide,
mais plutôt un groupuscule de personne »218.
B- Le respect de la discipline du parti par les
parlementaires
La discipline du parti est la position commune aux membres
d'un parti politique219. Le lexique de science
politique220 parle de « discipline de vote », et
fait savoir qu'il s'agit « dans les assemblées parlementaires,
de discipline par laquelle les membres d'un même groupe parlementaire
acceptent de se lier, en adoptant la position de vote qui s'est majoritairement
dégagée en son sein ». S'agissant de cette discipline
du parti, Lucie LECOMTE221 pense que « les électeurs
votent, en partie du moins, un parti politique sur la base de son programme et
ils s'attendent à ce que le parti et ses Députés le
mettent en oeuvre. A cet égard, l'intérêt des
Députés coïncide largement avec celui des partis. Les partis
comptent sur l'action concertée de leurs élus pour remplir leurs
promesses électorales. Les Députés pour leur part, tirent
des avantages certains de leur affiliation à leur parti lors des
élections ». « C'est le fait pour le
Député non pas de renoncer à exécuter ses missions.
La discipline devient nocive lorsqu'elle empêche au Député
de s'exprimer dans le cadre de l'exercice du mandat. La discipline ne
doit
217Prisca Hélène BISSOSOLI
(séance de travail relative à l'évolution du
présentent travail, Université de Yaoundé
II-Soa, le 23 mai 2025 à 11H 45
218Entretien avec l'Honorable Engelbert ESSOMBA
BENGONO relativement au guide d'entretien soumis dans le
cadre du présent travail de recherche. Hôtel des
Députés, lundi 02 juin 2025 à 10H45
219www.assnat.qc.ca
(consulté le 28/05/2025 à 18H02)
220Olivier NAY, Lexique de Science Politique,
4ème édition, Editions Dalloz, 2017, pp.324-325
221Lucie LECOMTE, « la discipline du parti et le
vote » Bibliothèque du Parlement, Ottawa, Canada, 2018, p.6
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 60
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
pas empêcher au Député d'apporter un
amendement. Il ne s'agit pas d'une prérogative réservée
uniquement aux Députés issus de l'opposition
»222.
Des développements supra, l'on comprend aisément
qu'il s'agit d'une forme de lien sacré entre les idées et
directives partisanes et l'élu. Une sorte de loyauté et de
fidélité qui se manifeste par le respect de la ligne
éditoriale du parti politique. Ce respect se présente donc comme
une « obligation morale pesant sur les élus
»223. En effet, si le constituant camerounais valide la
nullité du mandat impératif224, il ne demeure pas
moins vrai que le non-respect de la discipline du parti peut entraîner
des conséquences pour le Député qualifié
d'indiscipliné ou dont les faits sont qualitatifs d'indiscipline par ses
pairs du même bord politique ou par la hiérarchie de parti au sein
duquel il milite. « La discipline du parti est un frein au
contrôle parlementaire des politiques publiques
»225. La discipline du parti peut s'imposer à la
fois par des « moyens incitatifs : nomination des
députés loyaux à un poste de secrétaire
parlementaire, de ministre ou, dans des cas de partis d'opposition, de
porte-parole ; ou par des moyens punitifs, en reléguant les
députés insoumis aux comités perçus comme peu
prestigieux, en leur refusant l'occasion de voyager à l'étranger,
en leur interdisant de se présenter sous leur bannière aux
élections suivantes »226. L'Honorable Engelbert
ESSOMBA BENGONO pense que c'est le « Président du groupe
parlementaire qui permet de donner la situation de discipline de chaque
Député et de l'ensemble des Députés. C'est lui qui
peut renseigner le parti sur l'état d'esprit qui prévaut au sein
de l'Assemblée Nationale »227.
Au terme de ce chapitre dont l'épine dorsale
était de présenter le contrôle parlementaire des politiques
publiques comme un instrument d'influence, il a été apparu
nécessaire d'évoquer la réciprocité de ladite
influence. En premier lieu, l'on a convoqué l'influence du Parlement sur
le Gouvernement. Cette influence s'opérationnalise par une
légitimation textuelle à travers une activité
législative abondante ainsi que par le biais du règlement de
l'Assemblée Nationale. Dans la pratique, cette influence parlementaire
se traduit par le refus de la confiance ainsi que la mise en cause du
Gouvernement. Ensuite, l'on a fait allusion à l'influence du
Gouvernement sur le Parlement qui est caractérisé par la mainmise
gouvernementale dans la procédure
222Entretien avec l'Honorable Engelbert ESSOMBA
BENGONO relativement au guide d'entretien soumis dans le cadre du
présent travail de recherche. Hôtel des Députés,
lundi 02 juin 2025 à 10H45
223Dorothée REIGNER, « la fin de la
discipline partisane », revue Pouvoir 163, 2017, p.1
224V.Art 15(3) Loi n°96/06 du 18 janvier 1996
portant révision de la Constitution du 02 juin 1972, modifiée et
complétée par la loi n°2008/001 du 14 avril 2008
225Entretien avec l'Honorable Cabral LIBI LI NGUE
NGUE, relativement au guide d'entretien soumis dans le cadre du présent
travail de recherche. Siège du PCRN, Yaoundé, lundi 23 juin 2025
à 18H53
226 Lucie LECOMTE, « la discipline du parti et le vote
» Bibliothèque du Parlement, Ottawa, Canada, 2018, p.6
227Entretien avec l'Honorable Engelbert ESSOMBA BENGONO relativement
au guide d'entretien soumis dans le cadre du présent travail de
recherche. Hôtel des Députés, lundi 02 juin 2025 à
10H45
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 61
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
parlementaire ainsi que l'uniformité partisane entre
les membres du Gouvernement et les parlementaires.
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 62
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
CONCLUSION DE LA PREMIÈRE PARTIE
Le Parlement depuis la réforme constitutionnelle qui
est intervenue en janvier 1996, a consacrée un bicamérisme.
Cependant, la présente analyse s'est faite au tour de l'Assemblée
Nationale qui détient « le monopole » de l'activité
législative. Toutefois, ce parlement se révèle être
un instrument biface et essentiel dans le paysage des politiques publiques.
D'une part, il agit comme un véritable moteur et cadre de l'action
publique où les lois sont élaborées, votées, les
politiques publiques questionnées et les budgets alloués,
transformant ainsi les orientations politiques en réalités
concrètes. D'autre part, le Parlement est indéniablement un lieu
d'influence réciproque entre ce dernier et le Gouvernement. Des
procès observés par l'une ou l'autre chambre permettent à
celles-ci de manifester cette influence. Cette interaction dynamique entre
l'action et l'influence fait du parlement un acteur central et complexe, garant
de la démocratie représentative et de l'efficacité des
politiques publiques. Sa capacité à concilier les fonctions
d'action et d'influence des politiques publique est la clé de sa
légitimité et de son rôle irremplaçable dans la
gouvernance de l'Etat.

DEUXIÈME PARTIE : LE CONTRÔLE
PARLEMENTAIRE DANS LE SOUS-SECTEUR EAU ET ENERGIE. UN DISPOSITIF
D'ÉVALUATION DES POLITIQUES PUBLIQUES EN QUÊTE DE PERFORMANCE
?
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 63
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 64
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Dans l'approche séquentielle des politiques publiques,
l'évaluation (Chapitre III) constitue la dernière phase qui suit
logiquement la mise en oeuvre. Il s'agit d'une phase réflexive, au cours
de laquelle l'Etat ou d'autres acteurs publics ou privés produisent un
jugement sur les décisions prises par référence à
des critères d'efficacité et ou par rapport aux objectifs
initialement fixés. Cette évaluation dans le Sous-secteur de
l'Eau et de l'Energie est sujette à des enjeux (Chapitre IV).

CHAPITRE III : LE CONTRÔLE PARLEMENTAIRE
COMME DISPOSITIF D'ÉVALUATION DE LA PERFORMANCE DE LA POLITIQUE
PUBLIQUE DE L'EAU ET DE L'ÉNERGIE
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 65
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
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Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
L'évaluation des politiques publiques dans un domaine
spécifique à l'instar de celui du Sous-secteur Eau et Energie
postule l'existence de préalables et critères d'évaluation
parlementaire (Section I). Il fait appel à un certain type et acteur
dans cette évaluation (Section II). L'objectif de cette
évaluation est « de rechercher si les moyens juridiques,
administratifs ou financiers mis en oeuvre permettent de produire les effets
attendus de cette politique et d'atteindre les objectifs qui lui sont
assignés »228.
Section I : Le contrôle parlementaire et
critères d'évaluation des politiques publiques dans le
Sous-secteur Eau et Energie
L'on fait allusion sous cette coupole aux préalables
à l'évaluation parlementaire (Paragraphe I) ainsi qu'à la
typologie d'évaluation des politiques publiques (Paragraphe II)
Paragraphe I : Les préalables à
l'évaluation parlementaire des politiques publiques de l'Eau et de
l'Energie
Bien que le contrôle parlementaire soit « une
pratique vertueuse des politiques publiques, car se référant
à la constitution, on constate que le Parlement a une double fonction,
celle de légiférer et de contrôler l'action du
gouvernement, toute chose extrêmement importante pour l'équilibre
du pouvoir »229, on constate également que «
lorsque ce contrôle est défaillant on le voit bien
»230. Cependant, des préalables à
l'évaluation parlementaire des politiques publiques doivent être
observés. Ceux-ci concernent entre autres la mobilisation des ressources
cognitives par les parlementaires (A) et la compréhension de la
politique et des projets à évaluer (B).
A- La mobilisation des ressources cognitives par les
parlementaires
Par la mobilisation des ressources cognitives par les
parlementaires, l'on voudrait faire référence à l'ensemble
des processus mentaux et intellectuels qu'un Député mobilise et
détient afin de pouvoir accomplir à bon escient ses fonctions
législatives et de contrôle. Concrètement, il s'agit de la
manière dont ils utilisent les capacités de réflexion, de
compréhension, d'analyse, de mémorisation et de prise de
décision pour traiter une information, élaborer des politiques et
interagir avec les différentes parties prenantes. En cherchant à
s'intéresser au parcours des élus
228V. décret 90-82 du 22 janvier 1990 relatif
à l'évaluation des politiques publiques en France
229Entretien avec l'Honorable Engelbert ESSOMBA
BENGONO relativement au guide d'entretien soumis dans le
cadre du présent travail de recherche. Hôtel des
Députés, lundi 02 juin 2025 à 10H45 230Id
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 67
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
du peuple avant qu'ils n'entrent en assemblée,
c'est-à-dire les différentes formes de socialisation et
d'engagement qui ont précédé l'acquisition du mandat (
formation scolaire et universitaire, activités spirituelles, pratique
associatives, engagements syndicaux , militantisme politique etc...il devient
possible de repérer les lieux où les futurs représentants
ont pu par choix et/ou par imprégnation, se forger une conception propre
de la vie politique, acquérir un statut social, des savoirs qu'ils
utiliseront ensuite dans leur action politique231. «
Aujourd'hui, le parlement doit avoir des ressources humaines
renforcées, car lorsque l'on observe le nombre de haut cadre de
l'administration destinées au Parlement, on constate que ce n'est pas
encore suffisant, bien qu'appréciable. Le parlement doit pouvoir avoir
une forte machine administrative afin de pouvoir avoir le même niveau de
compétence et de réflexion que le Gouvernement et être donc
une sorte de contre-expertise face audit Gouvernement
»232. La mobilisation des ressources cognitives par les
parlementaires permet de non seulement d'avoir des Députés
compétents et outillés mais aussi de comprendre que l'institution
parlementaire est « le lieu où les élus mobilisent des
ressources, forgent de nouvelles compétences, acquièrent des
savoir-faire et des compétences techniques (en particulier sur les
politiques publiques) »233 , mais permet aussi de faire comprendre au
« Ministre maître d'ouvrage, qu'il ne peut pas tout faire
n'importe comment, au mépris des dispositions légales
»234. « Aujourd'hui on constate que des questions
de plus en plus alertes et pointues sont posés par les
Débutés aux membres du gouvernement »235.
Prenant le cas du Sous-secteur Eau et Energie, « dès lors que
les parlementaires se rendent que dans une zone où il existe une
multiplicité de coupures, qu'elles soient des coupures d'eau ou
d'énergie électrique ou alors des difficultés
d'approvisionnement en produits pétroliers, les Députés
posent des questions et le Ministre est tenu d'y répondre, il ne peut y
déroger. Désormais les membres du Gouvernement se
préparent conséquemment en prélude à leur passage
à l'Assemblée Nationale »236. Toute chose
qui renforce la nécessité d'avoir des parlementaires qui
mobilisent des ressources cognitives importantes. Si les capacités
cognitives ne sont pas mobilisées par les parlementaires, alors ils ne
pourront guère effectuer de façon efficace la noble tâche
qui est la leur.
Cela passe par la compréhension de la politique
publique à évaluer (B).
231Olivier NAY, « Le travail politique en
assemblée. Note sur un champ de recherche trop longtemps
déserté »,
Sociologie du travail (En ligne), Vol 45, n 04, 2003,
pp.537-554
232Entretien avec Monsieur Guy Siméon ETOUNDI,
Chef de la DEPC, MINEE, relativement au guide d'entretien
soumis dans le cadre du présent travail de recherche.
DEPC-MINEE, vendredi 13 juin 2025 à 17H38
233Olivier NAY, « Le travail politique en
assemblée. Note sur un champ de recherche trop longtemps
déserté »,
Sociologie du travail (En ligne), Vol 45, n 04, 2003,
pp.537-554
234Entretien avec Monsieur Guy Siméon ETOUNDI,
Chef de la DEPC, MINEE, relativement au guide d'entretien
soumis dans le cadre du présent travail de recherche.
DEPC-MINEE, vendredi 13 juin 2025 à 17H38
235Id
236Ib
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 68
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
B- La compréhension de la politique publique
à évaluer
La Commission de la production et des Echanges est celle qui a
la charge des problématiques Sous-secteur Eau et Energie. Il est
nécessaire pour les parlementaires en général et ceux de
la commission citée en référence de comprendre la
politique publique à évaluer pour des raisons évidentes,
notamment pour pouvoir assurer une évaluation pertinente et efficace car
sans connaissance de la politique, ses mécanismes, et son contexte,
l'évaluation court des risques d'être superficielle, mal
ciblée et, au final inefficace. Le parlementaire doit savoir ce qu'il
évalue afin de poser de bonnes questions et interpréter
correctement les résultats qui en découlent. En tant que
représentant du peuple237, le parlementaire a des
responsabilités démocratiques ainsi que de redevance. Ainsi, il a
le devoir de s'assurer que les politiques publiques mises en oeuvre
répondent aux besoins de la société et que les fonds
publics sont utilisés de façon responsable. Une bonne
compréhension leur permet d'exercer leur permet de mieux exercer un
contrôle et d'exiger des comptes au Gouvernement. Un parlementaire qui
comprend la politique évaluée est à même d'utiliser
les résultats de ladite évaluation pour modifier les lois
existantes, en proposer de nouvelles ou encore orienter le budget y
afférent. En démontrant une compréhension solide des
enjeux inhérents aux politiques publiques dans le domaine de l'Eau et de
l'Energie, le parlementaire gagne en crédibilité auprès de
ses pairs, du gouvernement, des experts et du public. Toute chose qui renforce
la légitimité du processus parlementaire d'évaluation.
Il existe des critères d'évaluation des
politiques publiques dans le Sous-secteur de l'Eau et de l'Energie (Paragraphe
II).
Paragraphe II : Le référentiel
d'évaluation des politiques publiques dans le Sous-secteur Eau et
Energie
L'évaluation parlementaire des politiques publiques est
loin d'être une lapalissade. Elle vise « à fournir aux
pouvoirs publics des outils pour rendre leur action plus efficace
»238 en en fonction des « conclusions de
l'évaluation, les décideurs pourront être amenés
à modifier une politique, à y mettre fin ou au contraire à
la généraliser »239. L'évaluation
parlementaire des politiques publiques « sert à accompagner la
transformation de l'intervention publique ;
237V. Art 2(1) Loi n°96/06 du 18 janvier 1996
portant révision de la Constitution du 02 juin 1972, modifiée et
complétée par la loi n°2008/001 du 14 avril 2008
238www.vie-publique.fr
(consulté le 18/06/2025 à 10H09)
239Id
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 69
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
rationnaliser les dépenses publiques ;
responsabiliser les décideurs publics : favoriser la participation
citoyenne au contrôle et à la fabrique des politiques publiques
»240. Celle-ci doit obéir à des
critères bien reconnus et communément acceptés par la
doctrine. L'on retiendra pour le cas d'espèce le critère
d'efficacité et d'efficience (A) et le critère de pertinence et
d'impact (B).
A- Le critère d'efficacité et
d'efficience
Ces critères ont pour but en ce qui de
l'efficacité, de mesurer les résultats obtenus obtenu au regard
des objectifs et met en évidence les rapports de causalité entre
les objectifs, implicites et explicites et les effets des actions publiques.
Tandis que l'efficience évalue le rapport entre les moyens mis en oeuvre
et les résultats de l'action publique.
Répondant de façon générale aux
critères sus-évoqués, le MINEE a mis sur pieds certains
programmes avec des actions et tâches spécifiques, en occurrence
:
- le programme 016 qui concerne l'offre en énergie.
Elle rassemble les actions telles que le développement des
infrastructures de production de l'énergie électrique ; le
développement des équipements de transport de l'énergie
électrique ; le développement des équipements de transport
et de stockage des produits pétroliers, du gaz et des biocarburants ;
- le programme 137 qui concerne l'accès à
l'énergie. Elle rassemble les actions telles que le développement
des infrastructures de distribution de l'énergie électrique ; le
développement des infrastructures de distribution des produits
pétroliers et des biocarburants ; la maîtrise de l'énergie
;
- Le programme 138 qui concerne à l'eau potable et
l'assainissement liquide. Elle rassemble des actions telles que le
développement des infrastructures de production d'eau potable ;
l'amélioration de l'accès à l'eau potable ;
- Le programme 139 qui concerne la gouvernance et l'appui
institutionnel dans le Sous-secteur Eau et Energie. Elle rassemble des actions
telles que la coordination et le suivi des activités de MINEE,
l'élaboration des documents de stratégies et techniques au MINEE
; la gestion budgétaire et financière au MINEE ; le
développement du système d'information statistique au MINEE ;
l'amélioration du cadre de travail au MINEE ; le développement
des ressources humaines au MINEE ; le contrôle et l'audit interne au
MINEE ; conseil juridique au MINEE ; communication et relation publique au
MINEE.
240Ib
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 70
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Les actions inscrites dans les programmes ci-dessus,
contiennent chacune des activités spécifiques qui sont inscrites
dès lors qu'elles sont maturent, dans le CDMT qui est la boussole du
MINEE pour chaque triennal. Cela justifie que les critères
d'efficacité et d'efficience sont respectés. Ainsi, lors du
passage du MINEE devant la Commission des finances et du budget, les membres de
dite Commission, lui adressent des questions qui vont dans le sens de savoir
comment fonctionne la politique publique ? les effets escomptés sont-ils
à la hauteur des objectifs ? peut-on faire mieux et comment ? A titre
illustratif, le PAEPYS porté par le MINEE est un projet dont l'objectif
est de répondre de lutter contre le manque d'accès à l'eau
potable, un enjeu majeur pour la santé publique et le
développement du Cameroun, en produisant un complément de 300.000
m3/jour d'eau potable au profit de la ville capitale et de ses
environs, dans sa première phase en fin 2023 et 400.000
m3/jour d'eau potable dans sa phase d'extension241. En
visite d'évaluation le 30 juin 2023, accompagné des membres du
Gouvernement, autorités administratives, du Directeur
Général de la CAMWATER, le Ministre de l'Eau et de l'Energie
Gaston ELOUNDOU ESSOMBA a annoncé un taux de réalisation dudit
Projet de l'ordre de 97?242
Il existe également un critère de pertinence et de
cohérence (B). B- Le critère de pertinence et de
cohérence
« Le contrôle parlementaire a un impact sur les
politiques publiques et cela n'est pas un débat car la peur du gendarme
est le début de la sagesse »243 . Le critère
de pertinence permet de vérifier si les objectifs visés par une
politique publique sont adaptés à la réalité
sociale, pendant que le critère de cohérence permet de
vérifier si la mise en oeuvre de la politique et les moyens sont en
adéquation avec les objectifs de la politique, notamment l'alignement du
projet à la SND30. Le « CDMT répond à ces
critères »244 et l'inscription des projets dans ce
CDMT qui est la boussole du MINEE au sujet des activités à mener
dans le Sous-secteur Eau et Energie correspond en d'autres termes la mise sur
agenda desdits projets. La mise sur agenda « désigne
l'étude et la mise en évidence de l'ensemble des processus qui
conduisent des faits sociaux à acquérir un statut de
problème public. Le plus souvent, la mise sur agenda appelle et
justifie
241www.minee.cm
(consulté le 16/06/2025 à 5H33) 242Id
243Entretien avec Monsieur Guy Siméon
ETOUNDI, Chef de la DEPC, MINEE, relativement au guide d'entretien soumis dans
le cadre du présent travail de recherche. DEPC-MINEE, vendredi 13 juin
2025 à 17H38
244Entretien avec Monsieur Narcisse MBENG ETOUNDI,
CEA1, CEP, MINEE, relativement au guide d'entretien soumis dans le cadre du
présent travail de recherche. DEPC-MINEE, vendredi 06 juin 2025 à
11H32
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 71
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
une intervention publique légitime sous la forme
d'une décision des autorités publiques, qu'elles qu'en soient la
forme (gouvernementale, législative, administrative) et la
modalité (mesures d'urgence, plan d'action à plus long terme,
loi, décision administrative ou financière, désignation
d'une commission etc) »245. Pour être inscrit dans
le CDMT, les « projets doivent avoir au préalable obtenus leur
visa de maturités et sacrifiés aux critères de pertinence
et de cohérence. Néanmoins, il peut arriver que pour des raisons
indépendantes, un projet soit inscrit sans visa de maturité dans
le CDMT mais passé un délai plus ou moins court, lorsque ledit
visa de maturité n'a pas toujours été
délivré, le projet est soustrait du CDMT
»246. Aussi, pour des raisons d'arbitrage « un
projet inscrit dans le CDMT peut également être soustrait pour un
autre projet jugé plus pertinent »247. De
manière concrète, « le CDMT est une programmation
triennale, elle sert à adresser les différentes
problématiques des départements ministérielles, en
occurrence le MINEE, pour une meilleure programmation des activités
à mener. Le CDMT se décline en trois articulations que sont : le
CDMT initial qui est une expression de la demande des besoins formulés ;
le CDMT ajusté qui lui se cadre en fonction des exigences du CBMT et
enfin le CDMT final qui est la mouture finale validée qui passe devant
l'examen de la Commission des Finances et du Budget de l'Assemblée
Nationale »248.
Des types et acteurs de l'évaluation parlementaires des
politiques publiques existent (Section II).
Section II : Typologie et dynamique actorielle
d'évaluation parlementaire des politiques publiques dans le sous-secteur
Eau et Energie
L'on fait allusion sous cet angle aux types
d'évaluation des politiques publiques (Paragraphe I)
ainsi que les acteurs de l'évaluation parlementaire des
politiques publiques dans le Sous-secteur Eau et Energie (Paragraphe
II).
Paragraphe I : Les types d'évaluation des
politiques publiques dans le Sous-secteur Eau et Energie à
l'oeuvre
« Les projets et actions
implémentés par le MINEE ne sont évalués que lors
des questions orales et écrites. Les parlementaires parcourent
également les Rapports Annuels de
245Laurie BOUSSAGUET, Dictionnaire des
politiques publiques, 5ème édition, SciencesPo
Les presses, 2019, p.49 246Entretien avec Monsieur Narcisse MBENG
ETOUNDI, CEA1, CEP, MINEE, relativement au guide d'entretien soumis dans le
cadre du présent travail de recherche. DEPC-MINEE, vendredi 06 juin 2025
à 11H32
247Id
248Ib
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 72
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Performance des administrations afin de pouvoir poser des
questions précises ou ciblées aux différentes
administrations »249. On distingue l'évaluation
ex-anté (A) et l'évaluation ex-post (B).
A- L'évaluation ex-anté des politiques
publiques
L'évaluation ex-anté des politiques publiques
est celle qui intervient avant la mise en oeuvre de cette politique. «
Elle intervient en aval de la mise en oeuvre du projet, au moment de la
conception du programme. Sa fonction est notamment de vérifier
l'adéquation des objectifs par rapports aux besoins, enjeux ou
problèmes à résoudre »250. C'est une
analyse prospective, dont l'objectif est d'estimer les effets potentiels d'une
politique avant qu'elle ne produise des impacts réels. En ce sens, l'on
peut dire que le parlement au cours de l'une de ses sessions « vote le
budget de l'Etat »251 à travers un examen des
projets de loi et des documents budgétaires dans le but de permettre au
Gouvernement par sectorielle, de pouvoir mener les activités qu'il a
prévu d'effectuer pour l'année n+1. Ainsi, chaque Chef de
département ministériel est appelé à
défendre le budget qui est le sien devant la Commission des finances et
du budget de l'Assemblée nationale. Cela offre aux députés
l'opportunité de discuter des grandes orientations des politiques
publiques et budgétaire pour l'année à venir ou le
triennat. Ils peuvent ainsi formuler des recommandations et des
préoccupations qui peuvent influencer l'élaboration finale du
budget ainsi que des politiques qui y sont associées. « Dans le
cadre de l'Eau et de l'Energie, le passage devant la Commission des finances et
du budget est un exercice retors car cette Commission va
généralement au-delà des dépenses qui sont
projetés pour la loi des finances à voter
»252 . Le MINEE, pour la réalisation des projets
dans le Sous-secteur Eau et Energie, « fait dans son allocution le
bilan pour l'année écoulée, présente aux membres de
la Commission des finances toutes l'activité de l'année n-1 et,
avec les niveaux des résultats au niveau des cibles et des indicateurs,
il décline ce qui a été fait, ce qui a bougé et ce
qui reste à améliorer. Cela suscite des débats entre les
membres de ladite Commission »253. En rapport avec cela,
le MINEE a sollicité et obtenu de la commission céans :
249Entretien avec Monsieur Guy Siméon ETOUNDI,
Chef de la DEPC, MINEE, relativement au guide d'entretien
soumis dans le cadre du présent travail de recherche.
DEPC-MINEE, vendredi 13 juin 2025 à 17H38
250www.eval.fr
(consulté le 17/06/2025 à 12H27)
251V. Art 16(2b) Loi n°96/06 du 18 janvier
1996 portant révision de la Constitution du 02 juin 1972,
modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14
avril 2008
252Entretien avec Monsieur Guy Siméon
ETOUNDI, Chef de la DEPC, MINEE, relativement au guide d'entretien
soumis dans le cadre du présent travail de recherche.
DEPC-MINEE, vendredi 13 juin 2025 à 17H38 253Id
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 73
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
- au titre de l'exercice 2025, est de 493 milliards 358
millions 500 mille FCFA en Autorisations d'Engagement (AE) et en Crédit
de Paiement (CP)254 ;
- en Autorisations d'Engagement (AE) à ouvrir au titre
de l'exercice 2024, est de 318 milliards 033 millions de FCFA et en
Crédit de Paiement (CP) destiné à couvrir la tranche
annuelle desdites Autorisations d'Engagement de 316 milliards 558 millions de
FCFA255 ;
- en Autorisations d'Engagement (AE) à ouvrir au titre
de l'exercice 2023, un montant de 285 milliards 276 millions de FCFA et en
Crédit de Paiement (CP) destiné à couvrir la tranche
annuelle desdites Autorisations d'Engagement, un montant de 284 milliards 814
millions de FCFA256 ;
- en Autorisations d'Engagement (AE) à ouvrir au titre
de l'exercice 2022, est de 238 milliards 150 millions de FCFA et en
Crédit de Paiement (CP) destiné à couvrir la tranche
annuelle desdites Autorisations d'Engagement de 244 milliards 563 millions
FCFA257 :
- en Autorisations d'engagement (AE) à ouvrir au titre
de l'exercice 2021, est de 228 milliards 482 millions 239 mille FCFA et en
Crédit de Paiement (CP) destiné à couvrir la tranche
annuelle desdites Autorisations d'Engagement de 226 milliards 084 millions 106
mille FCFA258 ;
- une allocation budgétaire d'un montant de 244
milliards 209 millions 500 mille francs CFA pour l'exercice 2020 259 ;
Le fait pour le MINEE de solliciter auprès du parlement
l'adoption de son budget, avant et afin de pouvoir obtenir les ressources
nécessaires pour ce faire, constitue en soi un mode d'évaluation
des politiques publiques ex-anté. Il ne s'agit guère d'une simple
pratique fantaisiste car les prises de parole du Chef de département
ministériel sont constitués d'éléments de langage
contenant pour la majorité des cas, des données qualitatives et
quantitatives tournant au tour des objectifs stratégiques du MINEE, de
l'état de mise en oeuvre des programmes de l'exercice en cours, et de la
présentation du projet de budget tel qu'évoqué
précédemment.
254Exposé de monsieur le ministre de l'Eau et
de l'Energie devant la commission des finances et du budget de
l'assemblée nationale, session de novembre 2024
255Exposé de monsieur le ministre de l'Eau et
de l'Energie devant la commission des finances et du budget de
l'assemblée national, session de novembre 2023
256Id, session de novembre 2022
257Ib, session de novembre 2021
258Op cit, session de novembre 2020
259Op cit, session de novembre 2019
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 74
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
B- L'évaluation ex-post des politiques publiques
Encore appelée évaluation d'impact ou sommative,
elle est réalisée à la fin d'une intervention publique,
c'est-à-dire lorsque le projet est arrivé à son terme.
Elle peut parfois être réalisée quelques années
après l'achèvement dudit projet afin de mieux apprécier
ses effets.260 « Dans le cadre du projet Natchigal, les
parlementaires sont allés visiter le site du barrage pendant la
construction. Cependant, le Gouvernement ne peut pas tout faire, il revient aux
parlementaires de s'approprier les projets et on ne peut pas interdire à
un parlementaire d'accéder à un site de projet gouvernemental
puisque ce sont ces partenaires qui ont validé dans le cadre de la loi
des finances, l'utilisation des ressources. Il leur revient également de
pouvoir voir comment est-ce que le projet est mis en oeuvre, de voir ce qui est
fait et d'adresser des rapports au Gouvernement avec des recommandations
»261. Bien que les projets implémentés par
le MINEE « fassent l'objet d'une évaluation par le Parlement,
il faut reconnaitre que celle-ci n'est pas une évaluation profonde car
elle reste superficielle »262. Dès lors, on peut
dire en rapport avec l'évaluation ex-post des politiques publiques, que
celles-ci se limitent majoritairement aux questions orales et écrites
adressées au MINEE. Les parlementaires n'effectuent pas toujours sinon
presque jamais des descentes sur les sites d'implémentations des projets
du Sous-secteur afin de toucher du doigt la réalité sur le
terrain, ils ne se rapprochent pas de l'administration du Ministère afin
d'avoir davantage des éléments matériels inhérents
à une évaluation ex-post, pourtant « les portes du MINEE
sont ouvertes et lorsqu'un parlementaire se signale au Cabinet du Chef de
département ministériel, immédiatement son audience est
organisé. Le Secrétariat Particulier s'en charge avec une
certaine célérité »263.
L'évaluation des politiques publiques est faite par des
acteurs (Paragraphes II)
Paragraphe II : Les acteurs de l'évaluation
parlementaire des politiques publiques dans le sous-secteur Eau et
Energie
En matière d'évaluation des politiques
publiques, on distingue d'une part les parlementaires comme étant des
acteurs visibles de l'évaluation des politiques publiques (A) et
260Programme Commun d'Appui à
l'Assemblée Nationale du Burkina Faso, « L'évaluation des
politiques publiques, guide pratique à l'attention de l'Assemblée
Nationale du Burkina Faso », Assemblée Nationale, 2020, p.25
261 Entretien avec Monsieur Guy Siméon ETOUNDI, Chef de
la DEPC, MINEE, relativement au guide d'entretien soumis dans le cadre du
présent travail de recherche. DEPC-MINEE, vendredi 13 juin 2025 à
17H38
262 Id
263 Ib
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 75
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
d'autre part, la mobilisation des experts comme acteurs
invisibles de l'évaluation parlementaire (B).
A- Les parlementaires comme acteurs visibles de mise
en scène de l'évaluation des politiques publiques
« Les parlementaires étant les
représentants du peuple, il est normal que ce peuple sache comment et
à quelles fins ses ressources sont utilisées, et parfois
comprendre pourquoi il existe un certain nombre de défaillances dans les
politiques publiques »264. Ainsi, l'intermédiaire
du peuple à même de pouvoir lui apporter des réponses en
lien avec ses préoccupations et dont il a reçu mandat est le
parlementaire. Cela fait de lui un acteur principal de l'évaluation des
politiques publique et, réchauffant au foyer du texte constituant
camerounais, en sus de légiférer, le parlementaire contrôle
l'action du gouvernement265, on peut donc subodorer qu'en effectuant
ce contrôle, le parlement par extension en fait une évaluation des
politiques publiques. Il « veille à la mise en oeuvre efficace
et efficiente des politiques publiques »266 . «
La nature essentielle du contrôle parlementaire se trouve dans la
possibilité de contester les objectifs et l'action de l'exécutif.
Il va de soi que le véritable office de l'assemblée
représentative n'est pas de gouverner, mais de surveiller et de
contrôler le gouvernement, de mettre en lumière toutes ses
actions, d'en exiger l'exposé et la justification quand ces actes
paraissent constables, de les blâmer s'ils sont condamnables,
d'évincer de leur emploi les hommes qui composent le gouvernement s'ils
abusent, de provoquer leur changement s'ils remplissent leur fonction de
façon contraire à la volonté de la nation
»267.
Il existe d'autres acteurs dans le processus
d'évaluation des politiques publiques (B).
B- La mobilisation des experts comme acteurs
invisibles de l'évaluation parlementaire
La nature scientifique et transdisciplinaire de
l'évaluation des politiques publiques implique de faire appel à
des experts de différents domaines à l'instar des
économistes, statisticiens, sociologues, experts dans le domaine faisant
objet de l'évaluation268 . Les experts
264Entretien avec Monsieur Guy Siméon
ETOUNDI, Chef de la DEPC, MINEE, relativement au guide d'entretien soumis dans
le cadre du présent travail de recherche. DEPC-MINEE, vendredi 13 juin
2025 à 17H38
265V. Art 14(2) Loi n°96/06 du 18 janvier 1996
portant révision de la Constitution du 02 juin 1972, modifiée et
complétée par la loi n°2008/001 du 14 avril 2008
266Jean Baptiste CHOUAMO, « Le Parlement
légifère et contrôle l'action du Gouvernement », in
La constitution
de la République du Cameroun, sous la
direction de Jean Louis ATANGANA AMOUGOU, l'harmatan, 2025, p. 665
267Id
268www.issai.org
(consulté le 16/06/2025 à 06H33)
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 76
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
de par leurs compétences, apportent de la rigueur et de
l'objectivité dans l'évaluation des politiques publiques. Il est
souvent fait appel à ces derniers afin de pouvoir effectuer de
façon indépendante et sans influence, des études capitales
et inhérentes à l'évaluation.
Les populations sont les bénéficiaires directs
de la politique publique implémentée. Leur témoignage et
ressenti vis-à-vis d'un projet public dans un environnement qui est le
leur est essentiel pour mesurer et comprendre l'adéquation de cette
politique à leur besoins immédiats, l'efficacité des
dispositifs mis en place et les effets inattendus en étant partie
prenante à des enquêtes, sondages, des entretiens ou encore des
discussions dans de groupes.
Au registre des institutions comme acteurs secondaire de
l'évaluation, l'on a la seconde Chambre du Parlement qu'est le SENAT.
Cette institution est un élément clé du renforcement du
contrôle parlementaire en ce sens que comme le stipule le texte
constituant, les lois sont déposées à la fois au Bureau de
l'Assemblée Nationale et au bureau du SENAT pour leur examen en
plénière, puis retournées à l'Assemblée
Nationale qui peut soit les rejeter, soit les adopter partiellement. De toute
occurrence, ce jeu de va et vient est appelé « navette
parlementaire »269 . A celle-ci, s'ajoute le pouvoir
judiciaire par le truchement de la Chambre des comptes de la Cour suprême
dont la compétence est de statuer et de contrôler les comptes
publics et ceux des entreprises publiques270.
Pour sortir de ce chapitre, il est intéressant de noter
que l'évaluation ex anté du contrôle parlementaire dans la
définition des problèmes publics dans le Sous-secteur Eau et
Energie assujetti à la prise en compte préalable de certains
critères par les parlementaires. Ceux-ci doivent avant tout rassembler
des ressources cognitives importantes, notamment intellectuelles,
matérielles et techniques qui sont importantes pour une
compréhension des politiques dont ils en assurent l'évaluation
car en cas de défaillance liées à la ressource cognitive
des parlementaires, il ne sera pas aisé d'effectuer un contrôle
efficace. Il en est de même également pour ce qui est de la
politique publique à évaluer car sans compréhension de
celle-ci, l'évaluation court des risques d'être superficielle. Des
critères s'avèrent donc indispensable à prendre en compte
pour l'évaluation des politiques publiques dans le Sous-secteur Eau et
Energie, notamment celui de l'efficacité et de l'efficience et celui de
la pertinence et de l'efficience. Enfin l'évaluation des politiques
publiques dans le Sous-secteur Eau est Energie
269V. Art 30 de la loi Loi n°96/06 du 18
janvier 1996 portant révision de la Constitution du 02 juin 1972,
modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14
avril 2008
270V.Art 41, Id
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 77
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
est l'oeuvre de plusieurs catégories d'acteurs en
même temps que celle-ci s'évaluent ex-anté et ex-post.

CHAPITRE IV : L'IMPACT MITIGÉ DU
CONTRÔLE PARLEMENTAIRE DANS LE PROCESSUS DE CONSTRUCTION DES
POLITIQUES PUBLIQUES EFFICACES ET EFFICIENTES DANS LE SOUS-SECTEUR DE L'EAU
ET DE L'ENERGIE
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 78
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 79
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Dans ce chapitre, l'on présente tout d'abord les
différentes contraintes auxquelles le contrôle parlementaire des
politiques publiques fait face (Section I) puis, l'on évoque les
perspectives à intégrer afin de rendre ce contrôle
davantage efficace (Section II).
Section I : Les contraintes structurelles du
contrôle parlementaire
L'on ambitionne sous cet angle d'évoquer des
difficultés rencontrées par les parlementaires dans leur action
de contrôle des politiques publiques. Ces dernières sont de deux
ordres, notamment endogènes (Paragraphe I) et exogènes
(Paragraphe II).
Paragraphe I : Les contraintes endogènes
Les contraintes endogènes renvoient aux
difficultés propres au Parlement par extension à la personne du
parlementaire. En ce sens, l'on convoque la problématique liée au
profil des parlementaires (A) ainsi que l'inadéquate adhésion des
parlementaires aux Commissions (B)
A- La problématique liée au profil des
parlementaires et l'absence des commissions de contrôle
Se réchauffant au foyer de la loi portant Code
électoral271, l'on constate que tout citoyen camerounais,
sans distinction de sexe, jouissant du droit de vote et
régulièrement inscrit sur une liste électorale,
âgé de vingt-trois (23) ans à la date du scrutin et sachant
lire et écrire français ou l'anglais272 peut
être candidats aux élections de Député à
l'Assemblée Nationale. En effet, cette disposition légale
démontre à suffisance le fait qu'en dehors du remplissage des
conditions d'âge pour les impétrants, de jouissance de
nationalité et des droits civiques et politiques, d'expression
écrite et orale en l'une des langues officielles, aucune condition ayant
un rapport au profil n'est exigible, d'autant plus que la même
disposition légale révèle comme inéligibles, «
les personnes qui de leur propre fait, ce sont placés dans une
situation de dépendance ou d'intelligence vis-à-vis d'une
personne, d'une organisation, d'une puissance étrangère ou d'un
Etat étranger. L'inéligibilité est constatée par le
Conseil constitutionnel dans les trois (03) jours de sa saisine, à la
diligence de toute personne intéressée ou du ministère
public »273. Cette disposition poursuit en disant que
« sont également inéligibles, et ne peuvent être
candidats aux
271Loi 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code
électoral, modifiée et complétée par la loi 2012/17
du 21 décembre 2012
272V.Art 156 de la loi 2012/001 du 19 avril 2012
portant Code électoral, modifiée et complétée par
la loi 2012/17 du 21 décembre 2012
273V.Art 158 (1) (2) de la loi 2012/001 du 19 avril
2012 portant Code électoral, modifiée et complétée
par la loi 2012/17 du 21 décembre 2012
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 80
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
élections des Députés à
l'Assemblée nationale, pendant l'exercice ce leurs fonctions et pendant
les six (06) mois qui suivent la cessation de ces fonctions par
démission, destitution, mutation ou de tout autre manière, les
personnels des services concourant à la défense et à la
sécurité du territoire, notamment de la sureté et de la
police, ainsi que les militaires et assimilés des forces armées
»274. Si ces critères sommes toutes inclusifs et
renforçant le sentiment d'unité nationale par ces temps où
le Cameroun est en proie à des velléités
sécessionnistes et autres tentatives de déstabilisation de l'Etat
par des voies anticonstitutionnelles, il ne demeure pas moins vrai que la
problématique liée au profil des parlementaires demeure
lancinante, car le risque d'avoir des Députés qui ne comprennent
et ne saisissent pas parfaitement la charge qui les incombent, la tâche
qui est attendu d'eux, est important bien que ceux-ci puissent
éventuellement être assisté et accompagné par leurs
pairs plus outillés académiquement et intellectuellement. A cela
se greffe donc un manque criard de culture de l'évaluation au sein du
Parlement dû certainement au fait que l'évaluation ne desserve les
intérêts partisans.
Pour un objet déterminé, notamment
d'intérêt national majeur, l'Assemblée Nationale peut
constituer des Commissions spéciales. Une résolution portant
création d'une Commission spéciale fixe la procédure
à suivre pour la nomination de ses membres275. Cependant, on
observe dans la pratique qu'une telle Commission n'a presque pas
été mise en place, excepté dans « l'affaire
relative à l'ancien MINTP, Dieudonné AMBASSA ZANG, qui est hors
du pays depuis lors »276. Et donc que le parlement n'a pas
décidé de la mise en place de cet outil de contrôle et
même d'information sur un sujet donné tel qu'évoqué
précédemment, d'ailleurs, « depuis bientôt sept
ans (07) aucune mission d'enquête parlementaire n'est descendue au MINEE
pour questionner le Chef de département ministériel sur telle ou
telle chose »277. En France par exemple, « depuis
1988, un droit de tirage annuel permettant l'inscription à l'ordre du
jour d'une proposition de résolution tendant à la création
d'une commission d'enquête a été reconnu
conventionnellement à chaque groupe politique et donc aux groupes
d'opposition. Ce droit de tirage qui était dans un premier temps
tombé en désuétude, a été renforcé et
consacré à la suite de la révision constitutionnelle de
2008 »278. La commission d'enquête dans ce pays a
« un droit de citation directe qui donne obligation aux personnes dont
l'audition est jugée
274V. Art 159(1), Id
275V. Art 31 RIAN
276Entretien avec l'Honorable Cabral LIBI LI NGU
NGUE, relativement au guide d'entretien soumis dans le cadre du présent
travail de recherche. Siège du PCRN, Yaoundé, lundi 23 juin 2025
à 18H53
277Entretien avec Monsieur Guy Siméon ETOUNDI,
Chef de la DEPC, MINEE, relativement au guide d'entretien soumis dans le cadre
du présent travail de recherche. DEPC-MINEE, vendredi 13 juin 2025
à 17H38
278www.assemblee-nationale.fr
(consulté le 16 juin 2025 à 17H30)
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 81
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
utile par elle de déférer à la
convocation qui leur est délivrée ; des pouvoirs
spécifiques attribués aux rapporteurs qui exercent leurs missions
sur place et sur pièces... »279.
B- Le contrôle parlementaire comme fenêtre
d'opportunité (l'adhésion inadéquate des parlementaires
aux Commissions et les ressources matérielles
limités)
Les Commissions parlementaires se forment au début de
chaque législature. Après l'élection du Bureau
définitif, l'Assemblée Nationale constitue neuf (09) commissions
générales composées en nombre égal de
Députés, pour l'étude des affaires qui lui sont
soumises280. Elles comprennent environs vingt (20)
Députés chacune ; élisent en leur sein un
président, un vice-président, un secrétaire et un ou deux
rapporteurs éventuellement. Le mandat de chacune de ses commissions est
renouvelable autant de fois que possible. En ce sens, l'Honorable Engelbert
ESSOMBA BENGONO affirme que c'est à ce niveau qu'intervient les partis
politiques car ce sont ces derniers qui fournissent les informations et
investissent les candidats, toute chose qui permettent d'avoir une application
très extensive de la constitution qui stipule que « les partis
politiques concourent à l'expression des suffrages
»281 . Cette disposition précédemment
citée, bien que ne renseignant suffisamment pas sur la composition des
commissions et les missions qui leurs sont assignés,
révèle simplement et sans plus de précisions que les
Députés sont repartis en nombre égal. On subodore à
la lumière de la disposition sus-évoquée que,
l'appartenance aux commissions en dehors du fait d'être égalitaire
pour chacune d'elles, n'est pas encadré par des critères
d'objectivité concourant au choix et à l'appartenance du
Député pour une Commission spécifique plutôt qu'une
autre. En d'autres termes, l'on voudrait évoquer que le fait
d'appartenir à une commission n'est pas dépendante des
compétences ou du profil du Député, car « le
choix d'appartenance aux commissions est fixé de façon
discrétionnaire par le groupe parlementaire »282,
les « affectations dans les Commissions ne tiennent pas compte des
profils, il s'agit d'un office arbitraire »283. Les
Commissions sollicitées au préalable par les parlementaires ne
sont pas toujours respectées. A titre illustratif, l'Honorable Engelbert
ESSOMBA BENGONO, Inspecteur du trésor de formation et ayant passé
toute sa vie dans les finances publiques, est membre de la commission
279www.assemblee-nationale.fr
(consulté le 16 juin 2025 à 17H30) 280V. Art 21
RIAN
281Entretien avec l'Honorable Engelbert ESSOMBA
BENGONO relativement au guide d'entretien soumis dans le cadre du
présent travail de recherche. Hôtel des Députés,
lundi 02 juin 2025 à 10H45
282 Id
283Entretien avec l'Honorable Cabral LIBI LI NGUE
NGUE, relativement au guide d'entretien soumis dans le cadre du présent
travail de recherche. Siège du PCRN, Yaoundé, lundi 23 juin 2025
à 18H53
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 82
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
des affaires sociales, culturelles et familiales284
tandis que l'Honorable Cabral LIBI LI NGUE NGUE, juriste de formation a
sollicité la Commissions des Finances et s'est plutôt
retrouvé à la Commissions des lois et
pétitions285. Néanmoins, la législature en
cours286 ayant perdu dix-et-sept (17) de ses membres287,
il n'est plus superfétatoire de voir un Député appartenir
à deux compétitions afin de pouvoir compléter l'effectif
de vingt (20) candidats/membres par commission, évoqué
supra288. « En dehors de la commission des finances qui est
une commission permanente donc la permanence lui donne une certaine sorte de
pouvoir que les autres commissions ne détiennent pas, y affecter tous
les meilleurs en finance, constituerait une sorte d'hégémonie
nocive pour les autres commissions, d'où la nécessité
d'équilibrer »289.
Relativement aux ressources matérielles, on voudrait
faire allusion aux moyens financiers mis à la disposition des
Députés pour faire le travail de contrôle des politiques
publiques qui est attendus d'eux car institutionnellement et
constitutionnellement consacrés. A cet effet, l'honorable Engelbert
ESSOMBA BENGONO fait savoir que « les Commissions ont un budget de
fonctionnement qui leur permettent d'effectuer leur travail, mais ce dernier
est très faible et très insignifiant car il y-a des commissions
qui couvrent sept à huit départements ministériels
»290 Il poursuit en disant « qu'il y-a des
commissions comme celle des affaires sociales, culturelles et familiales qui
couvre entre autres les ministères des Affaires Sociales, la Promotion
de la Femme et de la Famille, la Santé, les Arts et la Culture et qui
touchent à des secteurs sociétaux trop complexes qui vont
jusqu'à l'anthropologie, et ce sont des ministères
bénéficient du moins de ressources allouées alors que ce
sont ces derniers qui posent les plus graves problèmes
»291.
Aussi, « le travail des élus se complique avec
l'éclatement des centres d'autorité (résultant de la
décentralisation), le développement de
l'intergouvernementalité et la tendance à la contractualisation
des politiques publiques. La multiplication des guichets financiers, la
diversification des lieux de rencontre et de discussion, le brouillage des
compétences, le
284Entretien avec l'Honorable Engelbert ESSOMBA
BENGONO relativement au guide d'entretien soumis dans le
cadre du présent travail de recherche. Hôtel des
Députés, lundi 02 juin 2025 à 10H45
285Entretien avec l'Honorable Cabral LIBI LI NGUE
NGUE, relativement au guide d'entretien soumis dans le cadre du présent
travail de recherche. Siège du PCRN, Yaoundé, lundi 23 juin 2025
à 18H53
286Dixième (10 ème)
législature
28717 Députés
décédés à date
288Entretien avec l'Honorable Engelbert ESSOMBA
BENGONO relativement au guide d'entretien soumis dans le cadre du
présent travail de recherche. Hôtel des Députés,
lundi 02 juin 2025 à 10H45
289Id 290Ib
291Entretien avec l'Honorable Engelbert ESSOMBA
BENGONO, Op cit
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 83
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
développement des procédures de partenariat
et la création de territoire-projet ont des effets très sensibles
sur la conduite de l'action publique et, partant, sur le métier
d'élu »292.
Les contraintes endogènes ayant été
convoqués, l'on se tourne à présent vers les contraintes
exogènes (Paragraphe II).
Paragraphe II : Les contraintes exogènes
Par contraintes exogènes, l'on ambitionne de
présenter les difficultés externes, c'est-à-dire qui des
maux qui n'émanent pas du Parlement. En rapport avec ces
dernières, on a le non-respect de la procédure parlementaire par
le Gouvernement (A) ainsi que la maîtrise de l'ordre du jour (B).
A- Le non-respect de la procédure parlementaire par
le Gouvernement
Les commissions sont des formations intérieures du
Parlement qui ont un rôle essentiellement
préparatoire293. Elles ont pour missions de préparer
et de fournir à l'Assemblée Nationale des éléments
indispensables à sa prise de décisions294. Il existe
quatre (04) types de Commissions, notamment : les commissions
générales, les commissions ad hoc et les commissions
d'enquête. Chargées de la discussion au fond et de la mise en
forme définitive des textes soumis aux chambres du parlement, les
commissions générales sont composées de vingt membres
chacune, aucun sénateur ou député ne pouvant faire partie
de plus de deux commissions et les parlementaires non membres d'une commission
peuvent assister aux travaux de celle-ci sur autorisation du président
de la commission. Cela dit, la monopolisation de l'exécutif par le bais
du fait majoritaire dans le processus de formation des Commissions et des
Groupes parlementaires s'explique par le fait que le RDPC pour ne prendre que
les cas de la neuvième (9ème) et de la dixième
(10ème) législature, étant majoritaire avec
82,22? et 84,44? pour l'une et l'autre législature ci-dessus
évoquée, est le parti politique qui décide en
réalité de la tenue des séances de désignation des
commissions parlementaires. Les membres des Commissions parlementaires sont
élus au scrutin plurinominal et chaque parti représenté
à l'Assemblée Nationale désigne de manière autonome
qui de ses membres fait face au vote. Cependant, ce sont les décisions
du parti majoritaire qui est le RDPC qui sont entérinées en
séance plénière. In finé, étant donné
que ce soit le parti majoritairement représenté qui
arrête
292Olivier NAY, « Le travail politique en
assemblée. Note sur un champ de recherche trop longtemps
déserté », Sociologie du travail (En ligne), Vol 45, n 04,
2003, pp.537-554
293Pierre Flambeau NGAYAP, Le droit parlementaire
au Cameroun, Paris, Harmattan, 2017, p.86
294Pierre Flambeau NGAYAP, Id
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 84
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
les listes, on peut donc affirmer que ce dernier, vu qu'il est
une émanation du Gouvernement, agit dans la désignation des
commissions parlementaires à sa guise.
Il en est de même pour ce qui est de la formation des
groupes parlementaires à la faveur de l'exécutif. Dans la
pratique, on distingue trois types de groupes parlementaires que sont : «
le groupe majoritaire, qui soutient le gouvernement, les groupes
d'oppositions et les groupes minoritaires qui sont ceux qui n'ont pas
clairement dit qu'ils s'inscrivaient dans l'opposition
»295. Ce sont des ensembles de parlementaires
réunis par affinités politiques pour défendre des
idées communes au sein de l'assemblée. On les considère
comme la continuation parlementaire des partis politiques bien qu'en droit, il
n'existe pas de rapports entre les deux entités qui ressortissent
à des ordres juridiques différents296. Ainsi, les
membres d'un groupe parlementaire s'engagent généralement
à respecter la discipline de leur groupe lors des votes. Concernant les
commissions parlementaires, « aucune affaire ne peut être
soumise à l'examen, aux délibérations et au vote de
l'Assemblée nationale sans avoir, au préalable, fait l'objet d'un
rapport de la commission compétente au fond »297.
« Il s'agit là d'un souci d'organisation rationnelle du travail
qui vise à faire étudier et discuter dans des formations plus
restreintes des questions avant la séance publique
»298 . Le règlement intérieur de
l'Assemblée Nationale dispose qu'un groupe parlementaire doit être
constitué d'au moins quinze (15) Députés. Le monopole de
l'exécutif intervient dès lors au niveau de l'organisation des
groupes ainsi que des tractations visant à choisir les présidents
desdits groupes. « D'une part, l'essence parlementaire, assoie une
collaboration à sens unique au profit de l'exécutif dans la
désignation des présidents des commissions et groupes
parlementaires. Et d'autre part, la faible représentation des partis
minoritaires renforce l'influence et la marge de manoeuvre de l'exécutif
dans la désignation des présidents des commissions et groupes
parlementaires. Mais d'une façon générale, c'est au sein
des groupes parlementaires que sera décidée la candidature d'un
Député au sein d'un groupe ou commission quelconque
»299. Les députés peuvent s'organiser en
groupes par partis politiques. Aucun groupe ne peut comprendre moins de quinze
membres, non compris les députés apparentés300
. Dès lors, le RDPC étant le parti majoritaire pour la
législature en cours
295Corina Sonia ADIDIGUE, « l'ordre du jour des
assemblées parlementaires », Mémoire master II
droit public,
Université de Yaoundé 2 Soa, 2018-2019, p.80
296Pierre Flambeau NGAYAP, Le droit parlementaire
au Cameroun, Paris, Harmattan, 2017, p.83
297Art 38 RIAN
298Corina Sonia ADIDIGUE, « l'ordre du jour des
assemblées parlementaires », Mémoire master II
droit public,
Université de Yaoundé 2 Soa, 2018-2019, pp.76-77
299Corina Sonia ADIDIGUE, « l'ordre du jour des
assemblées parlementaires », Mémoire master II
droit public,
Université de Yaoundé 2 Soa, 2018-2019, p. 77
300V.Art 20(1) RIAN
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 85
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
et celle qui l'a précédée ainsi qu'on l'a
évoqué précédemment, ne fait aucune place aux
partis qui ne partagent pas sa vision à l'Assemblée Nationale.
« Aucune concession n'est faite à l'opposition, qui même,
lorsqu'elle semble proposer des lois favorables à tous, est
obligé de subir le diktat du parti majoritaire aux sein des
assemblées parlementaires. A l'opposé de cela, tous les projets
de loi de la majorité passent comme une lettre à la poste
»301. Le monopole de l'exécutif par le biais du
fait majoritaire dans la formation des groupes parlementaire se manifeste par
le fait que « les groupes parlementaires favorables au parti dominant
participent à la mise en place des commissions en adressant aux
différents présidents des deux chambres la liste
électorale de leurs membres dans les différentes commissions. La
perte de la qualité de membre dans un groupe entraine
immédiatement la perte des privilèges perçus à ce
titre et en particulier le statut de membre d'une commission où il a
été désigné par le groupe. A l'ouverture de la
session de mars, donnant lieu au renouvellement du bureau de l'assemblée
nationale, les députés du parti majoritaire reçoivent des
consignes de vote du président national. De même, le fait
majoritaire se manifeste dans la mesure où le groupe parlementaire
dominant les assemblées échange également avec les
ministres avant le début de la défense des enveloppes
budgétaires »302.
La maîtrise de l'ordre du jour à
l'Assemblée Nationale par le Gouvernement ne constituerait-elle pas
également une contrainte exogène au contrôle parlementaire
?
A- La maîtrise prioritaire de l'ordre jour à
l'Assemblée Nationale par le Gouvernement
« L'ordre du jour comporte en
priorité et dans l'ordre que le Gouvernement a fixé, la
discussion des projets de loi ou des propositions de loi qu'il a
acceptées. Les autres propositions de loi retenues par la
Conférence des Présidents sont examinées par la suite
(...) L'urgence est de droit lorsqu'elle est demandée par le
Gouvernement »303. Cette disposition constitutionnelle
donne l'opportunité de faire le constat analytique d'une sorte de «
dichotomie »304 qui met en
301Corina Sonia ADIDIGUE, « l'ordre du jour
des assemblées parlementaires », Mémoire master II
droit public, Université de Yaoundé 2 Soa, 2018-2019, p.88
302 Corina Sonia ADIDIGUE, « l'ordre du jour des
assemblées parlementaires », Mémoire master II
droit public, Université de Yaoundé 2 Soa, 2018-2019, p.80
303V. Art 18(4)(5) de la loi n°96/06 du 18
janvier 1996 portant révision de la Constitution du 02 juin 1972,
modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14
avril 2008
304Serge NGUEFACK, « L'ordre du jour comporte
en priorité et dans l'ordre que le Gouvernement a fixé, la
discussion des projets de loi ou des propositions de loi qu'il a
acceptées. Les autres propositions de loi retenues par la
Conférence des présidents sont examinées par la suite.
Lorsque, à l'issue de deux sessions ordinaires, une proposition de loi
n'a pu être examinée, celle-ci est de plein droit, examinée
au cours de la session ordinaire suivante...», in La constitution de
la République du Cameroun, sous la direction de Jean Louis ATANGANA
AMOUGOU, l'harmatan, 2025, p. 794
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 86
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
exergue un ordre du jour prioritaire que fixe le Gouvernement
et un ordre du jour secondaire fixé par le parlement via la
Conférence des Présidents. Ainsi, le Gouvernement maîtrise
à sa guise le fonctionnement de l'Assemblée Nationale par un
ordre du jour qu'il fixe en priorité et dont il notifie par la suite
l'Assemblée Nationale qui est par conséquent tenue s'y soumettre.
La fixation prioritaire de l'ordre du jour par le gouvernement, exerce une
sorte de contrainte exogène au contrôle parlementaire des
politiques publiques car c'est l'exécutif qui devient le mettre
d'orchestre dans l'activité législative qui en principe devrait
être autonome du fait de la séparation des pouvoirs.
L'Assemblée Nationale dès lors devient un organe fragile dans sa
propre compétence qui est celle de légiférer et de
contrôler l'action du Gouvernement305. Avec la «
domination écrasante du parti au pouvoir à
l'Assemblée, la fixation prioritaire de l'ordre du jour par le
gouvernement, accentue l'emprise que peut avoir l'exécutif sur le
législatif au Cameroun en permettant au premier de contrôler
l'exercice du droit d'initiative en matière législative. Ainsi,
le gouvernement dispose de la possibilité de contraindre
l'Assemblée à étudier dans l'ordre qu'il a fixé les
projets de loi déposés par lui et les propositions de loi
acceptées par lui »306.
S'agissant de l'ordre du jour secondaire, il est fixé
par la Conférence des présidents. Sous la présidence des
présidents des deux Chambres du parlement, la conférence des
présidents a pour rôle d'établir le calendrier de travail
par séance de l'assemblée nationale et du sénat, de
décider l'organisation de la discussion générale des
textes importants, de l'inscription à l'ordre du jour d'un vote sans
débat, de l'inscription des questions orales ou des demandes de pouvoir
d'enquête. Elle juge également de la recevabilité des
contre-projets de lois et organise les débats en
plénière307. Au Cameroun, la Conférence des
présidents est une émanation du parti au pouvoir, donc du fait
majoritaire. A ce niveau, le Gouvernement étend également son
monopole et verrouille toute la procédure de discussion. « Le
volume de cet ordre du jour est largement dépendant du gouvernement par
la liberté dont ce dernier dispose d'étendre à son
gré l'ordre du jour prioritaire. En d'autres termes, la latitude dont
dispose le gouvernement d'étendre à son gré l'ordre du
jour prioritaire lui permet de bloquer ou d'empêcher l'étude de
propositions
305V. ART 14(2) de la loi la loi n°96/06 du 18
janvier 1996 portant révision de la Constitution du 02 juin 1972,
modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14
avril 2008
306Serge NGUEFACK, « L'ordre du jour comporte
en priorité et dans l'ordre que le Gouvernement a fixé, la
discussion des projets de loi ou des propositions de loi qu'il a
acceptées. Les autres propositions de loi retenues par la
Conférence des présidents sont examinées par la suite.
Lorsque, à l'issue de deux sessions ordinaires, une proposition de loi
n'a pu être examinée, celle-ci est de plein droit, examinée
au cours de la session ordinaire suivante...», in La constitution de
la République du Cameroun, sous la direction de Jean Louis ATANGANA
AMOUGOU, l'harmatan, 2025, p. 794-795
307V. Art 26, 27, 28, 31(2) RIAN
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 87
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
de loi qui n'auraient pas ses faveurs ou des débats
sur des questions sensibles dont l'évocation pourrait être
préjudiciable à son action »308.
Dans le cadre du contrôle parlementaire des politiques
publiques, on assiste à une performance relative de l'action
parlementaire (Section II) afin de rendre cette action on ne peu plus
efficace.
Section II : L'action parlementaire sur les politiques
publiques de l'eau et de l'énergie : quelles perspectives pour de
meilleure performance ?
Les perspectives envisageables dans le cadre du contrôle
parlementaire des politiques publiques concernent l'institution parlementaire
(Paragraphe I) ainsi que le MINEE (Paragraphe
II).
Paragraphe I : Les perspectives propres à
l'institution parlementaire
Dans ce cadre, l'on voudrait évoquer les leviers sur
lesquels l'institution parlementaire pourrait s'appuyer afin de pouvoir
être à même d'effectuer avec plus d'efficacité et
d'efficience les missions qui sont les siennes, et spécifiquement celles
qui sont du ressort du contrôle parlementaire des politiques publiques.
En ce sens, on évoque et propose sans prétendre à
l'exhaustivité, sans avoir la prétention de détenir la
science infuse, le recours aux experts indépendants, le renforcement des
capacités des parlementaires et l'obligation de faire le terrain (A)
ainsi que l'augmentation des moyens logistiques et financiers (B).
A- Le recours aux experts indépendants par le
Parlement, le renforcement des capacités des parlementaires et
l'obligation de faire le terrain
Le recours aux experts indépendants par le Parlement
est un atout qui permettrait aux Députés de concourir
efficacement à la maturation des projets portés par les
administrations sectorielles telles que le MINEE. L'honorable Engelbert ESSOMBA
BENGONO soutient ce point de vue en disant que : « l'idéal
serait effectivement que les parlementaires concourent
308Serge NGUEFACK, « L'ordre du jour comporte
en priorité et dans l'ordre que le Gouvernement a fixé, la
discussion des projets de loi ou des propositions de loi qu'il a
acceptées. Les autres propositions de loi retenues par la
Conférence des présidents sont examinées par la suite.
Lorsque, à l'issue de deux sessions ordinaires, une proposition de loi
n'a pu être examinée, celle-ci est de plein droit, examinée
au cours de la session ordinaire suivante...», in La constitution de
la République du Cameroun, sous la direction de Jean Louis ATANGANA
AMOUGOU, l'harmatan, 2025, p.795
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 88
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
efficacement à la maturation des projets
»309. Il poursuit en faisant savoir que « au
cours de l'année législative 2022, les micro-projets
parlementaires ont été supprimés. Il a été
dit aux parlementaires pour justifier cet état de chose, que ceux-ci ne
peuvent être à la fois ceux qui exercent des missions de
contrôles et être dans l'exécution. La dotation
allouée aux micro-projets parlementaire a été
modifiée en dotation d'appui politique »310. La
conséquence de tout ceci est que « l'enveloppe allouée
en guise d'appui politique aux Députés est utilisée pour
faciliter la collecte de l'information, la collecte des besoins des populations
à la base, la structuration à la formulation de ces besoins, de
manière à ce qu'ils puissent figurer dans la discussion
organisée par le parlement lors du débat d'orientation
budgétaire qui a lieu a la session du mois de juin de chaque
année. Ainsi, le Député devrait venir audit
débat muni des projets dont la maturation est très avancée
et ou achevée car le budget de l'Etat ne prenant pas des idées de
projets mais plutôt des projets maturés. Il y-a donc là un
travail en amont qui a besoin d'une collaboration car le Député
doit pour se faire s'entourer des ingénieurs et autres
spécialistes, solliciter l'expertise des cabinets
»311, pourquoi ne pas s'entourer des « experts
dans le domaine de l'Eau et de l'Energie de telle sorte que lorsque que le
Gouvernement est interpellé en rapport avec ce Sous-secteur, que ces
experts ou fonctionnaires du Parlement puissent interagir y compris aux plans
techniques avec les acteurs du Gouvernement »312.
Le renforcement des capacités des parlementaires
pourrait se matérialiser par l'organisation des
conférences-débats et autres séminaires de formation ou
séminaires de renforcement de capacité des parlementaires par le
truchement en autre de l'IUP313 qui « favorise la
diplomatie parlementaire et donne aux parlements et aux parlementaires les
moyens de promouvoir la paix, démocratie et le développement
durable dans le monde »314. C'est une organisation
mondiale qui promeut une gouvernance, des institutions et des valeurs
démocratiques, de concert avec les parlements et parlementaire afin de
faire ressortir et de répondre aux aspirations des citoyens. Elle oeuvre
pour la paix, la démocratie, les droits de l'homme,
l'égalité des sexes, l'autonomisation des jeunes, l'action
climatique et le développement durable grâce au dialogue
politique, la coopération et l'action parlementaire315.
309Entretien avec l'Honorable Engelbert ESSOMBA
BENGONO, relativement au guide d'entretien soumis dans
le cadre du présent travail de recherche. Hôtel
des Députés, lundi 02 juin 2025 à 10H45
310Id
311Entretien avec l'Honorable Engelbert ESSOMBA
BENGONO, relativement au guide d'entretien soumis dans le cadre du
présent travail de recherche. Hôtel des Députés,
lundi 02 juin 2025 à 10H45
312Entretien avec Monsieur Guy Siméon
ETOUNDI, Chef de la DEPC, MINEE, relativement au guide d'entretien
soumis dans le cadre du présent travail de recherche.
DEPC-MINEE, vendredi 13 juin 2025 à 17H38 313Organisation
mondiale des parlements nationaux fondée en 1889
314www.iup.org
(consulté le 04 juin 2025 à 17H45)
315www.iup.org
(consulté le 04 juin 2025 à 17H45)
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 89
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Au-delà des réunions statutaires, l'UIP chaque
année procède à des programmes de formation en
matière de démocratie, de bonne gouvernance ou encore des droits
de l'homme. Elle accompagne les parlements dans de telles initiatives. Dans la
pratique de l'Union, les intitulés des formations varient et tiennent
également compte des objectifs des partenaires. Ainsi, l'on a des
symposiums, des séminaires et des conférences-débats. Si
les symposiums (colloques) permettent aux parlementaires et non parlementaires
de se rencontrer aux mêmes pieds d'égalité tout en mettant
un accent sur la discussion et les échanges d'expériences, les
séminaires quant à eux représentent des réunions de
professionnels pour l'étude d'une ou plusieurs questions
précises. Enfin, les conférences désignent à la
fois des échanges de points de vue entre deux ou plusieurs personnes,
des réunions de représentant de plusieurs Etats en vue de
régler une question d'ordre international. On pourrait évaluer la
participation des délégations parlementaires camerounaises aux
différentes formations de l'UIP à un taux de 85X. De même,
en ce qui concerne les initiatives du parlement camerounais, l'UIP
n'hésite pas à lui porter assistance afin que ce dernier se
réalise, tout en exigeant en retour des supports audiovisuels et afin de
témoigner de la tenue effective desdites initiatives316. Le
Parlement doit être renforcé en termes de ressources humaines et
« avoir une machine administrative forte qui peut se retrouver en
concurrence avec la machine administrative de l'Etat de telle sorte que lorsque
le Gouvernement communique(ra) certaines informations ou produit un certain
nombre d'information, la machine administrative parlementaire puisse en
démontrer le contraire. C'est l'optimum vers lequel il faut tendre
»317. De plus, il faudrait que « l'administration
de l'Assemblée Nationale fonctionne véritablement car on a
l'impression que le fait majoritaire affecte son administration
»318.
Si l'on admet avec l'Honorable Engelbert ESSOMBA BENGONO que
« la maturation des projets amène le Député
à entretenir un lien social avec sa circonscription politique
au-delà de la représentation qui n'est effective que dans le
cadre des deux missions du Parlement qui sont celles de légiférer
et contrôler l'action du gouvernement, il reste que le
Député du fait de son mandat impératif à
l'obligation de se rendre sur le terrain afin de pouvoir appuyer le parti en y
recueillant les informations, les besoins des populations, les renseignements
et les
316Linus Fabrice MEKIE, « le parlement et la
résolution des crises politiques au Cameroun »,
Mémoire Master II science politique, Université de
Yaoundé 2 Soa, 2022-2023, pp.51-52
317Entretien avec Monsieur Guy Siméon
ETOUNDI, Chef de la DEPC, MINEE, relativement au guide d'entretien soumis dans
le cadre du présent travail de recherche. DEPC-MINEE, vendredi 13 juin
2025 à 17H38
318Entretien avec l'Honorable Cabral LIBI LI NGUE
NGUE, relativement au guide d'entretien soumis dans le cadre du présent
travail recherche. Siège du PCRN, Yaoundé, lundi 23 juin 2025
à 18H53
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 90
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
transmettent à qui de droit
»319 , l'on déduit que l'obligation de faire le
terrain amène donc le Député à avoir une
collaboration que l'on pourrait qualifier de fructueuse et d'objective en ce
sens que le Député devient la fondation sur laquelle se pose les
espérances des populations de sa circonscription politique afin que ces
dernières puissent espérer en l'amélioration de leur
condition de vie être par le développement et la mise en oeuvre
des projets inhérents au bien-être de celles-ci.
D'autres éléments mériteraient-ils
d'être améliorés ?
B- L'augmentation des moyens logistiques et financiers
du parlementaire ainsi que l'actualisation des textes
La logistique est l'ensemble des activités qui
permettent de gérer et d'optimiser le flux des marchandises depuis le
fournisseur jusqu'au client final dans l'ordre du droit des
entreprises320. Celle-ci englobe la planification, la mise en oeuvre
et le contrôle des opérations de la chaîne
d'approvisionnement. Appliqué au Parlement, la logistique renvoie
à l'ensemble des moyens matériels et immatériels mis
à la disposition des parlementaires pour leur permettre de pouvoir mener
convenablement les activités pour lesquelles ils ont été
élus. Concrètement l'on suggère :
- le renouvellement des véhicules de fonction pour les
Députés étant à leur première mandature ;
- les facilités d'accès aux transports publics
qu'ils soient terrestre ou aérien ;
- les outils de communication et d'information avec un
accès à internet haut débit, un matériel
informatique, une ligne téléphonique personnelle accessible
gratuitement (numéro vert).
- une augmentation des indemnités parlementaires ainsi
que du budget de fonctionnement surtout après que les micros projets
aient été supprimé321 et que l'enveloppe
alloué au Député ne lui permet plus de couvrir toutes les
charges liées à l'exercice de ses fonctions. Un budget
conséquent permettrait au parlementaire de s'entourer de l'expertise
nécessaire tant dans le contrôle et l'évaluation des
politiques publiques implémentées par les administrations
sectorielles à l'instar du MINEE mais aussi de
319Entretien avec l'Honorable Engelbert ESSOMBA
BENGONO, relativement au guide d'entretien soumis dans le cadre du
présent travail de recherche. Hôtel des Députés,
lundi 02 juin 2025 à 10H45
320Dictionnaire Larousse
321Entretien avec l'Honorable Engelbert ESSOMBA
BENGONO relativement au guide d'entretien soumis dans le cadre du
présent travail de recherche. Hôtel des Députés,
lundi 02 juin 2025 à 10H45
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 91
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
pouvoir pallier les imprévus et sollicitations de
toutes natures qui s'imposent/ s'imposeraient à lui. L'incidence de
cette revalorisation des indemnités sera que « certains membres
du Gouvernement ne pourront plus passer leur temps à arroser d'argent
les membres du Cabinet du PAN afin que les initiatives de résolution ne
puissent pas aboutir »322.
- Un « renforcement des ressources humaines car
observant aujourd'hui le nombre de hauts cadres de l'administrations
destinés au Parlement, cela ne semble pas encore suffisant. Le parlement
doit pouvoir mener le même niveau de réflexion que le
Gouvernement, avoir le même niveau de compétence que le
Gouvernement et être sorte de contre-expertise face à ce
Gouvernement »323 ;
- La valorisation des commissions au même titre ;
- De centralisation et l'attribution des commissions par
compétence ;
- Effectivité de la décentralisation et de la
déconcentration des contrôles parlementaires (élargissement
des champs d'intervention) ;
- La numérisation du fichier des élus
parlementaires en charge des commissions pour une meilleure
traçabilité des actions portées ;
Par actualisation des textes, l'on se réfère
à la loi de 2014/016 du 09 septembre 2014 dont on suggère un
rajeunissement car les moyens de contrôle qui sont
énumérés dans la Constitution324 et dans la loi
portant règlement intérieur de l'Assemblée
Nationale325 sont faibles, et quand ils fonctionnent, ces derniers
sont inopérants. L'Honorable Engelbert ESSOMBA BENGONO, pour illustrer
ce qui précède pose une question au MINAT en 2023, lorsque le
Sous-préfet de Kribi a retiré le récépissé
l'autorisation de manifestation publique au PCRN, relativement à
l'organisation de son congrès, sous la demande de sieur KONA, sachant
que le congrès entre dans le fonctionnement normal de la vie du parti
politique, représenté à l'Assemblée Nationale et
qui bénéficie d'un financement public. L'honorable demandait
alors à son interlocuteur, sauf si l'Etat accepte de dépenser
à perte, « comment peut-on refuser à un parti politique
le droit de se réunir en congrès tandis que nous savons tous
autant que nous sommes que le congrès fait partie des dépenses
financés par l'Etat ? »326. Cette question
après
322Entretien avec l'Honorable Engelbert ESSOMBA
BENGONO relativement au guide d'entretien soumis dans le cadre du
présent travail de recherche. Hôtel des Députés,
lundi 02 juin 2025 à 10H45
323Entretien avec Monsieur Guy Siméon
ETOUNDI, Chef de la DEPC, MINEE, relativement au guide d'entretien soumis dans
le cadre du présent travail de recherche. DEPC-MINEE, vendredi 13 juin
2025 à 17H38
324V. Art Art 14(2) Loi n°96/06 du 18 janvier
1996 portant révision de la Constitution du 02 juin 1972,
modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14
avril 2008
325V. Art 76(1) RIAN
326Entretien avec l'Honorable Engelbert ESSOMBA
BENGONO relativement au guide d'entretien soumis dans le cadre du
présent travail de recherche. Hôtel des Députés,
lundi 02 juin 2025 à 10H45
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 92
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
avoir suscité des débats houleux dit-il, a
été voté contre et n'a pu être posée.
L'honorable milite donc en faveur de la « modification de la loi de
2014 car elle est mal formulée en ce sens qu'elle ne traite que des
commissions d'enquête parlementaire et ne fait pas allusion au
contrôle. L'enquête parlementaire est le contrôle du
contrôle. Le contrôle doit être la règle absolue. On
ne peut pas s'imaginer qu'un Député puisse poser une question
orale et que deux (02) jours après, il ne soit pas sur le terrain pour
exercer une mission de contrôle. Le contrôle ne se limite pas
seulement les questions. On doit pour avoir arriver à ce qu'à
l'issue de chaque session parlementaire, une équipe puisse pouvoir se
mouvoir sur le terrain afin d'effectuer une ou des missions de contrôle
»327. De façon libre et transparente, « le
Bureau de l'Assemblée Nationale doit pouvoir à chaque session,
désigner ou affréter des Députés au contrôle
dans divers secteurs. Ce mode opératoire doit faire partie
intégrante du quotidien des Députés. La loi de 2014 a
besoin donc d'être modifiée afin de pouvoir fixer l'organisation
et le fonctionnement des activités de contrôle et des
enquêtes parlementaires »328 . L'on propose en ce
sens qu'en sus des missions de légifération et de contrôle
de l'action gouvernementale qui sont reconnus, l'Assemblée Nationale
puisse également avoir des missions d'évaluation des politiques
comme c'est le cas en France où le Parlement a institué un
Comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques
qui agit de sa propre initiative ou à la demande d'une commission
permanente aux fins de réalisations des travaux d'évaluation
portant sur les politiques publiques. Ledit comité arrête ainsi
chaque année, le programme de ses travaux qui fixe le nombre
prévisionnel d'évaluations à réaliser et peut
bénéficier du concours d'experts extérieurs à
l'Assemblée. Il peut être saisi pour donner son avis sur les
documents qui rendent comptent de l'étude d'impact joint à un
projet de loi déposé par le Gouvernement pour réaliser
l'évaluation préalable d'un amendement. Il peut en outre faire
des propositions à la Conférence des présidents,
relativement à l'ordre du jour et peut en particulier proposer
l'organisation en séance publique des débats sans vote ou des
séances de question qui portent sur les conclusions de ses rapports ou
sur celles des rapports des missions d'information, et créer une sorte
de mécanisme de suivi-évaluation des recommandations ainsi
formulées par le Parlement. Pour l'Honorable Cabral LIBI LI NGUE NGUE,
« il faudrait que la possibilité légale pour les partis
politiques représentés à l'Assemblée Nationale
d'avoir un nombre minimum d'enquête parlementaire par année
législative sans que celle-ci ne puisse connaître d'entrave. Il
faut pouvoir alléger l'impérium du Bureau de l'Assemblée
Nationale et de la Conférence des
327Entretien avec l'Honorable Engelbert ESSOMBA
BENGONO relativement au guide d'entretien soumis dans le
cadre du présent travail de recherche. Hôtel des
Députés, lundi 02 juin 2025 à 10H45) 328 Id
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 93
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
présidents et que les mécanismes de
contrôle des politiques publiques soient des droits acquis aux partis
représenté au sein de l'institution parlementaire
»329.
Le Sous-secteur Eau et Energie ne devrait-il donc pas
envisager certaines perspectives dans le cadre de l'amélioration du
contrôle parlementaire des politiques publiques ?
Paragraphe II : Les perspectives propres au
Ministère de l'Eau et de l'Energie
Afin de rendre perception et contribuer à
l'amélioration du contrôle parlementaire des politiques, le MINEE
devrait davantage communiquer sur ses actions et projets (A) et associer les
parlementaires à la maturation des projets du Sous-secteur et actualiser
certains textes (B)
A- La publicisation des actions et projets du MINEE
La publicisation est l'action de publiciser,
c'est-à-dire le fait de rendre public, en divulguant, en
révélant ou en portant une information à la connaissance
du public330. Il est question de l'ensemble des démarches et
des stratégies mises en oeuvre pour communiquer autour d'une action ou
d'un projet. La publicisation n'est pas une simple formalité ou
fantaisie. Bien que le MINEE soit la sectorielle qui assure la tutelle des
établissements et les sociétés de production, de
transport, de distribution et de régulation de l'eau, de
l'électricité, du gaz et du pétrole331, on
pense qu'en tant qu'institution chargé de la mise de la politique du
Gouvernement dans le Sous-secteur Eau et Energie332, il serait
opportun que le MINEE communique davantage sur les actions et projets qu'il
implémente, cela est d'ailleurs « une très bonne
idée car au MINEPAT il existe un magazine d'information et même
une émission radiophonique qui ont toutes pour vocation de rendre compte
de ce qui est fait au sein de cette administration »333.
Au regard du caractère sensible que cause l'approvisionnement en
produits de premières nécessités que sont l'Eau,
l'Electricité et les produits Pétroliers et Gaz, il est de bon
aloi que le MINEE puisse davantage informer l'opinion publique. En rapport avec
cet avis, Monsieur Guy Siméon ETOUNDI pense que « au regard de
la sensibilité de nos activités, il faudrait avoir un tel
magazine. Une autre approche pourrait être celle de faire paraître
ledit magazine auprès de
329Entretien avec l'Honorable Cabral LIBI LI NGUE
NGUE, relativement au guide d'entretien soumis dans le cadre du présent
travail de recherche. Siège du PCRN, Yaoundé, lundi 23 juin 2025
à 18H53
330
www.toupie.org (consulté le
14 juin 2025 à 11H18)
331V. Art 1(3) du DECRET N°2012/501 DU 07
novembre 2012 portant organisation du Ministère de l'Eau et de
l'Energie.
332V.Art 1(2), Id
333Entretien avec Monsieur Guy Siméon
ETOUNDI, Chef de la DEPC, MINEE, relativement au guide d'entretien soumis dans
le cadre du présent travail de recherche. DEPC-MINEE, vendredi 13 juin
2025 à 17H38
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 94
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
nos concessionnaires, toutefois le MINEE qui centralise et
coordonne toute la politique gagnerait à voir un périodique, il
pourrait paraître soit pas trimestre ou par semestre selon la formule
arrêtée au préalable par le Chef de Département
»334. D'ailleurs, et aux termes de l'organigramme du
MINEE335 il existe une Cellule de la Communication, rattachée
au Secrétariat Général. Elle est chargée de de la
mise en oeuvre de la politique de communication gouvernementale au sein du
Ministère ; de la conception et de la mise en forme des messages
spécifiques du Ministre ; de la collecte, de l'analyse et de la
conservation de la documentation journalistique et audio-visuelle du
Ministère ; de l'exploitation des articles relatifs aux problèmes
du ministère parus dans la presse nationale ou internationale ; de la
promotion permanente de l'image du Ministère ; du protocole et de
l'organisation des cérémonies auxquelles participe le Ministre ;
de la réalisation des émissions spécialisées du
Ministère dans les médias ; de l'animation du site Internet du
Ministère ; de l'organisation des conférences de presse et autres
actions de communication du Ministre ; de la rédaction et de la
publication du bulletin d'informations et de toutes autres publications
intéressant le Ministère. Cependant et malgré cet
énorme cahier de charge suscité, les actions et projets du MINEE
semblent toujours être méconnues.
B- L'association des parlementaires dans la maturation
des projets et l'actualisation des textes
D'entrée de jeu, la « maturation des projets
se fait par l'initiateur dudit projet qui en est d'ailleurs le maître
d'ouvrage. Pour se faire, il faut produire pour la première partie
. ·
- les éléments de maturité du site
où sera implémenté le projet, notamment le Décret
d'Utilité Publique ; Décret d'Indemnisation ou le cas
échéant, Documents d'expropriation. Pour les petits projets, il
est demandé juste un document attestant de la disponibilité du
site.
Pour la seconde phase, il s'agit . ·
- des études, notamment les études
techniques (Avant-Projet Sommaire et Avant-Projet Détaillé), les
études d'exécution (plan de maintenance, plan d'exploitation, les
documents d'analyse de risque, les études socioéconomiques, les
études sociales, les études d'impact environnemental) ;
334Entretien avec Monsieur Guy Siméon
ETOUNDI, Chef de la DEPC, MINEE, relativement au guide d'entretien soumis dans
le cadre du présent travail de recherche. DEPC-MINEE, vendredi 13 juin
2025 à 17H38
335V. Art 14(1)
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 95
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
- les Dossiers d'Appel d'Offre relatifs aux travaux et le
recrutement de la maitrise d'oeuvre.
Une fois ses éléments rassemblés,
l'initiateur du projet saisi la Commission Interne de maturation du MINEE qui
à son tour analyse tous les éléments suscités et se
prononce : Au cas ces éléments sont jugés matures, la
Commission de maturation accorde au projet un visa de maturité et
transmet le dossier MINEPAT pour suite de la procédure
»336.
Après avoir présenté la procédure
de maturation des projets au MINEE, l'on peut dire aisément que
l'association des parlementaires à la maturation des projets est le fait
de permettre aux sectorielles à l'instar du MINEE de recueillir l'avis
du Député ou tout du moins, de la Commission concernée par
ledit projet. Toutefois, « les parlementaires en l'Etat actuel ne sont
pas associés à la maturation des projets. Seuls sont
associés généralement au processus de maturation des
projets, les élus locaux. Cela mérite une réflexion, car
il faudrait voir comment établir cette association sans pour autant
qu'elle ne vienne perturber le principe de la séparation des pouvoirs
entre l'exécutif et le législatif »337.
En associant le Député à la maturation
des projets, ce qui n'existe pas et que l'on préconise, on est à
peu près certains que le besoin de la population éventuellement
impacté par ce projet est réel car, c'est le Député
qui est à même de pouvoir s'exprimer au nom du peuple dont il est
élu. Il sait quels sont les besoins réels de la population.
« L'un des prédicats de la bonne gouvernance étant la
participation et celle-ci ne peut être faite efficacement lorsqu'elle
associe les représentants attitrés du peuple parmi lesquels les
Députés »338. L'Honorable Engelbert ESSOMBA
BENGONO en lien avec l'association des parlementaires à la maturation
des projets préconise pour sa part que « le groupe
parlementaire soit l'organe qui porte cette collaboration
législatif-exécutif »339. Il ajoute que
« malgré une instruction du Premier Ministre qui demande que
les Députés soient reçus prioritairement dans les Cabinets
de Ministre, il y en a plusieurs qui rasent les murs »340.
On suggère également qu'avant l'examen des lois, le chef de
département ministériel concerné, puisse travailler en
commission avec les parlementaires afin de pouvoir leur apporter davantage
d'éclaircissement et recadrages éventuels. Dans cette
336Entretien avec Monsieur Narcisse MBENG ETOUNDI,
CEA1, CEP, MINEE, relativement au guide d'entretien
soumis dans le cadre du présent travail de recherche.
DEPC-MINEE, vendredi 06 juin 2025 à 11H32 337Id
338Entretien avec l'Honorable Cabral LIBI LI NGUE
NGUE, relativement au guide d'entretien soumis dans le cadre du présent
travail de recherche. Siège du PCRN, Yaoundé, lundi 23 juin 2025
à 18H53
339Entretien avec l'Honorable Engelbert ESSOMBA
BENGONO relativement au guide d'entretien soumis dans le
cadre du présent travail de recherche. Hôtel des
Députés, lundi 02 juin 2025 à 10H45 340Id
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 96
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
veine l'Honorable Engelbert ESSOMBA BENGONO pense
également que « avant d'amener les projets de loi, le ministre
concerné doit pouvoir travailler en commission avec les
Députés car c'est au sein de ladite commission que ce dernier
peut recueillir les idées émises par le Parlement
»341. Le MINEE « n'a jamais eu une séance
de travail avec les parlementaires ni connu des descentes de travail de ces
derniers avec les services techniques du ministère
»342. En somme, la pratique actuelle révèle
que les Députés ne sont pas en l'état, associé
à la maturation des projets car celle-ci incombe comme dit supra
à l'initiateur du projet et selon un procédé
consacré par les textes343.
Aussi, afin d'avoir des projets qui impactent mieux la
population tout en saluant ceux qui sont déjà
implémentés et dont les effets sont perceptibles, l'on propose
que les textes encadrants, mieux, régissant la procédure de
maturation des projets d'investissements puissent être rajeuni et mis au
gout du jour, afin de correspondre à a dynamique mutante et
évolutive non seulement de la société mais aussi des
populations. On souscrit également au « fait de sensibiliser
les Députés à s'affranchir du fait partisan et qu'ils
puissent jouer pleinement leur rôle de Député de la nation
car cette posture leur permettrait de pouvoir mieux mobiliser les leviers de
contrôle légaux et textuels qui existent
»344.
Par contre, l'évaluation par les parlementaires des
réponses publiques dans le processus de construction des politiques
publiques est un processus qui est conditionné par plusieurs contraintes
d'ordre endogènes et d'ordre exogènes qui ont été
révélé. « En effet, dans un
contexte où le champ des activités publiques s'ouvre à
toutes une série de partenaires publics ou privés, les
élus ne peuvent plus se limiter aux interventions en assemblées
et aux contacts avec les représentants de l'Etat pour défendre
les intérêts de leur circonscription. D'une part, ils sont
concurrencés par les nouveaux métiers des politiques publiques
(animateurs de développement local, chefs ou coordinateurs de projet,
agents préfectoraux...etc) qui jouent un rôle de coordinateur des
intérêts sur le territoire et peuvent contribuer, par leur
implication dans la construction des projets territoriaux, à affaiblir
la position de porte-parole du territoire traditionnellement assumée par
les élus. D'autre part, les assemblées sont de plus en
plus
341Entretien avec l'Honorable Engelbert ESSOMBA
BENGONO relativement au guide d'entretien soumis dans le cadre du
présent travail de recherche. Hôtel des Députés,
lundi 02 juin 2025 à 10H45
342Entretien avec Monsieur Guy Siméon
ETOUNDI, Chef de la DEPC, MINEE, relativement au guide d'entretien soumis dans
le cadre du présent travail de recherche. DEPC-MINEE, vendredi 13 juin
2025 à 17H38
343V. Décret 2018/4992/PM du 21 juin 2018
fixant les règles régissant le processus des projets
d'investissement public
344Entretien avec l'Honorable Cabral LIBI LI NGUE
NGUE, relativement au guide d'entretien soumis dans le cadre du présent
travail de recherche. Siège du PCRN, Yaoundé, lundi 23 juin 2025
à 18H53
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 97
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
concurrencées dans leur rôle
délibératif par les instances et lieux de discussion qui se
multiplient à tous les échelons du territoire à la faveur
du développement de l'action publique contractualisée (structures
permanentes constituées dans le cadre de l'intercommunalité ou
dans la conduite de programmes communautaires, comité ad hoc de
concertation ou de gestion mis en place dans les territoires de projet,
consultations organisées dans la conduite des politiques nationales,
syndicats mixtes de gestion, agences techniques ou organismes satellites
créés par les collectivités locales, etc...
»345. A ces contraintes, on a estimé
nécessaire d'envisager des perspectives pour l'institution parlementaire
d'une part et pour le MINEE d'autre part afin d'améliorer ce qui existe
déjà.
345Olivier NAY, « Le travail politique en
assemblée. Note sur un champ de recherche trop longtemps
déserté », Sociologie du travail (En ligne), Vol 45, n 04,
2003, pp.537-554

CONCLUSION GENERALE
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 98
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 99
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
La présente étude consacrée à
l'analyse du contrôle parlementaire au Cameroun et plus
spécifiquement dans le Sous-secteur Eau et Energie, a mis en exergue la
complexité de ce mécanisme dans un contexte institutionnel en
mutation depuis la réforme constitutionnelle du 18 janvier 1996.
L'objectif était d'appréhender l'efficacité du
contrôle parlementaire des politiques publiques dans une sectorielle
spécifique en observant la configuration organique et juridique dudit
contrôle, d'évaluer sa mise en oeuvre pratique et d'en identifier
les vecteurs de dysfonctionnement en vue de proposer des avenues
d'optimisation. Pour se faire, l'on a exploré le contrôle
parlementaire en tant qu'instrument d'action et d'influence des politiques
publiques, ensuite on l'a observé sous le prisme d'un outil
d'évaluation ex anté et ex post des politiques publiques, non
sans en relever les enjeux. Les investigations faites ont permis de confirmer
l'existence d'un cadre normatif relativement élaboré et conforme
aux principes de la gouvernance démocratique. Les dispositions
constitutionnelles et législatives dotent le Parlement camerounais de
prérogatives étendues en matière de contrôle de
l'action gouvernementale, et donc des politiques publiques. Celles-ci englobent
l'examen et l'adoption de la loi des finances, l'exercice du droit de
questionnement (questions orales et questions écrites), la constitution
des Commissions d'enquête parlementaire ainsi que les mécanismes
de mise en jeu de la responsabilité politique de l'exécutif. Cet
arsenal textuel postule, en théorie, un niveau élevé de
redevabilité et de transparence de l'administration publique.
Néanmoins, l'examen empirique de la mise en oeuvre de ce contrôle
dans un Sous-secteur stratégique tel que celui de l'Eau et de l'Energie,
révèle une disparité significative entre le cadre formel
et la réalité opérationnelle. Bien que ce Sous-secteur
soit capital pour l'atteinte des objectifs fixés par la SND 30 et
l'amélioration des conditions socio-économiques des populations,
la fonction de contrôle parlementaire s'y avère perfectible. L'on
a observé une utilisation récurrente des instruments de
contrôle qui sont d'ailleurs consacrée textuellement. Cependant
leur incidence sur la réorientation ou l'amélioration des
politiques publiques demeure souvent circonscrite. Les interpellations
parlementaires, bien que fréquentes, peinent à induire des
réformes structurelles ou à garantir une réédition
des comptes effectives. De surcroît, les conclusions des travaux des
Commissions parlementaires lorsqu'elles sont produites ne se traduisent pas
systématiquement pas des effets prescriptifs ou des ajustements concrets
de l'action gouvernementale, d'ailleurs il y-en a jamais eu, et le débat
contradictoire sur des enjeux cruciaux du Sous-secteur est parfois
entravé par des contraintes endogènes et exogènes. Celle
lacune exécutoire est imputable à une conjonction de facteurs
inhibiteurs. Au registre des plus prégnants, l'on a l'insuffisance des
ressources allouées aux parlementaires, la prééminence de
considérations politiciennes et partisanes sur l'impératif de
contrôle objectif, ainsi que l'absence
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 100
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
d'un mécanisme de suivi-évaluation des
recommandations formulées par l'institution parlementaire. Par ailleurs,
la complexité technique et la dimension multi-acteurs des projets
d'envergure dans le Sous-secteur Eau et Energie posent des défis
supplémentaires aux capacités d'expertise des parlementaires. En
conséquence, l'optimisation du contrôle parlementaire dans le
Sous-secteur Eau et Energie, et plus largement des politiques publiques au
Cameroun, constitue une nécessité impérieuse. La
présente étude suggère l'implémentation de
réformes systémiques et de modifications comportementales.
Celles-ci incluraient un renforcement des capacités cognitives des
parlementaires, un renforcement qualitatif des ressources humaines, une
adhésion adéquate au sein des Commissions, le recours à
des expertises externes et indépendantes. Tendre vers la
perfectibilité du contrôle parlementaire des politiques publiques
au Cameroun, notamment dans un secteur aussi vital que celui de l'Eau et de
l'Energie, transcende la simple conformité aux principes
démocratiques. Elle représente une condition sine qua non
à l'instauration d'une gouvernance transparente, redevable et
efficiente, indispensable à l'amélioration des conditions de vie
des citoyens. Le chemin vers un contrôle pleinement substantiel est
jalonné d'obstacles, mais il demeure une voie essentielle pour la
consolidation de l'Etat de droit et l'alignement des politiques publiques sur
les impératifs de développement national.

BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 101
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 102
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
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6- David KESSLER, « les médias sont-ils un pouvoir ?
in Pouvoir, n 143, 201
7- Dorothée REIGNER, « la fin de la discipline
partisane », revue Pouvoir 163, 2017
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 105
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
8- Edgar Patrick ABANE ENGOLO, « Inconsistance du
pouvoir constituant et péril de l'ordre constitutionnel. Le cas des
Etats d'Afrique Noire francophone », RADSP, Vol 5, n°9, Janvier-Juin
2017
9- Ernest UNGUREANU, « l'influence sociale des
médias. Village médiatique, marchandise culturelle et
souveraineté de la communication au Quebec », In Cahiers de
recherche sociologique, n 23, 1994
10- Francis AKINDES, Victor TOPANOU, « Le contrôle
parlementaire de l'action du Gouvernement en République du Benin »,
Démocratie, gouvernance et droits de l'homme Document du programme no.
18, Institut de recherche des Nations Unies pour le développement
social, octobre 2005
11- Hinorori YAMAMOTO, « Le contrôle parlementaire
», Union interparlementaire 2007
12- Idée économiques et sociales, « Les
méthodes d'évaluation des politiques publiques », Editions
CANOPE, septembre 2018, n0 193
13- Jean Baptiste CHOUAMO, « Le Parlement
légifère et contrôle l'action du Gouvernement », in
La constitution de la République du Cameroun, sous la direction
de Jean Louis ATANGANA AMOUGOU, l'harmatan, 2025
14- Jean Marie FARDEAU, « le rôle de la
société civile » in revue projet, n 354, 2016
15- José Pedro MONTERO, « Le contrôle
exécutif du parlement en Uruguay », Association des
Secrétaires Généraux du Parlement, Session de Panama,
Avril 2011
16- Laura BARNETT, Sébastien SPANO, « La
participation du parlement à la politique étrangère
», Bibliothèque du parlement, révisée 28 août
2013
17- Luc SINDJOUN, « L'action internationale de
l'Assemblée Nationale du Cameroun éléments d'analyse
politiste », Etudes internationales, Vol. 24, n°4, 1993
18- Lucie LECOMTE, « la discipline du parti et le vote
» Bibliothèque du Parlement, Ottawa, Canada, 2018
19- March James G. et Olsen, Johan P., «The new
institutionalism: organizational factors in political life », American
political review, vol.78
20- Nadine MACHIKOU, « les régimes de
pacification parlementaire au Cameroun », In polis/R.C.S.P/C.P.S.R, Vol
16, Numéro 1&2, 2009
21- Olivier NAY, « Le travail politique en
assemblée. Note sur un champ de recherche trop longtemps
déserté », Sociologie du travail (En ligne), Vol 45, n 04,
2003, pp.537-554
22- Paul CAHOUA, « Les commissions lieu du travail
législatif », Pouvoirs, n°34 - L'Assemblée - septembre
1985
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 106
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
23- Pascal Jean, « le Parlement et la Cour des comptes
», Pouvoirs-Revue française d'études constitutionnelles et
politiques, 2013, le renouveau du Parlement,146
24- Paulin PUNGA KAMINKANGA, « Pallier les limites du
contrôle parlementaire en RDC par l'évaluation des politiques
publiques », Institut pour la Démocratie, la Gouvernance,
Développement en Paix en Afrique (IDGP), 2013
25- Programme Commun d'Appui à l'Assemblée
Nationale du Burkina Faso,
« L'évaluation des politiques publiques, guide
pratique à l'attention de l'Assemblée Nationale du Burkina Faso
», Assemblée Nationale, 2020,
26- Pierre AVRIL, « l'introuvable contrôle
parlementaire, petites affiches », In Jus Politicum, 2009
27- Pierre MULLER, « L'analyse cognitive des politiques
publiques : vers une sociologie politique de l'action publique », Revue
française de science politique, 50e année, n°2, 2000
28- Stéphane Victor NTONGA BOMBA, « La
procédure législative devant l'Assemblée Nationale
», CAFRAD, p.22 pages.
IV- THESES ET MEMOIRES
A- Thèses
1- Cyrille MONEMBOU, La séparation des pouvoirs dans
le constitutionnalisme camerounais : contribution à l'étude de
l'évolution constitutionnelle, Thèse de doctorat en droit
public, Université de Yaoundé II, 2011
2- Jean Calvin ABA'A OYONO, la compétence de la
juridiction Camerounaise en droit Camerounais, thèse de doctorat
(NR), Université de Nantes, 1984
3- Magloire ONDOA, Le droit de la responsabilité
publique dans les Etats en développement : contribution à
l'étude de l'originalité des droits africains, Thèse
de doctorat en droit public, Université de Yaoundé II, 1996
4- Marie Géraldine NGA BETSAMA, Les commissions
parlementaires en droit constitutionnel camerounais, Thèse de
Doctorat en droit public, Université de Yaoundé II, 2014-2015
B-Mémoires
1- Alex MINDJA, « Les médiations de l'union africaine
sous Jean PING (2007-2012) », Mémoire master II sciences politiques
(Institutions, Relations internationales et Etudes Stratégiques),
Université de Yaoundé 2 Soa, 2011-2012
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 107
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
2- Corina Sonia ADIDIGUE, « l'ordre du jour des
assemblées parlementaires », Mémoire master II
droit public, Université de Yaoundé 2 Soa, 2018-2019
3- Idrys Sorel KAMO TIEKWE, « La navette parlementaire
au Cameroun », mémoire de master II en droit public,
Université de Douala, 2013-2014
4- Joel Narcisse MEYOLO, « l'Action Internationale du
Parlement Camerounais de 1960 à nos jours : approche historique »,
Mémoire de DEA en Science Politique, Université de
Ngaoundéré (Cameroun), 2007
5- Linus Fabrice MEKIE, « le parlement et la
résolution des crises politiques au Cameroun »,
Mémoire Master II science politique, Université de
Yaoundé 2 Soa, 20222023
6- Moussa MACHALELE, « le contrôle de
l'Assemblée Nationales sur les politiques publiques au Niger :
réalisations et perspectives », Université de
Strasbourg-Ecole Nationale d'Administration (ENA), 2018
V- Textes réglementaires, organiques et documents
consultés
1- Loi 2024/011 du 24 juillet 2024 portant prorogation du
mandat des députés à l'Assemblée Nationale
2- Loi 2019/015 du 19 juillet 2019 portant prorogation du
mandat des députés à l'Assemblée Nationale
3- Loi 2019/008 du 25 avril 2019 portant code
pétrolier
4- Loi N°2018 012 du 11 Juillet 2018 portant
Régime Financier de l'Etat et des autres entités.
5- Loi no 2014/016 du 09 septembre 2014 portant
règlement intérieur de l'Assemblée Nationale
6- Loi 2012/001 du 19 avril 2012 portant Code
électoral, modifiée et complétée par la loi 2012/17
du 21 décembre 2012
7- Loi 2011/022 du 11 décembre 2011 régissant
le secteur de l'électricité au Cameroun
8- Loi n°96/06 du 18 janvier 1996 portant
révision de la Constitution du 02 juin 1972, modifiée et
complétée par la loi n°2008/001 du 14 avril 2008
9- Loi 2002/013 du 30 décembre 2002 portant code
Gazier
10- Loi 98/005 du 14 avril 1998 portant régime de
l'Eau
11- Décret 90-82 du 22 janvier 1990 relatif à
l'évaluation des politiques publiques en France
12- Décision no 69-37 DC du 20 novembre
1969 du Conseil constitutionnel français modifiant et complétant
le règlement de l'Assemblée nationale
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 108
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
13- Loi portant règlement intérieur de
l'Assemblée Nationale Française
14- Ibrahim MOUICHE, Cours d'anthropologie politique 2 :
problématique du genre, 3ème année Licence,
Science Politique, 2018
VI- Sites internet consultés
1-
www.assnat.cm
2-
www.assnat.qc.ca
3-
www.eval.fr
4-
www.issai.org
5-
www.minepat.gov.cm
6-
www.minee.cm
7-
www.senat.cm
8-
www.toupie.org
9-
www.vie-publique.fr
10-
www.wikipedia.org

ANNEXES
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 109
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
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Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Annexe 1 Attestation de Recherche

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Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Annexe 2 Autorisation d'accès aux documents et
archives du Parlement

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Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Annexe 3 Prorogation du mandat des
députés
(Loi 2024/011 du 24 juillet 2024 portant prorogation du
mandat des députés à l'Assemblée
Nationale)
Art 1, Art 2
Le Parlement a délibéré et adopté, le
Président de la République a promulgué la présente
loi dont la teneur suit :
Article 1er :
Le mandat des Députés à l'Assemblée
Nationale est à compter du 10 mars 2025, promulgué jusqu'au 30
mars 2026.
Article 2 :
La présente loi sera enregistrée, publiée
suivant la procédure d'urgence, puis insérée au Journal
Officiel en français et en anglais. /-
Yaoundé, le 24 juillet 2024
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Paul BIYA
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
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Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Annexe 4 Prorogation du mandat des
députés
(Loi 2019/015 du 19 juillet 2019 portant prorogation du
mandat des députés à l'Assemblée
Nationale)
Art 1, Art 2
Le Parlement a délibéré et adopté, le
Président de la République a promulgué la présente
loi dont la teneur suit :
Article 1er :
Le mandat des Députés à l'Assemblée
Nationale est prorogé pour une durée de deux (02) mois à
compter du 29 octobre 2019
Article 2 :
La présente loi sera enregistrée, publiée
suivant la procédure d'urgence, puis insérée au Journal
Officiel en français et en anglais. /-
Yaoundé, le 19 juillet 2019
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Paul BIYA
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 114
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-
Annexe 5 : Extrait de la Constitution de la
République du Cameroun
sctr Eau et Enegi
(Loi no 96/6 du 18 janvier 1996,
modifiée par la loi no 2008/001 du 14 avril 2008)
Articles 5,8,11,12,14,15 ,16,
17,18,20,25,26,27,28,29,30,31,31,33,34,35,3, 41 et 61.
ARTICLE 5 :
(1) Le Président de la République est le Chef de
l'Etat.
(2) Elu de la Nation tout entière, il incarne
l'unité nationale ; Il définit la politique de la Nation; Il
veille au respect de la Constitution ; Il assure, par son arbitrage, le
fonctionnement régulier des pouvoirs publics ; Il est le garant de
l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire, de
la permanence et de la continuité de l'Etat, du respect des
traités et accords internationaux ARTICLE 8 :
(1) Le Président de la République
représente l'Etat dans tous les actes de la vie publique. (2 ) Il est le
Chef des Forces armées.
(3) Il veille à la sécurité
intérieure et extérieure de la République.
(4) Il accrédite les ambassadeurs et les
envoyés extraordinaires auprès des puissances
étrangères. Les ambassadeurs et les envoyés
extraordinaires des puissances étrangères sont
accrédités auprès de lui.
(5) Le Président de la République promulgue les
lois dans les conditions prévues à l'article 31 ci-dessous.
(6) Le Président de la République saisit le
Conseil Constitutionnel dans les conditions déterminées par la
Constitution.
(7) Il exerce le droit de grâce après avis du
Conseil Supérieur de la Magistrature.
(8) Il exerce le pouvoir réglementaire.
(9) Il crée et organise les services publics de
l'Etat.
(10) Il nomme aux emplois civils et militaires de l'Etat.
(11) Il confère les décorations et les
distinctions honorifiques de la République. (12) Le Président de
la République peut, en cas de nécessité et après
consultation du Gouvernement, des Bureaux de l'Assemblée Nationale et du
Sénat, prononcer dissolution de l'Assemblée Nationale.
L'élection d'une nouvelle Assemblée a lieu conformément
aux dispositions de l'article 15 alinéa 4 ci-dessous.
ARTICLE 11 :
(1) Le Gouvernement est chargé de la mise en oeuvre de
la politique de la Nation telle que définie par le Président de
la République.
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 115
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
(2) Il est responsable devant l'Assemblée Nationale
dans les conditions et selon les procédures prévues à
l'article 34 ci-dessous.
ARTICLE 12 :
(1) Le Premier Ministre est le chef du Gouvernement et dirige
l'action de celui-ci.
(2) Il est chargé de l'exécution des lois.
(3) Le Premier Ministre exerce le pouvoir
réglementaire et nomme aux emplois civils, sous réserve des
prérogatives reconnues au Président de la République dans
ces domaines.
(4) Il dirige tous les services administratifs
nécessaires à l'accomplissement de sa mission.
(5) Il peut déléguer certains de ses pouvoirs
aux membres du Gouvernement et à des hauts responsables de
l'administration de l'Etat.
Article 14 :
(1) Le pouvoir législatif est exercé par le
parlement qui comprend deux (2) chambres : - L'Assemblée Nationale
- Le Sénat
(2) Le parlement légifère et contrôle
l'action du gouvernement.
(3) Les chambres du parlement se réussissent aux
mêmes dates :
a- (nouveau) en sessions ordinaires, chaque année au
mois de mars, juin et novembre sur convocation des Bureaux de
l'Assemblée Nationale et du Sénat, après consultation du
Président de la République ;
b- en sessions extraordinaires, à la demande du
Président de la République ou du tiers des membres composant
l'une et l'autre Chambre. Toutefois, les deux Chambres ne sont
convoquées simultanément que si les matières
portées à l'ordre du jour concernent l'une et l'autre.
(4) Les deux Chambres du Parlement peuvent se réunir en
congrès, à la demande du Président de la République
:
- pour entendre une communication ou recevoir un message du
Président de la République ; - pour recevoir le serment des
membres du Conseil Constitutionnel ;
a- (nouveau) en sessions ordinaires, chaque année au
mois de mars, juin et novembre sur convocation des Bureaux de
l'Assemblée Nationale et du Sénat, après consultation du
Président de la République ;
b- en sessions extraordinaires, à la demande du
Président de la République ou du tiers des membres composant
l'une et l'autre Chambre. Toutefois, les deux Chambres ne sont
convoquées simultanément que si les matières
portées à l'ordre du jour concernent l'une et l'autre.
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 116
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
(4) Les deux Chambres du Parlement peuvent se réunir
en congrès, à la demande du Président de la
République :
-pour entendre une communication ou recevoir un message du
Président de la République ;
- pour recevoir le serment des membres du Conseil
Constitutionnel ;
- pour se prononcer sur un projet ou une proposition de
révision constitutionnelle. Lorsque le Parlement se réunit en
congrès, le Bureau de l'Assemblée Nationale préside les
débats.
(5) Nul ne peut appartenir à la fois à
l'Assemblée Nationale et au Sénat.
(6) La loi fixe le régime électoral de
l'Assemblée Nationale et du Sénat ainsi que le régime des
immunités, des inéligibilités, des
incompatibilités, des indemnités et des privilèges des
membres du Parlement.
ARTICLE 15 :
(1) L'Assemblée Nationale est composée de cent
quatre-vingt (180) députés élus au suffrage universel
direct et secret pour un mandat de cinq (5) ans. Le nombre des
députés élus à l'Assemblée Nationale peut
être modifié par la loi.
(2) Chaque député représente l'ensemble
de la Nation.
(3) Tout mandat impératif est nul.
(4) (nouveau) En cas de crise grave ou lorsque les
circonstances l'exigent, le Président de la République peut,
après consultation du Président du Conseil Constitutionnel et des
Bureaux de l'Assemblée Nationale et du Sénat, demander à
l'Assemblée Nationale de décider, par une loi, de proroger ou
d'abréger son mandat. Dans ce cas, l'élection d'une nouvelle
Assemblée a lieu quarante (40) jours au moins et cent vingt (120) jours
au plus après l'expiration du délai de prorogation ou
d'abrègement de mandat.
ARTICLE 16 :
(1) Au début de chaque législature,
l'Assemblée Nationale se réunit de plein droit, en session
ordinaire, dans les conditions fixées par la loi.
(2) Chaque année, l'Assemblée Nationale tient
trois (3) sessions ordinaires d'une durée maximum de trente (30) jours
chacune.
a- A l'ouverture de sa première session ordinaire,
l'Assemblée Nationale élit son Président et son Bureau.
b- Au cours de l'une des sessions, l'Assemblée
Nationale vote le budget de l'Etat. Au cas où le budget n'aurait pas
été adopté avant la fin de l'année
budgétaire en cours, le Président de la
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 117
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
République est habilité à reconduire, par
douzième, le budget de l'exercice précédent jusqu'à
l'adoption du nouveau budget.
(3) L'Assemblée Nationale se réunit en session
extraordinaire pour une durée maximum de quinze (15) jours, sur un ordre
du jour déterminé, à la demande du Président de la
République ou du tiers des députés.
La session extraordinaire est close dès épuisement
de l'ordre du jour.
ARTICLE 17 :
(1) Les séances de l'Assemblée Nationale sont
publiques. A la demande du Gouvernement ou de la majorité absolue de ses
membres, l'Assemblée nationale peut, exceptionnellement, se
réunir à huis clos.
(2) L'Assemblée Nationale fixe, elle-même, ses
règles d'organisation et de fonctionnement sous forme de loi portant
Règlement Intérieur.
ARTICLE 18 :
(1) L'ordre du jour de l'Assemblée Nationale est
fixé par la Conférence des Présidents.
(2) La Conférence des Présidents comprend : les
Présidents des Groupes parlementaires, les Présidents des
Commissions et les membres du Bureau de l'Assemblée Nationale. Un membre
du Gouvernement participe aux travaux de la Conférence des
Présidents.
(3) Seuls les textes relevant de sa compétence en vertu
de l'Article 26 ci-dessous peuvent, être inscrits à l'ordre du
jour de l'Assemblée Nationale.
a- sont irrecevables, les propositions de loi ou amendements
qui auraient pour effet, s'ils sont adoptés, soit une diminution des
ressources publiques, soit l'aggravation des charges publiques sans
réduction à due concurrence, d'autres dépenses ou
création de recettes nouvelles d'égale importance.
b- En cas de doute ou de litige sur la recevabilité
d'un texte, le Président de la République, le Président de
l'Assemblée Nationale ou un tiers des députés saisit le
Conseil Constitutionnel qui en décide.
(4) L'ordre du jour comporte en priorité et dans
l'ordre que le Gouvernement a fixé, la discussion des projets de loi ou
des propositions de loi qu'il a acceptées. Les autres propositions de
loi retenues par la Conférence des Présidents sont
examinées par la suite. Lorsque, à l'issue de deux sessions
ordinaires, une proposition de loi n'a pu être examinée, celle-ci
est de plein droit examinée au cours de la session ordinaire
suivante.
(5) L'urgence est de droit lorsqu'elle est demandée par le
Gouvernement. ARTICLE 19 :
(1) L'Assemblée Nationale adopte les lois à la
majorité simple des députés.
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 118
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
(2) L'Assemblée Nationale adopte ou rejette les textes
soumis à son réexamen par le Sénat, conformément
aux dispositions de l'article 30 ci-dessous.
(3) Avant leur promulgation, les lois peuvent faire l'objet
d'une demande de seconde lecture par le Président de la
République. Dans ce cas, ces lois sont adoptées à la
majorité absolue des députés.
ARTICLE 25 : L'initiative des lois appartient concurremment au
Président de la République et aux membres du Parlement.
ARTICLE 26 :
(1) La loi est votée par le Parlement. Sont du domaine
de la loi :
a- Les droits, garanties et obligations fondamentaux du
citoyen :
1- la sauvegarde de la liberté et de la
sécurité individuelles ;
2- le régime des libertés publiques ;
3- le droit du travail, le droit syndical, le régime
de la protection sociale ;
4- les devoirs et obligations du citoyen en fonction des
impératifs de la défense nationale.
b- le statut des personnes et le régime des biens :
1- la nationalité, l'état et la capacité
des personnes, les régimes matrimoniaux, les successions et
libéralités ;
2- le régime des obligations civiles et commerciales
;
3- le régime de la propriété
mobilière et immobilière.
c- L'organisation politique, administrative et judiciaire
concernant :
1- le régime de l'élection à la
Présidence de la République, le régime des
élections à l'Assemblée Nationale, au Sénat et aux
Assemblées Régionales et Locales et le régime des
consultations référendaires ;
2- le régime des associations et des partis politiques
;
3- l'organisation, le fonctionnement, la détermination
des compétences et des ressources des collectivités territoriales
décentralisées ;
4- les règles générales d'organisation
de la défense nationale ;
5- l'organisation judiciaire et la création des ordres
de juridiction ;
6- la détermination des crimes et délits et
l'institution des peines de toute nature, la procédure pénale, la
procédure civile, les voies d'exécution, l'amnistie.
c-les questions financières et patrimoniales suivantes
:
1- le régime d'émission de la monnaie ;
2- le budget ;
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 119
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
3- la création des impôts et taxes et la
détermination de l'assiette, du taux et des modalités de
recouvrement de ceux-ci ;
4- le régime domanial, foncier et minier ;
5- le régime des ressources naturelles.
e- La programmation des objectifs de l'action
économique et sociale.
f- Le régime de l'éducation.
ARTICLE 27 : Les matières autres que celles qui sont du
domaine de la loi ressortissent au pouvoir réglementaire.
ARTICLE 28 : Dans les matières
énumérées à l'Article 26 alinéa 2 ci-dessus,
le Parlement peut autoriser le Président de la République,
pendant un délai limité et sur des objets
déterminés, à prendre des ordonnances. Ces ordonnances
entrent en vigueur dès leur publication. Elles sont
déposées sur le Bureau de l'Assemblée Nationale et sur
celui du Sénat aux fins de ratification dans le délai fixé
par la loi d'habilitation. Elles ont un caractère réglementaire
tant qu'elles n'ont pas été ratifiées. Elles demeurent en
vigueur tant que le Parlement n'a pas refusé de les ratifier.
ARTICLE 29 :
(1) Les projets et propositions de loi sont
déposés à la fois sur le Bureau de l'Assemblée
Nationale et sur celui du Sénat. Ils sont examinés par les
Commissions compétentes avant leur discussion en séance
plénière.
(2) Le projet de loi examiné en séance
plénière est le texte déposé par le
Président de la République. La proposition de loi examinée
en séance plénière est le texte élaboré par
l'auteur ou les auteurs de celui-ci.
(3) Ces textes peuvent faire l'objet d'amendements lors de leur
discussion. ARTICLE 30 :
(1) Les textes adoptés par l'Assemblée
Nationale sont aussitôt transmis au Président du Sénat par
le Président de l'Assemblée Nationale.
(2) Le Président du Sénat, dès
réception des textes transmis par le Président de
l'Assemblée Nationale, les soumet à la délibération
du Sénat.
(3) Le Sénat, dans un délai de dix (10) jours
à partir de la réception des textes ou dans un délai de
cinq (5) jours pour les textes dont le Gouvernement déclare l'urgence,
peut : a) Adopter le texte. Dans ce cas, le Président du Sénat
retourne le texte adopté au Président le l'Assemblée
Nationale qui le transmet dans les quarante-huit (48) heures au
Président de la République aux fins de promulgation.
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 120
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
b) Apporter des amendements au texte. Les amendements, pour
être retenus, doivent être approuvés à la
majorité simple des Sénateurs. Dans ce cas, le texte
amendé est retourné à l'Assemblée Nationale par le
Président du Sénat pour un nouvel examen. Les amendements
proposés par le Sénat sont adoptés ou rejetés
à la majorité simple des Députés. Le texte
adopté définitivement est transmis par le Président de
l'Assemblée Nationale au Président de la République pour
promulgation.
c) Rejeter tout ou partie du texte. Le rejet doit être
approuvé à la majorité absolue des Sénateurs. Dans
ce cas, le texte en cause, accompagné de l'exposé des motifs du
rejet, est retourné par le Président du Sénat à
l'Assemblée Nationale, pour un nouvel examen.
1- L'Assemblée Nationale, après
délibération, adopte le texte à la majorité absolue
des Députés. Le texte adopté définitivement par
l'Assemblée Nationale est transmis au Président de la
République pour promulgation.
2- En cas d'absence de majorité absolue, le
Président de la République peut provoquer la réunion d'une
commission mixte paritaire chargée de proposer un texte commun sur les
dispositions rejetées par le Sénat. Le texte
élaboré par la commission mixte paritaire est soumis par le
Président de la République pour approbation aux deux Chambres.
Aucun amendement n'est recevable, sauf accord du Président de la
République. Si la Commission mixte paritaire ne parvient pas à
l'adoption du texte commun ou si ce texte n'est pas adopté par l'une et
l'autre Chambre, le Président de la République peut :
- Soit demander à l'Assemblée Nationale de
statuer définitivement.
- Soit déclarer caduc le projet ou la proposition de
loi.
ARTICLE 31 :
(1) Le Président de la République promulgue les
lois adoptées par le Parlement dans un délai de quinze (15) jours
à compter de leur transmission. S'il ne formule aucune demande de
seconde lecture ou s'il en saisit le Conseil Constitutionnel.
(2) A l'issue de ce délai, et après avoir
constaté sa carence, le Président de l'Assemblée Nationale
peut se substituer au Président de la République.
(3) La publication des lois est effectuée au Journal
Officiel de la République en Français et en Anglais.
ARTICLE 32 : Le Président de la République peut,
sur sa demande, être entendu par l'Assemblée Nationale, le
Sénat ou les deux Chambres réunies en congrès. Il peut
également leur adresser des messages. Ces communications ne donnent lieu
à aucun débat en sa présence. ARTICLE 33 : Le Premier
Ministre et les autres membres du Gouvernement ont accès au Parlement et
peuvent participer aux débats.
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 121
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
ARTICLE 34 :
(1) Lors de la session au cours de laquelle le projet de loi
de finances est examiné, le Premier Ministre présente à
l'Assemblée Nationale le programme économique, financier, social
et culturel du Gouvernement.
(2) Le Premier Ministre peut, après
délibération du Conseil ministériel, engager devant
l'Assemblée Nationale, la responsabilité du Gouvernement sur un
programme ou, le cas échéant, sur une déclaration de
politique générale. Le vote ne peut intervenir moins de quarante
huit (48) heures après la question de confiance. La confiance est
refusée à la majorité absolue des membres de
l'Assemblée Nationale. Seuls sont recensés les votes
défavorables à la question de confiance.
(3) L'Assemblée Nationale peut mettre en cause la
responsabilité du Gouvernement par le vote d'une motion de censure. Pour
être recevable, la motion de censure doit être signée par au
moins un tiers des membres de l'Assemblée Nationale. Le vote ne peut
intervenir moins de quarante-huit (48) heures après le
dépôt de la motion de censure. La motion de censure est
adoptée à la majorité des deux tiers des membres composant
l'Assemblée Nationale. Seuls sont recensés les votes favorables
à la motion de censure. En cas de rejet de la motion de censure, les
signataires ne peuvent en déposer une nouvelle avant le délai
d'un an, sauf dans le cas prévu à l'alinéa 4
ci-dessous.
(4) Le Premier Ministre peut, après
délibération du Conseil ministériel, engager devant
l'Assemblée Nationale, la responsabilité du Gouvernement sur le
vote d'un texte. Dans ce cas, ce texte est considéré comme
adopté sauf si la motion de censure déposée dans les
vingt-quatre (24) heures qui suivent est votée dans les conditions
prévues à l'alinéa précédent.
(5) Lorsque l'Assemblée Nationale adopte une motion de
censure ou refuse la confiance du Gouvernement, le Premier Ministre doit
remettre au Président de la République la démission du
Gouvernement.
(6) Le Président de la République peut
reconduire le Premier ministre dans ses fonctions et lui demander de former un
nouveau Gouvernement.
ARTICLE 35 :
(1) Le Parlement contrôle l'action gouvernementale par
voie des questions orales ou écrites et par la constitution des
commissions d'enquêtes sur des objets déterminés.
(2) Le Gouvernement, sous réserve des
impératifs de la défense nationale, de la sécurité
de l'Etat ou du secret de l'information judiciaire, fournit des renseignements
au Parlement.
(3) Au cours de chaque session ordinaire, une séance
par semaine est réservée par priorité aux questions des
membres du Parlement, et aux réponses du Gouvernement.
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 122
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
ARTICLE 36 :
(1) Le Président de la République, après
consultation du Président du Conseil Constitutionnel, du
Président de l'Assemblée Nationale et du Président du
Sénat, peut soumettre au référendum tout projet de
réforme qui, bien que relevant du domaine de la loi, serait susceptible
d'avoir des répercussions profondes sur l'avenir de la Nation et les
Institutions Nationales. Il en sera ainsi notamment :
1- des projets de loi portant sur l'organisation des pouvoirs
publics ou sur la révision de la Constitution ;
2- des projets de loi tendant à la ratification des
accords ou des traités internationaux présentant, par leurs
conséquences, une importance particulière ;
3- de certains projets de réforme portant sur le statut
des personnes et le régime des biens, etc....
(2) Le projet de loi est adopté à la
majorité des suffrages exprimés.
(2) La loi détermine les procédures du
référendum.
ARTICLE 41 :
La chambre des comptes est compétente pour
contrôler et statuer sur les comptes publics et ceux des entreprises
publiques et para-publiques. Elle statue souverainement sur les
décisions rendues en dernier ressort par les juridictions
inférieures des comptes. Elle connait de toute autre matière qui
lui est expressément attribuée par la loi.
ARTICLE 69 :
La présente loi sera enregistrée et
publiée au Journal Officiel de la République du Cameroun en
Français et en Anglais. Elle sera exécutée comme
Constitution de la République du Cameroun.
Yaoundé, le 18 janvier 1996
Le Président de la République Paul BIYA
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 123
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Annexe 6 Extrait du Code électoral
(Loi 2012/001 du 19 avril 2012 portant,
modifiée et complétée par la loi 2012/17 du 21
décembre 2012)
Articles 1(1)(2),2,3,156, 158(1)(2),
159,298,299
ARTICLE 1 :
(1) La présente loi porte Code électoral
(2) Elle fixe notamment :
- les dispositions spécifiques à l'organe
chargé de l'organisation, de la gestion, de la
supervision du processus électoral et
référendaire ;
- les dispositions communes à l'élection du
Président de la République, des Députés, des
Conseillers municipaux et du référendum ;
- les dispositions spécifiques à l'élection
et à la vacance à la Présidence de la République
;
- les dispositions spécifiques à l'élection
des Députés à l'Assemblée Nationale ;
- les dispositions spécifiques à l'élection
des Conseillers municipaux ;
- les dispositions spécifiques au référendum
;
- les dispositions spécifiques à l'élection
des Sénateurs ;
- les dispositions spécifiques à l'élection
des Conseillers régionaux ;
- les dispositions spécifiques au vote des citoyens
camerounais établis ou résidants à
l'étranger ;
- les dispositions spécifiques au financement des partis
politiques et des campagnes
électorales et référendaires.
ARTICLE 2 :
(1) L'élection a lieu au suffrage universel, égal
et secret.
(2) Le suffrage peut être direct ou indirect dans les
conditions et selon les modalités prévues par la Constitution et
par la présente loi.
ARTICLE 3 :
L'organisation, la gestion et la supervision du processus
électoral et référendaire sont assurée par «
Elections Cameroon » en abrégé « ELECAM ».
ARTICLE 156 :
Peut-être candidats aux élections des
Députés à l'Assemblée Nationale, tout citoyen
camerounais sans distinction de sexe, jouissant du droit de vote et
régulièrement inscrit sur une liste électorale,
âgé de vingt-trois (23) ans révolus à la date du
scrutin et sachant lire et écrire le français ou l'anglais.
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 124
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
ARTICLE 158 :
(1) Sont inéligibles, les personnes qui de leur propre
fait, se sont placés dans une situation de dépendance ou
d'intelligence vis-à-vis d'une personne, d'une organisation, d'une
puissance étrangère ou d'un Etat étranger.
(2) L'inéligibilité est constatée par le
Conseil Constitutionnel dans les trois (03) jours de sa saisine, à la
diligence de toute personne intéressée ou du ministère
public.
ARTICLE 159 :
(1) Sont également inéligibles et ne peuvent
être candidats aux élections des Députés à
l'Assemblée Nationale, pendant l'exercice de leurs fonctions et pendant
les six (06) mois qui suivent la cessation de ces fonctions par
démission, destitution, mutation ou de toute autre manière, les
personnels de services concourant à la défense et à la
sécurité du territoire, notamment de la sureté et de la
police, ainsi que les militaires et assimilés des forces
armées.
(2) Cette inéligibilité s'applique dans les
mêmes conditions aux personnes exerçant ou ayant exercé
pendant une durée d'au moins six (06) mois les fonctions validées
à l'alinéa 1 ci-dessus, sans être ou sans en avoir
été titulaires.
ARTICLE 298 :
Des textes réglementaires précisent, en tant que
de besoin, les modalités d'application de la présente loi.
ARTICLE 299 :
La présente loi sera enregistrée, publiée
suivant la procédure d'urgence, puis insérée au Journal
Officiel en français et en anglais. /-
Yaoundé, le 19 avril 2012
Le PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
(e) PAUL BIYA
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 125
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Annexe 7 : Extrait de l'Organigramme du
Ministère de l'Eau et de l'Energie
DECRET N°2012/501 DU 07 novembre 2012 portant
organisation du Ministère de l'Eau et de l'Energie.
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,
VU la Constitution ;
VU le décret n° 2011/408 du 9 décembre 2011
portant organisation du Gouvernement, D E C
R E T E :
Article 1er.
(1) Le Ministère de l'Eau et de l'Energie est
placé sous l'autorité d'un Ministre.
(2) Le Ministre de l'Eau et de l'Energie est responsable de
l'élaboration et de la mise en oeuvre de la politique du Gouvernement en
matière de production, de transport, de distribution de l'eau et de
l'énergie. A ce titre, il est chargé :
- de l'élaboration des stratégies et des plans
gouvernementaux en matière d'alimentation en eau et en énergie
;
- de la prospection, de la recherche et de l'exploitation des
eaux en milieu urbain et rural ; - de l'amélioration quantitative et
qualitative de la production d'eau et d'énergie ;
- de la promotion des investissements dans les secteurs de
l'eau et de l'énergie, en liaison avec le Ministère de
l'Economie, de la Planification et de l'Aménagement du Territoire et les
Administrations concernées ;
- de la promotion des énergies nouvelles, en liaison
avec le Ministère de la Recherche Scientifique et de l'Innovation ;
- de la régulation de l'utilisation de l'eau dans les
activités agricoles, industrielles et sanitaires, en liaison avec les
Administrations concernées ;
- du suivi de la gestion des bassins d'eau ;
- du suivi de la gestion des nappes phréatiques ;
- du suivi du secteur pétrolier et gazier aval ; - du
suivi des entreprises de régulation dans les secteurs de l'eau et de
l'énergie.
(3) Il exerce la tutelle sur les établissements et les
sociétés de production, de transport, de
distribution et de régulation de l'eau, de
l'électricité, du gaz et du pétrole, notamment :
- la Cameroon Water Utilities Corporation (CAMWATER) ;
- l'Electricity Development Corporation (EDC) ;
- l'Agence de l'Electrification Rurale (AER) ;
- l'Agence de Régulation du Secteur de
l'Electricité (ARSEL) ;
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 126
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
- la Société Camerounaise des Dépôts
Pétroliers (SCDP) ;
- la Société Nationale de Raffinage (SONARA) ;
- la Société Hydro Mekin Electric Development
Corporation (HYDROMEKIN).
Article 95. - Le présent décret sera
enregistré et publié suivant la procédure d'urgence,
puis
inséré au Journal Officiel en français et en
anglais. / -
Yaoundé, le 07 novembre 2012
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, PAUL BIYA
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 127
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Annexe 8: Guide d'entretien à l'attention des
Responsables du Ministère de l'Eau et de l'Energie
1- Que pensez-vous du contrôle parlementaire des
politiques publiques ?
2- Dans le cadre de l'exercice des fonctions qui sont les
vôtres, avez-vous connaissances de l'existence des commissions
d'enquête parlementaire ?
3- Pensez-vous que le contrôle parlementaire des
politiques publique puisse avoir un impact dans la mise en oeuvre desdites
politiques ? Si oui, comment ? sinon pourquoi ?
4- Comment les projets sont-ils maturés au
Ministère de l'Eau et de l'Energie ? Qu'elle en est la procédure
? Existe-t-il des textes relatifs à la maturation des projets ?
5- Comment le public est-il informé des projets
d'investissements publics au MINEE ? Ne pensez-vous pas que le Ministère
de l'Eau et de l'Energie devrait mettre sur pieds un magazine d'information sur
ses activités et projets ?
6- Dans le cadre de la maturation des projets
d'investissement dans le Sous-secteur de l'Eau et de l'Energie, les
parlementaires sont-ils associés ? Si oui, comment ? sinon, pourquoi
?
7- Selon vous, les Projets implémentés par le
Ministère de l'Eau et de l'Energie font ils l'objet d'une
évaluation du parlement ? Si oui, comment, sinon pourquoi ?
8- Qu'est-ce que le CDMT ? quelle est son utilité et
quelle différence existe-t-il entre le CDMT initial, le CDMT
ajusté et le CDMT final ?
9- Quelles sont les critères qui soutendent
l'inscription des projets dans le CDMT ?
10- Qu'est-ce qui justifie que certains projets puissent
être soustraits du CDMT ?
11- Les portes du Ministère de l'Eau et de l'Energie
sont-elles ouvertes aux parlementaires ayant un intérêt pour le
Sous-secteur ?
12- Quelles propositions pouvez-vous faire afin
d'améliorer le contrôle parlementaire des politiques publiques en
général et spécifiquement dans le Sous-secteur Eau et
Energie ?
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 128
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Annexe 9 : Guide d'entretien à l'attention des
membres du Parlement (Député)
1- Que pensez-vous du contrôle parlementaire des
politiques publiques ?
2- Selon vous, comment se manifeste ce contrôle ?
3- Le mode actuel de formation des commissions parlementaires
vous permet-il d'aboutir à un contrôle efficace des politiques
publiques dans le Sous-secteur Eau et Energie ? Justifiez votre
réponse
4- Comment le parlement évalue-t-il les politiques
publiques ?
5- Le parlement collabore-t-il avec d'autres institutions
pour évaluer les politiques publiques ?
6- Comment se forme les différentes commissions
parlementaires ?
7- Les critères d'appartenance auxdites commissions
sont-ils d'ordres objectifs ou d'ordres subjectifs ?
8- Que pensez-vous du fait majoritaire ? cela muselle-t-il
les parlementaires ?
9- A quoi renvoie la discipline du parti ?
10- Les commissions d'enquête parlementaires ont-elles
un impact dans le cadre de la mise en oeuvre des politiques publiques ?
11- Quels peuvent être selon vous les instruments
extra-juridiques dont le parlement pourrait se servir dans sa mission de
contrôle des politiques publiques ?
12- Les parlementaires sont-ils associés lors de la
maturation des projets ?
13- Le parlement dans sa mission de contrôle des
politiques publiques collabore-t-il avec d'autres institutions ? Si oui,
lesquelles et comment ?
14- Quelles propositions pouvez-vous faire afin
d'améliorer le contrôle parlementaire des politiques publiques
?
15- Qu'est ce qui justifie la prédominance des Projets
de loi sur les Propositions de Loi ?
16- Comment est-ce que le Parlement peut-il influencer le
Gouvernement ?
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Annexe 10 : candidat à la DDAR- AN

Source : auteur

Annexe 11: candidat avec l'Honorable Engelbert ESSOMBA
BENGONO
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 129
Source : auteur
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 130
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Annexe 13 : Candidat avec l'Honorable Cabral LIBI LI
NGUE NGUE

Source : auteur
Annexe 14 : candidat avec le CEA1 CEP,
DEPC-MINEE

Source : auteur

TABLE DE MATIERES
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 131
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 132
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
AVERTISSEMENT i
DEDICACE ii
REMERCIEMENTS iii
LISTE DES ABREVIATIONS ET SIGLES iv
LISTRE DES TABLEAUX vii
RESUME viii
ABSTRACT ix
SOMMAIRE x
INTRODUCTION GENERALE 1
PREMIÈRE PARTIE : LE CONTRÔLE PARLEMENTAIRE
: INSTRUMENTS
D'ACTION ET D'INFLUENCE DES POLITIQUES PUBLIQUES
29 CHAPITRE I : LE CONTRÔLE PARLEMENTAIRE COMME
INSTRUMENT
D'ACTION DES POLITIQUES PUBLIQUES 31
Section I : Ce que le contrôle parlementaire des
politiques publiques veut dire 32
Paragraphe 1 : Les dynamiques contraignantes du
contrôle parlementaire dans
l'analyse des politiques publiques sectorielles
32
A- La consécration constitutionnelle et organique
du contrôle parlementaire des
politiques publiques 32
B- La motion de censure et la question de confiance
33
Paragraphe 2 : Les logiques d'actions non contraignantes
des politiques publiques 34
A- Les mécanismes de contrôle des
politiques publiques par les questions 34
B- Les mécanismes de contrôle des
politiques publiques par les commissions
d'enquête parlementaire
35 Section II : Le contrôle parlementaire des
politiques publiques dans le Sous-secteur Eau
et Energie : entre instruments et dispositif
d'interaction institutionnelle 39
Paragraphe I : Instruments textuels et non textuels
39
B- Les instruments non textuels : entre règles non
écrites et mise en scène des
usages pratiques du contrôle parlementaire
40
Paragraphe II : Dispositif de régulation des
interactions institutionnelles 41
A- Un dispositif de collaboration entre institutions :
la navette parlementaire et
l'assistance du pouvoir judiciaire 41
B- Un dispositif de collaboration entre les acteurs de
la société 44
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 133
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
CHAPITRE II : LE CONTRÔLE PARLEMENTAIRE DES
POLITIQUES PUBLIQUES COMME INSTRUMENT D'INFLUENCE RÉCIPROQUE DE LA
DÉFINITION DES
POLITIQUES PUBLIQUES 47 Section I :
Le contrôle parlementaire : un cadre de performance et
performatif
d'influence sur le Gouvernement
48 Paragraphe I : La légitimation textuelle de
l'influence du Parlement sur le
Gouvernement 48
A- L'activité législative 48
B- Le règlement intérieur de
l'Assemblée Nationale 49 Paragraphe II : La
légitimation pratique : le contrôle parlementaire comme
activité
politique 50 A- L'influence du
Parlement en situation de refus de la confiance au
Gouvernement 50 A- L'influence du
Parlement en situation de mise en cause de la responsabilité
du
Gouvernement 51 Section II : Les
logiques d'action marquant l'influence du Gouvernement sur le
Parlement 53
Paragraphe I : La mainmise du Gouvernement dans la
procédure parlementaire 53
A- La primauté des Projets de loi sur les
propositions de loi 54
B- La présence du Gouvernement lors des
travaux en Commission 55 Paragraphe II :
L'uniformité partisane entre les membres du Gouvernement et
les
parlementaires 56
A- Fait majoritaire et l'objectivation du contrôle
parlementaire 56
B- Le respect de la discipline du parti par les
parlementaires 59
CONCLUSION DE LA PREMIÈRE PARTIE
62 DEUXIÈME PARTIE : LE CONTRÔLE PARLEMENTAIRE
DANS LE SOUS-SECTEUR EAU ET ENERGIE. UN DISPOSITIF D'ÉVALUATION DES
POLITIQUES
PUBLIQUES EN QUÊTE DE PERFORMANCE ?
63 CHAPITRE III : LE CONTRÔLE PARLEMENTAIRE COMME
DISPOSITIF D'ÉVALUATION DE LA PERFORMANCE DE LA POLITIQUE PUBLIQUE
DE
L'EAU ET DE L'ÉNERGIE
65 Section I : Le contrôle parlementaire et
critères d'évaluation des politiques publiques
dans le Sous-secteur Eau et Energie 66
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 134
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Paragraphe I : Les préalables à
l'évaluation parlementaire des politiques publiques de
l'Eau et de l'Energie 66
A- La mobilisation des ressources cognitives par les
parlementaires 66
B- La compréhension de la politique publique
à évaluer 68 Paragraphe II : Le
référentiel d'évaluation des politiques publiques dans le
Sous-
secteur Eau et Energie 68
A- Le critère d'efficacité et d'efficience
69
B- Le critère de pertinence et de
cohérence 70
Section II : Typologie et dynamique actorielle
d'évaluation parlementaire des politiques
publiques dans le sous-secteur Eau et Energie
71 Paragraphe I : Les types d'évaluation des
politiques publiques dans le Sous-secteur Eau
et Energie à l'oeuvre 71
A- L'évaluation ex-anté des politiques
publiques 72
B- L'évaluation ex-post des politiques publiques
74 Paragraphe II : Les acteurs de l'évaluation
parlementaire des politiques publiques dans
le sous-secteur Eau et Energie 74
A- Les parlementaires comme acteurs visibles de mise en
scène de l'évaluation des
politiques publiques 75
B- La mobilisation des experts comme acteurs invisibles
de l'évaluation
parlementaire 75 CHAPITRE IV :
L'IMPACT MITIGÉ DU CONTRÔLE PARLEMENTAIRE DANS LE PROCESSUS DE
CONSTRUCTION DES POLITIQUES PUBLIQUES EFFICACES ET
EFFICIENTES DANS LE SOUS-SECTEUR DE L'EAU ET DE L'ENERGIE
78
Section I : Les contraintes structurelles du
contrôle parlementaire 79
Paragraphe I : Les contraintes endogènes
79
A- La problématique liée au profil des
parlementaires et l'absence des
commissions de contrôle 79
B- Le contrôle parlementaire comme fenêtre
d'opportunité (l'adhésion inadéquate des parlementaires
aux Commissions et les ressources matérielles
limités)
81
Paragraphe II : Les contraintes exogènes
83
A- Le non-respect de la procédure parlementaire
par le Gouvernement 83
A- La maîtrise prioritaire de l'ordre jour à
l'Assemblée Nationale par le
Gouvernement 85
MÉMOIRE RÉDIGÉ ET
PRÉSENTÉ PAR NKODO MEKONGO Gaël Régis 135
Le Contrôle Parlementaire des Politiques Publiques au
Cameroun : Cas du Sous-secteur Eau et Energie
Section II : L'action parlementaire sur les politiques
publiques de l'eau et de l'énergie :
quelles perspectives pour de meilleure performance ?
87
Paragraphe I : Les perspectives propres à
l'institution parlementaire 87
A- Le recours aux experts indépendants par le
Parlement, le renforcement des
capacités des parlementaires et l'obligation de
faire le terrain 87
B- L'augmentation des moyens logistiques et financiers
du parlementaire ainsi
que l'actualisation des textes 90
Paragraphe II : Les perspectives propres au
Ministère de l'Eau et de l'Energie 93
A- La publicisation des actions et projets du MINEE
93
B- L'association des parlementaires dans la maturation des
projets et
l'actualisation des textes 94
CONCLUSION GENERALE 98
BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE 101
ANNEXES 109
TABLE DE MATIERES 131
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