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Le sud-ouest français dans l'espace européen : vers une collaboration interrrégionale en matière de relations culturelles extérieures ?

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par Thomas Perrin
Université Paris III - Sorbonne Nouvelle - DESS de Relations interculturelles 2001
  

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3. CULTURE ET AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE

"Déconcentration et décentralisation entraînent une territorialisation de l'action culturelle" (Perret & Saez, 1996, 41).

Depuis la décentralisation artistique de l'après-guerre jusqu'à la récente implication des DRAC dans des projets territoriaux, en lien avec les "lois Voynet" sur l'aménagement et le développement durable du territoire et les "lois Chevènement" sur le renforcement et la simplification de la coopération intercommunale, l'aménagement du territoire a été intégré par l'Etat dans ses politiques culturelles successives.

Plus qu'une simple action d'investissements structurels, les équipements culturels contribuent directement à l'aménagement du territoire par une irrigation locale de la culture sous toutes ses formes, soit pour répartir de manière équilibrée une culture reconnue à l'échelon national, soit pour mettre davantage en valeur les potentialités et les richesses inscrites sur un territoire donné. Cela renvoie aux diverses formes observables de démocratisation culturelle, celle-ci constituant un des deux axes principaux (et parfois contradictoires) de l'action du ministère de la Culture, l'autre axe étant la création et "l'excellence" artistiques : "La démocratisation et le soutien à la vie artistique sont deux missions différentes" (Urfalino in Actes du colloque [...], 1996, 92). Ainsi, le lien de cause à effet entre aménagement culturel du territoire et développement culturel de la nation sous-tend le rapport réalisé sur ce sujet par Bernard Latarjet en 1992, à la demande de M. Jack Lang et de M. Jacques Chérèque, occupant alors les fonctions de, respectivement, ministre de la Culture et ministre de l'Aménagement du territoire.

Ce rapport rappelle à juste titre l'importance respective et l'interdépendance des services régionaux décentralisés et déconcentrés, dont les missions tendent aujourd'hui à être mieux identifiées et mieux coordonnées. Si la région est "l'échelon essentiel[...]de conception et de mise en oeuvre de [la politique d'aménagement culturel du territoire]", les DRAC s'imposent comme les "pivots" de cette politique, (Latarjet, 1992, 75).

Alors que d'une part "il faut accroître l'effort de déconcentration " (id. 23), d'autre part la décentralisation n'est qu'à "envisager, après concertation", (id. 24). Conclusion paradoxale tirée de l'étude du terrain (du territorial) ou effet de la commande d'Etat?

Quoiqu'il en soit l'Etat garde, en matière de politique culturelle, une présence déterminante dans les régions françaises, présence renforcée par le fait que "la politique d'aménagement du territoire est initiée par l'Etat, garant de l'unité du territoire" (Thuriot, 1999, 33).

Le rôle et le poids de l'Etat sur la culture en face des collectivités territoriales, et ce malgré la reconnaissance du "rôle de chef de file de la région, compte tenu des ses compétences[...]en matière[...]d'aménagement du territoire" (id. 37), trouvent une légitimation supplémentaire dans les missions attribuées par l'Etat à la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (DATAR), notamment à travers la prospective interrégionale.

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