WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Le sud-ouest français dans l'espace européen : vers une collaboration interrrégionale en matière de relations culturelles extérieures ?

( Télécharger le fichier original )
par Thomas Perrin
Université Paris III - Sorbonne Nouvelle - DESS de Relations interculturelles 2001
  

précédent sommaire suivant

2. RÔLE DE L'ETAT EN RÉGION

En considérant les situations successives des vingt dernières années, brièvement résumées ci-dessus, force est d'observer que l'Etat garde un rôle prééminent dans le domaine culturel en France . On peut penser au discours de Robert Pesce à l'Assemblée nationale le 24 juin 1984 quand il dénonça, en cas de trop large transfert de compétences de l'Etat vers les collectivités, le risque "d'atomisation de la politique culturelle nationale, donc son effondrement" (Moulinier, 1995, 166). Ce qui l'amenait à conclure : "Il est indispensable d'avoir une politique nationale pour faire face à l'enjeu des multinationales" (id.), réflexion d'actualité à l'heure de la mondialisation.

Dans la logique des compétences décentralisées, et d'un rapprochement de la décision entre les citoyens et les élus, l'Etat tente de ne pas exercer ses prérogatives de manière arbitraire - Guy Saez rappelle que "les artistes et les autres professionnels de la culture, tout comme les responsables locaux, ont manifesté leur accord pour que l'Etat continue de veiller à la qualité des activités culturelles en France" (Moulinier, 1995, Préface). De plus l'Etat s'applique à partager les missions comme les charges et préfère "développer les politiques contractuelles avec les élus, la déconcentration, la concertation avec les collectivités, plutôt que d'opérer des transferts massifs de compétences" (Moulinier, 1995, 164). La réalité persiste à démontrer que, soit de la part des régions elles-mêmes - quelquefois très peu motivées -, soit de la part de l'Etat et de ses services déconcentrés - peu enclins à négocier leur gestion dans un contexte de politique locale -, la décentralisation de l'action culturelle entraîne des applications modestes et rarement de longue haleine.

De cette façon, même si le principe du "partage puis du transfert des services déconcentrés de l'Etat" (Delcamp, 1994, 161) est celui qui a été retenu pour la décentralisation française, ce principe est loin de s'appliquer au domaine culturel. On peut penser à l'article de Patrick Baleynaud en 1991, "La culture, l'oubliée de la décentralisation? " ; Pierre Moulinier va même jusqu'à demander "La décentralisation, une idée dépassée ? " (Moulinier, 1995, 226-231).

Ainsi, le rapport sur la décentralisation culturelle commandé par Jack Lang à René Rizzardo a donné lieu à des propositions qui "ont fait jusqu'à présent long feu et n'ont guère suscité autre chose que des discussions sans lendemain" (id., 237). Des responsables du ministère de la Culture estiment que même si l'échelon régional "est sans doute le mieux à même d'exercer plus de fonctions culturelles, [...] sa vocation à la mission plutôt qu'à la gestion, la faiblesse de ses ressources financières autant que la difficulté qu'il a à se dessiner un profil culturel n'incitent pas à lui confier des responsabilités accrues" (id., 236). Quant au secrétariat d'Etat au Patrimoine et à la Décentralisation, créé en 2000, il semble avoir pour mission prioritaire de conforter la logique de la déconcentration - plus que celle de la décentralisation - renforcée depuis déjà plusieurs années - notamment, redéploiement des moyens financiers et humains de l'échelon central vers les DRAC.

Les DRAC continuent donc de fonctionner comme les structures les plus appropriées à prendre en compte et à concilier les objectifs nationaux avec les contextes régionaux, à articuler les compétences verticales - de l'Etat...- et les approches territoriales -...vers les régions et les autres collectivités territoriales. Cette situation a amené à définir les DRAC comme les "ensembliers de la politique culturelle" (Saez, in Moulinier, 1995, Préface) capables d'organiser une "mise en cohérence" (Allier, Négrier et alii, 1994, 80-83) du partenariat Etat/Région qui puisse harmoniser les compétences respectives.

Il est à noter que cette politique contractuelle est nécessaire aussi bien à l'Etat - dont les moyens financiers ne sont plus en expansion - qu'aux Régions - dont la jeunesse institutionnelle appelle un besoin de reconnaissance et de professionnalisation : "l'Etat ne peut guère se passer de l'appui des collectivités territoriales, tandis que ces dernières ne peuvent se passer de l'Etat qui valorise leur effort culturel" (Moulinier, 1995, 228).

Par ailleurs, la coopération entre collectivités publiques renvoie à un enjeu de territorialisation des politiques culturelles et d'aménagement culturel du territoire, d'autant plus que le ministère de la Culture est présent à l'échelon régional, "niveau territorial de l'aménagement et de la planification" (Thuriot, 1999, 34; cf. article 59, alinéa 3, de la loi de décentralisation du 2 mars 1982).

précédent sommaire suivant