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Intégration des adolescents adoptés d'origine étrangère au Québec

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par Delphine MOYTIER
Université de Caen - Master IUP Management Social Santé 2006
  

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· Etre un adolescent d'origine étrangère, un handicap à l'intégration sociale ?

En tant qu'adolescent adopté, on peut ce demander si celui-ci connaît des difficultés s'incérer dans le milieu où il se trouve, ou bien s'il y a un décalage avec ses pairs. De plus, le fait d'être adopté à un très jeune âge influence-t-il l'intégration de l'adolescent ? Il est nécessaire d'envisager toutes ces questions pour traiter ce thème. C'est une hypothèse que nous pourrons essayer de vérifier ou non, lors des entretiens avec des adolescents.

Certains discours renferment parfois les individus dans des catégories, dans des classes ou « sous-classes », avec des critères d'origine culturelle, sociales ou mêmes raciales. Certaines personnes peuvent être désignées en fonction de leur origine, de leur apparence, de leur mode de vie, de leur religion, de leur nom ou prénom, et cela est souvent fondé sur l'apparence physique. La question est de savoir si le fait d'être d'origine étrangère pose des « difficultés » à l'adolescent adopté ? Car les discriminations existent et cela dans tous les domaines et milieux, le logement, le milieu scolaire, le milieu sportif ou autre.

Les entretiens vont nous permettre de voir si oui on non les adolescents québécois ont des difficultés à s'intégrer avec le fait d'avoir des origines étrangères.

B. Emile Durkheim et l'intégration de l'individu en société

A travers son ouvrage bien connu Le suicide28(*), Emile Durkheim a étudié le principe d'intégration des individus en société.

L'intégration désigne un état du système social. Les individus d'une société donnée sont intégrés quand il y a un degré élevé de cohésion sociale. Tout comme la citoyenneté qui est un sentiment d'appartenance à une collectivité politique, l'intégration est un sentiment d'appartenance à une collectivité sociale. Pour illustrer cela, nous allons pouvoir nous servir des enseignements qu'a tiré Durkheim de son travail sur le suicide.

Pour le sociologue, le taux de suicide varie plus ou moins selon le degré d'intégration de l'individu dans le groupe social dont il fait partie. L'individu peut être relié à différents groupes sociaux, familiaux, ethniques, religieux, professionnels...

On distingue souvent deux types d'intégration : l'intégration culturelle et l'intégration économique. L'intégration culturelle, c'est lorsque les individus participent à la vie commune, parlent la langue nationale aussi. Cette intégration se rapproche de la notion d'assimilation. L'intégration économique, c'est lorsque l'individu occupe un travail stable qui lui procure un revenu permettant de bonnes conditions de vie. Une société peut être repliée sur elle-même culturellement mais réussir son intégration économique.

Dans le cas de cette étude sur l'intégration des adolescents adoptés, on peut ce demander si le fait de connaître ou d'appartenir à un groupe de personnes ayant la même culture d'origine que celui-ci l'aide à s'intégrer ? Si cela l'aide à créer son identité sociale ? A la notion d'intégration, on oppose celle d'exclusion sociale.

De quelles façons un adolescent « exclu », non intégré en est-il arrivé à cette situation ? Quelles sont les étapes de l'exclusion d'un individu ?

Il y a intégration d'un individu dans un groupe donné si celui-ci partage les mêmes normes, les mêmes valeurs et principes, les mêmes comportements. La notion de norme sociale peut être utile dans le cadre de ce mémoire sur l'intégration.

Durkheim a travaillé sur la théorie du lien social. Selon lui, le lien social n'est ni politique (résultat d'un contrat entre les hommes), ni économique (résultat d'une nécessité de l'échange), mais moral.

Il est moral dans le sens où ce lien est fondé sur les règles qui permettent la vie en société. Le lien social est lié à la norme sociale.

La norme est généralement définie comme une règle de conduite sanctionnée, une règle qui est de façon implicite acceptée par tous. L'adolescent adopté doit-il répondre à la norme sociale de la même façon que les autres adolescents ? A l'adolescence, comment envisage-t-on et tient-on compte de cette norme ? Les adolescents adoptés ont-ils envie de correspondre à cela ?

Si l'on suit le raisonnement et la méthode sociologique de Durkheim, il faut étudier les faits sociaux comme des choses sans s'attacher aux motivations individuelles.

Notre objet d'étude sera donc l'adolescent adopté d'origine étrangère et la recherche « scientifique » sera quels sont les facteurs de l'intégration sociale de l'adolescent adopté d'origine étrangère ?

Un fait social « est une manière d'agir, de penser et de sentir, extérieurs à l'individu, et qui sont doués d'un pouvoir de coercition en vertu duquel ils s'imposent à lui »29(*). Le fait social présent deux caractéristiques principales, l'extériorité et la contrainte.

Un fait social est extérieur à l'homme parce qu'il préexiste à l'individu lorsqu'il naît et perdure lorsqu'il meurt. Cela s'applique aussi à l'adoption, un enfant adopté aura ce statut toute sa vie. Aussi, le fait social s'impose à l'individu comme une contrainte, car le non-respect des règles de la vie sociale peut entraîner des sanctions de la part de la société, et qu'au contraire, le respect de ces règles permet souvent la réussite des actions que l'on entreprend. Mais, souligne Durkheim, le caractère contraignant du fait social reste souvent inaperçu car les règles de la vie sociale sont intériorisées par les individus au cours du processus de socialisation. Par rapport à l'adoption, on peut se demander si ce processus de socialisation est le même pour un adolescent adopté que pour un autre ?

Avec la notion de lien social s'accorde celle de solidarité. Le lien social étant par nature invisible, son analyse ne peut passer que par l'étude d'un de ses effets qui lui, serai visible30(*). Voyons les deux types de solidarité que Durkheim propose. Chacune d'elle correspond à deux types de société.

Tout d'abord, la solidarité mécanique est celle qui caractérise les sociétés traditionnelles. Elle est le résultat de la similitude des consciences, et se manifeste par un droit répressif.

La solidarité organique est celle qui représente les sociétés modernes (ou organisées). Elle est le résultat de la différenciation des fonctions sociales qui rend nécessaire la division du travail ; les individus, autonomes, sont liés les uns aux autres du fait de la complémentarité des fonctions qu'ils occupent. La solidarité organique se manifeste par un droit restitutif.

Aujourd'hui, nous serions donc dans un système de solidarité organique. Est-ce que cette solidarité influe sur l'intégration des adolescents adoptés ? Y a t il un système mis en place pour les aider à cette intégration ?

C. La notion d'identité

* 28 DURKHEIM Emile, Le suicide, éditions PUF, collection Quadrige, Paris, 1897, 463 pages.

* 29 ETIENNE Jean, BLOESS Françoise, NORECK J.Pierre, ROUX J.Pierre, La sociologie, éditions Hatier, Paris, 2004, 447 pages.

* 30 Ibid

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