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La redéfinition du rôle géopolitique Vénézuelien


par Nicolas Lehoucq
Institut d'étude des Relations Internationales Paris - Licence en Relations Internationales 2006
  

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II la définition du programme politique de Hugo Chavez : pour les plus démunis !

A . Les références bolivariennes du mouvement

Le mouvement qui porta Hugo Chavez à la tête de l'Etat vénézuelien est né en 1982, pendant la « crise ». Il s'agissait alors d'une cellule clandestine ; en 1987 le mouvement, qui ne cessait « d'établir de nouvelles cartes de membres », pris le nom de Mouvement Bolivarien Révolutionnaire. Dès lors l'objectif du groupe était clair : il souhaitait une révolution, une transformation politique, sociale, économique et culturelle inspirée par les idées de Simon Bolivar. Le MBR établi alors « l'arbre aux trois racines » qui est en quelque sorte sa source idéologique. Cet arbre est composé d'une racine bolivarienne (ses idées, sa vision géopolitique de l'intégration de l'Amérique latine), d'une racine zamorienne (référence à Ezequiel Zamora, le « général du peuple souverain » et de « l'unité civico-militaire ») et d'une racine robinsonienne (en référence à Simon Rodriguez, le maître de Bolivar, sage de l'éducation populaire, de la liberté et de l'égalité). Cet arbre aux trois racines avait avant tout un contenu symbolique et il offrait un sens intégrateur et reconstructeur de l'histoire nationale et continentale.

Dans ce mouvement politique l'importance était donnée à la morale et à la communication par des images fortes. Le socialisme du 21e siècle doit avoir comme première caractéristique une morale, une conscience, une éthique. Dans cette idée les références à Che Guevara sont nombreuses. Une autre référence plus inattendue est le Christ. Hugo Chavez aime affirmer que le premier socialiste fut le Christ ; il explique que le socialisme doit ce nourrir des courants les plus authentiques du christianisme. Cette idée du socialisme, Hugo Chavez la défend à merveille : « le socialisme doit défendre l'éthique, la générosité. Bolivar fut un exemple : il a tout abandonné pour être utile à son pays. Il faut rappeler aussi que le Christ a dit à un homme riche qui voulait aller au paradis : vends tout ce que tu possèdes et partage-le entre les pauvres ».

Nous notons ici que le mouvement de Hugo Chavez porte de grands principes, toutefois quand il a remporté les élections et lorsqu'il s'est installé à la présidence de la République, son gouvernement ne disposait pas réellement d'un corps doctrinal systématique, ni de lignes directrices claires qui auraient pu constituer un projet pour le pays, ni d'organisations politiques en mesure de suppléer à ces carences. En vérité lors de sa prise de pouvoir le projet n'était perçu que comme l'expression d'un nationalisme militaire, traditionnel et conservateur ; ceci lui valut d'ailleurs d'être caractérisé par les intellectuels soit comme un populiste militaire de type ou de tendance autoritaire, soit comme un néo-populiste néolibéral. Son projet dans la pratique est donc apparu « sur le tas », il s'est dessiné dans la confrontation politique et avec l'expérience du pouvoir.

A. Le programme économique

Selon ses propres termes, le président Chavez souhaite s'éloigner du modèle néolibéral et résister à la mondialisation. Il faut selon lui « rechercher le point d'équilibre entre le marché, l'Etat et la société. Il faut faire converger la main invisible du marché et la main invisible de l'Etat autant que nécessaire ». Soulignons tout de même que la propriété privée, les privatisations et les investissements étrangers restent garantis même si cette garantie s'inscrit dans « la limite de l'intérêt supérieur de l'Etat », qui veillera à conserver sous son contrôle des secteurs stratégiques dont la vente signifierait un transfert d'une partie de la souveraineté nationale. Les propos d'Hugo Chavez peuvent être ici considérés comme vague voir même obscurs ; en effet quelle est sa définition de « la limite de l'intérêt supérieur de l'Etat » ? Nul ne le sait.

B. le référendum

Le jour même de son accession au pouvoir (Janvier 1999), Hugo Chavez annonça l'organisation d'un référendum de consultation populaire sur la convocation d'une assemblée constituante. Par le fait d'avoir obtenu un vote favorable au référendum et à l'assemblée constituante son leadership personnel fut augmenté, le plaçant en situation d'influer fortement sur l'orientation de la nouvelle constitution.

De plus, le président Chavez joui aujourd'hui d'une forte popularité dans son pays avec plus de 70% d'opinion favorable ce qui l'assure, si la situation ne change pas, d'être réélu aux prochaines élections présidentielles.

C. les réformes nationales et leurs bilans

Le titre de notre seconde partie souligne que la politique mise en place par Hugo Chavez était orientée envers les plus démunis. En introduction nous avions noté que son élection fut essentiellement le fait d'une mobilisation des plus démunis ; et on peut dire que le président Chavez leur rend l'ascenseur. Cet ascenseur, à défaut d'être social, se matérialise par une redistribution généreuse et orientée de manière intelligente. En effet, en 2004 quelques 3,7 milliards de dollars sont allés au financement d'infrastructures et de « missions » créées au bénéfice des catégories défavorisées (contre 600 millions de dollars en 2003) ; ce nouveau programme social fut nommé « Barrio Dentro » (littéralement : à'intérieur du quartier). L'alphabétisation, l'apport de soins (notamment via de 15 000 médecins cubains envoyés par Fidel Castro en échange de pétrole) cet apport de soin étant basé sur une médecine préventive dans les milieux populaires jusque là abandonnés, la création d'une chaîne de supermarchés populaires, l'accès au baccalauréat et aux études supérieures pour les plus démunis.... Tous ces exemples démontrent l'énorme chantier mis en oeuvre par Hugo Chavez. Ceci continuera tant que les finances suivront.

Le président vénézuelien a donc mis en place un programme social optimiste mais pour l'assurer il a besoin d'un budget considérable. C'est pourquoi il a mis un point d'honneur à remodeler l'industrie pétrolière. Mais assurer ses finances n'est pas le seul objet de cette modification de la politique pétrolière.

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