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Tourisme et développement durable: quelles conjugaisons? cas du Maroc

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par Seloua GOURIJA
Université du Littoral Côte d'Opale - Docteur Es Sciences Economiques 2007
  

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II.3.2. Les handicapes externes

II.3.2.1. Le problème politique algérien et la guerre du golfe 

Les conflits internationaux, les troubles intérieurs, le terrorisme affectent profondément la demande touristique internationale. Comme le soulignent L.K. RICHTER et W.L.WAUGHJR 349(*) la sécurité politique constitue, avant les attractions touristiques, la condition principale pour le développement touristique. Les pays jouissant, comme le Maroc, d'une tranquillité et d'une stabilité politique voient leur tourisme international terni par l'image négative des problèmes politiques de la région y compris le terrorisme. La situation politique très tendue que vit l'Algérie depuis quelques années et les prises d'otages et assassinats des étrangers a terni l'image de tous les pays voisins.

Bien que se tenant à plusieurs milliers de kilomètres du Maroc, la guerre du golfe a entraîné une quasi-paralysie du secteur touristique au Maroc et dans les pays du pourtour méditerranéen. Si ces pays ont vu leurs activités touristiques reprendre juste après cette crise, au Maroc les conséquences de la guerre du Golf dans le secteur touristique n'ont pas été définitivement effacées.

La Guerre du Golf a engendré sur le plan international une catastrophe touristique pour le secteur. En ce qui concerne le Maroc, toute l'activité a été touchée et le nombre de touristes en provenance de différents marchés n'a cessé de baisser et de régresser rapidement jusqu'à ce qu'il atteigne pendant la période de la guerre le niveau « zéro » 350(*). Des hôtels et des restaurants désertés, des agences de voyage qui n'enregistrent que des annulations formulées par la clientèle européenne, des avions sans passagers, des guides brusquement au chômage forcé, des bazars sans clients, des loueurs de voiture et des autocaristes ne sachant trop que faire de leur parc automobile immobilisé etc.

C'était donc en bref les conséquences de la crise du Golf sur le tourisme marocain. Cependant, un mois après la cessation de la guerre, on a constaté un redressement de l'activité touristique marocaine en enregistrant une augmentation sensible des entrées touristiques comme nous l'avait montré dans la première partie de cette section.

II.3.2.2. L'événement du 11 septembre 2001 

Il s'avère nécessaire et important de signaler également les retombées négatives du « mardi noir » 11 septembre 2001 sur le tourisme marocain. En effet au lendemain des attentats aux Etats unis, les destinations touristiques ont été touchées par les annulations qui pour beaucoup d'établissements ont eu des effets régressifs.

C'est ainsi pour la période de 20 au 25 septembre, ce sont plus de 10000 unités d'annulées selon les estimations d'un responsable du ministère du tourisme. Le rythme des annulations s'est amenuisé depuis le 26 septembre avec seulement 6.000 unités concernées.

Les récents raids américains sur l'Afghanistan n'ont eu aucun effet sur la situation depuis, selon les hôteliers. Pour démontrer l `effet des événements qui ont eu lieu aux USA, on prend l'exemple des réservations annulées sur Marrakech (du 26 au 30 septembre ) :

Etablissement

Catégories

Nombre de personnes

Nombre de

chambres

Date de séjour

Nombre de nuitées

Al Mamounia

Luxe

270

148

Oct-nov-fév-avr

45

Es Saad

Luxe

Inconnu

651

Sep-oct

506

Palmeraie GolfPlace

Luxe

107

78

Oct-nov-déc

91

Méridien N'fis

Luxe

494

259

Oct-nov-jan

52

Safir Siaha

4*

100

100

Novembre

00

Tichka

4*

170

94

Oct-nov-mai-avr

41

Tikida

4*

421

651

Sep-oct-nov-mars

564

Palmariva

Club

364

128

Oct-nov

448

Source : Recoupement auprès des professionnels

En ce qui concerne le secteur aérien, il traverse actuellement une véritable zone de turbulence. Cette crise a été à l'origine de très gros problèmes financiers pour les compagnies aériennes ( Sabena en Belgique, Suissair en Suisse, Airlib en France, etc.), . Parallèlement aux restructurations forcées (suppressions d'emplois), elles doivent également faire face à la forte hausse des primes d'assurances qui pèseront lourdement sur ses comptes. La R.A.M. devra verser une surprime supplémentaire de 1.25 dollars par passager pour couvrir l'assurance de responsabilité. Le montant à décaisser dépendra donc du nombre de passagers. Cette surprime sera entièrement financée par la R.A.M.

En 2000, la compagnie nationale a transporté 3.7 millions de passagers. Si l'on se base sur ce chiffre, la surprime serait de 4.6 millions de dollars. A cela, s'ajoute une surprime de 0.05% de la valeur flotte pour l'assurance avion risque de guerre.

La crise engendrée par les événements de 11 septembre a aggravé la situation financière de la R.A.M. qui avait déjà enregistré des déficits en 2000, souligne Md BERRADA P.D.G. de la R.A.M.

Pour éviter que les avions ne restent cloués au sol, la garantie de l'Etat est également nécessaire. A l'instar des autres pays, le gouvernement s'est donc engagé à couvrir le risque de responsabilité civil vis-à-vis des tiers non passagers (suite à un acte de guerre). Cette garantie porte ainsi sur un montant compris entre 50 millions et un milliard de $. Cette mesure est prévue pour une durée provisoire d'un mois.

Les conséquences des attentats ne s'arrêtent pas là. La R.A.M. va essuyer des pertes en termes de chiffre d'affaire. Les estimations de la compagnie aérienne pour l'exercice 2001-2002 font ressortir une chute de ce chiffre de plus d'un milliard de DH. Ceci entraînerait, selon son P.D.G., une perte qui risque d'absorber une grande partie du capital de la compagnie. A l'origine de cette situation, la baisse de 10% enregistrée depuis les attentats, et la baisse risque de se poursuivre. Et ce, tant au niveau des vols réguliers que des charters.

A cette situation inquiétante, la direction est favorable à un redéploiement de son personnel. La compagnie compte également stopper les recrutements.

Pour sa part, le programme d'investissement de la R.A.M. ne sera ni gelé ni annulé.

Voilà, en résumé, la répercutions de ces crises qui ont contracté le développement du tourisme et, par voie de conséquence, celui du pays.351(*)

On voit, clairement, que les conjonctures politiques mondiales ont eu une grande une influence sur le tourisme marocain.

Ceci vient confirmer le fait que « le tourisme est une industrie de paix ». En temps de crise, de conflit ou de guerre, il constitue, de par sa fragilité et sa vulnérabilité, la 1ère victime.

Section II. Les politiques sectorielles en faveur du tourisme

* 349 L.K.Richter et W.L.Waughjr  « terrorism and tourism as logical companions»dans managing tourism

* 350 D'après le journal, La vie économique, 25 janvier 1991.

* 351 Journal, L'économiste, 23 et 24 septembre 2001.

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