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L'impact macroéconomique d'un consortium d'exploitation pétrolière : le cas de l'unité de production de Doba au Tchad

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par Siniki BOPABE
Université Catholique d'Afrique Centrale - Maitrise 2007
  

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Chapitre 1 : Le comportement du secteur productif et des ménages

« Les fluctuations de la production, de l'emploi, de la consommation, de l'investissement et de la productivité constituent toutes une réaction naturelle et désirable d'un individu aux changements inévitables de son environnement ».

Gregory N. Mankiw

Les agents économiques considérés dans ce chapitre sont les entreprises et les ménages. Le circuit des échanges peut en fait être appréhendé sous deux (2) optiques différentes : celle de la production et celle du revenu pour les ménages (Section 1), d'une part, et celle pour les entreprises (Section 2), d'autre part.

Section 1 : Les ménages

« La consommation est l'objectif unique et ultime de toute production.»

Adam Smith

Les ménages inclus dans chaque catégorie socioprofessionnelle ont des conditions de vie et de travail similaires et présentent un comportement homogène dans les domaines de la vie économique, sociale et culturelle. Ainsi, les décisions de consommation des ménages affectent le comportement d'ensemble de l'économie tant à court qu'à long termes. Depuis l'origine des recherches en macroéconomie, nombreux sont les économistes qui ont étudié le comportement des ménages et suggéré diverses manières d'interpréter les données relatives à la consommation. Cependant, quelques notions relatives aux ménages seront précisées avant d'étudier le cas des ménages tchadiens.

I. Approche institutionnelle et évaluation des ménages

Nous abordons notre étude des ménages grâce à une approche institutionnelle avant de chercher à les évaluer au moyen d'un agrégat qu'est la consommation. Cette approche institutionnelle tient de la catégorisation des ménages retenue par la CN. Or, c'est à travers la fonction de consommation qu'on peut véritablement comprendre le comportement des ménages.

A. APPROCHE INSTITUTIONNELLE DES MÉNAGES

Nous définirons de prime à bord les ménages et appréhenderons ensuite la consommation à travers une approche qui, au demeurant, reste notionnelle.

1. DÉFINITION DES MÉNAGES

Les ménages sont les unités institutionnelles dont la fonction économique principale est la consommation et éventuellement la production quand elle est organisée dans le cadre d'une entreprise individuelle. Ils offrent aux entreprises des facteurs de production notamment le travail, moyennant un revenu qui leur permet de consommer.

Les ménages peuvent être dissociés selon plusieurs critères mais c'est la décomposition selon la catégorie socioprofessionnelle du chef de ménage qui est privilégiée. Cette dissociation est destinée à classer l'ensemble de la population active en un nombre restreint de grandes catégories présentant chacune une certaine homogénéité sociale.

La nomenclature retenue par la CN décompose ce secteur en neuf (9) sous-secteurs : agriculteur exploitant, salarié agricole, indépendant non agricole, cadre supérieur, cadre moyen, employé, ouvrier, inactif et autres ménages.

Après cette approche définitoire et institutionnelle des ménages, il est temps pour nous de les évaluer à travers la consommation.

2. APPROCHE NOTIONNELLE DE LA CONSOMMATION

L'agrégat retenu par la CN pour évaluer les ménages est la consommation finale. En effet, la consommation finale au niveau d'un pays regroupe la consommation des ménages, des administrations publiques et privées. En revanche, dans cette partie nous ne considérerons que la consommation finale des ménages.

a. Définition de la consommation

La consommation d'un bien est « la quantité de ce bien qui par usure ou destruction permet de satisfaire directement les besoins des agents économiques intéressés sans concourir à l'accroissement de la production »2(*). La consommation dont il est question ici ne vise que la consommation finale de biens et services et n'a rien à voir avec la consommation intermédiaire.

La consommation finale représente à ce titre la valeur de biens et services utilisés pour la satisfaction directe des besoins humains, fussent-ils individuels ou collectifs. Ainsi, la consommation finale des ménages est composée de l'ensemble des biens (à l'exception des logements) et des services marchands qu'ils utilisent pour satisfaire leurs besoins individuels ; des services domestiques (non marchands) qu'ils produisent pour eux-mêmes en tant qu'employeurs de personnel domestique salarié ; des paiements partiels aux administrations publiques et privées pour les services non marchands qu'elles leur fournissent.

En outre, la consommation finale des ménages qui vient d'être présentée ne permet pas d'appréhender toute la réalité de la consommation. La notion de « consommation élargie » permet d'obtenir une vision complète. Pour l'évaluer, il faut ajouter à la consommation finale des ménages une évaluation des services produits par les administrations publiques et privées (éventuellement les entreprises) dont ils bénéficient directement et gratuitement.

La consommation élargie de la population est donc égale à la somme de la consommation finale des ménages résidents et de la consommation finale non marchande des administrations publiques et privées en enseignement, santé, action sociale et services récréatifs, culturels et sportifs.

b. Structure de la consommation

Deux (2) décompositions sont habituellement retenues pour structurer la consommation:

Ø la décontraction par groupes de produits : le rapport annuel sur les Comptes de la Nation présente une ventilation de la consommation des ménages par groupes de produits. Il s'agit des produits alimentaires, de l'énergie, des produits industriels et des services.

Ø la décontraction selon la durabilité : cette dernière décontraction tient compte de la durée de vie des biens. Elle repartit la consommation des ménages en quatre (4) ensembles : les biens durables, les biens semi-durables, les biens non durables et les services.

Les biens durables regroupent  les automobiles, les téléviseurs, les postes radio, les réfrigérateurs, les machines à laver, les lave-vaisselles, les meubles, les caravanes, etc.

Au sein des biens semi-durables sont rassemblés la verrerie, les articles en textile, les articles en cuir, les produits de travail de bois et les produits en industries diverses.

Dans les services sont réunis les dépenses relatives aux réparations, les hôtels, les cafés et restaurants, les transports en commun, les télécommunications, le logement, les locations diverses, les services de santé, les assurances et les services non marchands.

B. LA FONCTION DE CONSOMMATION

Les économistes contemporains qui étudient souvent la fonction de consommation font appel à des techniques sophistiquées d'analyse de données, surtout à l'aide de l'informatique. Dans les années 1930, faute de pouvoir s'appuyer sur l'analyse statistique, Keynes choisit de formuler un ensemble d'hypothèses relatives à la fonction de consommation regroupé sous le nom générique de « la Théorie générale de Keynes ».

1. L'ANALYSE CLASSIQUE DE LA FONCTION DE CONSOMMATION

Avant d'aborder cette fonction proprement dite, nous nous permettons de situer quelques basiques nécessaires pour énoncer la théorie. Il s'agit des propensions à consommer et les lois d'Engel.

a. Les propensions à consommer et les lois d'Engel

Si l'on rapproche l'évolution des différentes consommations de celle du revenu national, on peut en tirer deux (2) catégories d'informations concernant les propensions à consommer et les lois d'Engel.

1) Les propensions à consommer

On appelle propension moyenne à consommer notée c le rapport de la consommation totale au revenu national : c = C/Y

En raisonnant sous forme d'accroissement, nous pouvons écrire :

C = c'Y où  C, l'accroissement de la consommation ; Y, l'accroissement du revenu national et c', la propension marginale.

On appelle propension marginale à consommer le rapport de l'accroissement de consommation entre t et t + 1 à l'accroissement du revenu entre t et t + 1.

Propension marginale = C/Y

Notons qu'il existe autant de propensions moyennes et marginales à consommer qu'il existe de façons d'appréhender la consommation et le revenu. Il est possible de calculer la propension à consommer par rapport au revenu national ou au revenu national disponible d'où les lois d'Engel.

2) Les lois d'Engel

On appelle coefficient d'élasticité le rapport des variations relatives d'une variable y aux variations relatives d'une variable x. L'élasticité de la consommation par rapport au revenu est égale au rapport de la propension marginale à consommer sur la propension moyenne à consommer.

La signification est de nous indiquer, en pourcentage, la variation de la consommation quand le revenu est de n%.

b. L'énoncé de la fonction de consommation

La fonction de consommation a pour objectif d'analyser l'évolution de la consommation globale des ménages à l'aide d'un certain nombre de variables explicatives.

Dans son analyse, J-M Keynes relie les variations de la consommation des ménages aux variables du revenu global en énonçant deux (2) hypothèses :

Ø les dépenses de consommation sont une fonction stable du revenu réel ;

Ø la propension marginale à consommer est positive et inférieure à 1.

La fonction de consommation peut être schématisée par une droite d'équation C = aY + b dont la représentation est faite au graphique ci-dessous avec : C, la consommation ; Y, le revenu ; a, la propension marginale à consommer et b, la consommation incompressible.

Figure 1 : Fonction de consommation

C = aY + b

Consommation

Revenu

Les premières vérifications statistiques effectuées aux Etats-Unis à partir des budgets familiaux ont confirmé le bien fondé de l'analyse keynésienne, mais ont fait apparaître le caractère très contraignant des premières hypothèses formulées.

Deux (2) autres hypothèses, moins clairement affirmées par Keynes, permettent d'établir une fonction de consommation plus réaliste :

Ø la propension moyenne à consommer est supérieure à la propension marginale ; elle diminue par conséquent avec l'accroissement du revenu ;

Ø la propension marginale, elle-même, diminue avec l'accroissement du revenu.

La fonction de consommation est alors la suivante :

Figure 2 : Fonction de consommation avec c>C/Y

C = f(Y)

Consommation

Revenu

En somme, l'analyse keynésienne retient que la consommation évolue avec le revenu pour les individus. Ainsi, pour toute une nation, la consommation des ménages évoluera avec le niveau de revenu global. Elle est une approximation qui nous permet d'élaborer des modèles simples d'analyse du court et du long termes. Néanmoins, cette simplicité empêche d'expliquer totalement le comportement de consommation.

2. LA PRISE EN CONSIDÉRATION DES AUTRES FACTEURS NÉCESSAIRES À L'EXPLICATION DU COMPORTEMENT DES MÉNAGES

Il existe une diversité de facteurs qui influencent le comportement de consommation des ménages. Dans le cadre de ce travail, nous ne considérons que les décalages inter temporels et énoncerons cependant quelques uns des autres facteurs.

a. Les décalages inter temporels

Pour expliquer ce phénomène, Duesenberry introduit un nouveau facteur : le décalage temporel. La raison de la moindre diminution de la consommation en période de récession tient au fait que les ménages ajustent leur dépense de consommation non seulement à leur revenu actuel, comme le pensait Keynes, mais également à leurs revenus antérieurs et spécialement au plus haut revenu obtenu dans le passé. Dans ces conditions, en période de dépression, les consommateurs essaient de protéger leur niveau de consommation en réduisant leur épargne.

En période d'expansion, par contre, la consommation s'élève lentement car l'accroissement des revenus permet aux ménages de reconstituer leur épargne. Quand le revenu dépasse le niveau ancien le plus élevé, la consommation reprend plus vigoureusement. C'est ce que Duesenberry appelle  « l'effet cliquet ».

En reprenant par Y le revenu le plus élevé obtenu dans le passé, la fonction de consommation présente la forme générale suivante :

Ct= aYt + bY

En période de croissance économique, il arrive souvent que le revenu le plus élevé obtenu dans le passé corresponde au revenu de l'époque précédente, de sorte que la forme générale de la fonction de consommation devienne :

Ct = aYt + bYt-1

Figure 3 : Fonction de consommation générale

Y

C

Consommation

Revenu

Temps

b. Les autres facteurs nécessaires pour accroître la consommation

A côté du revenu et de la richesse, un certain nombre de variables furent avancées par des différents économistes pour expliquer les variations de la consommation des ménages. On peut citer l'hypothèse du cycle de vie de Franco Modigliani3(*).

Parmi tous les facteurs avancés par les différents économistes, nous pouvons retenir le taux d'intérêt, le montant des dépenses publicitaires et commerciales, l'évolution des prix relatifs des différents biens.

Une plus grande compréhension des facteurs socioéconomiques et psychologiques (attitudes, motivations et anticipations) permet d'améliorer l'explication des variables de la consommation des ménages. Par ailleurs, les changements démographiques sont très lents à se manifester mais peuvent appréhender la réalité de la consommation. Cependant, toutes ces réalités semblent-elles s'adapter au cas tchadien surtout avec l'augmentation des revenus pétroliers ?

II. LES EFFETS DE L'EXPLOITATION DU PÉTROLE SUR LE COMPORTEMENT DE CONSOMMATION DES MÉNAGES AU TCHAD

Une étude d'impact des revenus pétroliers sur la structure de consommation des ménages au Tchad implique qu'on s'intéresse dans un premier temps à leur situation avant l'avènement de ceux-ci. Puis dans un second temps, nous nous intéresserons au nouveau comportement même des ménages.

A. SITUATION DES MÉNAGES AU TCHAD AVANT L'EXPLOITATION PÉTROLIÈRE

Cette analyse portera sur la configuration des ménages au Tchad et sur une approche quantitative de leur situation avant l'exploitation du pétrole.

1. CLASSIFICATION ET CARACTÉRISATION DES MÉNAGES

Au Tchad, tout porte à croire que les ménages sont subdivisés en deux (2) grandes catégories : les ménages urbains et les ménages ruraux. Cette classification est marquée par le phénomène de la pauvreté qui affecte toutes les couches sociales. L'incidence de la pauvreté alimentaire est plus élevée dans les campagnes que dans les villes. Ce dénuement extrême apparaît plus important encore quand on intègre dans les calculs des composantes autres qu'alimentaires. Les données statistiques disponibles ne permettent pas de procéder à une analyse approfondie de la pauvreté suivant les catégories socioprofessionnelles. Toutefois, l'on peut retenir que les travailleurs du secteur primaire (paysans, pasteurs et pêcheurs) dirigent les ménages les plus pauvres. Ensuite, viennent les ménages dirigés par les opérateurs du secteur informel urbain qui, bien que ne représentant pas plus de 20% de la population, contribuent avec le secteur primaire pour 70% au PIB, comptant donc 32% à son actif4(*).

2. ANALYSE QUANTITATIVE DES MÉNAGES AU TCHAD AVANT L'EXPLOITATION PÉTROLIÈRE

Au niveau national, les seuils de pauvreté alimentaire et globale sont estimés respectivement à 173 FCFA et 218 FCFA par tête et par jour entre 1995-1996. En termes absolus, l'écart entre les deux (2) seuils est faible en milieu rural et plus élevé à N'Djaména. Rapporté au seuil de pauvreté alimentaire, cet écart est de 22,6% en milieu rural et de 33% à N'Djaména, mais atteint dans les autres villes une proportion plus importante (39%)5(*).

Tableau 1: Seuils de pauvreté alimentaire et globale en 1995-1996 par tête et par jour en FCFA (les chiffres entre parenthèse sont en dollars américains)

 

Milieu rural

N'Djaména

Autres villes

Seuil de pauvreté alimentaire

151(0,303)

311(0,623)

213(0,43)

Seuil de pauvreté globale

195(0,39)

414(0,83)

276(0,55)

Source : ECOSIT, 1997.

L'évolution du PIB par habitant, tablée, autour de la moyenne de 120 000 FCFA par habitant par an jusqu'en 20006(*), dresse un tableau assez sombre de la situation des ménages au Tchad.

Tableau 2 : PIB par habitant au Tchad entre 1995-2005

Années

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004

2005

PIB par habitant (en milliers FCFA)

109,3

122,2

129,9

145,9

129,1

131,9

163,4

175,9

195,8

281,2

364,7

Source : INSEED

Par ailleurs, le rapport national du PNUD sur le développement humain au Tchad (2000), montre que la pauvreté concernait globalement 6 Tchadiens sur 10. Ainsi, près de 42% de la population vivait en dessous du seuil de la pauvreté alimentaire (c'est-à-dire ne disposait pas des trente cents euros qui lui auraient permis, certainement pas de se nourrir à sa faim, mais plus modestement de couvrir a minima ses besoins nutritionnels journaliers). En définitive, plus du tiers des Tchadiens risquent de mourir avant l'âge de 40 ans. Passé ce seuil, il ne restera aux survivants que 7 ans d'espérance de vie.

En outre, le pétrole injecté dans le circuit économique imposera sans nul doute un nouveau comportement aux ménages tchadiens.

B. L'ÉVOLUTION DU COMPORTEMENT DE LA CONSOMMATION DES MÉNAGES MODIFIÉE PAR L'EXPLOITATION PÉTROLIÈRE

Cette étude nous amène à considérer l'évolution de la consommation des ménages. Or, celle-ci est liée à l'évolution du revenu national ; mais aussi les effets qu'elle produit sur les dits ménages.

1. LES ÉVOLUTIONS DE LA CONSOMMATION ET DU REVENU NATIONAL

Pour mémoire, l'évolution de la consommation des ménages est quasiment constante entre 1995 et 2000 et tourne autour de la moyenne annuelle de 397 milliards FCFA7(*). L'injection de la rente pétrolière a provoqué une forte progression du PIB ou du revenu global. Le schéma implicite de croissance retenu par les autorités tchadiennes est clairement keynésien : les revenus pétroliers injectés dans l'économie ont des effets multiplicateurs via la consommation finale des ménages.

Tableau 3: Consommation des ménages et revenu global au Tchad entre 1995-2005

Années

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004

2005

Consommation finale (en milliards de FCFA)

296

331

443

426

420

389

473

547

533

545

645

Revenu global (en milliards FCFA)

1440

1631

1899

2098

1947

2027

2721

3332

3370

4140

5114

Source : INSEED

La lecture de ce tableau nous montre que, tout comme le revenu national (sous l'hypothèse des apports du pétrole), la consommation des ménages évolue de la même manière.

Graphique 1 : Evolutions de la consommation finale et du revenu global

Source : INSEED

On constate que ces deux (2) agrégats évoluent de la même manière. Ainsi, la consommation finale des ménages avec les ressources globales ont évolué quasiment de 100 milliards FCFA entre 2004 et 2005 même si on a déjà remarqué une baisse de 547 milliards en 2002 contre 543 milliards en 2003. Entre temps, la demande globale pendant la période 2004-2005 a également évolué d'environ 100 milliards FCFA8(*). Cette croissance « bipolaire » se reflète à travers le comportement des ménages.

2. LES EFFETS DE L'ÉVOLUTION DE LA CONSOMMATION DES MÉNAGES

Le Tchad, influencé par l'économie rurale, a une intensité de pauvreté probablement plus élevée que ne laisse transparaître les indicateurs portant sur les moyennes. Cependant, on se rend compte que le pétrole a considérablement modifié la structure de la situation globale des ménages au regard des chiffres.

La moyenne des années 2000 a vite grimpé à 195 800 FCFA par habitant par an pour atteindre 364 700 FCFA par habitant par an en 20039(*). Ce qui suppose une nette amélioration de la situation des ménages.

Graphique 2 : Evolution du PIB par habitant

Source : INSEED

Mais nous nous gardons de nuancer cette conclusion et faisons l'économie de certains commentaires car les derniers résultats d'ECOSIT ne sont pas encore disponibles. Il y a tellement de paramètres qui entrent en jeu dans la mesure de la situation réelle des ménages. Ce qui pourrait handicaper nos analyses.

Si les variations du revenu national expliquent en grande partie les variations de consommation des ménages, il ressort de l'ensemble des études que d'autres facteurs doivent être pris en considération car les fonctions keynésiennes sont incapables d'expliquer parfaitement tout le comportement des ménages ou toutes les variations de la consommation .

A part l'augmentation du revenu national par l'effet du début des activités pétrolières, d'autres effets ont accompagné celles-ci. Selon l'INSEED, les autres branches d'activités traditionnelles ont vu leurs productions baisser en raison du début de l'exploitation des champs pétrolifères ; on peut assimiler ce fait à l'effet publicité et sûrement à l'importance de la rémunération dans le secteur pétrolier. Ainsi, la balance des services pâtit de la fin des activités de fret liées à la construction de l'oléoduc.

Après avoir étudié l'impact des revenus pétroliers sur la consommation des ménages, nous nous intéressons maintenant au secteur productif.

SECTION 2 : LE SECTEUR PRODUCTIF

« (...) Le développement du secteur privé favorisera la croissance et multipliera les perspectives économiques pour les pauvres ».

Directive Opérationnelle 4.15.6, la BM.

Le secteur productif rassemble toutes les entreprises, qu'elles appartiennent à l'Etat ou à des opérateurs privés. Elles ont pour fonction économique principale la production de biens et de services à but lucratif. Mais avant d'étudier l'impact du pétrole sur ce secteur institutionnel, nous nous proposons de l'appréhender à l'aide d'une approche institutionnelle.

* 2 BERNIER, B. et SIMON, Y. (2001), Initiation à la macroéconomie, Dunod, Paris, p. 101.

* 3 MANKIW, M. (2003), Macroéconomie, 2ème édition, De Boeck, Bruxelles, p.523.

* 4 Ministère du Plan, du Développement et de la Coopération, Comité de pilotage de la SNRP (Juin 2003), Document de Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté, N'Djaména, p. 13.

* 5 Ministère du Plan, du Développement et de la Coopération, Comité de pilotage de la SNRP (Juin 2003), Document de Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté, N'Djaména, p. 11.

* 6 Source: INSEED.

* 7 Source: INSEED.

* 8 Source: INSEED.

* 9 Idem.

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"Nous voulons explorer la bonté contrée énorme où tout se tait"   Appolinaire