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Consommation d'électricité et croissance dans l'uemoa : une analyse en termes de causalité

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par Idrissa Yaya DIANDY
Université Cheikh Anta Diop de Dakar - D.E.A Economie, Spécialité Macroéconomie Appliquée, option Economie Internationale 2007
  

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CONCLUSION

Cette recherche s'est basée sur les avancées économétriques récentes des tests de racine unitaire et de cointégration, afin de vérifier l'existence d'une relation de long terme entre la consommation d'énergie électrique et la croissance. Empiriquement, l'application de cette théorie nécessite la démarche suivante (Ambapour et Massamba, 2005) :

· tester l'ordre d'intégration des séries (tests de racine unitaire) pour s'assurer qu'elles suivent une marche aléatoire (seul domaine d'application du théorème de représentation de Granger) ;

· tester la cointégration pour déterminer l'existence d'une relation d'état stationnaire entre les variables ;

· estimer le modèle à correction d'erreur qui vise à rendre compte dans une même équation d'un écart éventuel par rapport à un équilibre de long terme et du processus d'ajustement à court terme de cet équilibre.

À l'issue de cette analyse économétrique, il est apparu que les deux séries étudiées ne sont cointégrées que pour le cas de la Côte d'Ivoire, impliquant l'absence d'une relation de long terme entre la consommation d'électricité par tête et le revenu par tête pour les autres pays. Le test de causalité dans le cadre du modèle à correction d'erreur révèle que, dans le seul cas de la Côte d'Ivoire, la croissance économique « cause » au sens de Granger la consommation d'énergie, ces deux variables évoluant de manière indépendante pour les autres pays.

Ces résultats laissent présager que les pays de l'UEMOA doivent davantage structurer le secteur de l'énergie électrique pour qu'il puisse avoir l'apport qu'il a eu dans les pays industrialisés. Ceci passe par de bonnes politiques de réformes du secteur, un accès aux services énergétiques de l'électricité pour les populations défavorisées, mais aussi un bon système de planification, sans oublier le développement du partenariat régional et l'achèvement des projets d'interconnexion des réseaux électriques. Ils doivent aussi miser sur les politiques d'économie d'énergie d'autant plus que la crise actuelle que connait l'Union est essentiellement due à l'insuffisance de l'offre face à une demande en pleine croissance. L'espace UEMOA possède également des avantages relatifs pour les énergies renouvelables. Ces dernières peuvent être d'un grand apport et doivent en conséquence être mises à forte contribution. Leur potentiel de développement est important, particulièrement pour l'hydroélectricité (Kane, 2009). La politique énergétique dans l'Union doit s'articuler autour de la garantie de sécurité et de l'offre d'une énergie électrique à des prix très compétitifs. Elle doit aussi garantir la cohésion sociale et territoriale en assurant l'accès de tous à l'énergie.

L'électricité est omniprésente dans la vague de restructuration actuellement en cours dans beaucoup de pays de l'UEMOA. Cela montre la prise de conscience du fait qu'elle peut jouer un rôle central dans le développement social et économique des pays membres, ce qui n'est pas encore le cas dans la région d'après les résultats de notre recherche. Il est donc reconnu implicitement que l'investissement dans l'électricité et les efforts pour rendre ce secteur plus efficace peuvent favoriser la croissance économique.

Plus récemment, la reconnaissance du lien entre l'énergie et le développement humain (Modi, 2004) a fait apparaître la nécessité de cibler l'accroissement de l'accès des populations aux services énergétiques comme une priorité pour permettre le développement et atteindre les OMD au niveau de la région. Cet aspect constitue le second volet de l'engagement au niveau régional, déjà formulé dans la convention de collaboration UEMOA-CEDEAO d'août 2005, et a abouti à l'élaboration du Livre Blanc. La compréhension et la capitalisation des mécanismes mis en oeuvre pour le développement des initiatives régionales est essentielle pour assurer un appui adéquat aux États Membres, et leur permettre de répondre au défi de l'accroissement massif de l'accès à des services énergétiques des populations des zones rurales ou périurbaines.

Les résultats de cette présente recherche devraient, cependant, être interprétés avec réserve du moment où la consommation d'électricité représente moins de 5 % de la consommation d'énergie totale dans l'UEMOA. De plus, seule l'électricité fournie en réseau est prise en compte. En outre, les difficultés d'obtention de séries longues sur l'électricité nous ont contraint à restreindre l'analyse empirique sur un certains nombre de pays de l'UEMOA. Ce problème se posant, les résultats de cette recherche exigent d'autant plus la nécessité d'une souplesse d'interprétation.

Pour cela, dans le prolongement de cette recherche, des approfondissements pourront être apportés sur deux points :

D'abord une différenciation des différents secteurs de l'économie s'impose pour pouvoir mieux appréhender la relation de long terme et le lien de causalité entre la consommation d'électricité et la croissance et avoir une information plus précise quant à la contribution de la consommation d'électricité par l'industrie, les services et les ménages au développement.

De plus, la crise énergétique actuelle montre que les déterminants de la demande d'énergie électrique doivent être mieux identifiés afin de comprendre la forte croissance de la consommation d'électricité observée ces dernières années alors qu'elle ne se reflète guère sur le développement des pays de l'UEMOA.

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