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La finance islamique face à  la crise

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par Imad Benlahmar
INSEEC - Master 2010
  

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5-2-1. Barrières socioculturelles

Le premier obstacle qui freine l'expansion de la finance islamique vient de sa propre appellation. En effet, si pour une partie des musulmans le mot « Islamique » pourrait être un facteur qui les attire dans le choix de l'orientation des décisions financières, une autre partie de musulmans refuse de lier la religion à des transactions commerciales que la perversité de l'argent pourrait salir, et n'acceptent pas l'utilisation de l'Islam comme un « argument publicitaire » permettant de promouvoir un produit. Ainsi un de nos interlocuteurs a affirmé que plusieurs clients potentiels des banques Islamiques se posent la question si la finance islamique est vraiment islamique ou bien est ce justement une composante de façade grâce à « un mécanisme revu et corrigé d'un marketing occidental islamisé pour l'occasion ».

A ce sujet, Acteur 3 considère que la réussite de la finance islamique est le fruit d'une savante ingénierie financière qui a pu trouver des produits conformes aux principes de l'Islam pour remplacer tous les instruments de placement classique. Mais sans la dimension éthique qu'était censée revêtir la finance islamique, toutes les valeurs prônées par la Sharia auront perdu tout leur sens.

De plus, dans quelques pays musulmans comme en Afrique du Nord où l'interprétation religieuse est moins conservatrice qu'au moyen orient, et où le modèle bancaire conventionnelle s'est imposé historiquement, les banques Islamiques n'ont toujours pas réussi à s'imposer. Ces institutions devront faire un plus grand effort pour baisser les coûts élevés de leurs produits islamiques pour convaincre les clients de ces pays à se convertir au modèle financier Islamique.

De même, tous nos interlocuteurs ont admit une possibilité de réticence de la part de clients ou d'investisseurs qui ne seraient pas prêts à suivre un modèle se basant sur des règles morales et non juridiques. Cet état des choses est particulièrement vrai dans des pays Européens comme la France. En effet, en l'absence de règles et standards universels, la finance islamique continuerait à présenter un risque supplémentaire lié aux avis religieux de membres de Sharia Boards qui ne sont généralement pas originaires de ces pays et qui peuvent ignorent la réalité du contexte économique occidental.

5-2-2. Incertitudes et contraintes réglementaires

L'univers de la finance islamique est caractérisé par une extrême diversité. En effet, l'Islam est, par nature, une religion où la jurisprudence a un rôle fondamental. De part la diversité des courants de pensée qu'il regroupe, les interprétations proposées dans la mise en oeuvre des différentes transactions peuvent être plus ou moins souples. Par exemple, des pays comme l'Arabie Saoudite se montrent plus rigides dans l'application des normes éthiques de l'Islam, alors que des pays comme la Malaisie ont une application de la finance islamique qui est beaucoup plus « libérale ».

Mais il existe également des dissimilitudes à l'intérieur des différentes régions et courants. Ainsi, l'Iran et le Soudan ont entièrement islamisé leur secteur financier depuis des années alors que le sultanat d'Oman a toujours interdit la finance islamique et qu'au Maghreb des autorités religieuses ont émis des fatwas qui justifient, à certaines conditions, l'utilisation de taux d'intérêt, gommant un peu plus les différences entre finance islamique et finance conventionnelle.

Toutefois, mes interviewés affirment que certaines règles sont progressivement assouplies comme ce fut le cas des Sukuk, créées dans les années 70 en Malaisie, et dont le mécanisme de fonctionnement a été, dans un premier temps, vivement condamné par les autorités des pays du Golfe pour être, par la suite, très largement adopté par ces mêmes pays. D'ailleurs Acteur1 a noté qu'à l'inverse, les contrats d'assurance conventionnelle ont été acceptés dans le passé dans la mesure où il n'y avait pas encore d'équivalents islamiques. Mais depuis l'émergence des assureurs du Takaful, plusieurs autorités réglementaires se sont mises à convertir progressivement leurs systèmes d'assurance vers un système Islamique.

Les tentatives d'homogénéisation des règles de conformité à la Sharia sont d'autant plus importantes qu'actuellement le cadre réglementaire des banques islamiques est différent d'un pays à l'autre. Ainsi, les banques du Qatar et des Émirats Arabes Unis, peuvent ouvrir des agences ou filiales islamiques, alors que les banques conventionnelles du Koweït n'ont pas le droit d'offrir de produits islamiques. Depuis cette année, 20% des actifs bancaires de chaque banque Malaisienne est censé être conforme à la Sharia, alors que l'Arabie Saoudite n'est pas décidée à réglementer la finance islamique ce qui équivaudrait à reconnaître qu'il y aurait des banques « illicites ». (Les habits neufs de la finance islamique, Anouar Hassoune, Standard & Poor's, 2007).

Il est également urgent de statuer sur les normes internationales liées à la gestion de la liquidité dans les institutions financières Islamiques. Selon Acteur 6, il s'agit sans doute d'une des plus importantes faiblesses des banques islamiques. La raison est que les instruments de gestion de la liquidité sont généralement des instruments de taux, donc Haram selon la Sharia.

De ce fait, et comme confirmé dans nos interviews, plusieurs institutions internationales, tels que l'AAOIFI, l'IFSB, l'IIFM ou l'Agence internationale de notation islamique, se consacrent à la définition de normes de conformité à la Sharia et à leur harmonisation entre les régions. Mais c'est la Banque Islamique de Développement qui garde un rôle central dans la création de normes et de procédures précises, immuables et internationalement acceptables. De telles normes offriront aux contrôleurs une meilleure visibilité sur la solidité, la stabilité et l'intégrité des banques islamiques.

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