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La culture, opportunité politique, économique, touristique et sociale au profit des villes ? exemple de la ville de Nancy et ses grands rendez-vous

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par Mathilde Jannot
Université de la Sorbonne nouvelle- Paris III - Master 1 2010
  

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C. Les retombées

La valorisation touristique du patrimoine favorise la croissance économique en développant des activités touristiques génératrices de recettes financières et d'emplois directs, indirects et induits mais aussi d'effets nettement moins mesurables économiquement.

1. Les retombées économiques pour les acteurs locaux et pour la

yille

84% des habitants « estiment qu'ils [ce type d'événements] ont été utiles pour l'activité économique du territoire, 81% pour la mobilisation des acteurs économiques locaux ».117 Des événements concentrant une telle densité de micro-événements peuvent en effet inviter des gens à passer plus d'une journée sur les lieux. Les sites touchés par l'événement vont bénéficier directement des droits d'entrées et des ventes associées. Nous les aborderons ultérieurement. Cependant, il existe des retombées beaucoup plus importantes que les recettes directes de l'exploitation des monuments et des musées. Elles concernent les recettes des dépenses effectuées à proximité de ces sites, « la valeur d'usage directe »118de ceux-ci. Ces dépenses s'appliquent entre autre à l'hébergement, la restauration, aux commerces - excepté les ventes associées aux droits d'entrée - aux activités de loisirs, aux transports et aux services. Ce sont des retombées économiques induites par l'événement. L'événement apporte une opportunité de richesse pour l'économie locale. On estime à environ 720 000, les nuitées dans les hôtels de l'agglomération, dont 20% concernaient la clientele étrangère119. Sur la base d'une dépense moyenne de 55€ par nuitée, cette fréquentation aurait généré de l'ordre de 39,5 millions

117 Cf. Etude IFOP, op.cit, p.15.

118 Cf. V. Patin, op.cit, p.135.

119 Cf. Nancy 2005, le temps des Lumières, le bilan, p.19.

d'euros pour l'économie locale120. Sans oublier toutefois les répercussions économiques pour les finances locales de cette fréquentation touristique, à savoir les parkings, les taxes prélevées sur les opérateurs touristiques et les commerces (taxes de séjour, taxes professionnelles) dont les collectivités locales étaient bénéficiaires. Il est évident que si la ville impulse un événement culturel générateur de fonds monétaires importants pour l'économie locale, elle entend que commerçants et opérateurs du tourisme y participent. Ces derniers ont tout intérêt à s'allier à la ville pour permettre ces chiffres d'affaires, dans leurs avantages propres et pour la ville, par effet dérivé. Ils peuvent être les demandeurs de ce genre de mobilisations.

L'importance des consommations connexes et des bénéfices indirects sur la ville croît d'autant plus si l'offre locale est adaptée à l'événement culturel.121 Sur toute la durée de l'événement, vingt-sept restaurants ont proposé un menu ou des plats inspirés de la cuisine du XVIIIe siècle, cent soixante commerces se sont fait les relais de l'événement en devenant « ambassadeur 2005 »122 en offrant dans leurs commerces des informations sur les événements, des visites guidées ou la possibilité de visiter gratuitement des expositions. Parmi ces ambassadeurs, les cafetiers et restaurateurs offraient à leurs clients des mugs à l'effigie de la Place Stanislas, les pâtissiers apposaient des portraits de Stanislas sur leurs desserts. Cinquante-trois commerçants ont également décoré leur vitrine aux couleurs XVIIIème123. Parfois, les commerçants peuvent aussi être demandeurs de ce genre de projets pour relancer l'économie locale. D'où la nécessité pour les acteurs économiques de la ville de travailler en collaboration avec l'office de tourisme qui reste le premier interlocuteur avec le touriste en lui fournissant à la fois la documentation sur les offres culturelles et les possibilités d'hébergement et de restauration. La participation des Comités Départementaux et Régionaux du Tourisme ne sont pas accessoires puisqu'ils contribuent à la promotion du territoire notamment en menant des actions de visibilité sur les salons à l'étranger et en offrant des publications à destination des touristes en langues étrangères. En 2005, la clientèle hôtelière étrangère a généré 136 412 nuitées et provenait essentiellement des pays voisins et /ou frontaliers : la Belgique, les Pays-Bas et

120 Cf. Nancy 2005, le temps des Lumières, le bilan, p.33

121 Cf. J.M Tobelem, op.cit, p.139.

122 L'initiative du label « ambassadeur 2005 » revient à la Chambre de commerce et d'industrie, qui l'avait déjà testé en 1999.

123 Cf. Nancy2005, le temps des Lumières, le bilan, p.35.

l'Allemagne qui représentent 45% du total des étrangers, le Royaume Uni en représente 17,5%124.

D'où également la nécessité de travailler avec les tours opérator pour faire des forfaits. La contribution économique d'un groupe est plus importante parce qu'elle a un effet multiplicateur : 50 personnes dans un bus sur une seule place de parking, 50 nuits d'hôtels, 50 repas, 50 petits déjeuners, 50 entrées pour une exposition et/ou un spectacle... mais aussi parce que l'effet économique pour la ville est beaucoup plus mesurable qu'un visiteur individuel qui peut venir dans la famille ou chez des amis par exemple. Selon l'enquête IFOP, les événements « ont également permis à près d'un tiers des interviewés (31%), (...), d'accueillir de la famille ou des amis. »125. L'office de tourisme a tout de même accueilli 449 611 visiteurs individuels en 2005 contre 208 877 sur la même période en 2004. - A titre de comparaison, l'affluence moyenne à l'office de tourisme estimée entre mai et juillet 1999 durant l'Année de l'école de Nancy ; pour la même période en 2005, ce chiffre s'établissait à 1714 visiteurs quotidiens.126_ Il est ainsi nécessaire d'anticiper ces prévisions statistiques et d'avoir les équipements matériels suffisants pour accueillir autant

d' « invités ».

Le concours d'infrastructures de transport s'annonce nécessaire, d'une part pour amener des visiteurs, potentiels consommateurs, dans la ville. D'autre part, pour qu'ils

puissent se rendre d'un point à un autre, une fois arrivés. Ainsi, la ville et la CommunautéUrbaine mettent en place des tarifs spécifiques pour les bus et le tramway pour les

visiteurs. Et si les tendances urbanistiques françaises sont à la piétonisation ainsi qu'à une circulation moins dense, on est en droit de penser que l'installation des vélostan'lib® fin 2008, sur le même principe que les Vlove® de Lyon ou les Vélib'® de Paris, pourrait faire l'objet d'offres promotionnelles aussi pour 2012. De même, la SNCF, contribue également à faire venir des visiteurs à Nancy. Nous l'avons vu, d'une part grace à l'impression de pochettes de billet distribuées en France mais également en proposant des offres promotionnelles spécifiques à l'événement. On peut imaginer que la SNCF renouvellera en 2012 le même type de réductions au niveau national qu'elle a proposé lors de l'arrivée du

124 Cf. Nancy 2005, le temps des Lumières, le bilan, p.33.

125 Cf. Etude IFOP, op.cit, p.12.

126 Cf. Nancy 2005, le temps des Lumières, le bilan, p.31.

TGV en Lorraine ou pour l'ouverture de Beaubourg à Metz, comme au niveau régional avec des offres à la journée pour les ter.127

En outre, les travaux de réhabilitation des bâtiments et des monuments historiques effectués à travers la ville, menés dans la mesure du possible, en fonction de l'état du monument, donc pas nécessairement liés au tourisme, génèrent à la fois du chiffre d'affaires pour les entreprises locales ainsi que des emplois indirects.

La ville, comme les acteurs de l'économie locale ont chacun des intérêts latents dans ce type d'opérations. Les commerçants, restaurateurs, hôteliers... ont tout avantage à s'intéresser aux fondements culturels de l'événement et à faire graviter des animations prolongeant les événements, parce qu'elles sont susceptibles d'accroître de façon notable leurs propres chiffres d'affaires tandis que la ville et la Communauté Urbaine, instigatrices du projet ont plutôt un rôle d'« effet de levier ». Excepté les ressources financières qu'elles sont susceptibles de percevoir, elles attendent également des retombées d'un autre ordre.

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