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Apéritif et sociabilité. Etude de la consommation ritualisée et traditionnelle de l'alcool

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par Anaàs Gayot
Université d'Aix-en-Provence - Master 1 d'anthropologie sociale et culturelle 2007
  

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C - Breuvages aux vertus élémentaires

La bibliographie montre les vertus alimentaires et bénéfiques pour la santé, des effets de l'alcool. Ces vertus sont des critères non négligeables à l'enracinement de l'alcool dans la culture occidentale.

a- L'eau impure

Durant l'antiquité, l'épuration des eaux s'est imposée difficilement. Peu de personnes avaient accès à l'eau potable. Au Moyen Âge, en Provence, seul certains privilégiés avaient des puits dans leur jardin23(*). On se méfiait alors, précise la psychologue Martine Morenon, des "boissons non fermentées [qui] étaient consommaient avec prudence" car l'eau était vecteur de maladie. D'ailleurs, Louis Pasteur considérait le vin comme "la plus saine des boissons" et il remarqua que les "eaux étaient souillées et vite corrompues par les germes, ceux-ci ne se développaient pas dans le vin, boisson toujours bactériologiquement stérile et donc salubre"24(*). L'alcool était alors un excellent moyen de lutter contre l'absorption d'eaux naturelles impures mauvaises pour la santé. Ainsi, dans l'imaginaire collectif, l'alcool s'approprie des valeurs vertueuses et ne pût qu'être élevé à un rang supérieur puisque bienfaiteur.

b- Vin et bière comme remède

Dans son ouvrage Boire au Moyen Age, Jean Verdon consacre son premier chapitre à l'eau. On réalise rapidement que si l'eau est répandue, le vin est la boisson favorite des hommes au Moyen Âge. Les hommes "trempent" ou "baptisent" leur vin d'eau car c'est le vin qui constitue la boisson normale à cette époque. On se méfiait de l'eau, contrairement au vin consommé parfois comme un médicament. Les médecins étaient habitués à le prescrire avec précaution et en petite quantité. Les vins doux sont réputés "chauds et nourrissants", alors que les vins amers sont considérés comme "froids et donnant de l'appétit"25(*). Les effets vantés de l'absorption du vin sont principalement : refaire la chaleur du corps et des membres, dissiper les mauvaises humeurs, déboucher les conduits du foie, de la rate, des reins et de la vessie et il facilite la digestion. Tous les médecins sont d'accord pour mettre en garde contre les excès, mais les vertus du vin l'emportent sur les dangers provoqués par l'abus26(*).

La bière avait aussi un avantage sur l'eau puisqu'elle aide à se prémunir contre les épidémies. Saint Arnould, un évêque de Soisson à la fin du XIe siècle, est devenu le "patron des brasseurs" en découvrant que les buveurs de cervoises étaient beaucoup moins sujets aux coliques que les buveurs d'eau. Il permit ainsi aux malades de guérir du choléra en leur faisant boire de la bière27(*).

* 23 _ STOUFF, Louis. 1996. La table provençale : Boire et manger en Provence à la fin du Moyen Âge. Le Pontet : A. Barthélemy.

* 24 _ MORENON, Martine. « À votre santé ! », Cabinet de psychologie de Martine Morenon, [En ligne], URL : http://perso.orange.fr/martine.morenon/eauxnatu.htm.

* 25 _ VERDON, Jean. 2002. Op. cit., p. 160.

* 26 _ VERDON, Jean. 2002. Ibid., p. 272-273.

* 27 _ VERDON, Jean. 2002. Ibid., p. 71.

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