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Apéritif et sociabilité. Etude de la consommation ritualisée et traditionnelle de l'alcool

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par Anaàs Gayot
Université d'Aix-en-Provence - Master 1 d'anthropologie sociale et culturelle 2007
  

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1- L'ajustement des temps de repas

"Les trois repas sont l'héritage du XIXe siècle, pendant lequel s'opère un ajustement des horaires alimentaires en fonction des nouvelles conditions de la vie professionnelle et sociale" souligne Claude Rivière129(*). La standardisation des repas a donné lieu à l'uniformisation des comportements et des rythmes sociaux. L'élaboration progressive des règles du protocole, incluant les horaires de la table, pourrait ainsi être considérée comme, ce que qualifie Stephen Mennell, un "symptôme de rationalisation"130(*). Ce qui permettrait de rejeter certaines pulsions et satisfactions. La structuration du temps, dit-il, est un produit de la société, subissant l'impact du besoin alimentaire. Le temps de l'alimentation est alors un moment à part, écarté des autres activités. Toutefois, Claude Fischler explique que "l'alimentation quotidienne tend à subir de plus en plus l'emprise de l'univers du travail". La cantine ou le "restaurant d'entreprise", l'explosion de la restauration rapide (pour manger vite), les produits industriels modernes (pour cuisiner vite) sont des facteurs qui favorisent la désintégration du repas socialisé. C'est pourquoi selon l'anthropologue "l'alimentation ne structure plus le temps, c'est le temps qui structure l'alimentation"131(*). De ce point de vue, le repas socialisé et ritualisé reprend sa place lorsqu'il s'inscrit dans des temps de loisirs. L'apéritif s'épanouira dans ce contexte.

2- L'apéritif comme loisir

Le rythme hebdomadaire dans lequel prend forme le repas quotidien familial se différencie nettement du rythme plus lent des week-ends. Ceux-ci donnant lieux à des rencontres autour de la table et à des repas plus élaborés. C'est lors de ces invitations entre amis, de ces réunions de famille où le temps n'est plus compté que le repas devient une cérémonie fort ritualisée. L'apéritif s'exprime alors, nonchalamment et avec soin, dans ce contexte. C'est le moment propice pour se faire plaisir par l'échange et en savourant le contenu de la boisson. En effet, il apparaît que selon les circonstances plus ou moins importantes, qu'il s'agisse d'une fête religieuse ou profane, qu'il s'agisse d'une réunion plus ou moins intime ou officielle, l'apéritif donne le ton à la festivité, aussi bien par la qualité de la boisson que par la qualité de l'échange relationnel. Le dimanche est le jour opportun de l'apéritif. Selon Jocelyne Bonnet, l'apéritif du dimanche suit une très ancienne tradition marquant l'espace-temps festif de ce jour. Si le samedi soir semble être favorable à l'apéritif entre amis, le dimanche midi réunit la famille éparpillée la semaine132(*). Le premier ne précède pas automatiquement le repas à l'inverse du second. L'apéritif solennel, suivi du repas, semble être un moment privilégié dont la volonté est de marquer un jour ou un évènement particulier.

En semaine, quand il est spontané, l'apéritif s'inscrit rarement dans l'articulation apéritif/repas. Cela s'explique par les contraintes journalières des horaires de travail ou des obligations familiales. Alors que le week-end est propice à la détente, aux discussions qui peuvent ainsi se prolonger et même s'il n'est pas prévu, peut se poursuivre par un repas "à la bonne franquette"133(*). Ce constat n'est toutefois pas une réalité pour les jeunes sans enfants et les étudiants134(*).

* 129 _ RIVIÈRE, Claude. 1995. Les rites profanes. Paris : PUF. Chap. XVIII : « Le cérémonial du manger », p. 194.

* 130 _ MENNELL, Stephen. 1993. « Les connexions sociogénétiques entre l'alimentation et l'organisation du temps ». In M. Aymar, C. Grignon et F. Sabban (dir.) : Le temps de manger : Alimentation, emploi du temps et rythmes sociaux. Paris : La Maison des sciences de l'homme, p. 52.

* 131 _ FISCHLER, Claude. 2001. Op. Cit., p. 216.

* 132 _ BONNET, Jocelyne. 2004. Dimanche en Europe. Strasbourg : éditions du Signe, p. 38 et p. 82.

* 133 _ Expression ressortie de l'enquête sur les français et l'apéritif, menée par Jean-Pierre Poulain en 2005.

* 134 _ POULAIN, Jean-Pierre. 2005. Op. Cit., p. 11.

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