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Effets d'un programme de pliométrie sur la qualité physique de capacité à  répéter des sprints chez des handballeuses

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par Anthony SCHMITZ
Université Montpellier I - Master staps préparation physique et réathlétisation 2013
  

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3. L'endurance de sprints

Selon Bishop et al. (2003), la résistance à la vitesse nommée également Repeated Sprint Ability (RSA) est "la capacité à sprinter, récupérer, et sprinter à nouveau, cette séquence pouvant être réitérer une ou plusieurs fois". Autrement dit, cette qualité se traduit par une aptitude à répéter des sprints de haute intensité sans observer de baisse de la performance entre le premier et le dernier sprint. Elle peut être considérée comme une

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performance de type intermittente courte, mais à vitesse maximale car les caractéristiques qui peuvent la décrire sont relativement similaires à ce genre d'exercices intermittents (Saltin, 1960). Nous pouvons noter les critères d'intensité, de durée de l'exercice, d'intensité et de durée de la récupération, ou encore du nombre de répétitions de l'exercice. Cette qualité physique est parfois, voire même souvent, sa propre méthode d'entrainement. En d'autres termes, un entraineur ou un préparateur physique utilise régulièrement des procédés liés à la répétition de sprints pour développer cette qualité physique (Hill-Hass et al., 2007). Nous verrons cependant que d'autres méthodes peuvent améliorer celle-ci sans pour autant faire subir aux athlètes un entrainement relativement fatiguant, du point de vue de la charge d'entrainement avec notamment la quantité de sprints à répéter avec un temps de récupération court et la dépense d'énergie qui est demandée à l'athlète liée à ce types de méthodes.

Ø Principales sources de fourniture d'énergie pour la RSA:

Comme mentionné auparavant, pour effectuer un sprint unique, la fourniture d'énergie va être principalement effectuée par la puissance des systèmes (CP) et glycolyse anaérobie (Spencer et al., 2005). Le système CP dispose de stocks importants lui permettant d'assurer la majorité (60%) de la fourniture d'Adénosine Tri-Phosphate (ATP) pendant environ six secondes pour un sprint maximal (Nevill et al., 1996). Au-delà de cette durée, les auteurs nous montrent qu'après 10 secondes la contribution de la glycolyse anaérobie est d'environ 60% alors que la contribution de la CP est de 35% environ. Bogdanis et al. (2007) sont en accord avec ces résultats et ajoutent qu'à la fin d'un sprint de 30 secondes, la part de la glycolyse anaérobie n'est plus que de 20 à 30%. Cette filière est très sollicitée en début d'exercice maximal car elle permet de produire une grande quantité d'énergie en peu de temps (jusqu'à 3 umol / g / s), alors que la glycolyse et les acides gras ne peuvent fournir qu'une très faible quantité (1 umol / g / s et 0,24 umol / g / s respectivement) selon Poortmans et Boisseau (2003).

Il est également reconnu que le principal système de fourniture d'énergie pour des efforts brefs et intenses est le système anaérobie (Parolin et al.,1999). Ces auteurs nous montrent également que le fait de répéter les sprints oriente la contribution énergétique selon la durée de récupération principalement. La consommation maximale d'oxygène (VO2max) nous donne une bonne estimation de la puissance du système aérobie. Ainsi, selon certains auteurs (Spencer et al., 2005 ; Meckel et al., 2009), la VO2max serait un bon indice de la capacité d'un athlète à répéter des sprints.

Il existe néanmoins un phénomène de fatigue comparable aux efforts intermittents, c'est-

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à-dire que le système anaérobie (ATP-CP et glycolyse) n'est plus capable d'assurer seul la fourniture d'énergie nécessaire à la répétition de sprints (Balsom et al., 1992). Ces auteurs nous expliquent comment la filière aérobie joue un rôle très important dans la répétition d'actions explosives. Effectivement, nous savons que la capacité à récupérer entre deux actions ou deux groupements d'actions et la capacité aérobie sont étroitement liées (Louit et al., 2012). De ce fait, une amélioration de la capacité aérobie permettra d'augmenter la RSA. La capacité aérobie nécessite néanmoins un certain délai avant de devenir le principal système de fourniture d'énergie (Poortsman et Boisseau, 2003). Dans cet ouvrage, il est montré que les réserves de la filière ATP-CP sont déplétées en 30 secondes maximum et que la glycolyse et la glycogénolyse sont maximales avant 2 minutes d'exercice. Au-delà de ce délai, la filière aérobie devient majoritaire dans la production d'énergie, d'après la courbe d'Howald modifiée et actualisée par ces auteurs. Le dernier déterminant majeur de la RSA, bien que cette liste soit non exhaustive, est la capacité anaérobie. Bien évidemment, cela dépend de la longueur des sprints à effectuer à chaque répétition (Spencer et al., 2005). Ces auteurs ont mis en évidence que la participation du système anaérobie était majoritaire pour un exercice de répétition de sprints de 15 mètres. En revanche, la participation du système aérobie pour fournir de l'énergie est plus importante pour des sprints répétés de 30 ou 40 mètres comme nous l'affirment Wedley et Le Rossignol (1998) qui se sont intéressés à la part respective des deux systèmes principaux de fourniture d'énergie pour un test de sprints répétés de 20 mètres avec 20 secondes de récupération.

Ø Déterminants physiques de la RSA:

Nous pouvons constater que la durée et la nature de la récupération influencent fortement la capacité à réitérer des sprints. Effectivement, plus la récupération est courte, plus les performances au test de RSA sont faibles (Balsom et al., 1992). Billaut et Basset (2006), ont également montré que plus la durée de la récupération était faible entre chaque sprint de 6 secondes, plus le pic de puissance à chaque sprint diminuait et confirment donc l'hypothèse précédente. Spencer et al. (2006) comparent les effets d'une récupération passive ou active sur la performance en RSA et montrent que la récupération active permet une diminution moins importante du pic de puissance après chaque période de récupération ainsi qu'une plus grande lactatémie musculaire. Toubekis et al. (2005) confirment ces hypothèses mais complètent celles-ci en nous informant qu'une récupération passive est préférable dans le cas de sprints répétés de courte durée, dans le cas de la natation.

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Le deuxième facteur physique déterminant de la RSA, directement en lien avec la récupération, est la notion de fatigue, qu'elle soit musculaire, centrale, ou les deux (Balsom et al., 1992). La fatigue lors des sprints répétés se traduit principalement par une baisse de la puissance à chaque répétition. Elle est le résultat d'un changement de concentration dans le milieu intracellulaire et principalement d'une altération des systèmes calciques (McIntosh et Rassier, 2002), d'une augmentation d'ions hydrogènes et de phosphate inorganique dans le sang et les muscles (Bishop et al., 2003), ou encore de nombreux autres facteurs comme l'altération de la commande motrice ou un déséquilibre électrolytique (Na+, K+) (Edwards, 1983).

Les qualités purement musculaires comme la force, la raideur musculaire, ou encore la puissance sont aussi des déterminants physiques de la performance. Bon nombre d'auteurs mettent en évidence que la capacité à répéter des sprints est directement dépendante de la vitesse maximale de sprint sur une répétition (Balsom et al., 1992). De ce constat, nous pouvons affirmer que la part musculaire dans le travail de sprints répétés est similaire à celle pour un sprint unique (Morin et Belli, 2003). La raideur musculaire, plus que les autres qualités musculaires, semble être déterminante pour la RSA. L'effet de celle-ci sur les qualités de course n'est plus à démontrer (Chelly et Denis, 2001). Cette qualité musculaire peut se traduire comme étant le rapport entre la force maximale appliquée sur un « ressort » (ici la Composante Elastique Série ou la CES du muscle) et la compression maximale de celui-ci (Millet et Le Gallais, 2007). Autrement dit, nous pouvons définir la raideur musculaire comme la capacité d'un muscle à résister à un allongement qui lui est imposé, ou encore sa capacité à stocker puis restituer l'énergie élastique emmagasinée. Cette dernière définition nous indique l'importance de développer cette qualité pour obtenir de meilleures performances en course à pied ou encore dans les sports nécessitant de courir vite, comme le Handball. En effet, Millet et Le Gallais (2007) nous montrent que l'augmentation de la raideur de la CES aurait pour effet d'optimiser la transmission d'une force et de restituer plus rapidement l'énergie potentielle emmagasiner lors du cycle étirement-détente d'un muscle. Cette qualité apparait donc déterminante dans la performance en sprint ainsi qu'en sprints répétés. En effet, elle permettrait à l'athlète de stocker l'énergie fournie par ses membres inférieurs lors des phases de contact avec le sol et de la restituer le mieux possible afin d'optimiser la poussée, et donc la vitesse de déplacement. De même, certains auteurs ont montré le rôle de la raideur musculaire dans l'économie de course (Spurrs et al., 2003). Effectivement, ceux-ci affirment qu'un entrainement en pliométrie permet de faire le lien entre l'augmentation de la raideur musculaire (+ 7,8%) et

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l'amélioration de l'efficacité la foulée en course à pied (+ 4,1 à + 6,7%) ainsi que la performance sur 3000 mètres (+ 2,7%). Même si le lien direct n'est pas évident entre l'économie de course (qui représente la capacité d'un athlète à dépenser le moins d'énergie possible lors de sa course en essayant de restituer le maximum d'énergie emmagasinée précédemment) et la qualité de sprint, il convient toutefois de noter que l'efficience énergétique et mécanique engendrée par l'économie de course peut jouer un rôle très important dans la qualité de répétition de sprints. En effet, nous comprenons que si l'athlète réussi à être plus efficient à chaque sprint et que l'on fait la somme de chaque sprint, la fatigue sera d'autant moins importante. Il existe un certain nombre de méthodes permettant d'améliorer cette raideur musculaire comme la méthode stato-dynamique ou encore la méthode pliométrique. Nous ne nous intéresserons ici qu'à cette dernière méthode dans la mesure où son mode d'action musculaire est équivalent à celui de la course. Effectivement, comme nous l'avons vu précédemment, la pliométrie consiste à mettre en jeu le système étirement-détente du muscle, tout comme le fait la course par le fait d'absorber l'énergie dans la phase de contact avec le sol et le fait de la restituer au moment où le pied quitte le sol.

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